East coast

La période Castle hill finie (Seb a trop de courbatures partout de toute façon pour une nouvelle journée), nous consacrons la fin du séjour à la découverte de la partie de la côte Est encore inconnue. Les derniers au revoir à Bastien et Marie faits, c’est parti pour remonter vers Kaikoura.
Le coin est réputé pour être un repère de faune sauvage marine important, spécialement en matière de baleines et dauphins. La particularité, c’est que contrairement à d’autres endroits de la planète, on en voit ici toute l’année normalement. La matinée commence sous les meilleurs augures, lorsque le long de la route côtière, intrigués par la quantité de personnes arrêtées sur les parkings avec des jumelles sur le nez, nous stoppons pile au moment où un banc impressionnant de dauphins (une cinquantaine de têtes et le bateau de touristes qui va avec évidemment) passe incroyablement près de la route. Nul besoin de jumelles pour les voir, ils s’amusent comme des fous dans les vagues, offrant sauts périlleux et saltos multiples à nos regards émerveillés. Un vrai bonheur de voir ces animaux dans leur élément naturel exécuter toutes ces figures pour leur plaisir, et non dans un marineland à heures programmées.
Étant donné que les sorties en bateau sont hors budget (et encore plus les sorties en avion, gros business du pays…), on prend l’option d’une belle ballade pédestre, bien nommée vu son trajet, la Kaikura peninsula walkway. La ville grouille de gens, on ne comprend pas pourquoi au début, puis on réalise que…c’est le weekend de Pâques! Il semblerait que la destination soit populaire auprès des kiwis fuyant leur ville (Christchurch se révèlera effectivement désert), au vu de la longue rangée d’hotels/motels affichant de façon récurrente « No vacancy » tout le long de la route.
Finalement, malgré ce que l’on craignait, les gens se révèlent peu courageux et s’arrêtent sur le parking de départ de la ballade uniquement pour aller voir la colonie de phoques qui vit même pas 100 mètres plus bas. Affalés sur les rochers, ils tentent de faire tranquillement la sieste malgré le flot incessant de jeunes et moins jeunes bipèdes surexcités, dont le seul but semble d’être d’obtenir la meilleure « selfie » avec la bête… Au détriment de la tranquilité de celles-ci, pas moyen de prendre son bain de soleil tranquille! La promenade offre de beaux points de vue sur la côte avec des fonds marins encore une fois incroyablement transparents et qui doivent être fort poissonneux au vue du nombre de pêcheurs courageux, armés de combinaisons intégrales et palmes qui plongent dans les rochers.
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Et oui, Kaikoura, c’est aussi la capitale de l’écrevisse…à un tarif hautement prohibitif! On voit du phoque, du phoque et encore du phoque (toujours à fourrure) qui paressent sur les rochers, mais pas l’ombre d’une baleine à l’horizon.
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Les bateaux de touristes semblent tourner à leur recherche au loin, mais sans jumelles, les voir se révèle utopique. On se console en se disant qu’on a déjà été fort chanceux ce matin avec les dauphins, et que le paysage de la cote est vraiment magnifique sous ce soleil radieux.
Après un picnic venteux et une presque sieste sur une plage de galets qui font mal au dos, on continue un peu plus haut vers le Nord, avec plusieurs points de vue sur des plages où déferlent les rouleaux, au plus grand bonheur des surfeurs, et sur des avancées rocheuses sculptées par l’eau turquoise. L’arrêt suivant ressemble à une dédicace au plaidoyer de Brigitte Bardot pour les bébés phoques. Ceux-ci ont en effet la curieuse idée de remonter de la mer par une petite rivière rocailleuse jusqu’à un genre de piscine naturelle où coule une cascade. Ils font ça tous seuls comme des grands, les mamans profitant du repos bien mérité laissé par leur progéniture en se prélassant au soleil sur la plage. Il faut dire la vérité, un bébé phoque, c’est troooop mignon. Comme un grand, sauf qu’il ne sent pas encore mauvais, et que sa fourrure a l’air tellement douce qu’on a envie de lui faire un gros câlin.
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En vrai, bien sur, on se retient, mais certaines personnes n’ont une fois de plus aucun respect pour ces animaux. les I-phones et autres engins de guerre sont à 2 cm des moustaches des petits fort peu farouches qui se font crépiter de flash, les gens les font jouer avec des bouts de bois qu’ils leur lancent (et ils rapportent!) n’ayant visiblement aucune idée de ce que signifie la notion d’animal « sauvage ». Bref, on se retient de ne pas faire la morale aux sans cerveaux qui sont présents et on laisse les petits tranquilles.
Mauvaise surprise en revenant sur le parking, un gentil touriste nous a laissé un mot sur le pare brise nous informant que nous avions un pneu à plat… A 2 jours de rendre la voiture, la tuile! Opération démontage/remontage de galette, en priant pour qu’en regonflant le pneu, il tienne jusqu’à la fin de la location. Ce qui sera, heureusement pour nous, le cas! La journée de loose de la voiture donc, puisque nous manquerons de tomber en panne sèche sur la route du retour du soir, les stations essence fermant un peu trop fréquemment à 16h pour nous.
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On retourne au même camping que la veille finalement, celui-ci proposant un tarif imbattable au vu des prestations proposées. C’est malheureusement là que, après y avoir oublié l’appareil photo la veille (oui, on fait de plus en plus fort…), heureusement ramené par un gentil campeur au gérant, nous perdrons cette fois une carte SD forcément non sauvegardée de nos photos de Nouvelle Zélande. Gros moment de frustration, mais rien de plus à faire malheureusement après avoir inspecter toutes nos affaires sous les moindres coutures.
Nous partons le matin pour la péninsule de Banks, non loin de Christchurch, notre stop final. La route se révèle bien plus longue que prévue, sinueuse, grimpante et surtout le soleil du matin laisse place à des trombes d’eau, on est dans l’œil du cyclone! Après une conduite plutôt fatiguante avec notre super bolide qui ne tient vraiment rien sur route mouillée et l’angoisse d’avoir toujours un pneu à plat à l’arrivée, nous finissons par trouver un spot de pique nique sympa au moment où les nuages disparaissent aussi brutalement qu’ils étaient arrivés, emmenant avec eux le pluie et nous laissant un ciel immaculé sous le soleil. Le coin est très beau, nous rappelle un peu les Marlborough sounds vus au Nord de l’Ile du Sud, sauf que là, c’est vraiment la mer qui rentre dans la terre, rien à voir avec d’anciens glaciers disparus. La péninsule est très escarpée, car organisée autour du cratère d’un ancien volcan, dont les explosions ont formé un relief chaotique, dans lequel la mer s’est engouffrée, ressemblant plus à un grand lac qu’à l’océan. La ville principale, Akaroa, est réputée pour son atmosphère française. Tout cela pour un petit bout d’histoire d’une lointaine époque où des français avaient réclamé la péninsule de Banks comme leur et où les britanniques pris de peur, avaient rappliqué aussi vite que permis pour leur rappeler que ce morceau de terre appartenait à la couronne… Si l’histoire s’était écrite autrement, la Nouvelle Zélande aurait peut être été française aujourd’hui, qui sait? En tout cas, plaques de rue, noms d’hôtels et de commerce résonnent de sonorités bien de chez nous: « place de la poste », « l’essence, accessoire, réparations automobiles », « location vélo électriqué », « Chez la mer » (oui les fautes orthographes aussi sont d’origine!).

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Un bon moment de rigolade en découvrant les traductions littérales plus ou moins réussies de certaines. On passe une partie de l’après midi à une activité très originale, décrite sous le nom de « le mini-golf » sur la pancarte. Avec un trou sous une Tour Eiffel, on ne pouvait pas laisser passer une bonne partie sous le soleil. Bref, nous nous illustrons par une prestation des plus lamentables (mais on a pas perdu la balle!), pas autant que nos prédécesseurs visiblement, Séb ayant décidé de faire les poubelles pour voir si on était vraiment si nuls que ça.
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On quitte ensuite la péninsule par la Summit Road qui offre de magnifiques vues au coucher de soleil sur les deux cotés, des baies de partout et entre, des pâturages de moutons à perte de vue, où ceux ci ont du s’adapter au coté pentu local, à quand les moutons mi-dahus?&nbsp.
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Nous campons non loin de Christchurch, au milieu d’un champ de courses, les kiwis ne sont pas dépourvus d’idée pour utiliser leurs espaces sportifs, on avait déjà eu ça sur des terrains de cricket et de rugby!
On entame la journée du lendemain par une partie de Tétris géant: réussir à faire rentrer tout le bazar dispersé dans la voiture depuis un mois, tout ce qui a été acheté en plus pour le camping, dans nos sacs, qui ne se sont eux malheureusement pas agrandis. Au final, nous arrivons fièrement à tout faire rentrer dedans, victoire! L’arrivée à Christchurch est pour le moins étrange. Nous nous croyons toujours dans une banlieue quelconque avec ces avenues de pavillons puis de fast foods ou grosses enseignes hideuses, quand en fait, il se trouve que nous sommes en plein centre.
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L’impression est pour le moins perturbante. La ville a subi un grave tremblement de terre en 2011 et peine à se remettre. Tout, intégralement tout, est en travaux. Le seul commerce qui semble prospérer ici est celui des parkings en surface, qui sont légions.
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En revanche, le reste…La ville est quasiment déserte, aux 3/4 détruite, les commerces fermés depuis belle lurette (s’ils ont jamais existé), avec un vent qui s’engouffre dans les avenues ou plus aucun immeuble ne l’arrête.
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Nous nous sentons tous les deux mal à l’aise, cette ville a l’air morte, on dirait que la catastrophe est arrivée la veille. Le fait d’être le Dimanche de Pâques n’aide certainement pas, mais les seules personnes que nous croisons se concentre dans des micros points de la ville, comme des survivants se regroupant autour de points où un peu de vie persiste encore.
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Nous aurons la chance de rendre la voiture par hasard juste à coté du café le plus animé de la ville, où nous prendrons le temps de profiter des derniers rayons de soleil de l’automne, décidément bien installé maintenant. Les journées ont raccourci, les températures ont baissé et la météo se fait capricieuse. Tous ces éléments nous cantonnent au chaud dans la bibliothèque de la ville, où ne nous sommes pas le seuls à avoir eu la même idée. Le temps passera ainsi tranquillement jusqu’au soir, ou après avoir avalé rapidement un japonais (seuls les restaurant asiatiques étaient ouverts!), nous filons passer la nuit à l’aéroport en vu d’un vol bien matinal le lendemain. Adieu la Nouvelle Zélande, bonjour l’Australie!

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On the rocks (la suite)

Le post va plutôt concerner les plus grimpeurs d’entre vous… Le Mont Cook derrière, il est temps d’aller grimper un peu. Retour donc à Castle Hill, parce que c’est quand même le beau spot de NZ. Arrivés sur le parking, encore une fois sous un beau ciel bleu, qu’est-ce qu’on voit : le camion de Bastien et Marie rencontrés la fois précédente. Et qu’on retrouve sur le 1er bloc! Parfait, des partenaires de grimpe sympas et qui en plus ont gagné un crash pad entre temps.
Aujourd’hui, je me dis que je vais essayer de dépasser les premiers blocs, parce que la dernière fois on n’a pas été bien loin alors qu’il y en a plein d’autres derrière. Mais c’est assez dur de se retenir de grimper… Échauffement et grimpe à Quantum field, le secteur principal, énorme, une semaine à temps plein ne permettrait pas d’essayer tous les passages. Bastien, a des projets partout vu qu’il est là depuis un moment, donc ça tombe bien. Un peu perdu dans les cot’ en « V », on a l’impression que tout est facile, alors qu’en fait pas vraiment…

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Et LA photo du post

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Grâce à Marie qui a prêté ses chaussons, Delphine a grimpé! Peut être un effet secondaire de la solidarité féminine, à étudier lors du retour en France…

Fin de la journée dans un bloc magnifique, The Outcast, cotation V9 (7c je crois). Mais celui-ci résistera à nos assauts répétés. Assez de blabla, place aux images, avec le décomposé dans le bloc.

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Le lendemain re-belote, grimpe une nouvelle fois, le ciel bleu est encore de la partie, avec en plus un petit vent qui sent la collante. Bastien se repose aujourd’hui, mais m’a laissé crash pad et topo, sympa!!! Le seul hic, et bien c’est la forme, le style local ultra physique laisse des traces, la chauffe se fera tout doucement. Donc c’est surtout un repérage de lignes magnifiques, mais impossible de se retenir, j’essaierai tout… Cependant une fois le topo regardé, tout est dans le gros 7 ou dans le 8, voire même du projet, donc pas de croix!

Je passerai une bonne partie de la journée dans une traversée ascendante sur grosses prises, magnifique, avec en plus Bastien à la parade (revenu entre temps), qui me laissera de gros « steaks » sur les mains. Malheureusement pas de photo. Un essai dans le projet de la veille me montrera que c’est fini, les muscles ne veulent plus, il est temps de partir! Finalement on a eu beaucoup de chance niveau météo, on a systématiquement eu du beau temps même si la température était un peu trop élevée, mais pas mal à l’ombre pour se faire plaisir mais avec un niveau beaucoup plus faible qu’à l’accoutumée. J’aimerais dire que je reviendrais, mais bon, c’est quand même le bout du monde!

La Nouvelle-Zélande au sommet

Après une bonne nuit, nous voici en direction de notre prochaine étape, le toit de la Nouvelle-Zélande : le Mont Cook, 3755m. Pas mal pour une petite île. Première bonne nouvelle de la journée : le beau temps est de retour, c’est un beau soleil qui nous accueille au réveil. En chemin nous nous arrêtons à Oamaru une jolie « ville » où il subsiste quelques bâtiments en pierre calcaire de style Victorien, ce qui est assez rare pour être noté. Mais le stop est surtout pour la curiosité de la ville, une fabrique de fromage « artisanale » qui serait un des meilleurs fromages de NZ : Whitestone, le surnom de la ville. Delphine ne pouvait plus tenir sans fromage, le détour s’avérait indispensable. En arrivant la laiterie supposée est en fait une usine avec un café/boutique devant, qui affiche tous les prix gagnés en NZ… Pas encore trop rebuté par la première impression, nous entrons et on nous propose de goûter quelques échantillon : du brie, du cheddar et du bleu. Dixit Delphine le premier aurait le goût de celui en supermarché en France, le bleu serait assez bon. Mais au moment de l’achat on renonce, jusqu’à 9$ le morceau de fromage qui s’apparente à une part individuelle! Ils sont fous ces kiwis.

Ensuite direction l’arrêt prévu sur le chemin : Elephant Rock, un champ de bloc de calcaire au milieu d’une prairie, où « Le monde de Narnia » aurait été tourné. Ce serait même un site de bloc à grimper. Les choses se corsent lorsqu’on essaie de le trouver, puisqu’on n’est pas arrivés du même sens que le guide… Après environ 45 min et plusieurs demi-tours, on renonce et continuons la route. Et c’est là qu’on le trouve parfaitement indiqué… comme tout en NZ! Il s’agit d’une prairie bien verte avec des moutons qui broutent à l’ombre des blocs, un beau cadre bucolique en somme. On en profite pour grimper un peu (y compris Delphine!) puisque les blocs s’y prêtent bien et faire un pique-nique, puis en route vers la destination du jour.

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Sur le chemin, un beau point de vue au dessus du lac Pukaki nous laisse voir la chaine de montagne au loin. Mais on peut également voir qu’il doit bien pleuvoir sur la côte ouest puisque les sommets sont pris dans d’épais nuages noirs.

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Cependant la vallée pour y accéder est encore une fois magnifique, très large, plate et semble déserte. Confirmation à notre arrivée au camping, très peuplé, il pleut par intermittence. Ce qui ne nous empêche pas d’aller faire une courte ballade pour aller voir les glaciers de plus près, une fois la tente plantée.

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Après la nuit assez froide et surtout humide, c’est un beau soleil qui nous surprend au réveil, ce qui nous permet de voir tous les sommets invisibles hier.

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Il y a pire comme endroit pour se réveiller. Nous obtons pour la ballade classique du coin, ne nous sentant pas d’humeur à marcher longtemps aujourd’hui, qui va nous offrir un superbe point de vue sur le Mont Cook et le glacier dans la vallée.

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De retour dans la voiture, direction l’autre glacier, le Tasman avec au fond le mont du même nom, qui s’offre au visiteur après une marche de 20 min. Décidément aujourd’hui nous n’avons absolument pas envie de randonner, on profitera donc du soleil et du pique nique.

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Après un bon repos, il est temps de reprendre le volant. Un autre arrêt au point de vue de la veille nous offre une meilleure perspective, le Mont Cook se dresse tout blanc largement au dessus des autres sommets aux alentours.

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Encore un autre arrêt plus tard (pas mal de voitures ces derniers jours!) nous emmène au mont John, au sommet duquel se dresse un observatoire et un café. D’après le Lonely Planet, se serait « le meilleur endroit au monde pour prendre un café », rien que ça! Bien décidé à aller tester la chose vu notre volonté pour tout effort physique aujourd’hui, c’est encore une très belle lumière qui nous accueille. Malgré le bon café, on ne pense pas que ce soit le meilleur endroit du monde (il faudrait qu’il voyage un peu ces kiwis) , mais c’est quand même pas mal…

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A la recherche des « bêtes »

Thème des jours à venir: trouver des animaux à voir. Terrain de jeu: la région des Catlins et de Dunedin, avec sa péninsule d’Otago. Mode opératoire: squatter les bons spots pour observer toute vie animale.
Départ: pas très loin, le terrain de camping de la nuit… qui se trouve idéalement en bordure de plage, encadré de belles falaises blanches contre lesquelles la mer vient se briser avec fracas. L’endroit semble aussi visiblement prisé des surfeurs, avec qui nous partagerons le terrain herbeux, autour cette fois-ci d’un feu bien plus réussi que celui de la veille. Au petit matin, la météo est mitigée, un vague air de Normandie flotte sur la côte partiellement embrumée où la mer d’un gris uniforme ne lance plus de rouleaux aussi féroces que la veille à l’assaut du sable.

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Les surfeurs ont déjà déserté le lieu, on prend le temps d’explorer la plage, étant coincé sur le terrain par une course-rallye ayant lieu sur la gravel road empruntée la veille pour y arriver (les petits veinards qui choisissent pile le bon jour…) . Un groupe de lions de mer y paraisse au loin, que l’on prend au premier abord pour un tas de rochers, mais oh, surprise, ça bouge! La flemme de retirer les chaussures pour traverser le petit torrent qui s’est formé à marée montante l’emportant sur la volonté d’aller voir tout ça de plus près, on se dit qu’on en verra d’autres et nous partons vers les autres points stratégiques. Le paysage alentour est très vert, très vallonné, couvert de gros moutons mérinos croulant sous leur épaisse laine, et entrecoupé de beaux lacs. Définitivement une vraie Normandie des bocages.
La plage de Surat Bay nous promettait lions de mers et phoques à profusion, nous n’y rencontrerons qu’une vache morte. Déprimant. La côte et la plage sont belles, mais le ciel se charge de plus en plus de nuages et prend une couleur gris plomb qui ne présage rien de bon.

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Le prochain arrêt, Nuggets point, est le phare du bout du bout de l’île du sud, offrant des vues dégagées sur les baies alentour et sur une série de rochers qui semblent avoir été lancés au hasard dans l’eau du haut de l’éperon rocheux où il se situe. Ce sont les fameuses « nuggets » (pour les incultes comme nous qui ne connaissions que ceux de poulet et qui ne voient pas non plus le rapport, google traduction nous a illuminé en nous apprenant que la véritable signification du mot est « pépite »).

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En tout cas, toujours pas de bestiole à l’horizon, hormis les sempiternelles mouettes et un phoque surnageant désespérément dans une bassine d’eau à 100mètres en contrebas.

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Roaring bay, à même pas 1 km de là, nous promet des yellow eyed pinguins, seuls et uniques en Nouvelle Zélande, espèce en danger. Problème: ils ont la bonne idée d’être timides, de ne rejoindre la côte qu’à partir de 16h, de n’être observables que depuis une plate forme lointaine. On est de plus à la période de l’année où ils sont le moins nombreux et…il se met à pleuvoir. Dépités par la faune locale qui refuse de se donner à nous, nous partons donc sur des activités moins passionnantes dans le village voisin (internet, laverie…). Échec pour le moment.
On reprend la route vers Dunedin quand quelques temps plus tard ressort de nouveau un soleil radieux et on se dirige vers la péninsule d’Otago qui lui est accolé, en espérant être plus chanceux. La météo est très étrange, de gros nuages épais restant assez bas, dès que nous prenons un peu d’altitude sur la péninsule (la route est très collineuse), on se retrouve dans un épais brouillard digne du fog londonien, mais sitôt sortis, de grosses trouées de soleil et de ciel bleu changent complètement la donne. Le spot choisi, Sandfly bay (ouf, heureusement aucun rapport avec les sales insectes, seulement une histoire de sable qui vole à cause du vent), est censé regorger de ces fameux pingouins aux yeux jaunes, de phoques, etc…

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Je vous laisse deviner la suite: rien. Rien de rien. Bon, le paysage est magnifique au coucher de soleil, les nuages qui tombent dans la mer, les falaises rougeoyantes, les moutons mérinos « moutonneux  » à souhait dans les verts pâturages, mais quand même, pas une bête sauvage. Alors qu’il est la bonne heure. Damned. Re-dépités, on repart vers un camping au nord de la ville, le bilan de la journée maigre en animaux en travers de la gorge… La nuit porte conseil parait il, l’inspiration des explorations du lendemain sera peut être plus payante?
Réveil tardif, on l’a compris, les animaux ne reviennent à terre que l’après midi, alors autant mettre toutes les chances de notre coté. On explore Dunedin, une ville vraiment sympathique, quelque peu en ensommeillée en ce dimanche matin, mais rien de surprenant. Pour la première fois, une vraie belle ville, avec des bâtiments victoriens d’époque conservés, des églises anglicanes qui en jettent et une place centrale toute mignonne entourée de cafés « in ».

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On craque pour un cappuccino (le manque de caféine quotidienne que ne compense pas le mauvais lyophilisé commence à pointer fortement le bout de son nez), le temps de lire la presse locale et de tenter de rester en connexion avec le monde, puis craquage n°2 à l’usine Cadbury, qui même si elle ne fait pas le meilleur chocolat du monde (très loin de là) offre un substitut appréciable à nos estomacs en manque de bonne bouffe.

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A l’heure jugée raisonnable, nous repartons pour la péninsule d’Otago, sa route côtière tortueuse ensoleillée sous un beau ciel bleu, de très belles vues et peut être à la clé, des animaux (vivants!) enfin? La Jackson bay sera effectivement payante: quelques centaines de mètres de marche, et on se retrouve nez à nez avec un énorme lion de mer, supposé mâle vu le gabarit. La version néo zélandaise de cet animal n’est pas très engageante avec son gros museau aplati qui lui donne un vague air de gobelin.

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En tout cas, vu la taille du bestiau, on garde une distance respectueuse avec lui, il semble un peu grognon lorsqu’on le dérange pendant sa sieste… Un peu plus loin paraisse toute une colonie de phoques à fourrure, tellement proches, peu farouches et mignons qu’on a envie d’aller les caresser pour vérifier si leur fourrure est bien si douce qu’elle le semble. On les laissera pareil à distance raisonnable, un bâillement étonné de l’un d’eux laissant entrevoir de belles dents pointues…

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La plage est belle, enfin un peu de vie animale, pari réussi! Il manque deux trophées à ce challenge, que nous tentons de rallier au point le plus extrême de la péninsule, les albatros et les pingouins bleus (le plus petit pingouin du monde!).

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Il faut normalement payer pour observer la colonie d’albatros dans le centre qui leur est réservé, mais pas besoin d’y rentrer finalement comme on le constate à la foule au grillage, ceux ci jouent avec les courants d’air au dessus du parking du centre et s’y montrent de toute leur envergure lors de leurs prouesses aériennes.

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La plage des pingouins située juste en contrebas nous semble compromise: un groupe de japonais/corééns/chinois (bref aucune idée) joue en effet du réflecteur et du réflex ultra perfectionné, pour réaliser…des portraits de chacun avec un phoque un mètre derrière. Une partie de la zone rocheuse est en effet inaccessible pour la tranquillité de ces derniers, mais certains préfèrent jouer aux stars sur la zone libre devant les objectifs asiatiques. Malheureusement aucun d’entre eux ne semble tenir compte des recommandations de distance à respecter entre eux et les animaux, c’est à qui mettra sa tête le plus près pour la photo…

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On préfère les laisser se prélasser tranquillement sur leurs rochers sous la lumière déclinante, abandonnant l’idée de voir des pingouins, car il semble peu probable que l’un d’eux est l’idée suicidaire de venir sur la plage tant que leurs prédateurs s’y trouvent.
Le bilan est finalement plutôt positif pour cette deuxième journée, il manque les pingouins, mais on en avait eu un plus que bon aperçu en Patagonie, alors tant pis, même si ce ne sont pas les mêmes. On fera un dernier spot plus orienté escalade pour le coup dans cette belle journée, Long beach. Des cavernes creusées dans la falaise jalonnent la plage tout du long et elles se révéleront bien utiles lorsque la météo décida de changer de nouveau et qu’un grain énorme nous tombe dessus au même moment que le coucher de soleil. Coincés dans une caverne, Séb aura droit à une demi heure de gimpe avant que la nuit ne tombe définitivement et qu’on n’y voit plus rien dans cette grotte.

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La pluie a au moins eu le temps de se calmer et nous laisse rentrer à la voiture presque au sec, après une traversée de la plage avec des airs de « La route », seuls sous la lune qui est bien la seule à briller ce soir.

Fiorland

Le Kepler track fini, retour en mode 4 roues pour partir à la rencontre d’un point phare du pays, le Milford sound. On nous en parle tellement, encore un lieu qui fait partie des « best in the world » (un grand classique néo zélandais qui ressort à peu près sur chaque mini lieu attractif du pays, un fléau qui sévit dans le Lonely planet comme dans toute la com’ touristique du pays…), que finalement on ne sait plus trop à quoi s’attendre. Un attrape touriste hors de prix et surfréquenté comme les prix des croisières et activités autour tendent à le faire croire? Ou une vraie merveille de la nature victime de son succès (et c’est normal)?
Pour se faire notre propre opinion, on choisit l’option économique: la première croisière en bateau du matin (moins chère et normalement moins fréquentée) et sur laquelle on a une réduction! Radins un jour, radins toujours… Au pays de la vie chère, il n’y a pas de petite économie!
En attendant, nous empruntons dans l’après midi la fameuse « best in the world » (tiens, quel hasard?!) route qui relie Te Anau où nous avons fini la randonnée et notre camping du soir. Bon, la route est jolie, petits lacs, montagnes sombres, une belle lumière au coucher du soleil, maintenant de là à dire que… Bref, les kiwis aiment les superlatifs.

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On s’arrête sur un parking en bord de route pour observer ce paysage singulier, quand surprise, sur qui tombons nous dans son break? Arnaud, le français déjà croisé à Castle Hill! Pas grand ce pays… On se retrouve donc au même camping le soir et…à la même croisière le lendemain matin! Les français seraient ils tous en mode économie ici? Vu qu’on a visiblement pas assez marché aujourd’hui, on refait une petite ballade depuis le camping en début de soirée pour aller voir le Lake Gunn, un beau miroir où se reflètent les montagnes alentour. Les sandflies étant toujours d’une voracité à toute épreuve, nous continuons d’appliquer la stratégie des jours précédents: toujours être en mouvement. C’est fatiguant, mais ça paye. Après un terrible échec de tentative de feu au dîner (expliquant mieux le « good luck! » lancée par la ranger devant nos tentatives), le bois étant tellement humide qu’à part enfumer tout le camping, il n’aura pas servi à grand chose d’autre mais petite consolation tous les autres prétendants ont également échoués, on se couche confort, la tente sur un bon matelas d’épines de pin, royal.
Départ matinal pour nous rendre au port du Milford sound qui se trouve encore à une heure de route, et pourtant, nous ne sommes pas les premiers partis, loin de là. On finit par comprendre les superlatifs qui entourent la route du Milford. Cette heure de conduite est en effet…splendide. Les montagnes s’élèvent, se rapprochent, les falaises couleur d’encre forment des cirques impressionnants, on a l’impression de rentrer dans les fameuses mines de la Moria du Seigneur des anneaux.
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Les pics enneigés dans les hauteurs rajoutent un peu plus à la magie du lieu.

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Le port offre une vue « carte postale », les montagnes du fjord se reflétant sur la surface impeccablement plane des eaux dans une image assez inoubliable dans la lumière du matin.

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Et enfin, nous voilà à bord de notre fameux bateau « Jucy cruise« , même pas trop plein, et qui n’a même pas l’air d’être en plus mauvais état que les autres à quai! La croisière est très agréable, on longe les falaises qui se jettent dans les eaux sombres mais limpides, tout en découvrant dans les détours du fjords différentes curiosités: cascades, rochers au noms bucoliques (en forme de coiffe d’évêque ou de lion accroupi, il faut avoir de l’imagination), et surprise, des animaux dont nous n’attendions pas la visite.
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Des dauphins viennent nager en bande autour des vagues créées par le passage du bateau, jouant avec elles et nous offrant même quelques pirouettes. Puis c’est le tour du banc de phoques à fourrure qui se prélassent sur un coin de rocher ou jouent à faire des ronds dans l’eau, ils nous donnent froid rien qu’à les voir dedans…

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Le trajet pousse jusqu’à l’embouchure du sound sur la mer de Tasman, où le vent se lève avec force et les vagues se font plus houleuses. Refuge dans le bateau avec une bonne tasse de café/thé chaud (à volonté et gracieusement offert par la compagnie, ça ne se refuse pas)! Au retour, le bateau s’approche au plus près d’une cascade avec un fort débit, offrant une douche gratuite aux plus téméraires des passagers (et un suicide garanti de leur appareil photo par la même occasion). On restera tranquillement au chaud au niveau de la cabine du capitaine.

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Retour à quai enchantés, heureux de cette expérience, vécue tranquillement au cours d’une croisière finalement peu fréquentée et sous un soleil matinal fort agréable, mais en voie de disparition à notre retour sur la terre ferme…
Retour par la même route par la suite, en stoppant fréquemment aux nombreux points de vue offerts sur les glaciers et les vallées s’ouvrant régulièrement devant nous, mais avec la grosse flemme de marcher, donc on fera vraiment les touristes « routiers » ce jour-ci. Au retour cette la route offre de nouvelles perspectives et des points de vue splendides que l’on a eu le temps de voir à l’aller, trop pressé d’arriver à bon port.
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On a même pu voir un morceau de chemin du Routeburn track qui à quand même l’air bien joli, mais également très fréquenté. On dit adieu et bon vent à Arnaud après un picnic en bord de lac le midi, sans même avoir été trop agressé par ces mouches maudites, puis grosse route pour rejoindre notre prochaine destination dans le sud est du pays: les Catlins

La grande marche

Arrivés à Te Anau, point de départ du Kepler Track, nous passons prendre les billets de notre hébergement et connaître la météo à venir. Pour te situer cher lecteur : la Nouvelle Zélande a 9 Great Walks, des itinéraires de « grande randonnée » bien aménagés dans des endroits emblématique du pays (même si l’un d’entre eux est en fait un itinéraire de canoë). Le Tongariro et l’Abel Tasman dont nous avons déjà parcouru un bout en font partie. Les hébergements, tente ou refuge, sont à réserver (et à payer à l’avance), ce qui implique déjà de bien connaître l’itinéraire, le temps que l’on va mettre. Mais vu les indications écrites et orales c’est assez difficile de prévoir, car les temps des prospectus jusqu’à présent étaient plus pour des personnes du 3e âge chargées de 50kg que pour des randonneurs habitués et légers. Sans oublier la météo, dont les prévisions sont plus qu’incertaines. Bref, on a plein d’informations à disposition, mais ce n’est pas toujours facile d’y voir clair et de trier l’utile.
2e point important, le coût : les refuges sont à 54$ la nuit par personne et les campings à 18$, sachant qu’à ce prix là vous n’avez quasiment rien (des toilettes sèches et de l’eau non potable)… De plus toutes les Great Walks ne peuvent pas se faire en camping. Les 3 qui nous intéressaient sont tous dans les Fiordlands :
– le Milford track, la (soi disant) plus belle randonnée du monde est réservée jusqu’en Octobre (oui, oui même l’hiver), uniquement en refuge, les 2 points de départ et d’arrivée distant de 100km environ, avec bateau obligatoire (à prix d’or…) à l’arrivée. Bref pas pour nous!
– le Routeburn track, réservé jusqu’en avril, certaines étapes en refuges et les 2 points de départ et d’arrivée distants de 350km par la route, rien que ça. Mais il est possible de rentrer avec un autre sentier (Greenstone ou Coble). C’est la plus « alpine », mais toujours pas pour nous donc.
– le Kepler track, Il se situe entre des lacs immenses, il est assez « alpin » , est disponible et possible en tente, et fait une boucle. Bref nous tenons notre gagnant.
La randonnée classique se fait en 4 jours, mais nous décidons de le faire en 3, car on a un peu peur de s’ennuyer vu ce qu’on a déjà fait ici et surtout c’est la durée nécessaire en tente.

A Te Anau une fois n’est pas coutume, nous choisissons un camping tout confort, avec cuisine équipée, douche chaude à volonté et wifi (gratuit!) dans un salon. Ce qui nous permet de renouer avec la toile et et nous détendre un peu, mais également de nous éloigner des sandflies omniprésentes dans cette région. Le lendemain, on se lève tard, et une fois arrivée au parking du départ (Rainbow beach) on prend tout notre temps pour faire nos sacs, car la première journée est courte (5h) et plate, longeant la rivière et le lac, dans une végétation luxuriante.

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Au final, nous arrivons au premier camp (Dock bay) en 3h de marche, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour monter la tente, se restaurer et se reposer, la journée du lendemain sera en effet plus longue.

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                                          Le premier camping, sympa, mais au loin c’est notre destination de demain…

Premier constat, le sentier est TRES entretenu : sur notre passage des employés du DOC mettait du gravier à l’aide d’une petite machine à chenille… On se dit que décidément la notion de « nature » est assez différente entre les kiwis et nous, parce qu’il faut aussi considérer les innombrables panneaux indiquant la présence de poison pour éradiquer les espèces présentes naturellement mais dites « nuisibles » (pièges à rats disséminés tout le long du sentier). Bon, on se dit que c’est normal, car il s’agit de la portion entre les 2 parkings et très empruntée par les promeneurs occasionnels.
Le lendemain, lever matinal, départ 8h20, on commence par une ascension de 800m environ dans une forêt humide, car il pleut beaucoup dans le coin, (6000 mm de pluie par an…), dans une chaleur moite et étouffante. Une fois sortie de la forêt, la température descend brutalement, notamment à cause du vent, et l’on a droit a un paysage beaucoup plus alpin, très dénudé.
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Nous arrivons au refuge où l’on fait halte pour aller découvrir une grotte. Armés de nos frontales, on s’engage dans la dite grotte, en se disant qu’il y en a pour quelques minutes, malgré les échanges que l’on a eu avec 2 américaines à l’entrée, pour finir par faire demi tour après un bon quart heure que l’on descendait sans en voir le fond. Apparemment 1 heure (aller) ne suffirait pas pour y arriver!

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De retour à nos sacs on continue le chemin. Mais la météo se gâte, nous laissons donc de côté le sommet, à 5 min de montée, complètement dans les nuages et continuons vers un abri où nous nous réfugions pour prendre notre déjeuner, nous abriter de la pluie ainsi que du vent omniprésent sur les crêtes. Une fois reparti, le ciel se dégage peu à peu et le vent se calme, ce qui n’est pas pour nous déplaire puisque le chemin suit une crête pendant près de 2 heures. La vue d’ici est superbe, on peut voir les montagnes environnantes se jeter dans d’immenses lacs. 

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Nous redescendons ensuite dans une vallée pour rejoindre notre camping, toujours plein de sandflies, et l’on profite d’une balade vers une cascade pour se dégourdir les jambes. La dite cascade se révèle être la salle de bain locale, malgré une eau très froide… D’ailleurs on y recroise nos 2 américaines qui n’hésitent pas à faire tomber les sous vêtements pour y plonger tout en faisant savoir de façon bruyante la température de l’eau.

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Le camping le soir est finalement très sympa malgré ces satanées mouches, tout le monde autour du feu de camp à discuter. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on remarque que les français ne sont plus les « touristes » les plus représentés en NZ, mais bien les allemands. Les guillemets sont importants ici, car une grosse majorité de touristes sont en fait en permis vacances-travail et restent donc près d’un an.
Le lendemain, on prend notre temps pour décoller, car peu pressés. Finalement les prévisions météo catastrophiques que le garde du refuge nous a donné la veille se sont révélées être totalement fausses, on voit du ciel bleu et on distingue toutes les montagnes aux alentours à la différence d’hier. Mais l’étape du jour ne nous semble pas aussi intéressante que la veille : 5h de chemin en forêt, même très diversifiée en couleur et essence d’arbres, nous laisse peu d’opportunités pour admirer le paysage et devient monotone. De plus, chaque arrêt nous rappelle la présence des sandflies, comme notre stop au bord d’un lac pour le déjeuner, où malgré la vue magnifique, on ne fait pas long feu.

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                                                                         Sympa, la pause-dej’ n’est-ce pas? Mais la photo ne montre pas les mouches…

Le chemin devient un peu différent avant l’arrivée, on passe à côté de marais, colonisé de nombreuses oies, puis le long du fleuve avant d’arrivée à la voiture, bien content car il commence à faire chaud et on transpire fort!
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Au final, notre avis sur la randonnée est mitigé : le sentier est beau et assez varié, on passe d’une forêt pluviale luxuriante, à un paysage alpin, on longe des lacs, des fleuves et torrents, des lacs extrêmement encaissés, mais on plus l’impression de faire une ballade assistée. Les hébergements sont hors de prix et très vite pleins (on déconseille les refuges d’après ce qu’on a vu…) alors qu’ils sont « facilement » accessibles, les sentiers extrêmement entretenu sont des quasi routes, entrecoupées d’escaliers en bois et de passerelles, y compris à plus de 1000m d’altitude! Et cerise sur le gâteau, 1 heure avant l’arrivée, on croise un garde qui ratisse le chemin pour en retirer les petites branches qui s’y trouvaient… Là on s’est quand même demandé si l’on n’a pas rêvé. En bref, on est très loin du sentiment d’isolement que l’on recherche habituellement en randonnée. C’est en revanche réellement à recommander pour les personnes avec peu d’expérience et une condition physique un peu juste ou qui tout simplement souhaitent conserver leur confort en randonnée, avec paysages fabuleux.

Mais une chose dans ce suraménagement de la nature a été particulièrement appréciée à l’arrivée, les douches chaudes publiques à Te Anau, parfaites après ces quelques jours de « pouerkisation ». On peut dire que les kiwis ont pensé à tout niveau installations…

A la rencontre des glaciers

Nous atteignons un camping du DOC (nos favoris pour les emplacements avec vue magnifique qu’ils offrent la plupart du temps) non loin de notre étape du lendemain, les glaciers Franz Joseph et Fox, toujours le long de la côte Ouest. Presque pas de sandflies, ouf, mais la charge de moustiques au coucher du soleil nous rappelle qu’elles ne sont malheureusement pas les seuls insectes nuisibles du coin… On découvrira le soir en allant prendre notre douche dans un autre camping le coin d’Okarito, dont le grand lac découpé qui se jette dans la mer semble peuplé d’une quantité incroyable d’espèces d’oiseaux. Le soleil couchant sur ce lieu et sur le lac Wahapo le long duquel nous campons valent bien le détour.

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Le lendemain, direction le glacier phare de la région, le Franz Joseph, dont le nom initial en maori raconte une bien triste histoire, celle d’une jeune fille qui ayant perdu son amoureux tombé de la montagne pleura tellement que ses larmes formèrent le glacier… Bon, ce qui impressionne surtout à l’arrivée, c’est le bourdonnement incessant des hélicoptères qui charrient leurs flots de touristes dans un ballet sans fin au dessus des pics. L’endroit est atrocement touristique, un vrai Disneyland. On part déjà peu convaincus faire la petite ballade qui amène les marcheurs au pied du front de glace. Pas de quoi en faire tout un platras, c’est un glacier tout ce qu’il y a de plus « glacier », rien de fou nous concernant.

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La foule omniprésente, les bourdonnements des hélicoptères et le temps maussade assez nuageux n’aident sans doute pas à être dans les bonnes dispositions pour apprécier au mieux l’endroit. Nous poursuivons vers le glacier Fox, où la ballade pour le rejoindre présente des paysages plus sympas, de belles falaises, mais en voyant le glacier dans le fond, on se dit que ça ne mérite pas franchement le détour et on fait demi tour avant d’y être arrivés…
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Blasés des glaciers, nous? Ou peut être juste blasés des touristes bruyants et des chemins accessibles en chaises roulantes pour aller à n’importe quel point qui semblait un peu sauvage à la base…
La météo n’est décidément pas avec nous ce matin et quand il se met à pleuvoir pour de vrai, on prend la route pour rejoindre notre étape suivante, Wanaka, sans franchement faire de stops, hormis quelques photos dans la région de Haast, pourvue de grandes forêts sombres entre les pics montagneux plutôt photogéniques. L’autre paramètre qui limitera ces pauses sera les sandflies, qui sont d’une voracité incroyable dans ce coin. Ouvrez 10 secondes la porte de la voiture et c’est une cinquantaines de petits vampires suceurs de sang qui se jettent impitoyablement sur chaque millimètre de peau dévoilée…
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L’arrivée vers Wanaka est particulièrement belle, la route surplombant les lacs aux abords de la ville, le tout sous un soleil couchant qui a décidé de réapparaitre pile au bon moment. Un paysage enchanteur. Le camping, sur un terrain de cricket réaménagé pour l’occasion n’a rien de spécial mais a le mérite de disposer de toutes les facilités pour une somme modique, un bon point!
Le temps reste assez gris le lendemain, le plafond d’épais nuages ne semblant pas près de se dissiper. On opte donc pour une randonnée à la journée qui reste plutôt basse, la plupart de celles du coin ayant plutôt tendance à amener à des points de vue en hauteur pour admirer d’en haut la vue sur les lacs, ce qui pour aujourd’hui est raté… Nous partons donc à la découverte de la Rob roy glacier walk dans le parc du Mount Aspiring, qui se mérite. Le trajet pour y accéder semble en effet bien court sur la carte, mais c’est sans compter sur une gravel road de plus de 30 kilomètres. Nous voilà donc entre troupeaux de moutons, de vaches, traversée d’une petite dizaine de gués (avec notre pot de yaourt qui nous sert de voiture, on croise les doigts pour que les rivières n’augmentent pas de débit d’ici à ce qu’on reparte), pour arriver, pensait-on, seuls au parking final.
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Erreur! Nous ne sommes visiblement pas les seuls en ce Dimanche à aimer l’aventure et plein de voitures peuplent déjà l’endroit. Mais la vallée en vaut la peine, le trajet était superbe. La ballade pour accéder au glacier est très sympa, malgré le plafond de nuages épais qui nous empêchera au final de distinguer le glacier qui ne se laissera qu’entrapercevoir, au contraire des cascades et de la rivière plus conciliantes pour les photos.
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Les glaciers du coin ne nous auront définitivement pas convaincus, trop fréquentés ou trop timides pour se montrer! Heureusement, la balade valait la peine de se perdre au fin fond de cette vallée.  Nous repartons dans l’après midi vers Queenstown, notre étape du soir, par une route (soit disant la plus route de montagne du monde, rien que ça) que notre pauvre petite voiture a bien du mal à gravir, ça chauffe pour elle… Les vues en arrivant sur la ville sont assez impressionnantes, l’environnement étant pour le moins agréable et n’étant pas sans rappeler Annecy et son lac entouré de montagnes.
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Bref arrêt à Queenstown pour prendre des infos concernant nos prochaines destinations et tenter de manger un burger, mais cela restera malheureusement à l’état de tentative, la queue devant « the place to be » pour en commander un n’étant pas sans rappeler la file d’attente du « camion qui fume » devant le mk2 de la BNF (pour les plus parisiens de nos lecteurs). Après un petit tour dans la ville, c’est décidément la première que nous croisons qui semble vraiment agréable. Sa localisation en elle même aide déjà beaucoup, mais toute la ville semble également détendue, les rues animées et front de lac agréable.
C’est une fois de plus de la gravel road pour accéder au camping, moins longue heureusement, mais surtout très gratifiante, l’endroit est splendide. Les vues sont à couper le souffle depuis les hauteurs sur les petits lacs autour desquels des centaines de moutons se partagent les brins d’herbe. Le Lake moke qui nous accueille pour la nuit confirme une fois de plus que les campings font partie intégrante de cette découverte du pays, nous permettant à de multiples occasions de partir à la rencontre de lieux où nous n’aurions pas forcément été dans le cadre de nos visites.
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Mais c’est également le premier qui est gardé à demeure, ce qui semble très étrange. Après une bonne discussion avec un suisse fort sympathique et une bonne nuit de sommeil nous revoilà à Queenstown pour réserver notre prochaine activité : le Kepler track, une randonnée de 3 ou 4 jours dans le Fiordland. Car ici il s’agit d’un des Great walk, et il faut réserver les hébergements (refuge ou camping). Plus de détails dans le prochain article.
Une fois réservé on reprend la voiture pour une longue route direction Te Anau, qui semble très proche sur la carte, mais pour laquelle 250 km seront nécessaires car il faut faire tout le tour… Mais la route est le long du lac et entre les montagnes est splendide, tout comme le beau ciel bleu, ce qui nous a plus inciter au picnic qu’autre chose.

On the rocks

Les sandflies nous laissant un peu plus de répit ce matin que la veille au soir, nous prenons le temps de petit déjeuner dans notre camping des Buller gorge, en s’instruisant auprès des panneaux explicatifs. on y apprend que la région a connu la ruée vers l’or et on vous invite à aller chercher vous même votre or au fond de la rivière qui coule tout près! Le moins qu’on puisse dire, c’est que jusqu’à présent, sur tous les sites que nous avons traversé, tout est expliqué, l’histoire, les origines du lieu, l’intérêt des sentiers sur place, ils se donnent du mal.
Nous partons ensuite au volant de notre bolide finir de traverser les Buller gorge (à la moyenne incroyable de 50km/h environ), un bel endroit où la rivière fait des lacets entre des rives plus ou moins proches et escarpées.
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On sort de ces gorges au niveau de Westport, ville de la Westcoast sans grand intérêt si ce n’est d’abreuver notre gourmand bolide, mais à un prix d’or. On trouve en revanche à quelques kilomètres de là la Tauranga bay seal colony, soit une colonie de phoques qui se prélassent au soleil sur la côte. Le lieu, le Cape Foulwind, s’offre à nous sous un beau soleil.
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Une côte escarpée, entrecoupée de longues plages de sable doré (peu fréquentées, l’eau ne doit pas être bien chaude…), où nous croisons les phoques accompagnés de leurs petits, tellement patauds sur les rochers, mais tellement agiles sous l’eau. Ils utilisent la force du courant pour remonter sur la terre ferme avec une dextérité impressionnante, quand on croirait que les vagues assez violentes les fracasseraient contre la roche.
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Après les avoir pris en photo sous toutes les coutures et avoir eu une petite pensée pour Brigitte et son combat pour les bébés phoques (qui sont vraiment trop mignons!), nous reprenons la route vers Greymouth.
L’attraction principale de la route, hors les vues superbes de la côte qu’elle offre en de nombreux points, c’est une formation géologique particulièrement étrange, les pancake rocks à Punakaiki.
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Ces rochers bien nommés ont effectivement la forme de piles de crêpes bien aplaties, alignés les uns aux autres, en gros des strates de rocher come on peut en voir partout. Le calcaire sculpté par la mer s’est creusé au fur et à mesure des années, créant également des blowholes, sorte de trous assez hauts dans la terre et qui semblent indépendants du reste des rochers, mais par lesquels la mer s’engouffre lorsque la marée monte, produisant des geysers d’écume impressionnant, autant par la puissance du bruit que par le jet émis. La ballade le long de cet étrange bout de côte est donc aussi bien sonore que visuelle, étant tombés au bon moment de la marée, la mer se fracasse avec rage contre les roches et tonne bruyamment à notre plus grand plaisir.
Greymouth, la grosse ville de la West coast, ne présente pas d’intérêt particulier, malgré son passé de ville « chercheuse d’or » riche surtout en histoires, son seul point d’intérêt à nos yeux est le supermarché. Nous bifurquons donc vers Arthur’s pass, sur la route qui traverse l’île d’Ouest en Est vers Christchurch.
La route s’enfonce à présent dans les Alpes du Sud locales (Southern Alps). Serpentant entre les montagnes, elle reste en vallée, puis finit par s’élever pour atteindre le col d’Arthur’s pass, à 924m. Le village est minuscule, est pourvu en tout et pour tout d’une épicerie/station essence/café/restaurant, mais dispose en revanche de sa gare ferroviaire internationale, une ligne de chemin de fer longeant la route que nous venons de suivre au plus grand plaisir des touristes qui semblent être bien les seuls à vouloir payer aussi cher pour l’emprunter… Nous ne nous attardons pas pour le moment et poursuivons vers LA destination finale rêvée de Séb, Castle Hill. Derrière le col, les paysages sont fabuleux, on se croit vraiment en plein décor du tournage su Seigneur des anneaux.
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Le soleil se couche derrière les montagnes entourant de longes vallées herbeuses, traversées par de multiples cours d’eau limpide et parfois recouvertes de chaos rocheux. Les pauses photographiques sont nombreuses jusqu’à atteindre notre camping, idéalement posé le long d’un lac entouré de ces belles montagnes, et qui a de plus l’excellente idée d’être gratuit. On y rencontre Arnaud, qui voyage également dans l’île du Sud, et que nous allons avoir l’occasion de recroiser par la suite de façon improbable. L’occasion de papoter pendant que le soleil se couche et que le froid tombe sur cette haute vallée, promettant une nuit plutôt fraiche.
Opération escalade le lendemain. Le chaos rocheux de Castle hill, que nous pensions trouver peuplé uniquement de grimpeurs, se révèle en fait être un spot populaire auprès de beaucoup de touristes!
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L’endroit est étrange, les blocs de calcaire bleu semblent arrivés là un peu par hasard au milieu d’une plaine, formant un paysage surréaliste. Et qui a servi de décor, je vous le donne en mille, au fameux film déjà précédemment cité! On y retrouve donc nos maintenant classiques « Woo girls » (mais est ce qu’elles vont à l’école parfois?!), des japonais qui posent et tout de même quelques vrais grimpeurs, dont Bastien et Marie (tiens, encore des français, c’est étrange!), en séjour au long cours dans le pays et squattant le même camping que nous. La journée s’annonce sous les meilleurs augures, grand soleil et ciel bleu, paysages de rêves avec montagnes fraichement enneigeés, que du bon.
A première vue, il y a un énorme potentiel, mais en se rapprochant, la majorité des blocs qui ont l’air majeurs nécessite une corde, voire même plusieurs longueurs parfois! Pour le bloc il faut plutôt regarder les « petits » blocs entre les gros. Niveau grimpe, c’est très particulier… A la fois technique et très physique.
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Il faut imaginer des blocs très ronds et dépourvus de prises dans l’ensemble, avec de grands trous plats. Si on résume, il faut se placer et se contorsionner avec/dans les trous et sortir les muscles pour se rétablir en haut du bloc. Niveau météo, le début de la journée est glaciale, on se demande si ça va être jouable, pour finir avec un soleil de plomb et une chaleur terrible. Tellement chaud que mes pauvres petits pieds qui n’ont plus l’habitude des chaussons ont beaucoup souffert…
On termine la journée par une expérience inédite, l’exploration d’une grotte en solo dans un cours d’eau. La cave stream scenic reserve est originale dans le sens où l’on entre dans le cours d’eau (froid, mais heureusement pas glacée comme on le craignait, mais ça fait du bien aux pieds!) par une ouverture de grotte assez large, on progresse dans la roche sculpté par le courant pendant 600 mètres pour ressortir par une seconde ouverture à l’autre bout. Une vraie découverte, où la frontale est indispensable dans le noir total de la grotte, où l’eau froide arrive au maximum à la taille (quand on est pas très grand…) et où la roche est sculptée en volutes contorsionnées tout du long. Il faudra quand même une bonne heure à la fine équipe des 5 français pour venir à bout de ce chemin tortueux! Arnaud part ensuite vers d’autres horizons poursuivre son voyage, tandis que nous profiterons de l’invitation de Bastien et Marie à se réchauffer dans leur immense camping car pour le reste de la soirée. Que demander de plus?
Nous quittons ce bel endroit sous un beau ciel bleu le lendemain pour repasser par le col sous un temps plus mitigé. La randonnée initialement prévue pour la matinée se résumera donc à l’exploration d’une belle cascade à quelques minutes du parking avant que la pluie ne se décide à s’intensifier de façon à rendre les choses plus pénibles. Après une pause internet bienvenue à la bibliothèque d’Hokitika le long de la côte pour nous reconnecter au monde virtuel, (et pouvoir poster les articles précédents) nous continuons la route vers notre étape du soir, un camping en bord de lac non loin des glaciers de la West coast.

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Sur les traces d’Abel

Un beau coucher de soleil pour une nuit sous de bons augures en bord de mer…

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Réveillés par les départs matinaux du camping (chose qui se produit quasiment tous les matins, on se demande si la grasse mat’ existe ici?!), nous remballons tout direction le Nord. Nous sommes toujours accompagnés de Patrick, jeune stoppeur allemand que nous avons récupéré hier sur la route et qui profite de l’aubaine que nous allions au parc d’Abel Tasman, sa destination également. Le bon plan, on devait faire des courses et dormir dans un camping abordable, exactement ce qui lui convenait la veille! Comme quoi, le stop, ça ne marche pas mal dans ce pays…
Arrivés à l’entrée sud du parc, l’option la plus simple qui s’offre à nous est de faire une partie du chemin côtier en aller retour sur la journée. Cette great walk se réalise normalement en 4-5 jours, mais ne fait pas partie de nos projets et génère surtout (comme tout ce type de rando ici) des problèmes logistiques, car ne forme pas une boucle. L’autre option est de revenir en bateau de l’extrémité nord, mais une fois de plus, les tarifs s’envolent… Ce seront donc nos vaillantes petites jambes qui feront le trajet!!!

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Le chemin, toujours côtier, s’éloigne plus ou moins de celle-ci dans une épaisse forêt dont plusieurs espèces d’arbres sont endémiques. Les vues depuis le sentier offrent des perspective superbes sur les plages qui jalonnent la côte. Chacune a sa petite particularité et évolue selon la marée. Celle-ci étant très prononcée, certaines plages sont en effet quasiment impraticables à marée haute. Ça tombe bien, on est à marée basse!

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C’est donc le jackpot sable blanc/soleil étincelant/ ciel bleu/eau…froide qui s’offre à nous. Oui, l’eau, malgré ses magnifiques nuances turquoise ou bleu roi selon les plages est trompeuse et peu de gens se lancent à l’eau. Nombre de kayakistes en revanche pagaient en bordure de la côte, ce qui semble être une excellente option pour découvrir ce parc et les îles proches du rivage.

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Modernité obligeant, le parc a même son application i-phone, qui nous permet de tout savoir sur l’histoire, la faune et la flore locale! Quelle technologie loin de tout!

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Ayant atteint Anchorage bay, magnifique plage de rêve, c’est le moment d’un plongeon rafraichissant et d’un bon picnic…troublé momentanément par ce fléau du sud, les sandflies. Ces charmantes petites bestioles, qui ressemblent à des moucherons, volent comme des moucherons, mais qui ne sont définitivement pas des moucherons, adorent la chair fraiche du touriste et le piquent à tour de bras. On a donc le loisir d’observer au cours de cette rando les mollets déformés de la plupart des marcheurs, boursouflés de piqures horriblement urticantes et persistant bien plus de jours que le classique moustique. Ah oui, et dernière précision, les répulsifs ont pour seul effet (quand ils marchent!) de les empêcher de se poser sur la peau, pas de stagner à 1 cm de tout centimètre carré qui a le malheur de rester à l’air libre. Nous tentons donc de les repousser à grand coup de bombe répulsive, qui mélangée à la crème solaire et à la transpiration semble former pour le moment une carapace un minimum efficace. Il ne reste plus qu’à protéger les sandwichs des mouettes impertinentes qui guettent la moindre inattention de notre part pour chiper la nourriture et on est presque au paradis. Et le bain rafraichissant est finalement le bienvenu après ces quelques heures de marche bien ensoleillées (mais toujours pas pour Seb).

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Nous poursuivrons jusqu’à l’estuaire suivant, toujours à marée basse, donc praticable, puis ferons demi tour pour retourner à notre point de départ. Les forêts traversées varient énormément selon les moments, alternant entre petits arbustes rabougris et les grands arbres qui forment un genre de pinède. L’ombre fournie est la bienvenue, de même que la fraicheur apportée par les rivières s’écoulant vers la mer que nous traversons. Après quelques arrêts sur les plages non visitées à l’aller (on a été finalement bien plus vite que l’horaire prévu initialement), nous voilà revenus de cet agréable périple, où se perdre est impossible, un vrai sentier kiwi!

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En voiture direction le camping du soir, où, oh surprise, un repaire de grimpeurs y a élu domicile… On est tout près des falaises de Takaka, la « mecque » de l’escalade sportive ici, et en plus on s’y retrouve par le plus gros des hasards. Hélas, le lendemain, il fait bien gris et pluvieux, c’est raté, mais bon après rapide exploration ce n’est pas fou non plus. On passera juste par un joli petit parc, un genre de labyrinthe rocheux tout moussu, où les locaux se sont amusés à disposer de partout des petites figurines de super héros. Quels rigolos ces kiwis!

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On tente quand même l’exploration prévu de l’entrée nord du parc de l’Abel Tasman après être passée par la Golden bay (plus grise que dorée aujourd’hui, mais avec son charme), mais la pluie se renforçant, on finit par faire demi tour et abandonner l’idée de monter plus loin au nord comme prévu au départ.

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On repasse donc par la même route qu’hier, très sinueuse dans la montagne séparant les deux zones, offrant de beaux panoramas quand les nuages décident par moment de se dégager.

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Profitant de ce temps mitigé pour utiliser internet devant une bibliothèque (elles ont souvent un wifi gratuit ici), cela nous laissera le temps de nous faire faire la morale par 3 Néo Zélandaises qui n’apprécient visiblement pas que nous nous soyons garés du mauvais coté de la route, en bons parisiens qui se respectent. On finira par déguerpir avant qu’elles ne rameutent la police locale.
Les paysages traversés sur la route sont variés et alternent entre paturages de moutons ou de bovins, il y a définitivement plus de têtes de bétail que d’humains dans cette partie de l’île. On atteindra notre camping dans les Buller gorge sous un beau coucher de soleil, malheureusement envahi de sandflies qui limiteront notre temps dehors au strict minimum pour notre survie personnelle…

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Parce qu’on ne les voient jamais sur les photos de cartes postales, mais les sandflies, c’est le pire insecte volant qu’on ait eu à subir…

Au coeur du Malborough

Arrivés assez tardivement sur les rives de l’île du Sud, nous nous mettons directement en direction du camping choisi, qui semble fort beau mais aussi fort isolé. Peu d’essence au compteur? Pas grave, ça va passer! Bon, au bout de 20 kilomètres, la jauge se met à clignoter, on se dit que finalement, ça ne va peut être pas le faire… Demi tour pour chercher du carburant, et on est repartis!

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La région est la plus grosse productrice de vin du pays et ça se voit. On croise des vignes à profusion le temps de rejoindre la côte et notre superbe lieu de campement, au bord d’une baie ultra isolée où la mer se fracasse sur la plage.
Le paysage de la Robin Hood Bay se révèle au mieux le lendemain matin, sous une belle lumière avec des kayakistes qui tentent de prendre le départ dans la mer agitée, ce qui n’a pas l’air évident.

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L’endroit est tellement sauvage, et pourtant, il suffit d’une petite dizaine de kilomètres de gravel road pour l’atteindre. 
Direction Blenheim, la capitale du vin locale. Après quelques courses, c’est parfait, il est midi, l’heure idéale pour aller déguster quelques verres de ce délicieux nectar version hémisphère sud. Nous commençons par la maison Framingham, d’où nous ramènerons un Sauvignon blanc très agréable (le cépage le plus largement produit et consommé ici), mais resterons perplexe sur le riesling, étrange à nos palais habitués à la version « alsacienne ». Cette visite fut agréable, mais ce n’est pas le genre de production que nous préférons, un peu trop « grosse maison » à nos yeux, où l’on est accueillis par du personnel fort charmant (qui s’inquiète de savoir si nous ne sommes pas trop choqués par les bouchons à vis des bouteilles…) mais assez éloigné de la terre au final.
Nous choisissons notre second stop « au pif », la maison Bladen. Un bon coup de pioche, nous sommes accueillis par le frère du vigneron, personnage charismatique qui commence par la présentation du domaine, de la famille et de l’histoire de ce terroir. Le gars est un vrai passionné, fort bien renseigné sur ses vins,  qui sont très sympas  à la dégustation. Étrange coup de coeur commun pour le pinot rosé, alors que nous en somme ni l’un ni l’autre adeptes de cette version, mais celui là a vraiment un truc en plus! Le sauvignon blanc, arômes de poivrons qui saute au nez, est très perturbant mais intéressant, de même que le pinot gris et le riesling. Tout cela appelle une dégustation de fromages à grand cris, mais malheureusement, nous devrons nous contenter du cheddar local au vu des prix démentiel de tout autre produit fromager ici… La dernière maison où nous nous arrêtons, Huia, travaille en biodynamie et en organic (bio) et fait un assemblage des plus incongrus: pinot gris, riesling et gewurztraminer. Étrange, mais intéressant.

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Après tout ça, il est grand temps de manger quelque chose, il fait toujours aussi beau et chaud, ça tape!

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Pause déjeuner sur la marina de Picton où nous avions débarqué hier, puis direction les Malborough sounds, où se trouve le Queen Charlotte track, longue randonnée dont nous envisageons de faire un morceau. Le trajet en voiture pour s’y rendre est superbe, surplombant le sound en contrebas, qui prend toute nuance de bleu et de vert selon le soleil et les nuages.

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Le camping est situé dans un petit coin de paradis, Cowshed Bay, où l’eau de la mer est incroyablement paisible et appelle à la baignade. Le site est en revanche lui blindé, nous retrouvons une joyeuse équipée de « Woooo girls » (et oui, encore elles), jeunes kiwis en vacances et heureuses de le faire savoir! La baignade dans le sound est des plus agréables, sous un soleil qui décline lentement dans de belles lumières. On se fait plaisir ce soir, ouverture de la dernière bouteille de vin argentin, un bon Malbec pour accompagner un repas soigneusement mijoté aux petites oignons. La nuit est perturbée par un invité surprise du coin, un opposum, nuisible local, qui s’en prend à la poubelle de nos voisins de tente avec véhémence. Après plusieurs minutes de déchiquetage et d’éparpillement des ordures sur le sol, le calme finit par revenir, mais le sommeil moins.

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Le lendemain, la motivation n’est du coup pas au top pour le bout de randonnée envisagé. Il fait déjà une grosse chaleur à 9 heures, le sentier semble très aveugle sur les quelques centaines de mètres que nous entamons et on se demande si ça vaut franchement le coup, la route en voiture nous offrant déjà de magnifiques perspectives, que le chemin ne fait finalement que longer sur la crête. La flemmardise l’emportant, ce sera en voiture que nous atteindrons l’extrémité du Sound et passerons de l’autre coté, le chemin étant ponctué de belles baies au bleu trompeur de lagon.

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Une bien belle ballade que cette percée dans le Malborough! On conclura cette découverte par une dégustation de moules vertes géantes à Havelock, capitale mondiale autoproclamée de la production de ce même fruit de mer. Et bien, une riche idée, avec une petite sauce au vin blanc aillé, un délice pour les papilles! Le camping où nous arrivons assez tôt pour profiter du bord de mer nous offrira lui un superbe coucher de soleil pour bien finir cette journée.

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