La paire des « Oulan »

Pour nos derniers jours en Mongolie, on commence par le plus ennuyeux : « l’administratif ». La chose la plus importante : reprendre nos passeports laissés depuis plus de deux semaines à l’ambassade russe. Cinq minutes après avoir franchi son portail à l’architecture très soviétique, on est déjà dehors le sourire aux lèvres et les passeports en poche. Et surtout le visa russe à l’intérieur, enfin! On peut dire qu’il s’est fait désirer celui-là. On se fait au passage aborder par un couple d’autrichiens qui nous demandent si nous n’aurions pas des chevaux à vendre… On buggue un peu sur le coup (la nuit a été si courte que ça?!), puis on comprend: ils veulent traverser une partie du pays à cheval et cherchent donc d’autres touristes qui seraient sur le retour et chercheraient à revendre l’ensemble bête+matériel. N’ayant malheureusement pas la marchandise sous le coude, on leur souhaite bon courage dans leurs recherches!

Ulan Bator

La place Sukhbaatar décorée pour le Naadam

Seconde étape incontournable, l’achat des billets pour la suite du voyage, avec Matthieu qui continue avec nous jusqu’à Irkoutsk. Ici, deux options s’offrent à nous: le bus jusqu’à Oulan-Oude qui prend environ 12h passage de frontière inclus, ou le train de 30h sans le passage de frontière, sachant qu’il prend régulièrement 5h, et que c’est l’option la plus chère! La 1ère a donc notre préférence.
Discussion à l’auberge avec les tenanciers : tous les bus pour Ulan Ude sont complets jusqu’à lundi, sachant qu’on est vendredi et qu’on avait prévu de le prendre dimanche. Pas top. Apparemment il resterait quelques places de train le dimanche soir (samedi étant complet également). On n’est plus à Pékin!
On laisse Nicolas faire du shopping (des pantoufles en poils de yack) et destination la gare pour l’achat des billets, vu que l’auberge prend une commission assez importante. Mais une fois sur place, c’est de nouveau la douche froide : c’est complet, premier train lundi soir. Oui, oui, oui… Comment dire, Oulan-Bator, ce n’est pas vraiment la ville qui fait rêver, alors rester 3 jours sur place, bref vous l’aurez compris, on cherche à s’en aller assez vite.

Oulan Bator

Des dieux « cléments », mais vu leur tete, on va tacher de pas les facher…

On attrape rapidement un taxi dans la rue (plutôt une voiture qui passait par là) direction la gare de bus où nous sommes arrivés ce matin, bien excentrée. Les queues devant les guichets n’en finissant pas, on applique donc notre stratégie habituelle, chacun dans une file et on achète le tout à la plus rapide. Environ 45 minutes plus tard, on reprend la même voiture (!), avec trois billets pour lundi. Ouf! Ça aurait pu être pire.

On meublera le reste de la journée et de la soirée avec des bières aux pubs (le Grand Khan étant devenu notre QG) et un dîner au « mongolian barbecue » pas du tout mongol, mais qui ravira les papilles de tous (sauf quand on ne sait hélas pas doser la sauce piquante, hein Nico?). Le centre ville d’Oulan-Bator étant définitivement un petit milieu, on croise Robert (la TV, souvenez-vous!) avec sa femme et sa fille fraichement arrivés de Paris, Sacha étant lui reparti dans l’autre sens! Le jour suivant, nous nous sommes contentés du musée d’histoire national, tandis que Matthieu et Nico poursuivent par le monastère que nous avons déjà visité. Le musée se révèle riche et intéressant, tant sur l’histoire et les traditions du pays jusqu’à nos jours, que sur la diversité des peuples qui composent la Mongolie. De petites découvertes originales: des instruments vétérinaires anciens, suivis de livres de prières à réciter en cas d’échec du « traitement » ou afin d’assurer la réussite de celui-ci.

Oulan Bator

Mi-chamane, mi-vétérinaire, on ne trouve ça qu’ici!
Puis il est l’heure du dîner « d’adieu » avec Nico (qu’on retrouve dans 15 jours à Moscou), celui-ci nous quittant tôt le lendemain, où l’on se remplira le ventre à un « hot pot » coréen terrible jusqu’à plus faim.

Oulan Bator

Sur le trajet vers le Grand Khan (oui, toujours), rencontre improbable: nous recroisons le mongol avec qui nous avions discuté à la gare frontière d’Erlian en Chine en pleine nuit, qui nous avait épaté par son français et sa connaissance de notre histoire (le mercantilisme de Colbert, il faut y aller pour connaitre ça quand même). Quelle n’est pas notre surprise de le voir nous accoster dans la rue pour aller visiter un « musée » gratuit qui se trouve ici… Ce n’est pas lui mais un jeune, le petit fils du propriétaire de cette yourte-musée (reconvertie partiellement en restaurant) qui nous fait faire le tour de cet endroit improbable, meublé de magnifiques articles anciens en bois, instruments de musiques et autres antiquités.

Oulan Bator

Le lieu a été habité par un ancien ministre des affaires étrangères du début du siècle et a été « remodelé » pour atteindre son aspect actuel. Bref, une drôle de pause, bien amusante, qui nous permet d’acheter des cartes postales imprévues avant d’aller boire nos dernières vodkas mongoles pour accompagner nos parties de coinche!

Puis, pour le dernier jour à Oulan-bator, la météo étant peu engageante, nous ne nous pressons pas et tombons au gré de nos flâneries sur la famille de français rencontrés à Pékin et avec laquelle nous avions fait le trajet en transmongolien. Nathalie, Christophe et leurs 3 enfants reviennent d’un « marathon » de la yourte dans l’Arkhangaï et semblent enchantés de leurs multiples découvertes chez les nomades. Ils continuent également le trajet vers la Russie mais une semaine après nous, qui sait, peut être les recroiserons nous à Moscou? Bon voyage et bon vent pour la suite à eux en tout cas! Nous nous rendons ensuite à l’immense « marché noir » de la ville sous un temps maussade, énorme bazar où l’on peut acheter à peu près tout : des vêtements traditionnels ou de contrefaçon, des panneaux solaires, des selles de cheval, des meubles, des antiquités, etc.

Oulan Bator

C’est le lieu où acheter son casque à pointe de lutte, ses bottes de cheval ou son faux survêtement Adidas! Très populaire en tout cas!

Le voyage vers Oulan-Oude s’est fait sans encombre, dans un bus assez confortable selon les standards mongols. Les paysages sont par contre assez marquants. Jusqu’à la frontière, ce sont des steppes typiques qui déroulent à perte de vue, comme déjà expérimenté. Puis du côté russe, tout d’un coup, c’est la taïga : de vastes étendues collineuses et boisées. Malgré ce que l’on pourrait croire la frontière n’est pas là par hasard… Sans compter les habitations, dans de vraies villes, avec de charmants Kremlins, et des russes (au sens ethnique) partout, finies les yourtes. Un changement d’ambiance assez fort, on se croirait presque sur un nouveau continent. Mais c’est surtout le sentiment de la fin du voyage pour nous, a voir tout ces faciès européens.

Ulan Ude

A la gare d’Oulan Oude au soleil couchant

Arrivés à Oulan-Oude, capitale de la région de Bouriatie, on est très surpris : par la taille de la ville (énorme), son architecture, modernes par endroits, très typée « Europe de l’est » dans le centre piéton, avec de jolies maisons en bois typiquement sibériennes dans d’autres quartiers entiers, malheureusement un peu à l’abandon.

Ulan Ude

De grandes avenues rectilignes traversent la ville, entourés de bâtiments imposants couleur crème, le tout parsemé de fontaines qui font le bonheur des enfants par cette chaleur.

Ulan Ude

Devant l’opéra d’Oulan Oude

Ulan Ude

Et au milieu de tout ça, quelques yourtes perdues, la Bouriatie n’est pas encore très loin de la Mongolie. On retrouve tout de même des bâtiments soviétiques, parce que quand même, la ville est surtout connue pour abriter la plus grande tête de Lénine du monde. Et c’est vraie qu’elle n’est pas petite!

Ulan Ude

La séance de gainage du soir devant la tete de Lénine, la classe…

On sent également la Sibérie : bien qu’il fasse encore grand jour, à 21 heures tout est fermé, on a longtemps marché avant de trouver de quoi dîner. Et comme dans tous les pays, qu’est ce qui est toujours ouvert quand tout est fermé? Les fast-food et les chinois… On se retrouve donc à manger des Dim Sum (la spécialité de Hong Kong et Canton) sous influence mongole (vu la quantité de gras) accompagnés de Chachliks (brochettes russes), un joyeux mélange pour bien entamer la Russie!

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Saint Trop’ sur Khovsgol

Après une bonne soirée finie tardivement en compagnie de Robert et Sacha, nous sommes réveillés de bonne heure par Nicolas et Matthieu arrivés très tôt de Moscou pour nous rejoindre sur un bout de notre périple. Ce week-end du 11-12 juillet a lieu le Naadam à Ulaanbaatar, la fête nationale et ses épreuves sportives « typiques ». La ville est déserte, car tous semblent avoir rejoint leurs familles respectives pour célébrer ces congés ou être au stade national pour la cérémonie d’ouverture des jeux. Mais on croise en revanche un nombre important de touristes « blancs » s’arrêtant pour l’événement sur le trajet Moscou – Pékin ou de passage avant leur tour dans la nature mongole.
Au niveau de notre petit groupe, la fatigue est au rendez vous, et après un petit déjeuner et un tour rapide de la ville, nous nous contenterons d’une sieste sur les canapés de la guesthouse devant les épreuves diffusée à la télé, avant de rejoindre Joël qui nous emmènera au bus de nuit, direction le lac de Khovsgol. 16h dans un bus totalement inconfortable, lumières allumées intempestivement sans motif à n’importe quelle heure, pauses pipi improbables au milieu de la steppe avec rappel au klaxon, notre pire trajet du voyage! Et il faut que ce soit avec Matthieu et Nicolas, dommage pour eux, mais au moins ils sont tout de suite dans le bain.

Une fois arrivés à bon port, dans la délicieuse bourgade de Moron (chaleureuse et accueillante pourraient être ses meilleures qualificatifs, ou pas…), notre guide, chef de famille de nos hôtes, nous récupère pour rejoindre Khatgal, où l’on s’installe dans la yourte tout confort, et sieste bienvenue après une nuit difficile. Au réveil, notre hôte nous amène au Naadam de la ville, dont nous verrons les finales de la lutte et la remise des prix des courses de chevaux.

Les bannières mongoles, appelées « tugh »

La pluie décide malheureusement de se mettre de la partie et nous fait quitter un peu précipitamment les lieux. Fort heureusement, nous avons à notre disposition la yourte de luxe, couvertures léopard et poêle à bois inclus! Nous attaquons donc l’une des nombreuses sessions « coinche » de cette semaine, allongés à la romaine (position préférée de notre tsar Nicolas III) ou sur nos petits tabourets.

Ne disposant pas d’interprète, la situation dans la soirée devient assez cocasse. Nous nous retrouvons invités pour dîner dans la maison en bois qui jouxte nos yourtes, mais pas par la famille de notre guide… Bon, la situation n’est à ce jour toujours pas très claire, mais il semblerait que logeaient dans cette maison une des cuisinières de l’agence Wind of Mongolia, son fils, son oncle et ses 3 filles. Un joyeux bazar, on vous dit. Tous fiers de nous, on arrive avec paquets de bonbons pour les enfants et vodka pour les plus grands, comme il est d’usage, et nous voilà pris à notre propre piège… La bouteille de vodka est aussitôt ouverte pour arroser les spaghettis bolognaise locaux (soit au mouton) et disparaît aussi bien dans nos verres que dans ceux de nos hôtes en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les choses ne s’arrêtent pas là, la brave famille mongole ne souhaitant pas être en reste (et célébrant probablement ses propres vacances) nous ouvre maintenant une bouteille de cognac russe! Le tout autour d’une conversation anglo-franco-russo-mongole, où l’on apprend que l’oncle est un médecin ayant appris sa discipline dans des bouquins russes et ayant servi au Soudan. Comme quoi, on arrive à en dire des choses avec 3 mots dans chaque langue! Enfin, une bonne soirée bien arrosée pour démarrer le séjour de nos deux compatriotes, histoire de se remettre du décalage horaire et des 16 heures de bus de façon optimale.

Pas de chance, le lendemain, la pluie  s’est transformée en déluge… Notre guide (que nous nommerons Bernardo par la suite, n’ayant jamais réussi à prononcer son nom mongol correctement) montre une certaine mine dépitée et propose un plan de secours: remplacer les 3 jours en itinérant initiaux avec cheval de bât par 2 jours (en espérant que la pluie se calmera) et faire simplement une petite boucle cet après-midi. On est pas si mal autour du poêle à jouer aux cartes, la solution nous semble donc correcte.

Dehors, c’est un peu la version mongole de la pataugeoire géante, les voitures s’embourbent dans des tranchées boueuses (ça fait beaucoup rire Bernardo), ça pousse, ça tire, ça crie et tout ça, toujours sous la pluie. Les conditions se calment enfin à mi-chemin de notre boucle, où nous découvrons le lac sous un ciel de plomb, mais sans gouttes.

La fine équipe avec en guest star « Bernardo » (Yaagana en réalité)

Surprise, nous voici au St-Tropez mongol! Il semblerait que toute la population du pays se soit donnée rendez-vous le long de la rive, dans des yourtes qui n’ont plus grand chose de traditionnel ou sous des tentes qui prennent l’eau. Le Khovsgol en pleines vacances nationales, c’est un peu la côte d’Azur sans les feux d’artifice et le soleil quoi, mais avec la boue et la pluie. On longe la rive en se disant qu’on est pas mal au fond du village, vu le bazar qui règne ici et l’ambiance « spéciale ». De vieilles ruines parsèment en effet le rivage,

ainsi que des bateaux soviétiques qui ont connu de meilleurs jours.

Presque St-Trop’, mais pas tout a fait quand même… La pluie décidant de revenir dans la soirée, on se console en apprenant à Bernardo qui nous observait avec curiosité le fameux jeu de carte internationalement connu, le « président-trou du cul », auquel il fait preuve d’une grande efficacité. Il semblerait qu’il n’en soit pas à son coup d’essai niveau cartes, la faute aux longues soirées d’hiver ici sans doute.

Pleins d’enthousiasme après cette soirée riche en projets divers (l’imagination débordante du tsar Nicolas III atteignant des sommets quand mixée à celle de ces comparses), nos sacs sont fin prêts pour partir le lendemain, tant pis pour la pluie! Malheureusement, c’était sans compter sur les événements aléatoires de l’organisation mongole, les chevaux censés nous accompagner en randonnée ayant tout bonnement décidé de se faire la malle. « L’orage, ras la casquette, on retourne dans nos steppes ». Bref, nous voilà à pied, avec une compréhension très vague de la situation et toujours sous l’eau. On prend alors la décision (qui s’avérera très peu judicieuse) de rentrer à Ulaanbaatar dès ce soir après avoir eu Joël au téléphone. Quelle idée avons nous eu là… Notre chauffeur nous dépose dans un bus quasi vide, sans billets, duquel le chauffeur, cette fois-ci du bus, nous fera descendre 2 heures plus tard, ayant décidé que le bus n’était finalement pas assez plein pour partir…  Nous voici donc largués sur le parking de la gare routière de la toujours « agréable » cité de Moron (si tu finis vivre ici, c’est que tu as mal agi), entourés de mongols Naadam-alcoolisés qui tentent de nous mettre dans des transports douteux à des prix qui le sont encore plus. Après moult recherches, on finit par négocier une voiture pas trop chère pour retourner à Khatgal, laissant tomber l’idée de retourner sur UB pour ce soir. Notre guide n’y comprend rien en nous voyant revenir, et se marre bien quand il finit par saisir l’histoire! Comment passer pour des « couillons » d’occidentaux quoi… Le ciel étant dégagé, on décide de partir pour une journée entière de grosse randonnée le lendemain, quitte à être revenus, et sans camping ni chevaux afin de ne pas retomber dans le même piège. En tout cas, les enfants de la famille sont ravis de nous voir revenir et font une java pas possible, pendant que nous sommes conviés sous la yourte de nos hôtes pour assister à la préparation du Khokhog, mélange de mouton et de légumes cuit aux pierres chaudes dans un chaudron. Un vrai festin, accompagné par quelques parties de cartes franco-mongoles au coin du poêle qui brûle comme un diable sous la yourte!

La chance nous sourit enfin le lendemain, le soleil est là, sur fond de beau ciel bleu! Ça tombe bien, on a 42 km à marcher (initialement prévu en 2 jours), ça sera mieux que sous la pluie. Notre guide part à un rythme de tous les diables à travers les collines, il semble que nous ayons été ambitieux sur l’étape du jour…

Le trajet de la première partie se déroule côté terre, entre épaisses forêts de résineux où l’on croise les troupeaux de yaks et grandes vallées le long de rivières asséchées.

Ce joli chemin bucolique rejoint malheureusement sur les derniers kilomètres une affreuse route poussiéreuse et bruyante qui mène à notre étape de mi-journée, un camp d’une ethnie locale vivant sous tipis avec des rennes, les Tsaatans.

Bon, c’est devenu un vrai attrape-touriste, les mongols en voiture s’arrêtent la pour se prendre en photos avec les rennes (moyennant finance bien sur), les tipis servent à vendre des souvenirs, aucun intérêt!!! On fera notre pause déjeuner un peu à l’écart, découvrant le pique-nique de luxe que Bernardo s’est porté jusque ici sans broncher malgré un bon dénivelé positif. Et puis, c’est reparti, on a encore un bout de chemin à faire! On rejoint les hauteurs du lac par des chemins de traverse en forêt et sur les collines, nous offrant des vues superbes sur celui ci.

En rejoignant la berge, surprise, quelle clarté de l’eau!

Du turquoise au bleu profond, si ce n’était la température, on se jetterait dedans. C’est un coup à malheureusement en ressortir aussi bleu que le lac… Le chemin longe ensuite la berge du lac sur plusieurs kilomètres dans une forêt magnifique, toutes ces vues superbes compensant notre déveine des premiers jours. Hélas, des ampoules ralentissent la démarche de notre bon tsar Nicolas, qui traîne la patte sur la fin de la journée, de même que Bernardo qui semble lui même fatigué de son propre rythme effréné. Ou alors est il pressé de rentrer jouer aux cartes? Il a en tout cas une technique imparable pour ne plus trop se charger: muni de sa petite tasse, il boit à chaque cours d’eau, à quoi bon la porter? Eau du lac qui sera testée et approuvée par Matthieu, qui préférera quand même mettre quelques pastilles assainissantes dedans, sait-on jamais. On est bien claqués en rentrant, mais ça en valait la peine.

Testée et approuvée

On ne trouvera pas la fameuse « yourte-disco » de Khatgal qui nous a bien esquinté les oreilles les 2 nuits précédentes, il semblerait que les vacances mongoles soient finies, pas un bruit ne troublera notre sommeil cette nuit… Nous sommes donc en pleine forme et (pas du tout) rouillés pour repartir vers Ulaanbaatar le lendemain, pour de vrai cette fois. A nous le bus de 16 heures qui te débarque à 5 heures du matin dans l’accueillant terrain vague qui sert de gare routière à UB! Chouette arrivée complétée par le squattage des bancs devant notre guesthouse le temps qu’elle ouvre (ou qu’on pense à frapper) et nous voilà enfin de retour…

Le Yosemite mongol

Le programme des deux prochains jours étant réservé à l’escalade, c’est donc un « guide » qui vient nous chercher à la guesthouse. A première vue, ce n’est pas vraiment un grimpeur, vu le ventre proéminent et les mains peu habituées au rocher, mais on verra bien. Une fois que l’équipe TV de Robert nous a rejoint, nous nous mettons en route pour Terelj, un parc national à 80 km d’Oulan-Bator. Avant d’arriver sur le site de grimpe, petit détour par la statue de Chinggis Khan, au beau milieu de… rien. On se demande pourquoi ils ont construit ça ici, d’autant plus que c’est tout récent (7 ans) et dans un style on ne peut plus kitsch. Mais ça a du succès au vu du nombre de bus de touristes stationnés devant, même si l’intérêt frôle le nul pour nous, à part Robert qui souhaite prendre quelques plans.

Direction ensuite le site de grimpe à proprement parlé. Le coin est grandiose, des collines parsemées de rocher sculpté, mais à y regarder de près, le caillou, de type granitique est très abrasif et très friable, dommage.

Le rocher de la tortue, le site phare du parc

Delphine, qui était venue il y a 8 ans de cela, ne reconnait plus l’endroit tant il est devenu touristique, puisque les camps de yourtes pour touristes se succèdent les uns après les autres derrière des clôtures privées…

Il y a même des golfs et des hôtels 5 étoiles! La notion de « parc naturel » est vraiment à géométrie variable entre les pays. On peut constituer deux groupes : le premier a pour but de conserver le patrimoine naturel, le second est une zone pour touristes dont le but est clairement lucratif…

Mais bon, on est ici pour grimper. Cependant, les choses se gâtent. Degee, notre guide, n’est pas venu depuis 2 ans, et entre les tours en voitures et les tentatives pour localiser les voies à pied, on mettra bien 4-5 heures avant de grimper! Finalement, le mur était situé sur un emplacement qui a été privatisé entre temps.

De plus, les voies ne sont grimpables qu’en moulinette, il n’y a pas assez de points pour être en tête. Joël n’a pas équipé les voies pour éviter que les mongols s’y lancent sans matériel, et éviter tout problème de responsabilité. D’après ce qu’on a pu voir dans l’Arkhangaï, ils en sont bien capables… Du coup il faut faire le tour et équiper les voies par le haut, ce que Degee se charge de faire de façon ultra sécuritaire, à tel point que les cordes frottent très fort. Finalement, lui-même ne grimpera pas, puisqu’en fait il n’a pas grimpé depuis 2 ans, au grand désespoir de Robert qui souhaitait le filmer. Qu’à cela ne tienne c’est donc nous qui le seront. Il y a peu de voies, 3 ou 4, sur du caillou plus solide et en deux parties : le bas très facile pour débutant complet, et le haut qui suit des fissures un temps puis des murs lisses, bref qui ont l’air non réalisés.

J’en ferai une et m’acharnerai dans une autre ou tout se joue sur 2 mètres finaux extrêmement techniques et difficiles. Nous avons passé la nuit sous tente, ce qui détonne avec les yourtes sur dalles de béton tout autour, mais l’ambiance dans le groupe est très sympathique. Le lendemain, la joyeuse troupe se lance dans une petite marche en attendant que les voies passent à l’ombre, puisqu’il fait une chaleur torride.

Le but est de voir les alentours, tourner des images, et trouver du rocher grimpable pour moi-même, car les voies sur lesquelles nous sommes sont les seules du coin!

Les paysages sont encore plus beaux vus d’en haut et le coin a beaucoup de potentiel niveau grimpe, malgré un caillou de qualité très inégale.

On grimpera encore 2 ou 3 heures, suivies d’interview par Robert, expérience très amusante, avant de plier bagages et de rentrer à UB dans les bouchons précédant le Naadam.

Grimper en moulinette c’est vraiment moche

Dans une steppe de Mongolie

Le lendemain, nouveau Naadam, mais cette fois-ci « à la campagne », on s’y rend à cheval. Delphine a réussi au terme d’une âpre négociation à ne pas être tenue et le temps est de la partie cette fois. De plus, Putché a deux chevaux qui courent aujourd’hui, montés par son neveu pas bien vieux… La journée risque donc d’être plus animée, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On traverse de grandes étendues, changeons de vallées, on se demande où ça peut bien être puisqu’aucun village ou attroupement de yourtes n’est visible.

Et lorsqu’on demande à quelle heure commence la course, la réponse donnée est 10h… alors qu’il est déjà 11h30. Bref, pas stressés les mongols! En arrivant, c’est la surprise, on est au milieu de rien, c’est à se demander comment tout le monde s’est donné rendez-vous!

Même au milieu de rien, il y a un parking

Même programme qu’hier, mais aujourd’hui, on aura le droit de suivre la course en 4×4, c’est pas si mal d’avoir une équipe TV sous le coude!

C’est l’occasion de voir depuis la voiture comment est lancée la course: les chevaux vont tous ensemble dans une direction approximative, poussés par une voiture de police, puis font demi-tour de façon totalement anarchique lors d’un mystérieux signal, et c’est parti, dans le désordre le plus total. C’est à ce moment-là également qu’ont lieu pas mal de chutes, mais les enfants, malgré les plaies sur leurs visages restent impassibles quelque soit leur âge, c’est assez incroyable. C’est la même chose pour les adultes, même s’ils gagnent, ils conservent un visage fermé, comme Putché et son neveu, repartant pourtant avec une médaille pour leur 5ème place. Tout un rituel s’organise à la remise des prix autour des vainqueurs: on chante leurs noms, puis un bol d’airag passe de main en main entre l’entraineur, le cavalier, le reste étant finalement versé sur la tête et la croupe du cheval dans un genre de bénédiction. On assiste également à quelques disputes, carrément avec la police! Les mongols semblent être un peu belliqueux…

Mais de notre coté, on est plus détendus

Les jours suivants, nous partons pour un « trek » à cheval, accompagné d’un ami de Putché qui s’occupe du cheval de bât. Quelle logistique est déployée juste pour nous: 4 chevaux et 3 cavaliers en plus, rien que ça!

La fine équipe

Ce que nous voyons nous enchante, des vallées fleuries superbes, entourées de collines boisées, parsemées de falaises de granite.

La télé partie, nos hôtes se sont largement détendus, les sourires n’ont cessé d’envahir leurs visages (moins celui de Séb après quelques kilomètres de trot sur son poney), comme quoi la caméra, ça les crispait un peu.

Le spot de camping

Ça a été l’occasion d’une soirée très animée en jeu divers, on a même mis les mongols à la grimpe.

Le « secret spot » de bibi, secret parce que personne ne pourra le trouver!

Mais on a également pu confirmer que ceux-ci n’aiment pas marcher, même pour 20 mètres, ils prennent leur cheval! D’ailleurs, grosse surprise lorsque Putché après avoir réussi à gravir un pan de falaise redescend et prend son cheval pour refaire le même chemin, on n’aurait jamais pensé que ça passait à cheval. Peur de rien ces mongols, on vous dit! On est en tout cas nourris comme des rois même en itinérant, cuisine au feu de bois et thé à volonté, quel plaisir que de vivre ainsi au grand air…

Après une nuit bien frisquette sous la tente (on ne va pas se plaindre, notre hôte dormait à la belle), nous passerons le lendemain par un point de vue magnifique sur les alentours, tout en prenant bien soin de tourner religieusement 3 fois autour des övo (tas de pierres parsemé d’écharpes colorées sacrées) situés stratégiquement aux points les plus hauts.

Pendant ce temps, on prend des photos

Putché ayant finalement conclu que Delphine était capable de tenir sur son cheval mi-sauvage, on aura le droit à de belles et longues galopades toute la journée, conclue par une mini-course dans la steppe en fin de journée, histoire de confirmer que leurs chevaux ont beau avoir la taille poney, quand on lâche la bride, ils ne font pas semblant d’avancer!

Le petit garçon de Putché, avec ces longs cheveux nattés (ici on ne les coupe qu’à 3 ans pour la première fois), accueille avec une grande joie le retour de son père, ainsi que le notre, ne nous lâchant plus de la soirée au volant de sa voiture à roulettes infernale… Jusqu’au départ de son père sur sa moto chinoise, qui sera le seul moment où on le verra pleurer, dans un magnifique caprice qui fait bien rire la famille, Putché finissant par l’emmener avec lui pour une ballade dans la steppe.

Un petit enfant tout propre

On quitte notre famille nomade à regret, ravis de l’accueil qu’on y a reçu. Le retour à UB sera heureusement plus confortable, on profitera d’une voiture 4*4 venue déposer des touristes pour rentrer, l’occasion de s’arrêter sur le chemin à Erdene Zuu, le plus grand temple de Mongolie.

Notre chauffeur et Tsélé profiteront eux d’un autre arrêt pour faire le plein d’airag, nous déclinerons gentiment pour notre part leur proposition d’en ramener avec nous…

Naadam party

Lever matinal aujourd’hui, Tsélé, notre « assistante voyage junior » venant nous chercher à la guesthouse pour se rendre à Tsetserleg dans l’Arkhanghai, première étape de notre périple mongol. On se rend en taxi à la gare de bus de l’ouest, sorte de terrain à mi-chemin entre le parking et le terrain vague où l’on prend un minibus. Première info: le trajet va indéniablement se retrouver dans le top 3 des trajets les plus inconfortables de tout notre voyage, on est presque au niveau du minibus indonésien! En gros, on met (entasse) 20 personnes dans un minibus prévu pour 11, dont la suspension a rendu l’âme depuis longtemps, sur une route tellement bien goudronnée qu’on passera notre temps sur le bas côté à éviter les nids de poules (ou plutôt cratères) et autres dos d’ânes, quand ce n’est pas carrément pour slalomer sur une piste en parallèle (car en meilleur état que la route). On rajoute à tout ça un chauffeur qui devait avoir un rendez vous important vu sa vitesse disproportionnée par rapport à l’état de la route et peut-être même sous l’emprise de quelques produits vu les coups de volants. Dans tous les cas, il ne semblait pas avoir conscience qu’il avait des passagers. Quelle différence avec un minibus indonésien ou bolivien me direz vous? Ce trajet-là a duré 7h… C’est (un peu) long. Au moins, le paysage est splendide, bien qu’assez monotone en fin de compte.
C’est bien content d’arriver que l’on descend à Tsetserleg, sur le même genre de parking où nous attend notre hôte et notre chauffeur dans un 4×4 russe qui semble avoir vécu de nombreux hivers. Mais la bête, à défaut d’être confortable (là on se demande carrément s’il y a eu un jour des suspensions) passe partout, ce qui est fort appréciable vu le nombre de kilomètres que l’on fait à traverser d’immenses steppes, forêts et nombreux gués.

La ville que l’on quitte est elle-même une succession de palissades et de bâtiments loin d’être intéressants du point de vue architectural, mais le cadre est grandiose : au pied de montagnes granitiques d’un côté et de plateaux plats immenses entourés de collines de l’autre.

Notre point de chute est tout aussi grandiose, chez une famille de nomades avec deux yourtes au milieu d’une énorme steppe herbeuse totalement plate, parsemée de troupeaux, sur fond de colline arborées, il y a pire comme cadre! Nos hôtes sont particulièrement hospitaliers, on ne manquera pas de quoi se sustenter pendant tout notre séjour, c’est le moins qu’on puisse dire. On met à profit cette fin de journée pour nous reposer du trajet hautement inconfortable. Le soir, « l’équipe TV », Robert et son fils Sacha, accompagnée de Bilga leur traductrice et de leur chauffeur nous rejoignent. Au programme de ces cinq jours : une journée de « nomadisme » que l’on passe dans le quotidien la famille, deux jours de Naadam, la fête nationale (constituée surtout de joutes sportives locales) et deux jours de randonnée à cheval.

Ici quand tu n’as pas de cheval, tu en attrapes un au lasso

Les nomades, dont Putché est le chef de famille, ont une vie assez surprenante, bien différente de notre quotidien occidental. Vivant de l’élevage, ils possèdent un important troupeau (300 têtes au total) de chevaux, yaks, chèvres et moutons en liberté dans la steppe. Ils ne font que parfois rentrer les petits (yacks, agneaux et chevreaux) dans des enclos à la nuit tombée à cause des loups qui rodent dans le coin. Le tout bien sûr à dos de cheval. Disposant de beaucoup de lait, essentiellement de yak, ils le transforment en beaucoup de produits : yaourt (type faisselle un peu aigre), fromage (mais pas affiné comme on pourrait l’espérer), beurre, crème. Mais plus surprenant, ils en font de l’alcool : de l’airag, LA boisson du Naadam, , composé de lait de jument fermenté, c’est très spécial, on aime ou on aime pas. Personnellement, ça nous rappelle la chicha équatorienne… La grand mère est également en charge de la distillation du yaourt (improbable!) pour en faire un alcool artisanal bien titré, transparent, bu chaud ou tiède, qu’elle nous offre avec de grands sourires.

Distillation à l’oeuvre

C’est beaucoup moins typé, mais ce qui est finalement surprenant c’est de boire un alcool d’origine animale, en y réfléchissant, on n’en connait aucun autre (et on s’est bien creusé les méninges!). Les femmes passent principalement leur journée à cuisiner, s’occuper des petits (surtout le rôle de la grand-mère) qui tentent de multiples expériences dans leur environnement et traire les différentes productrices du troupeau. Les hommes mènent quant à eux un rythme différent, chevauchant dans la steppe pour ramener les troupeaux entre 2 siestes et diverses autres occupations…

Putché et un autre cowboy en rose ramènent les troupeaux

Le premier jour, on fait entre deux distillations une petite ballade à cheval pour les besoins du film, assez frustrante (surtout pour Delphine), puisqu’on nous tient nos chevaux en longe! Putché a très peur qu’on ne puisse pas les contrôler, puisque qu’ils sont semi sauvages et « dressés » (c’est un grand mot) pour la course du Naadam. Mais la TV a du bon puisqu’on peut profiter du 4×4 et de son toit pour prendre quelques images des alentours de la sortie.

Le reste du temps, on s’amuse avec les enfants, la yourte de nos hôtes hébergeant tous les neveux de la famille en vacances en ce moment! La vie de nomade semble plutôt leur réussir, tous crasseux mais le sourire aux lèvres en permanence. Petite anecdote sur le bain des enfants d’ailleurs, la technique est spéciale ici: la grand mère leur crache de l’eau dessus pour les nettoyer, un autre concept de l’eau courante…

Le lendemain, on se rend à Tsetserleg pour assister au Naadam local. C’est la fête la plus importante de l’année, et il y en a partout, tout le mois de juillet

Au programme, courses de chevaux effrénées, lutte traditionnelle et tir à l’arc. Les courses tout d’abord, réparties par distance et selon l’âge décroissant des chevaux (une vingtaine de kilomètres pour les 6 ans jusqu’à 8 kilomètres pour les 2 ans), montés par des enfants de 7 (officiellement, mais plutôt 5) à 12 ans (souvent plus proche des 5 que de la dizaine).

Le parking

ça permet également de vendre quelques moutons

Extrêmement impressionnant puisque une bonne partie d’entre eux monte à cru (sans selle), parfois avec juste un simple tapis, le plus souvent avec rien, pour économiser du poids sur des chevaux lancés plein galop, à peine contrôlés. Ils vont jusqu’à monter pieds nus (la botte pèse lourd, c’est connu)!

Le gagnant de la première course

Le contraste est saisissant avec nos enfants occidentaux chouchoutés, dont certains parents complètement psychotés vont jusqu’à les équiper de puce GPS par peur. Ici, la peur, on connait pas! Quelques jeunes cavaliers partent avec un casque de chantier, de vélo…sur la tête, mais tous ou presque en sont débarrassés à l’arrivée!

Il semble que la course la plus populaire soit celle des 2 ans, au vu du monde et l’ambiance survoltée de l’arrivée. Des bébés chevaux montés par des « bébés » humains, on vous laisse imaginer le niveau d’organisation de la course… Petit rituel d’arrivée: l’entraineur racle la sueur des chevaux victorieux, censée porter bonheur dans le futur…

Raclage avec Tsetserleg en toile de fond

Quant à la lutte, plus folkorique tu meurs. Une petite vidéo viendra illustrer nos propos dès qu’on arrivera à la monter sur la tablette, d’ailleurs si quelqu’un connait une bonne application, on est preneurs.

Les arbitres

Et les lutteurs

Visiblement moins intéressant pour les Mongols, en tout cas moins populaire, le tir à l’arc. Pourtant, pour nous, c’est très impressionnant, puisque les hommes tirent avec de grands arcs traditionnels à 75 mètres, les femmes à 65, sur des cibles ridiculement petites à raz du sol.

De plus, ils ont de loin les plus belles tenues, on dirait que le Naadam est également un concours de mode, ce qui détonne vraiment dans la grisaille du jour (qui a failli tourner à l’orage!). C’est le grand choc des cultures une fois de plus: le jury se positionne à environ 50 cm de la cible pour vérifier la précision du tir, mais cela ne semble choquer que nous. Les enfants se baladent sur le terrain entre les lignes de tirs et les cibles, on est nous mêmes assis à un mètre du lieu… On peut dire qu’ils ont confiance dans les archers, mais cela occasionnera quelques pirouettes de dernière minute amusantes tout de même! Sur une initiative de Tsélé, Putché et Séb auront même l’occasion de tester par eux même la difficulté de cet art: ne serait ce que réussir à lancer la flèche est déjà complexe tellement l’arc est difficile à tendre…

Le cheval gagnant

Au pays de Gengis Khan

Il est temps de quitter la Chine, direction la Mongolie. On se dirige vers la gare centrale de Pékin, immense, surtout son parvis, pour embarquer dans un des trains les plus connus de la planète : le transmongolien, numéro K23, dont le départ est à 11h22, la ponctualité chez les chinois, c’est sacré, on ne peut pas leur retirer ça. Contrairement au K3 qui va jusqu’à Moscou, celui-là s’arrête à Oulan Bator.

On postera un article dédié aux détails pratiques pour les « aventuriers » qui veulent le faire dans le sens Pékin – Oulan Bator, car toutes les infos que l’on a trouvé sur Internet se sont révélées au mieux approximatives ou absentes, voire fausses. Les agences de voyages entretiennent une véritable psychose pour qu’on passe par elles, alors que c’est très facile de tout organiser par soi-même pour le tiers de la somme (voir beaucoup moins dans certains cas).

Arrivés à la « porte d’embarquement », oui, en Chine le train, c’est comme l’avion avec scan des bagages et fouilles corporelles, on s’aperçoit qu’on n’est pas bien nombreux, même si c’est la plus grande concentration de touristes occidentaux qu’on ait vu depuis l’entrée dans le pays (et ce n’est pas folichon!). Une fois dans notre compartiment, c’est encore mieux, on se rend vite compte que l’on n’est que trois dans tout le wagon, nous deux et un sympathique chilien! Il faut savoir que le wagon compte une bonne dizaine de compartiments avec 4 lits chacun… Alors le coup de « il faut réserver ses billets des mois à l’avance » qu’on a pu lire partout sur le web nous a bien fait rire, d’autant plus qu’on est le 29 juin, c’est à dire en pleine saison. On est également agréablement surpris par le confort du train: de l’espace, des banquettes moelleuses, une douche, des sanitaires plus que propres (ça nous changera des trains chinois), un vrai wagon restaurant et même des écrans TV individuels (que l’on n’utilisera pas). Tout pour passer un bon voyage.

Mais le meilleur, ce sont les paysages traversés qui sont grandioses. En sortant de Pékin, on peut voir, entre les tunnels, de multiples gorges, falaises, montagnes, vallées, qui ont toutes l’air inaccessibles, malheureusement toujours sous la fameuse brume d’été…

Ensuite, c’est une petite déception : le train devait (selon le guide) aller jusqu’à Datong et suivre un bout de la grande muraille de Chine. Finalement, nous avons pris un autre chemin (vérifié sur le GPS), mais on s’est consolés avec le beau paysage campagnard et désert. Il y a donc bien en Chine des endroits « vides »! En s’approchant de la frontière, la vue se mue en collines vertes totalement désertes, assez proches de ce qu’on imagine des steppes. Normal me direz-vous puisqu’il s’agit de la Mongolie intérieure…
Le passage de frontière à Erlian quant à lui sera moins sympathique, puisqu’il a pris près de 5h, en étant bloqués dans la gare. C’est ici que s’effectue le fameux changement de boogies, les chinois et les mongols n’utilisant pas le même standard pour l’écartement des rails, ces boggies (essieux pour les profanes comme nous) sont donc tous changés à la frontière. Système d’une modernité à toute épreuve, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?  N’étant pas rentrés dans le wagon à temps (enfin sans avoir eu l’information non plus…), nous avons été « invités » (c’est à dire fermement poussés en mode bétail à grand renfort de cris en chinois incompréhensibles à nos oreilles profanes) à nous rendre dans la gare tandis que les portes donnant accès au quai étaient fermées à clés. Nous qui pensions pouvoir voir cette prouesse mécanique une fois descendus, c’est raté! Non découragés, nous décidons de faire le tour par une rue de la ville et nous retrouvons dans un quartier non éclairé où des allées étroites entre des bâtiments peu entretenus semblent se diriger vers la foie ferrée. Mais l’ambiance sombre et « coupe-gorge » associée à l’aboiement de tous les chiens du quartier à notre passage nous forcent à faire demi tour bien magré nous. Nous n’avons plus qu’à attendre dans la gare d’Erlian, ville frontière entre la Chine et la Mongolie, jusqu’à 2h du matin…

La belle gare qu’on a pu admirer pendant un bon moment

Le reste du voyage sera splendide. Au réveil, on peut voir les étendues plates et désertiques de l’est du désert de Gobi caillouteux, qui se transforment peu à peu en steppes collineuses où l’on peut apercevoir yourtes et troupeaux à mesure que l’on se rapproche de la capitale Oulan-Bator.

Bref, le transmonglien, on recommande!

Un arrêt du train en Mongolie, comme on peut le voir, le ciel a changé de couleur!

Arrivés à Oulan-Bator, changement d’ambiance, une petite assistante de l’agence « Wind of Mongolia » (tenue par Joël, vieille connaissance du précédent passage de Delphine dans ce pays) nous attend sur le quai devant la porte avec notre nom dessus, accueil en français s’il vous plait! Finie la débrouille, on se fait balader temporairement. On nous conduit à notre guesthouse, juste à coté de la place centrale où trône la statue de Gengis Khan.

Pour Delphine, la balade dans la ville se révèle une surprise après le premier passage il y a 8 ans de cela. Alors qu’on y trouvait une majorité de bâtiments assez bas de l’époque soviétique, ont poussé aujourd’hui une forêt de tours modernes en verre ou encore en construction.

Le développement est arrivé jusqu’ici et les grandes marques avec lui! Mais au moins, la météo nous convient bien mieux, bien plus respirable qu’à Pékin puisqu’il fait une vingtaine de degrés et un magnifique ciel bleu. Le lendemain, l’objectif principal est de déposer nos passeports à l’ambassade de Russie pour obtenir nos visas après deux échecs en Chine. C’est donc un peu stressés que l’on s’y rend en solo, sachant que les infos lues sur le web parlaient plutot systématiquement d’agences privées qui se chargent de réaliser les visas des particuliers étrangers moyennant une forte somme. Au final, après deux visites, le matin étant réservé aux citoyens mongols, on a une réponse positive, nos visas seront disponibles le 15 pour un prix largement inférieur à ce à quoi on s’attendait, le voyage peut donc continuer! On aura juste un petit détail à régler pour le retrait des passeports, puisqu’il va falloir revenir un jour ouvrable, ce qui n’est actuellement pas le cas dans notre programme, un peu de logistique en vue!

Entre deux visites à l’amabassade, on a pu visiter le grand temple bouddhiste d’Ulaanbaatar, qui domine légèrement la ville.

Pour une fois une que l’on peut prendre un bouddha en photo!

On profite de la soirée pour voir Joël qui nous a organisé le séjour, ainsi que Robert et Sacha qui seront de la partie pour réaliser un reportage TV durant quelques jours communs. N’allez pas trop vite en besogne en croyant que nous allons devenir des stars, les sujets du film sont nos guides « multi-activités », non pas nos humbles personnes…