Mexico city

Après être redescendus de la Malinche, nous attrapons un bus pour Mexico city. Arrivés le soir, on trouve où dormir (galère, beaucoup de trucs complets, tant pis, ça sera dortoir!) et allons faire un tour. Les premières impressions :
– C’est grand! mais alors vraiment grand, on voit de la ville sur des kilomètres et des kilomètres (avec les bouchons qui vont avec)
– C’est gris, une couche de pollution énorme
– Les terminaux de bus sont aussi grands que des aéroports!
– Le Zocalo, censé être la plus belle et la grande place du monde, est envahie par des installations en cours de montage. Pas de chance.
– C’est bondé, 20 millions de personnes ça en fait du monde, surtout dans le métro, très vieux qui plus est.

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Une des rues piétonnes de Mexico, bondée…

Le lendemain, direction Pollanco, le quartier chic bordé par un parc, pour découvrir le musée le plus célèbre du Mexique, le musée d’anthropologie. Collection très intéressante surtout la partie sur les Mexicas car il ne reste plus rien (tout a été rasé par les espagnols), mais à force de voir des poteries et des vieilles pierres on sature, la température ambiante n’aidant pas (on a froid), on ressort et on ne va pas au castillo comme prévu. A la place on part à la découverte de la vielle ville et de ses rues piétonnes.

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Le fameux calendrier aztèque (qui n’est pas du tout un calendrier aztèque finalement, si on a bien compris toutes les explications…)

Un détour par un café pour choper la jolie vue sur le musée des beaux arts (avec sa station de métro « parisienne ») qui détonne un peu dans la ville. De beaux bâtiments croisés en chemin, un palais en azulejos (genre de carrelage peint portugais), des patios magnifiques, les décorations de Noël à tous les coins de rue, de multiples églises… Et toujours énormément de monde et de bruit! Les vendeurs de rue haranguent le badaud à pleine voix tous les 2 mètres pour te vendre tout et n’importe quoi! On rentre à l’hostal par une autre partie du quartier où on trouve les ruines aztèques sur lesquelles ont été construites Mexico, toujours en train d’être fouillées.

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Le musée de Bellas Artes

De retour à l’auberge, on retrouve (pour changer)… des français! Ils sont partout!!! L’occasion de prendre une (voir plus) bière en papotant de tout et de rien. Discussion philosophique sur le fait que les chiens qui nous ont suivis à la Malinche seraient des « esprits de la montagne » selon un des convives…

Expédition à Tehotihuacan le jour suivant, à une cinquantaine de kilomètres de Mexico. On traverse en bus une fois de plus de la ville à perte de vue, enfin plutôt ce qui ressemble à du bidonville. Tehotihuacan, c’est un des plus grands sites aztèques du Mexique, immense! Une heure pour le traverser de bout en bout, ça s’étend sur des kilomètres. Les pyramides du soleil et de la lune sont très hautes, offrant une vue aux alentours magnifique. Tout était calculé par rapport aux astres, les alignements, les suppositions mystiques qui en découlaient. Ils avaient un peu la folie des grandeurs ces Aztèques! Enfin on sait maintenant qu’ils se sont plantés sur la date de la fin du monde selon leur calendrier…

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L’immense perspective de Tehotihuacan depuis le temple de la lune

On se fait avoir une fois de plus par le temps, hier on avait trop froid, aujourd’hui, soleil et super chaud, résultat, on crame… Une jolie sortie, dont on ressort assez époustouflés. Le soir, c’est la fête de la vierge de Guadalupe, a priori la plus grosse fête du Mexique (plus encore que celle des morts). Des millions sont censés se rassembler pour la célébrer, on s’attend donc à une ambiance de folie sur la place centrale. Résultat: que dalle. On suppose qu’ils ont été célébrer ça ailleurs, peut être aux basiliques de la vierge dans le nord de la ville, mais en tout cas ici, il ne se passe rien! Du coup, petit resto pour tester les spécialités locales (autres que dans les boui-boui de rue!). Et bien le filet mignon de porc à la tequila et à l’orange, c’est pas mal!

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Une étrange idole à adorer croisée à un coin de rue de la vieille ville…

Envie de calme pour notre dernier jour à Mexico, de quitter ce centre ville surexcité. Direction le quartier de Coyohacan donc, celui de Frida Kalho et Trotsky. Ce quartier des « coyotes » était à la base un village à 10km de Mexico, mais la ville l’a englouti dans ses méandres, on s’y rend donc maintenant en métro. C’est très chic, ça sent la banlieue aisée. Tout est joliment décorée, les portes en fer forgé derrière lesquelles on imagine de superbes haciendas sont impeccables, les gens bien habillés… Ça regorge de petits cafés sympas, de restos de rue le long du marché (hum le bon ceviche…), et même de lieux de découpe de sapins de Noël! On sait pas d’où ils les importent, mais ceux là, ils viennent de loin! Et dispo du meilleur au plus mauvais goût: recouvert de neige rosatre, bleuatre, clignotant…Y’en a pour tous.

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« Tag » croisé dans Coyohacan plutôt original

On quitte ce sympathique quartier où il semble faire bon vivre sans rien « visiter » finalement (la maison de Frida Kalho à plus de 10€ pour voir ses petites culottes bof bof, et la maison de Trotsky fermée!!!).

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Le marché de Coyohacan où on peut à peine lever la tête au risque de se faire assommer par une pinata!

Petit passage sur le chemin du retour pour que Séb se dérouille dans une salle d’escalade, pendant ce temps là, j’ai droit à l’écoute intégrale d’Eminem à fond dans la salle…
Soirée inattendue par la suite. On est invités par une ancienne stagiaire de Saint Gobain avec qui Séb s’entendait bien à une roof top party dans un quartier chic de Mexico. Un vrai repaire d’expatriés français! Ambiance parisienne plus que mexicaine (à part les chips pimentées), c’est assez drôle. Bref, on se marre bien, on rencontre des gens très sympas, de bonnes discussions bien arrosées et on tente désespérément de rentrer pour notre vol tôt le lendemain matin. Désespérément, car certains ont visiblement décidé qu’ils ne souhaitaient pas que nous ayons notre avion! Mais c’est peine perdue, le réveil sonnera bien à 5h du mat’ le lendemain… Direction l’Equateur via Miami!

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A l’assaut du volcan

Réveil matinal pour l’expédition du jour: relier le pied du volcan de la Malinche depuis Oaxaca!
5h de bus jusqu’à Puebla sur une route superbe, puis 1h30 de bus ultra pourri jusqu’à Apizaco (les suspensions étaient visiblement en option et ralentir devant les topes une option facultative pour le chauffeur), puis 30 minutes de collectivo jusqu’au camping de la Malintzie. Tout ça, bien sur en essayant de:
– ne pas se perdre dans les terminaux de bus qui ressemblent à des aéroports tellement ils sont immenses
– prendre le bon bus entre la quinzaine qui attend (!)
– descendre au bon endroit (totalement aléatoire!)
– négocier le collectivo (on est arrivés trop tard pour le « normal », du coup on en a eu un privatisé pour nous deux, mais ça pique niveau prix…)

Mais bon, on y est arrivé!!! Le camping est vide, nous sommes les seuls fous à vouloir poser la tente par température négative (à 3100 mètres en Décembre, même au Mexique, ça pique). Seuls les chiens du coin sont là pour nous tenir compagnie! Ils ont aussi bien compris qu’au coin du bon feu de bois qu’on s’était fait, on était bien mieux (et p’tetre même qu’il y a moyen de choper des restes de nourriture en même temps…). C’est bien emmitouflés que nous passons une courte nuit au chaud dans les duvets.

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Pas fou le chien, il sent venir le bon feu de bois…

Réveil: 4h30 (j’ai beau être matinal, j’ai mal). Départ: 5h40 (Séb, le matin, il rame un peu). A la frontale, dans la forêt gelée. Ça grimpe tranquillou au début, puis ça finit par s’énerver jusqu’à l’arrivée timide du soleil. Belle aube à la sortie de la forêt, la vue aux alentours est très claire et vaut déjà le détour. Le soleil est le bienvenu, transis de froid malgré l’effort et l’équipement, il doit faire dans les -10/-15°. Nos compagnons canins de la veille sont accrochés à nos basques, on a une meute d’accompagnement! Excellents ces chiens, bien moins fatigués que nous dans la montée!

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Lever de soleil sur la Malinche, le sommet en ligne de mire!

Ça grimpe de plus en plus, on passe dans des zones de ravines sableuses (un pas en avant, deux pas en arrière…), dans du pierrier, du terrain pas évident avec ce dénivelé… On limite les pauses, trop froid pour s’arrêter longtemps. Et enfin, le sommet! Vue superbe, 4400 mètres, un 360° ultra dégagé. On voit tous les volcans alentours qui émergent des nuages, Puebla en contrebas… Et deux chiens nous ont suivis jusqu’en haut!!! On partage un biscuit (ils l’ont bien mérité!) et on redescend, il fait quand même pas chaud en haut. La température qui monte avec le soleil facilite grandement la descente, les oiseaux commencent à chanter et la végétation à dégeler.

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Happy faces au sommet de la Malinche! Les volcans les plus hauts du Mexique en toile de fond, ciel bleu, soleil!

Au final, retour à 11h30 au camping, on a explosé le temps de parcours prévu! On en a bien plein les pattes, la tente a enfin dégelé, on remballe et hop, dans le bus pour Apizaco, destination finale Mexico city!

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Une dernière gratouille à l’un de nos fidèles compagnons de route!!!!

Oaxaca la ville de la contestation

Arrivés à Oaxaca en bus de nuit, frais et dispo pour Séb, décalquée pour Delphine (comme d’hab, on change pas une équipe qui gagne!)
Une belle ville coloniale, une belle auberge de jeunesse toute propre, une impression globale plutôt positive de prime abord. Le Zocalo est en pleine contestation, est ce temporaire ou permanent, nous ne le saurons pas… Toujours est-il qu’on y trouve une accumulation de tentes, de squats, de slogans revendicateurs anti-gouvernementaux, bref, ici, ça conteste!! Ça n’empêche d’ailleurs pas tout le bazar habituel de s’y installer: vendeurs de rues encore plus qu’ailleurs, de la babiole, de la nourriture, des jus… On découvre d’ailleurs deux nouvelles spécialités très diététiques: la flauta (tortilla roulée en forme de flute frite et garnie de ce que tu veux, mais préférentiellement de fromage) et les molotes (purée de pomme de terre avec du chorizo, le tout frit en forme de vrai patate!). Que du bon pour la ligne. Accroche toi pour trouver des légumes et de l’eau ici…
Après un petit tour de la ville, on part pour Monte Alban, le site de ruines zapothèque du coin. Une position de rêve, en surplomb sur une des collines qui entourent la ville, un panorama magnifique, et un site monumental. Petit coup de coeur personnel pour cet endroit, c’est calme, aéré, et on prend vraiment la mesure d’une « vraie » ville urbanisée du temps de cette civilisation.

 
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De retour dans la ville, c’est Dimanche soir, et autant ce matin c’était désert, autant ça grouille d’animation à présent! Les célébrations de Noël (ou de la vierge de Guadalupe, on est pas bien sûrs) en avance, des processions un peu partout, avec des genres de mannequins géants et des danseuses en tenue traditionnelle sur le son des orchestres de rue. Très chouette, sous un beau soleil couchant, que demander de plus?

 
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La mission du soir par contre, plus compliquée… On cherche désespérément à aller par nos propres moyens dans la Sierra Norte toute proche et seules deux options semblent s’offrir à nous. Payer un tour hors de prix pour avoir le droit de marcher/rouler en VTT/monter à cheval dans la forêt accompagnés par un gugus qui t’explique comment mettre un pied devant l’autre, ou prendre un bus, se pointer dans un village et tenter notre chance. Ça sera la deuxième option!

Du coup, le lendemain, on prend un taxi collectif (mode mexicain, à 6 dedans), et c’est parti pour Ixtlan de Juarez, petit village de montagne de la Sierra Norte, qui nous a été recommandé par l’office de tourisme de Oaxaca, fort sympathique. On aurait du se douter que ça n’allait pas être aussi simple que de descendre du taxi et d’aller marcher dans la montagne… Non, pas au Mexique, ou visiblement, quand tu fais ça, tu es un peu fou! On tente désespérément d’avoir des infos au boui-boui qui sert d’office du tourisme local, mais définitivement, non, ils n’ont pas de carte du coin, non, les chemins ne sont pas marqués, non, il faut aller au parc « d’écotourisme » à coté pour avoir le droit de marcher. Ça commence à nous agacer gentiment leur « écotourisme » qui sert de machine à fric (quand on voit le dépotoir au bord des chemins, eux même tous bitumés dans les parcs pour pouvoir y circuler en voiture, on se pose des questions…). 30 minutes après avoir attendu la fameuse camionetta qui devait nous y emmener (dans 10 minutes), on craque et on se barre pour y aller à pied. Là, il faut connaitre une autre petite particularité mexicaine. Hormis le fait qu’ils semblent visiblement incapables de lire une carte, nous découvrons que la notion de distance est également très variable. Sur leur plan, le site semble à 2 km, 3 km selon l’office de tourisme, le tour qu’on veut faire une fois sur place durerait 2 ou 3 heures selon les divers intéressés interrogés.

 
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Bilan: le site était à 6km, la camionetta nous a rattrapé quand on en avait déjà fait 4 (!), et arrivés sur place, le tour qu’on avait repéré prend 6-8h finalement… C’est à n’y rien comprendre… On finit par dire au gars du parc « NON, on ne veut pas manger (1ère chose qu’il te propose), NON, on ne veut pas rester dormir (2ème chose proposée), on veut juste MARCHER dans la forêt! » Bon gré mal gré, il nous conduit au départ des chemins, et là, démerde toi, tu n’avais qu’à prendre un guide! Sachant que dans sa cahute de la réception, on a vu une carte très précise avec des chemins balisés! Mais comme à l’office du tourisme local, la réponse est « non, non c’est pas bon », parce que le tourisme pour la majorité des mexicains, ça se résume à aller dans une sorte de base de loisir (appelée « national park« !) pour y manger…

 
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Au final on arrive quand même à faire un bon tour au pifomètre dans la forêt mésophile, particularité de cette Sierra, et le temps était de la partie. Une végétation très changeante, un vrai bonheur pour tout botaniste en herbe. Petite déception, pas un piaf, alors que c’est censé regorger de dizaines d’espèces, dont beaucoup autochtones à ce coin… Sur le site, il y avait une énorme grotte, dont la sortie inspirait quelques voies d’escalade en gros toit.
Ensuite, retour à Oaxaca par le même taxi collectif et détour par une salle d’escalade, qui a un pan assez énorme pour que Seb se dérouille, puis dodo, parce que le lendemain lever tôt pour aller à Puebla et rejoindre la Malinche.

Chez les zapatistes (bis)

Après moult réflexions sur notre programme futur, on réserve auprès de notre canadien préféré une excursion aux lagos de Montebello pour le matin suivant. Au programme: la cascade d’El Chiflon (120m de haut), les multiples petits lacs colorés (du violet au vert émeraude, wahouuu) de Montebello, le tout à la frontière du Guatemala, que finalement nous ne verrons que de la rive mexicaine!

Deux bonnes heures de route dans une vallée fertile (nombreuses cultures comme on avait rarement eu l’occasion de voir) plus tard, arrivée à la cascade d’El Chiflon. Rien à redire, magnifique succession de vasques turquoises et de chutes d’hauteurs impressionnantes, ça brumise bien (voir ça trempe). Plus d’un kilomètre pour accéder à la plus haute des cascades, il n’en fallait pas plus pour se retrouver tous seuls sur le site… Et oui, les mexicains, le sport, c’est pas franchement leur truc! Au moins, comme ça, on est tranquilles pour profiter du panorama, superbe.

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Le « voile de la mariée », 120 mètres de haut, ça rafraichit bien!

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On reprend notre collectivo direction les lacs, et là ça se gâte. Le temps déjà, ça se couvre méchamment, genre les nuages bien bas qui te gâchent tout le joli paysage montagneux que tu avais autour. L’addiction des mexicains à la nourriture ensuite, en mode ventres-à-pattes, ils préfèrent aller manger au restaurant (même pas au bord d’un des lacs) pendant plus d’une heure, au lieu de profiter des rares éclaircies et du temps de jour qu’il nous reste. Du coup, on fait nos asociaux pour cette fois là, on avait prévu de quoi faire un pic nic, on les abandonne dans leur restau et on va se poser au bord du lac avec vue sur le Guatemala en face (qui disparait de plus en plus sous sa couche de nuages…)

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Il semblerait que le niveau de l’eau soit un peu haut, c’est le toit de petites maisons qu’on voit derrière les sapins qui ont aussi les pieds dans l’eau…

Le temps que tout le monde soit rassasié, le soleil a déjà bien décliné, et on file vers un premier lac (où un tour en barque était prévu pour aller sur son île), où finalement on ne fera qu’un petit stop le temps de faire mumuse sur les barques, qui sont en fait des radeaux. Les trois petits lacs suivants, sous les nuages épais et le jour déclinant, ne se montrent pas sous leur plus beau jour… Le lac Esmeralda (=émeraude) a un vague air de la mare aux evées bien commun à nos yeux de bellifontains! Mais cet ensemble de lacs entourés de forêts semble fort impressionner notre groupe mexicain et on se dit a posteriori que pour eux, ça ne doit pas être un paysage si banal que ça…

 
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Notre guide Angel, fort sympathique, nous fournit explications et anecdotes sur les particularités du coin. Les habitants d’ici sont a priori en majorité d’origine guatemaltèque, ayant fui leur pays lors de graves répressions sous leur président des années 80. Leurs enfants, nés sur le sol mexicain, ne sont pas pour autant aussi bien intégrés que les petits mexicains d’origine au reste de la population. Et le niveau de pauvreté ici est plus flagrant encore que dans le reste du Chiapas, déjà l’état le plus pauvre du Mexique. Bon, trois heures de route de retour plus tard, on se dit qu’autant de trajet n’en valait pas la chandelle, les conditions n’étaient pas avec nous ce jour là!

Le lendemain, dernier jour à San Cristobal, grasse mat’. On a du temps d’ici le bus de nuit pour Oaxaca le soir, alors on en profite.
Direction San Juan Chamula, petit village indien Tzotzile dans les montagnes au dessus de San Cristobal. Notre collectivo est déjà dépaysant à lui seul, pas un mot d’espagnol n’y est prononcé, tout est en dialecte local (et nous, on fait pas couleur locale, c’est le moins qu’on puisse dire!). Les habitants sont habillés différemment que dans la vallée: tuniques de laine brute noire ou blanche pour les hommes, la même en jupe pour les femmes. L’attrait majeur de San Juan, c’est son église, mi catholique, mi païenne. Toute photo est interdite à l’intérieur, et de base, déconseillée sur les indiens.

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Et à l’intérieur, ça vaut le détour. Essayons de reconstituer la scène. Imaginez une église classique, retirez les bancs et autels, reléguez les au fond de l’église, mettez les statues des saints au mur, tapissez le sol de branches de pin, brûlez beaucoup d’encens, collez des bougies par dizaines au sol jusqu’à ce qu’elles soient entièrement consumées, n’oubliez pas votre poulet pour le désenvoutement et les prières rituelles, et vous y êtes presque. Un joyeux bazar.
On fait un petit tour dans le village, passage par le cimetière bien païen lui aussi, et on reprend le bus vers San Cristobal. Passage par le marché pour admirer toutes les emplettes qu’on aurait pu y faire (regret, regret…) et on monte à l’église de Santa Guadalupe pour profiter du magnifique panorama sur la ville et les montagnes environnantes.

 
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Glandouille jusqu’au départ du bus dans divers cafés en s’empiffrant de spécialités mexicaines, et hop, adios le Chiapas!

Chez les zapatistes

Après un trajet de bus de jour très mouvementé, les virages et « topes » (dos d’âne) à répétition des routes du Chiapas, ça attaque les estomacs les plus solides, nous voici à San Cristobal de las casas, capitale culturelle du Chiapas. Le trajet (magnifique cependant) a surtout mis à rude épreuve l’estomac d’une française rencontrée à la gare qui faisait « un tour » de vélo avec son copain depuis le Canada (en 8 mois!).
On peut dire que la ville est très différente des précédentes et beaucoup plus détendue. On est en montagne (2150 m d’altitude), on se croirait presque à Cuzco. L’environnement n’a plus rien à voir: on vient de passer de la végétation tropicale hyper humide de la jungle à des forêts de pins dans un climat plutôt sec. Tout ça à peine à 250km de distance…

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Vue sur San Cristobal au coucher de soleil

Magnifique centre historique au milieu d’une « cuvette » de collines verdoyantes (le Grenoble local?), mais aussi très animé. Dans les rues piétonnes, on voit de tout : des touristes (surtout mexicains), occidentaux (ONG…), des indigènes descendus de leur montagne pour vendre leur artisanat et présence de nombreux restos végétariens (incroyable au Mexique). Beaucoup de couleurs, de l’air frais (pour ne pas dire que ça caille vraiment!) et une atmosphère qui fait qu’on s’y sent bien, envie de s’y poser quelques jours. On se balade dans la ville, beaucoup d’églises, de beaux bâtiments datant de l’époque coloniale et un marché d’artisanat qui donne envie d’y faire plein d’emplettes.

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Une des rues piétonnes, toujours très animées!

Le gite où nous sommes est tenu par un québécois adorable et sa femme mexicaine, tous deux sympathiques et proposant plein de services pratiques en voyage. Nous réservons par eux une excursion vers le cañon del Sumidero pour le lendemain, le prix étant plus intéressant qu’en le faisant en autonomie…

Et bien c’est assez spectaculaire! Très encaissé (pas de rives), les falaises se jettent directement dans le Rio Grijalva. Point le plus haut : 1000m entre le sommet et l’eau, et une face continue, oui 2 fois plus grand que le Verdon! Amis grimpeurs ça donne plus qu’envie… La première chose que l’on remarque c’est que c’est spot de psicobloc, le petit problème c’est les bêtes dans l’eau…. Et oui, la faune locale semble plus ou moins amicale (très nombreux oiseaux, singes et…crocodiles!)

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A l’approche du canyon, on guette le croco…

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Après vérification, c’est un spot de grimpe local et on comprend vite pourquoi, à mon avis des potentielles grandes voies flirtant avec le 9, il doit y en avoir un paquet vu le devers et les toits dans les faces. Apparemment il n’y aurait que 3 voies ouvertes, s’il y a des motivés…
L’excursion finit dans le village de Chiapa de Corzo. Mais une visite présidentielle a un peu mis la ville sans dessus dessous. C’est raté pour la tranquillité, du monde partout! Mais encore des décoration de Noël très kitch.

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De retour à San Cristobal en début d’après midi, nous partons voir le marché de la ville, réputé comme un des plus beaux du Mexique. C’est énorme, plein de fruits (dont une bonne partie qu’on n’identifie pas!), de fleurs, de décorations de Noël (!), de poissons (suspicieux, on est loin des côtes)… Pas de photos au marché, tenu par une majorité d’indiens venant des communautés des montagnes, qui détestent être pris en photos. On continue ensuite notre chemin vers le centre de médecine maya pour en savoir un peu plus sur cette pratique mi-gourou, mi-médicale. C’est super instructif, vraiment un mélange de deux cultures. Beaucoup de rituels se déroulent à l’église, mais revisitée version indienne: aiguilles de pin au sol, pas de bancs, des bougies, des statues de saints et des aspersions d’alcool de maïs pour évacuer le mal! Un sacré mix… Le posh (alcool de maïs) étant de nos jours fréquemment remplacé par le…Coca!!! Et oui, ça fait roter, et donc « évacuer » le mal. Rôle de la sage femme prépondérant dans cette culture, ainsi qu’une grande part de remède issu des plantes et animaux (l’écureuil guérirait de la « maladie de la peur », oui, oui)

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Un modèle typique d’église des indiens Tzotziles, rituel mi catholique, mi païen

Le soir, projection d’un film dans un petit cinéma local sur les zapatistes, histoire d’en savoir plus sur ces fameuses « cagoules » dirigées par Marcos. Le Chiapas est en effet le berceau de ce mouvement qui a démarré pour défendre les droits des populations indigènes, les indiens n’ayant aucune reconnaissance de la part du tout puissant état mexicain. Très parti pris, mais fort intéressant aussi.

Bienvenue dans la jungle

Depuis Campeche, nous avons pris un bus de nuit, et bien c’était la pire nuit de notre vie (si si) : le bus première classe était un vrai frigo! Je n’ai jamais vu ça, un froid polaire (on était sous l’arrivée d’air), je pense qu’il ne faisait pas plus de 10°, à comparer avec les 25/30° de l’extérieur. En plus, l’arrivée au Chiapas s’est sentie , tout d’un coup les routes sont devenues pourries, ça secouait tellement que notre sac (ultra bien calé pourtant) est tombé sur Delphine. Bref un trajet mémorable.

Nous voilà donc au Chiapas, à Palenque exactement, et là c’est un autre univers : bruine (à 7h du matin), accompagnée d’une chaleur lourde. Nous voilà au milieu de la jungle. Après avoir déposé nos sacs, direction les ruines, magnifiques, au milieu d’une forêt tropicale : des arbres immenses, des bananiers, oiseaux etc. La particularité du site (en plus de la situation) : on peut monter sur quasiment tous les édifices, et il reste beaucoup de fresques conservées. Le tout est donc assez différent des autres ruines vues jusqu’à présent.
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Le temple du soleil ou bienvenue chez Tintin

Autre point important, il s’est très vite mis à pleuvoir des cordes! Un peu perturbant, mais ça rajoute du charme à cette forêt tropicale, on se serait cru dans Indiana Jones.
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On vous l’a dit c’est dans la jungle, un petit goût d’Indiana Jones pour la visite, d’autant plus que la majorité du site est encore sous la végétation et donc à découvrir!

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Cascade sur le site : on ne sait pas si on était plus trempés dessous ou dessus…

L’après midi, tellement bien reposés de notre nuit, on fait la sieste… La ville n’ayant de plus aucun interêt visuel.

Aujourd’hui direction les cascades du coin, qui normalement peuvent être faites après les ruines pour se baigner et se rafraichir de la chaleur tropicale. On a un peu peur que ça ne vaille pas le coup à cause du temps (gris et un peu pluvieux) et qu’il ne fasse pas très chaud. De plus avec tout ce qu’il a plu le débit risque d’être fort, et l’eau pas très claire, craintes rapidement confirmées.
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1ère cascade : Misol Ha, d’habitude à peine 2 filets d’eau. Comme vous pouvez le voir une vraie lessiveuse aujourd’hui. Cascade particulière, car on peut passer derrière grâce à un sentier aménagé. J’ai essayé, et le moins qu’on puisse dire c’est que je suis ressorti propre, le spray étant surpuissant.

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2ème cascade : Agua Azul, l’eau bleue. Pour le bleu on repassera, mais le fort débit ajoute pas mal à l’esthétique de la cascade.
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C’est en fait une énorme cascade (sur des centaines de mètres) d’un bleu profond qui invite à la baignade d’ordinaire. Température maussade et eau marron plus courant surpuissant ont eu raison de nos intentions de faire trempette, mais le spectacle valait largement le coup d’œil.

Pour la suite du programme, on s’est beaucoup posé de questions : est-ce qu’on traverse la frontière du Guatemala pour aller voir le site de Tikal? Est-ce qu’on fait une partie du chemin pour voir les ruines Yaxchilan dont l’accès est une mini-aventure à elle seule (accès uniquement par lancha sur la rivière qui marque la frontière)? Finalement, rassasiés de ruines et ne souhaitant pas faire des heures de transport (voire des jours pour Tikal) pour encore en voir, nous décidons de continuer sur San Cristobal de las casas, quitte à utiliser les jours gagnés pour ajouter quelques étapes (guatémaltèques ou pas) non prévues initialement à notre périple mexicain.

NB : à cause des mauvaises connections internet au Chiapas, il nous a fallu 2 jours pour charger cet article… il date donc du 2 décembre.

Colorful Campeche

Aujourd’hui réveil à Campeche, dernière étape du Yucatan. Arrivés hier soir tard, on n’a pas trop vu la ville, seulement remarqué que c’était désert pour un samedi soir, surtout en plein centre historique. Nous logeons dans une auberge sur le Zocalo (place centrale) qui soit dit en passant peut être qualifiée de complètement nulle… mais au moins c’est pas cher. Réveil tardif pour moi, enfin 9h vu qu’on a encore le jetlag comme tous les européens qu’on rencontre (c’est à ça qu’on les reconnaît!), Delphine réglant tout un tas de problèmes bancaires au téléphone.

En descendant dans la rue, on constate qu’en fait c’est magnifique. Des maisons toutes colorées et bien entretenues, on se croirait à Disneyland sauf que ce n’est pas du carton pâte et que ça date du XVIe siècle. Le tout entouré à l’origine de fortifications, aujourd’hui quasi inexistantes (dommage). Elles auraient été détruites par un responsable local, on n’imagine pas ça à Carcassonne!

 
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Après un petit tour dans le centre ville qui n’est pas très grand, on se dit qu’on va se faire une balade sur le front de mer jusqu’à « the place to be« , un ensemble de restaurants sous des paillotes au bout de la ville. Finalement, ça se révèle être assez loin (3-4 km) mais ça nous fait du bien puisqu’on manque cruellement d’activité physique, mis à part la nage.
On finit par se poser dans un des restos, le choix étant fonction du volume sonore de chacun pour prendre le « moins » fort d’entre eux (c’est relatif). A croire que les mexicains n’aiment pas le silence vu comment des enceintes braillent devant tous les magasins. Ne voulant initialement que se rafraîchir, on se laisse tenter par un plat, puisque ce sont des restaurants de poissons et qu’on en trouve pas partout, même si on est quand même très proches à chaque fois de la mer.

 

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Tu commandes un plat, mais de toute façon on t’amène 50 trucs à grignoter avant….

Après s’être complètement rempli l’estomac, on décide de faire le chemin inverse à pied pour digérer malgré la distance, vu ce qu’on a ingurgité. Et on trouve même de quoi éliminer tout ça! La salle de sport extérieure version mexicaine: déserte…

 

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Il y a foule…

Une chose à savoir : on arrive en décembre et tout ici comment à s’habiller de décorations de Noël : ça fait bizarre de voir des sapins en plastique à côté des palmiers! De plus, le Zocalo est décoré de guirlandes électriques sur tout ce qui peut en supporter, le résultat transcende le côté Disneyland de la ville…

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Ça pique les yeux…

On a droit à un spectacle de danse sur la place, avant de se diriger vers le terminal pour prendre notre bus de nuit direction Palenque, après une dernière vue de la ville bien mise en valeur par l’éclairage.

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Bref, un vrai dimanche: lever tard, énorme repas et pseudo-sport… une journée détente quoi.

Merida: épisodes 1 et 2

Deux journées bien différentes à Mérida, et bien riches aussi. Oscar, le gérant de l’auberge où nous sommes, nous propose un tour hors des sentiers battus le lendemain de notre arrivée. Pas trop cher, beaucoup de choses intéressantes en prévision, l’homme est vendeur, allons-y! Direction Progresso, petite ville de pêcheurs du bord de l’océan. Et oui, finie l’eau turquoise de la mer des Caraïbes, pas de barrière de corail pour tout « nettoyer » ici… La zone est pleine de mangroves dans les terres, grandes étendues d’eau salée mêlée d’eau douce, où se trouvent quantités d’oiseaux. Session observation des flamants roses, des pélicans et autres aigrettes très chouette. On fait chauffer l’appareil photo!

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Plage de Progresso, sur l’océan

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Flamants roses sur la lagune de la mangrove

Puis, une promenade hors du temps. Sur une petite barque, on passe sur un canal au travers d’une mangrove très dense, dont l’eau prend des teintes surréalistes, du jaune ocre au rouge presque sang. Ce phénomène étrange vient de certains types d’arbres de la mangrove, qui colorent l’eau… Le tout pour arriver à un cenote enfoui dans la forêt. Baignade au milieu d’énormes poissons, heureusement pas d’alligator en vue (déjà arrivé lors du passage d’un précédent groupe a priori!)

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La mangrove, qui prend des couleurs surréalistes au gré de la lumière

Des alligators, on en voit juste après, dans la mangrove au fond du jardin d’une famille de pêcheurs, ce sont leurs « animaux de compagnie », ainsi que de petites tortues récupérées par leurs enfants dans les canaux. Drôles de choix…

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Oh le gentil  alligator…

Déjeuner dans un petit resto de pêcheurs avec du super poisson et on repart observer des oiseaux dans une autre zone. Et récolter du sel dans des genre de marais salants par la même occasion! Un très beau tour, qui a tenu ses promesses, et pas un seul touriste à l’horizon de la journée, hormis notre petit groupe de 6, le pied.

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Envol de pélicans sur la lagune

Ayant sympathisé avec un couple de français rencontrés lors de l’excursion, on loue une voiture le lendemain pour aller faire les sites Mayas d’Uxmal et de la Ruta Puuc. Péripéties habituelles: la voiture réservée n’est pas là, il n’y a plus de voiture dispo, bref, après un tour dans toutes les agences de loc du coin, on finit par en trouver une à un tarif correct, et on part! Labna est le premier stop (aussi le plus loin, presque 120km de Merida) après une route incroyablement monotone en ligne droite avec de la jungle tout du long. Le site, petit, très reposant, est très agréable à visiter. Nous y sommes quasiment seuls. Le second site, Sayil, est du même acabit, mais beaucoup plus étendu et nous donne l’occasion d’une vraie balade dans la jungle.

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L’arche monumentale du site de Labna

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Les ruines perdues dans la jungle de Sayil

Uxmal, point d’orgue de la journée, remporte tous les suffrages:c’est superbe. Le soleil décline lentement quand nous y arrivons, nous sommes là encore quasiment seuls sur le site, la lumière est parfaite, tout comme les ruines. L’ensemble est monumental, mais finement sculpté, bien conservé, et une pyramide est encore accessible pour avoir une vue d’ensemble du site.

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Pyramide d’Uxmal

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Toujours les gros nez des Mayas…

Encore une bien belle journée, variée et pleine de découvertes. On récupère les sacs à l’auberge, et hop, dans le bus pour Campeche!

Chichen Itza et ses péripéties téléphoniques

Départ pour le fameux site de Chichen Itza tôt en bus hier depuis Valladolid. L’auberge de jeunesse y était vraiment top, et le petit déj dans le jardin avec sa cuisine en plein air, des fruits frais (wouhou!) et des oeufs cuisinés comme-t’y-veux ont contribué à renforcer cette opinion!
Les choses se compliquent à l’arrivée sur le site, où en arrivant à la consigne, 5 minutes aaprès être descendus du bus, Séb se rend compte qu’il n’a plus son téléphone… Là c’est un peu comme dans un feuilleton mexicain, tu attends beaucoup, et le dénouement est décevant. La billeterie des bus était censée ouvrir à 9h, à 10h30 on a fini par craquer et partir visiter le site, tant pis, la recherche du téléphone attendra un peu…

Chichen Itza, en revanche, à la hauteur des espérances, magnifique. Et contrairement à ce qu’on anticipait, beaucoup moins de monde que prévu, à part en toute fin de visite où les bus ont commencé à cracher leurs hordes d’américains (représentant de façon assez peu flatteuse leur pays malheureusement).

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Non, on ne pleure pas, c’était juste très éblouissant hier!

Le site est énorme, réparti en plusieurs zones: partie centrale Maya-Toltèque, partie sud Maya, le Cenote assez excentré… Ce qui est bien dommage, c’est que tous les monuments sont fermés au public, donc nulle possibilité de monter en haut des fameuses pyramides (trop de dégradations au vue de la fréquentation…). Plusieurs accès piétons sont même fermés pour se rendre au pied de certaines ruines, un peu frustrant.

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La zone des 1000 colonnes (non, on n’a pas été vérifier!)

Ils manquent les « toits » partout, donc les monuments se résument souvent à une base, les escaliers, les colonnes…et un ciel ouvert! Si on est calé en architecture, ce site doit être un vrai terrain de jeu… Nous, on s’est plutôt amusés à chercher les sculptures sur les différentes frises qui décoraient les vestiges (dès fois, ça demande pas mal d’imagination à reconstituer quand même).
Et on a découvert que les Mayas (ou les Toltèques, suis plus sure) jouaient déjà aux morpions!!!

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Les parties devaient avoir tendance à s’éterniser…

La zone que nous avons trouvé d’un commun accord la plus sympa était la zone purement maya, avec ses représentations très géométriques de leurs dieux et animaux « fétiches ». On y trouvait également une construction impressionnante, nommée « l’observatoire » par les archéologues. Etonnante car toute en rondeur, ce qui contraste fortement avec les autres ruines (toutes sur des bases carrées) et avec des inclinaisons de pierres peu communes à cette époque.

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Les dieux Mayas étaient munis d’un nez mode « Cyrano » (c’est un pic, c’est un roc, c’est…)

On fuit le site (enfin surtout les hordes d’américains) quelques heures plus tard, en vue de la billeterie épisode 2. Cette fois-ci, la vendeuse est en pause café, mais finit par revenir. Pour appeler avec grande mauvaise volonté la compagnie, et nous dire que non, ils n’ont rien trouvé dans le bus (enfin en parlant avec l’autre vendeuse d’un autre terminal et pas avec le chauffeur, on s’en était douté…
On verra bien au terminal de Merida en y arrivant. 2h30 plus tard, c’est chose faite, billeterie épisode 3: c’est pas à ce terminal de bus là qu’il faut demander! On trouve d’abord où dormir, une auberge en plein centre sur la place dans un batiment historique superbe et tenue par des gens hyper sympas, et c’est reparti. Billeterie épisode 4: après avoir traversé une bonne partie de la ville, on finit par trouver un jeune sympa qui tente (enfin) de vraiment retrouver ce portable. Et là, surprise, on y croyait pas, le bus qu’on avait pris ce matin était à quai dans ce terminal, devant nous! Bon, la joie fut de courte durée, le téléphone n’était pas dedans…

Paix à son âme. Il aura tenu moins de 2 semaines de voyage… Un petit tour dans Mérida de nuit (grosse ville!), un joli centre historique bien illuminé, réflexions sur le programme futur, et le reste, ça sera pour demain.

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Adios la riviera Maya!

On quitte Tulum aujourd’hui et il semble que cela soit le bon moment, étant donné qu’hier sont tombées des trombes d’eau qui ont bien noyé l’auberge de jeunesse dans laquelle nous sommes…
On avait prévu de faire le grand cenote à coté de Tulum ce matin, petite hésitation au vu du temps mitigé bien gris (presque un temps parisien, mais sans la température associée), puis finalement hop, c’est parti. Un cenote, c’était historiquement un lieu sacré pour les Mayas, mais aussi une réserve d’eau potable pour la population. En pratique, c’est maintenant un réseau d’eau semi-souterraine, dans des grottes partiellement ouvertes, remplies de stalactites/stalagmites. L’eau est magnifique, limpide à un point que le masque semble inutile. Et chose fort surprenante, y nagent quantité de poissons et de tortues! Du coup, option fish pédicure pendant la baignade, sensation mitigée entre le « ça chatouille » et le « c’est pas des piranhas quand même, pourquoi m’en veulent t’ils personnellement? ».

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Grand cenote de Tulum

Bon, par contre, mieux vaut ne pas être phobique des chauves souris, c’est un peu leur demeure sous les voutes… Ca piaille (?) et ça vole dans tous les sens! Idem, mieux vaut ne pas avoir peur du noir, certaines parties sous les stalagmites sont très sombres et mériteraient une bonne frontale.

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Alors, en vrai, la tortue est sous l’eau, tellement transparente qu’on dirait qu’elle flotte…

Rencontre avec 2 toulousains fort sympathiques pendant notre baignade, qui nous proposent de nous ramener sur Tulum une fois la trempette terminée, parfait! Un tour au terminal de bus pour attraper des tickets pour Valladolid, on récupère les sacs et c’est parti pour un tour de congélo géant (oui, les bus 1ere classe aiment te faire voyager à moins de 16°, histoire que tu en ais pour ton argent!).

Valladolid, petite ville à l’allure coloniale multicolore, nous plait beaucoup dès le 1er abord. Moins de touristes, des « vrais » mexicains dans les rues et une ambiance décontractée. L’hôtel du soir est super sympa, l’accueil de même, on regrette presque de n’y passer qu’une nuit… La ville a la particularité d’avoir un cenote en plein centre, vers lequel nous nous dirigeons sitôt les sacs déposés.

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Le cenote de Valladolid, sous une voûte impressionnante! Ça grimpe (dixit Seb)

Petit tour dans la ville ensuite, très mignonne, couleurs pastels au coucher de soleil, églises et couvents avec un petit goût d’Espagne… Et puis,  les mayas étant tout de même les inventeurs du fameux cacao, un détour par la chocolaterie s’imposait! Dégustation du chocolat maya « originel »: cacao, poivre, cannelle, piment, miel…Mmmmhhhh…

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Comme de par hasard, l’autre activité de cette rue, c’est une fabrique de Tequila. Bon, la dégustation s’imposait aussi, bien sur. Et bien, comme quoi, on en découvre tous les jours, la tequila, ce n’est pas seulement l’ignoble breuvage « San Jose » qui nous servait aux cocktails dans nos années étudiantes, ça peut aussi être très bon! Cet alcool d’agave, une fois vieilli jusqu’à plusieurs années, se révèle fort bon à la dégustation (avec un petit rituel de danse du verre par notre gentil guide bien rigolo).

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On repartira sans tequila, mais avec du chocolat à la cannelle…Vieillirait-on?