La grande traversée

Après une arrivée à Lima bien chamboulée, objectif: relier la Bolivie par voie terrestre. Un peu rebutés par les presque 30 heures (…)de bus nécessaires au trajet Lima-La Paz, nous optons pour la traversée en plusieurs étapes, via Arequipa et Puno.
La journée d’attente du bus de nuit pour Arequipa nous permet de redécouvrir Lima sous un autre jour, le soleil!! Il y a 2 ans en effet, quand nous y étions passés en Juin, la ville baignait dans une horrible brume grise qui la rendait sale, maussade, carrément glauque. Merci la garua. Sous le soleil et la chaleur de l’été austral, la ville est métamorphosée, bien plus attrayante. Les surfers cherchent la vague sur le front de mer, les parapentes s’élancent des hauteurs de la falaise…

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On comprend enfin l’usage des parcs de Miraflores, désert en Juin, plein de joggers et de promeneurs aujourd’hui! Petite session shopping pour renflouer les maigres affaires de voyage, session escalade pour Séb, ceviche de poisson dans le quartier… On se repose une fois de plus la question de « pourquoi cette spécialité n’est elle pas connue en France? », ce plat étant excellent. Du simple poisson ou fruits de mer crus, marinés dans le citron vert, accompagnés d’oignons, et divers assaisonnements selon l’humeur du chef…Un régal! Un concept à ramener à Paris?
Fin d’après-midi, 15h de bus en prévision pour Arequipa (youhou!), la ville blanche du sud du Pérou. Notre changement de billet suite au retard a fonctionné, incroyable, on a bien une réservation et on ne paie même pas plus cher! On voyage avec Cruz del Sur, compagnie la plus classe et la plus chère, dès fois, on se dit que ça vaut la peine. Enfin, pour ce qui est de dormir dans leurs bus, même grand confort… C’est personne-dépendant.

Arequipa, il fait beau, il fait chaud. Trop bien. Deux villes de suite où on a même pas de pluie, champagne! La ville plaît au premier abord, de beaux bâtiments, une tonalité claire générale qui lui donne son surnom de ville blanche. Elle est encadrée par deux beaux volcans dont les sommet sont enneigés en ce moment.

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On trouve une sympathique petite auberge pour loger et on part faire le tour de la ville. Le monument principal à voir ici est le monasterio de Santa Catalina, qui se révèle superbe.

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L’entrée y est hors de prix pour le pays, mais au vu de l’entretien des bâtiments et de la beauté du site, se justifie. Une ville dans la ville, un havre de paix. La ballade prend bien deux heures tellement le lieu est étendu. Des cellules des novices aux différents cloitres, beaucoup de couleurs vives, de fleurs et de sérénité dans l’air.

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On y apprend des anecdotes sympathiques, comment les jeunes filles de familles riches arrivaient à l’époque avec deux ou trois servantes (esclaves…) pour s’occuper d’elles alors qu’elles se destinaient à devenir nonnes, comment les nonnes sont devenues les meilleures boulangères/pâtissières de la ville… On ressort du lieu enchantés de cette visite.

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Les grandes interrogations de l’après midi, c’est « Va-t’on au canyon de Colca ou bien? » et « Ascension d’un volcan ou pas? ». On hésite, on hésite… L’endroit a l’air fort beau, mais cela implique de rogner du temps sur les autres pays d’Amérique du sud, temps jugé déjà trop court. Finalement, ça sera direction Puno, au bord du lac Titicaca coté péruvien le lendemain matin. On passera plus de temps en Bolivie, le Pérou a déjà au son temps alloué il y a quelques années!

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Le trajet en bus de 6 heures pour relier Puno offre de très beaux paysages, en contournant le fameux volcan Misti qui surplombe la ville. Puis de l’Altiplano, battu par les vents, rude, quelques maisons disséminés sur la route et plus de vaches que d’habitants. Arrivés à Puno, changement d’ambiance. Ici aussi, c’est l’été austral. Bref il fait gris, froid , moche. Et dire qu’on avait eu un magnifique ciel bleu et un grand soleil lors de notre précédent passage… On ne gagne pas à tous les coups! Peut être aurait on du prolonger à Arequipa… La ville semble déserte par rapport à la dernière fois, où ça grouillait de touristes dans tous les coins. Et toujours aussi peu intéressante. Vu que nous aimons le changement, nous faisons un combiné gagnant: même café, même hôtel et même resto qu’il y a 2 ans! C’est fou comme on peut vite devenir casanier en voyage… Enfin, c’est là juste une étape pour dormir, on repart le lendemain pour passer la frontière. On choisit la voie par Copacabana, l’équivalent de Puno coté bolivien, afin de profiter au maximum des vues sur le lac qu’offre ce trajet.

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Et bien, ce même trajet se révéla épique. Arrivés à la frontière péruvienne, une bonne heure d’attente pour…faire tamponner notre papier d’immigration par la police. Puis une autre heure pour faire tamponner le passeport et pouvoir sortir du Pérou. 300 mètres à pied, une heure pour faire tamponner de nouveau le passeport et avoir le droit de rentrer en Bolivie. Et tout ça avec un papier d’immigration payant (!!!), trois fois rien, mais sur le principe, c’est bien la première fois qu’on voit ça! En plus, on n’a plus de soles péruviens pour le payer, obligés de négocier pour pouvoir payer en dollar (alors que du coup on paie genre 3 fois le prix normal…). Bref, pénible. On repart direction Copacabana, et là surprise, on était censés avoir une heure de pause sur place puis reprendre le même bus, mais en fait non, c’est la course pour monter dans un autre bus direction La Paz. 3 minutes sur place, déchargement et rechargement des bagages compris. Bon tant pis, Copacabana, ça sera pas pour cette fois. Le bus doit traverser un bout du lac Titicaca pour rejoindre la capitale, sur un genre d’antique barge, et là, re surprise, on ne passe pas dans le bus, mais à coté, et il faut payer! Ça tombe bien, on a pas changé d’argent, ne pensant avoir besoin de bolivianos qu’à notre arrivée à La Paz. Évidemment, hier, la compagnie de bus nous avait certifié que tout était compris dans la prix. Obligés de faire la manche auprès d’un couple de touristes danois, on commence à être légèrement agacés par ces petites « modifications ». Enfin, une fois le bus passé de l’autre coté, nous finissons par reprendre la route et arriver à La Paz.

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La Paz, ou plutôt « la misère » ou « le bazar », tellement les premiers faubourgs traversés sont peu engageants. Un vague sentiment de déjà vu avec l’arrivée à New Delhi lors de notre passage en Inde… La pauvreté crève les yeux, les baraques en brique sont toutes inachevés, les rues en terre, tout le monde patauge dans la gadoue, les branchements électriques ressemblent à des arbres de Noël surchargés. Drôle de première impression. Et il fait moche. L’après midi est consacrée à l’organisation des prochains jours, que l’on pense aller passer dans la Cordillera real vers Sorata. Tout ça avec de grosses hésitations, car nous sommes vraiment à la pire période de l’année pour y aller (pluie 21 jours par mois). On choisit cette fois une grosse auberge de jeunesse, histoire d’être sur d’avoir un peu de confort, de l’eau chaude et internet. On est servis, on tombe dans un repère de fêtards anglo saxons! Le bar est dans l’auberge, la bière coule à flot et le soir, le DJ arrive ainsi que les peintures fluos! On a plus vraiment l’impression d’être dans la même ville…

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2 jours de perdants

Après notre virée sur l’île de la Plata, retour sur Quito par le même bus de nuit, pour lequel nous avons eu de la chance de trouver un place. Pour résumer c’était pire qu’à l’aller, si si c’est possible. Placés devant l’entrée, pas de climatisation, la première partie se déroule portes ouvertes (l’espace chauffeur est séparé des passagers par une porte + porte du bus). Un vrai régal vu que le chauffeur, qui avait l’air très « fatigué », faisait hurler son moteur, les bus équatoriens sont plutôt des low cost Hino que des modèles européen flambant comme au Mexique, et klaxonnait à tout va. Pour arranger le tout, arrêt toutes les heures et donc bousculade des gens qui montent ou descendent (le bonheur d’être devant), la police qui arrête le bus en pleine nuit en allumant toutes les lumières pour nous filmer, et pour finir une arrivée à … 3H45 du matin. Bref le bonheur. Vu qu’on ne prévoyait pas d’arriver si tôt et que l’on prend un vol le soir pour Lima, nous n’avions pas prévu d’hébergement et en trouver un à cette heure peut se révéler compliqué. Nous décidons donc de finir la nuit au terminal de bus, où il fait froid, vu qu’on a repris de l’altitude. Enfin pour ma part, car Delphine qui n’avait déjà pas pu fermer l’œil dans le bus n’y arrive pas plus ici.
Réveillés fatigués du brouhaha ambiant du matin, on se dirige vers la Mariscal pour prendre un bon petit dej’ et s’installer dans un endroit plus confortable. Arrivés à destination, tout est fermé! Rien d’ouvert, pas un café, alors qu’il est 7h45 et que le quartier grouille de cafés, restaurants et autres bars. L’équatorien n’est pas très matinal. Après attente on réussi à trouver un café ouvert (le premier qui ouvre, à 8h!) et on y restera un bon moment.
Après un tour et une sieste dans le parc du coin, très sympa d’ailleurs, je me dis que j’irai bien grimper avant le vol histoire d’occuper les quelques heures qui nous restent et d’essayer de garder un peu la forme. Après avoir cherché la salle du coin, qui a l’air top et surtout ouverte d’après les horaires trouvés sur le web, on s’y rend à pied (mauvaise idée avec les sacs) pour la trouver fermée! Toujours dans l’ambiance de la journée en gros. Serait-ce parce que ce sont les vacances? Mystère.
Un café plus tard, on se décide à aller à l’aéroport, encore fatigués. Arrivés à bon port et une fois dans la file d’attente du comptoir d’enregistrement, on s’aperçoit très vite que ça n’avance pas. Les personnes discutent beaucoup avec le personnel, il y a moult aller-retour de ces derniers, et aucun bagage n’a été déposé jusqu’à présent. Là je me dis que cela sent le surbooking vu mes récentes expériences. Arrivés finalement au comptoir on apprend que notre vol est retardé… à demain, « sûrement » le matin!
On vous passe les détails sur les difficultés voire l’absence de communication (le vol est toujours affiché « on time » et aucune annonce générale) du personnel LAN, c’est fatigués, frustrés et très énervés que l’on s’achemine vers l’hôtel qui va nous héberger. Quand même, 2 vols avec LAN, 2 retards! De plus nous ne  connaissons toujours pas l’heure de départ du lendemain sachant que :
1) nous avons pour une fois réservé notre nuit + taxi à Lima => à annuler mais acompte perdu
2) nous avons réservé notre bus pour Arequipa, départ à 17h

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Pour résumer notre état d’esprit à ce moment là

1H de bus plus tard (encore!), arrivés à l’hôtel (à 21H30), on se console en sachant que c’est le Sheraton, le 5* du coin, donc repos en vue, enfin! Il y a quand même 2 bus remplis de voyageur à héberger, donc cela prend du temps à la réception. D’ailleurs la plupart ont une correspondance à Lima, il y a plus malheureux que nous donc…
Après dîner, on apprend en interrogeant le personnel du Sheraton, car personne de LAN n’a fait le déplacement, que notre vol est programmé à 16h. On passera donc le lendemain matin avec la réception de l’hôtel, très efficace et serviable contrairement à LAN, à essayer de modifier nos billets de bus. Finalement déplacés au lendemain car plus de places sur le départ de 21h, un jour perdu donc, mais quand même un peu soulagés de ne pas devoir repayer les billets. D’ailleurs si quelqu’un sait si les assurances voyages (comme celle de la VISA premier ou Mastercard gold) prennent en charge ces coûts, je serais intéressé, car je n’ai rien trouvé sur Internet. Et n’étant pas en Europe, LAN n’est absolument pas obligé de faire quoique ce soit niveau dédommagement.

Nous arrivons finalement à Lima, après avoir réservé le même bed & breakfast et le taxi qui doit nous attendre. A l’arrivée à l’aéroport, pas de taxi (encore!) au bout de 45 minutes d’attente. Il faut savoir qu’au Pérou il y a beaucoup de faits divers liés à de faux ou peu scrupuleux chauffeurs de taxis qui détroussent régulièrement leurs passagers, ou du moins sont complices. De plus l’aéroport étant situé à Callao, un des quartiers les moins sûrs de Lima, les taxis ordinaires sont bannis, seules quelques compagnies sont présentes et utilisent donc leur monopole pour faire gonfler les prix. C’est pour cela que tous les hébergements de Lima proposent un transfert depuis l’aéroport. Vu qu’il fait nuit, il n’est pas bien recommandé d’en prendre un à l’extérieur (comme on a déjà pu le faire il y a 2 ans), nous optons donc pour la compagnie de l’aéroport et finalement arrivons en ville! Si on rajoute le fait que nos cartes soient refusées à l’aéroport et dans les distributeurs en chemins, sachant qu’à nous 2 nous en avons 4, vous comprendrez mieux le titre du post, malgré l’hôtel!

Vive les voyages!