Lombok ou le pays sasak

Pendant que les filles passent leur temps sous l’eau, Séb décide de les laisser tranquilles pendant deux jours pour aller passer le sien sur l’eau. En effet, c’est bien motivé par la 1ère journée de surf que l’étape suivante est choisie : Kuta, sur l’île de Lombok. Malgré le même nom que sa soeur sur Bali, les deux villes n’ont rien en commun, à part le surf et le fait d’être sur la côte sud de leur île respective. En chemin dans le mini bus, on remarque tout de suite que la pression démographique est beacoup plus faible que sur les autres îles qu’on a pu voir en Indonésie. Mais aussi le retour des innombrables mosquées et des voiles sur les têtes féminines, finie la vie touristique. Débarqué à Kuta à la mi-journée, je remarque très vite que le développement économique n’est pas encore arrivé jusque là… Il y a bien quelques losmens (pensions) pour accueillir les touristes, mais on est loin de Bali! Cela reste très rural, des routes défoncées, les bâtiments sont plus des paillotes qu’autre chose, des chiens errants partout. On vient à Kuta pour deux choses : les plages des alentours qui seraient parmi les plus belles d’Indonésie et le surf. C’est pour cela qu’une bonne partie des touristes se balade avec une planche, notamment les inévitables australiens. Le cadre est grandiose : Kuta est au fond d’une baie immense longée par une belle plage de sable blond. Mais il parait que les alentours sont encore plus beaux, ça promet!

Petit tour des hébergements avant de poser le sac dans l’un deux pour son rapport qualité-prix convenable. Location de scooter faite , indispensable ici, je me renseigne à la surf shop recommandée. Quelques minutes de discussion plus tard, c’est convenu, cours de surf en fin d’après midi et tout seul en plus.

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Le spot pour débutants « plus » est à Gerupuk, une autre baie à l’est de Kuta à environ 10-15 minutes en moto par une route totalement défoncée. Un fois dans le village, on se rend à un petit port d’où l’on prend un bateau vers l’embouchure de la baie, au milieu des fermes d’algues, c’est pittoresque!

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La baie compte 5 spots, dont 2 principaux, et il faut forcément un bateau pour y accéder. Une fois sur place, on voit que l’on est pas tout seul, et que la vague de débutant, et bien… ça fait pas très débutant! Certaines vagues sont largement au dessus de la tête, mais mon prof/guide local m’assure qu’elle est facile à prendre et pardonne beaucoup. De plus le fond n’est pas du corail dur, mais bien mou, donc pas de risque de blessure à priori. Apparemment, c’est jour de grosse houle aujourd’hui, car c’est la première fois de la saison (on est au début ici) qu’on peut surfer en fin d’après midi. On se lance à l’eau et grâce aux explications (et à la poussée!) de mon prof, je parviens à enchaîner les vagues, et pas seulement en allant tout droit! Bref une séance folle, encore plus excitante que la première, le surf c’est vraiment génial! Même les lessivages en règles dans ces rouleaux n’entament pas la motivation. Le soleil déclinant, c’est l’heure de rentrer, épuisé mais le sourire au lèvres. Le lendemain, nouvelle session aux alentours de midi cette fois avec un couple de brésiliens rencontrés dans le mini bus pour venir, deux néerlandaises, une anglaise et trois instructeurs. Cette fois c’est plus désorganisé, une houle plus faible et donc beaucoup moins de vagues. La fatigue de la veille n’aidant pas les choses, la séance sera beaucoup moins intéressante que la précédente, malgré quelques belles vagues. Au retour, on fait mieux connaissance en discutant affalés dans des poufs à la surf shop, se donnant rendez vous le soir au bar de la boutique. La soirée finira en fête, ce qui permettra de faire connaissance avec beaucoup de nouvelles têtes, en rigolant devant les surfeurs locaux essayant de draguer toutes les occidentales dont nos deux néerlandaises, et au milieu d’enfants cherchant à vendre avec insistance des bracelets aux touristes malgré l’heure très avancée.

Le lendemain, jour de repos et route pour les filles qui me rejoignent Kuta à la mi journée, Delphine avec son niveau 1 de plongée en poche! Installation dans les chambres, location d’un second scooter et nous voilà parti pour Mawun, une baie et plage à l’ouest de Kuta. La route monte fortement, le scooter de Séb a beaucoup beaucoup de mal… Paiement du péage (car oui, il faut payer partout ici pour se faire surveiller les motos), puis on arrive à la baie. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le lieu est grandiose.

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Un sable blanc et extra moelleux, une eau claire sans vagues, le tout entouré de montagnes, bref un joli petit air de Thaïlande, qui nous incitera à lézarder le reste de la journée. Au moment du départ, grosse frayeur : on ne trouve plus la clé du scooter de Seb, elle n’est pas sur la moto (peut être oubliée?) on la cherche donc dans le sable aux différents endroits où l’on s’est trouvé, des locaux nous aident, mais rien. Au bout de quelques dizaines de minutes, au moment où l’un de nous allait partir demander une hypothétique seconde clé au loueur, un local nous l’apporte! On la récupère moyennant un tip, et on repart. On ne saura jamais s’il l’a retrouvée dans le sable ou s’il l’a récupérée sur le contact, car il n’y pas de sable dessus et vu ce dernier, la retrouver tout seul dedans parait peu probable…

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La belle lumière sur la route du retour…

Le lendemain, on part de bon matin pour Sengkol, un village dans les terres où se tient le marché hebdomadaire. Arrivés sur site, on est accueillis par un monstrueux désordre et invités par un local à se garer dans les parkings payants au centre du marché pour ne pas se faire voler nos scooters… Le marché est noir de monde, pas d’une propreté exemplaire, mais les étals intéressants et on y trouve de tout: des bibelots, des couteaux, des poissons frais, légumes, fruits, etc. Les stands les plus étonnants sont sans contexte ceux vendant un tabac blond, qui remporte un gros succès auprès des locaux et ceux vendant « l’assaisonnement » de la cuisine sasak: piments, oignons et ail se disputent le pavé!

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Échoppe de tabac

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Le poisson précuit au soleil…

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De la banane et du piment, en veux-tu en voilà!

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De quoi avoir bonne haleine!

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Et enfin, l’assaisonnement!

Au retour, arrêt au village sasak de Rembitan où se trouve une surprenante mosquée: celle-ci ressemble plus à une chaumière avec son toit en herbe séchée et son sol en terre battue. La religion de ce peuple est surprenante, un mélange de confession musulmane et animiste. Ainsi, ils n’ont aucune obligation de faire les 5 prières par jour, idem pour le ramadan, mais célèbrent en plus quelques fêtes propres aux rites animistes.

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Ensuite, détour par Sade, également sasak, que l’on visite avec un guide local. Il parle très bien anglais et la visite est vraiment intéressante, pleine d’anecdotes sur la vie quotidienne de cette ethnie qui vit encore dans un autre temps (ils n’ont l’électricité que depuis 2 ans…). Une coutume nous surprend particulièrement, celle du mariage. Ils ne sont célébrés qu’entre membres du même village, le garçon devant enlever la jeune fille pour aller vivre dans les environs. Au bout de quelques temps, après que les parents de la jeune fille soient « calmés », ils reviennent et vont officiellement demander à la famille de se marier. A la suite de ça, ils vivront dans une maison traditionnelle de leur peuple, avec un sol en argile et en coque, poli à la bouse de vache, des murs en bambous et un toit fait avec de l’herbe séchée. On aura l’occasion de voir les femmes à l’oeuvre pour le filage du coton, le tissage des vêtements et la torréfaction du café, qui à notre grande surprise est mélangé avec du riz.

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Torréfaction du café à la main

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Filage du coton 

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Puis tissage multicolore!

On trouve au milieu des demeures traditionnelles des greniers à riz, qui servent à l’autosuffisance du village, celui-ci ne vendant pas sa production propre mais la réservant à sa population qui ne cesse de s’accroître.

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C’est également l’occasion de revoir des personnes « chiquer » du bétel, une noix qui rend les gencives et les dents d’un beau rouge flamboyant et qu’on n’avait pas recroiser depuis l’Inde.  On déclinera gentiment les propositions pour essayer par nous mêmes…

Retour à Kuta pour aller sur la baie de Tanjung A’an à l’Est et pour la session de surf de Seb qui aura finalement lieu en fin d’après midi, sur un nouveau spot, malgré un imbroglio incroyable avec la surf school.
La baie est splendide, la plage est d’un magnifique sable fin et extrêmement blanc.

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Elle est malheureusement jonchée de détritus  par endroits et sert parfois de piste aux 2 roues conduits par des touristes en mal de sensations fortes, ce qui gâche un peu le plaisir. Comme sur toutes les plages, même harcèlement permanent par les gamins qui tentent fort peu subtilement de nous vendre bracelets, ananas et autre noix de coco, ou par les femmes et leurs sempiternels sarongs. Mais bon, on s’y fait… Une petite marche jusqu’au sommet de la colline surplombant la baie offre parmi les plus belles perspectives qu’on aura l’occasion de voir dans ce coin de Lombok, un camaïeu de bleus inégalé. On y perd deux litres d’eau dans la montée par cette chaleur sans pitié, mais ça valait le coup!

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On partira dans l’après midi avec Florence siroter un thé glacé au coucher de soleil dans un café du port de Gerupuk, observant le ballet incessant des bateaux transportant les surfeurs en quête de « the wave« , slalomant au milieu des plantations d’algue. Le village est encore resté très authentique hormis les 2-3 surf shops, et dès qu’on sort de la rue principale, l’environnement redevient très rural. On est ici dans un centre majeur de production d’algues, celles-ci partant à l’exportation et assurant une bonne partie des revenus du village via leur utilisation dans nos cosmétiques occidentaux…

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Le jour suivant permettra de découvrir la baie de Selong Belanak, le joyau de la côte avec son immense plage de sable blanc et fin (oui, encore, mais on ne s’en lasse vraiment pas!).  Bref, le sud de la côte de Lombok tient toute ses promesses, on dirait que les plages font ici la compét’ de la plus photogénique! Et sans conteste, c’est celle d’aujourd’hui qui gagne.

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Bon, par contre, c’était censé être un spot de surf « gentillet », mais là on est au stade où les vagues sont tellement microscopiques qu’il n’y a rien à faire… Alors on s’amusera juste pour les photos, Florence se souviendra de ses tentatives de bodyboard sous-marin! Seul petit regret, ce splendide spot décrit dans le guide comme confidentiel n’en a plus grand chose, nombre de paillotes locales ayant flairé le bon filon, difficile d’échapper aux rabatteurs des surf shops et des bouis-bouis. On passera en dernier sur la plage de Mawi, après 4 km de route atroce au milieu des champs de tabacs, où on serre les fesses pour ne pas renverser le scooter dans les ornières. Cette baie est réservée aux surfeurs plus expérimentés, avec des vagues gigantesques sur fond de corail affleurant, on passera un bon moment à les observer faire leurs démonstrations dans l’eau, ils gèrent.

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Puis il est temps pour un petit cours de yoga au coucher de soleil sur Kuta, au milieu d’un troupeau de vaches locales qui semblent bien peu se préoccuper de notre activité… La dernière occasion de tester l’amélioration de nos prouesses de souplesse et équilibre (ou pas…)

Le soir, négociation avec les agences locales pour nous emmener voir l’intérieur des terres, à savoir le village de Tetebatu et sa cascade. Négociation est bien le terme approprié, car ou on nous sort des tarifs au jugé sans vraiment savoir ce qui est inclus dans la sortie, ou on ne sait même pas de quoi on parle… Ce n’est pourtant pas si loin que ça, même pas 2 heures de trajet! On finit par réussir à négocier une sortie en voiture à un prix qui nous semble acceptable pour aller là où on voulait vraiment aller, il semblerait que Tetebatu ça ne soit pas trop le truc des agences, ils veulent absolument nous emmener à « des cascades où on peut se jeter dans l’eau » (ce dont on se fout complètement…) pour glander et manger. Bref, l’Indonésie, des fois, c’est compliqué! Enfin, on se console devant le plat de poisson le moins cher de la création, 30000 roupiah (soit 2€) pour le poisson entier grillé, riz et légumes inclus. Du coup, on se fait même le luxe d’une bière au bar des surfeurs sur fond de concert-guimauve joué par les locaux.
La voiture est bien là pour nous prendre le lendemain, mais le chauffeur attaque direct avec sa rengaine de « les autres cascades elles sont mieux, on peut se jeter dedans et Tetebatu c’est cher ». On écoute les arguments, mais vu qu’aucun de nos guides ne parle des dites cascades, on suit quand même notre première intuition. Bon, un des arguments de notre chauffeur était vrai, l’entrée de la cascade du village est hors de prix et ne semble absolument pas officielle, vu qu’on négocie le prix… Résultat, le gus de service se met un bon paquet de billets dans la poche et note seulement une personne sur le cahier des visiteurs, on se doute de où va le reste de l’argent. De l’arnaque pure et dure, mais maintenant qu’on est là, que faire? Au moins on a tiré le prix au maximum… Un « guide » nous amène sur un chemin pavé très bien tracé et unique, donc son utilité est proche du néant, surtout qu’il essaie de meubler pour justifier sa présence en nous montrant les panneaux explicatifs et 2-3 plantes en parlant indonésien, ça nous fait une belle jambe. Qu’il justifie le montage de son arnaque dans son esprit comme il le souhaite! La cascade est mignonne mais quelconque, formant une petite vasque en pleine végétation tropicale.

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Manque de bol pour nous, la vue sur le mont Rinjani derrière est complètement bouchée par les nuages, du coup, on ne profite pas trop du panorama. La végétation est elle intéressante, très riche et luxuriante, on croise même au retour un groupe de petits singes noirs locaux qui sautent d’arbre en arbre. Bon, une promenade sympa, mais on est un peu blasés d’avoir payé autant pour ça… On demande à notre chauffeur où on peut déjeuner et il nous emmène dans une maison d’hôtes où nous sommes très bien reçus, seuls et uniques représentants pour le repas. Le propriétaire est adorable, il se lance avec les bribes d’anglais qu’il connait, nous raconte plein d’histoires sur les étrangers qui passent par ici, son commerce local (il fait pousser de la vanille et autres), un bon moment. Et le repas est très bon, fini sur un café aromatisé à la vanille locale, qui nous convainc de lui en acheter quelques gousses! Il faut payer pour visiter les terrains de plantation aux alentours de Tetebatu (nullement mentionné dans les guides), car on ne peut être seuls lors de cette ballade, le tourisme n’est malheureusement pas toujours exploité à bon escient sur Lombok, c’est bien dommage. Il est hors de question que l’on paie quoique ce soit de plus après l’arnaque de ce matin, il nous propose donc du coup gentiment de faire un tour dans les champs derrière chez lui avant de repartir. Quelle bonne idée! On se ballade au milieu des rizières où travaillent les femmes et où leurs enfants jouent au cerf volants, dans les champs de piment multicolores, d’arbres fruitiers divers dans les cours des maisons…

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Dans les rizières…

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ou dans les piments!

Les habitants nous regardent avec curiosité, mais sans aucune animosité et nous lancent des « Hello! » avant de s’enfuir morts de rire se planquer à l’intérieur. Une jolie promenade qui nous réconcilie avec le coin! Et puis il est temps de se diriger vers l’aéroport de Lombok, direction Jakarta la surpleuplée. Une courte nuit plus tard, nous re-voilà dans les airs, destination Hong Kong, changement de décor!

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Underwater

Nous quittons Ubud après ces quelques jours de découverte bien agréables direction notre dernier stop sur l’île, Amed. Amed, c’est une petite cité balnéaire de la côte Est de Bali, encore préservée du tourisme de masse. Ce qui signifie concrètement qu’on n’y croise pas que des touristes, mais des balinais qui habitent encore ici dans des habitations rustiques, où chèvres, cochons et poules cohabitent dans la cour de la maison avec la famille, même si il y a beaucoup de logements pour touristes. C’est rural, c’est encore assez sauvage, ça fleure bon la campagne, bref, ça nous plait. On trouve après visite de quelques hôtels à Jemeluk (et oui, on a mis la barre haute maintenant après ce qu’on avait trouvé à Ubud!) une chambre sympathique bien qu’un peu petite dans une pension qui nous permet l’accès à la piscine de l’hôtel voisin… Où nous passerons le reste de l’après midi à lézarder sur les transats, jus de fruit à la main avec vue sur la mer, on est pas bien là? Le lieu est réputé pour ses spots de snorkeling magnifiques et facilement accessibles depuis le rivage. On va vérifier ça (enfin Seb l’a déjà fait) après avoir englouti une bonne banana pancake le lendemain matin (notre nouveau rituel du petit déjeuner, pour oublier un peu le riz frit omniprésent) à bord de nouveaux scooters pas tout jeunes. Le lieu où nous logeons fait partie de ces spots, mais on se le garde pour l’après midi, on part donc vers le sud et le Japanese wreck, une épave japonaise tout près du rivage et qui s’est fait colonisée par quantité de coraux et de poissons multicolores qui vont avec, un vrai plaisir. Enchantés par ce premier site, on part vers Coral garden, le plus éloigné de Jemeluk. La vue sur le chemin est magnifique, la route serpentant dangereusement à flanc de falaise, montant et descendant au gré des collines du coin. On est accueillis très chaleureusement par le patron de la pension locale (le Smiling Budda) qui tient visiblement à faire la promotion de son site un peu excentré et pas assez visité à son goût. Il nous propose donc d’utiliser la douche dans le jardin pour se rincer, de laisser nos affaires en sécurité et pas sur le bord de plage et nous montre où aller chercher ce fameux jardin sous marin depuis la rivage. Celle-ci, d’un sable noir d’une finesse exceptionnelle est superbe, lieu de repos des bateaux des pêcheurs locaux revenus depuis bien longtemps de leurs sorties journalières. Le fond marin est une fois de plus très beau et diversifié, des « patates » de corail se trouvant dispersés en différents points avec leur cohorte de poissons exotiques. Et surtout on est tout seul! Le petit moins de l’épave japonaise, c’est que c’est le spot le plus couru et que tout le monde se concentre au dessus de l’épave… Le patron du lieu était tellement sympa qu’on en profite pour se prendre un petit jus sur sa terrasse, tout en tentant une initiation aux rudiments des échecs (par Seb),le jeu étant mis gracieusement à disposition sur la table. Dernier stop de la matinée, Lipiah beach. Accès une fois de plus par un hôtel, mais beaucoup plus chic celui là. On profitera de l’occasion pour déjeuner dans un petit restaurant qui propose une spécialité indienne (pour changer un peu!), le thali. C’est un peu la déception, car celui-là n’a au final pas grand chose à voir avec l’original, mais bon, il a au moins la bonne idée de nous permettre de manger quelques légumes, bien rares dans l’alimentation locale! La plage est également en sable noir, très fin, avec des reflets dorés superbes. Et le fond marin…certainement le plus beau des spots, on se croirait dans un aquarium géant, alors que c’est le moins décrit du guide.. Gros regret une fois de plus de ne pas pouvoir illustrer tout ça avec de belles photos sous marines, mais bon, on le garde en mémoire! On termine la journée à Jemeluk, en face de notre pension pour trouver également de très beaux fonds sur cette plage au sable noir plus grossier, mais couverte de beaux bateaux de pêche joliment peints. De nombreux enfants profitent de l’après midi libre pour s’adonner à un sport local très populaire dans le pays, le cerf volant. Avec 3 bouts de papier, une très longue ficelle et quasiment pas de vent, ils s’en sortent plutôt pas mal avec leurs engins artisanaux! Le soleil se couche doucement, on profite d’un cours de yoga dans un environnement superbe, vue sur la plage depuis la terrasse du cours, il y a pire… On finira par un petit restaurant local super bon pour tester une fois de plus la cuisine balinaise bien épicée et parfois un peu trop pimentée! Lever de soleil avant le départ… On quitte Bali le lendemain à bord d’un « speed boat » direction les Gili islands, toutes proches de Lombok, autre grosse île indonésienne musulmane. Finis temples hindous, cochons rôtis et sarongs à gogo, bonjour réveil quotidien à 4h30 par les hurlements du muezzin… Étant donné que 3 îles composent les Gili, il faut choisir un point de chute, qui sera pour nous Gili Air, décrite comme un bon mélange d’ambiance « tranquille mais où on peut sortir quand même ». Une heure plus tard, nous voilà arrivés à bon port, sous une chaleur écrasante, au milieu de nombreux autres touristes…Mmmmh, peut être qu’on aurait du rester à Amed, on était pas mal tranquilles là bas… Petit détail pour se consoler, il n’y aucune circulation sur l’île, les déplacements se font à pied, en calèche ou en vélo. La tranquillité retrouvée, adieu pollution et klaxons. Bon, le temps de trouver un logement, on a perdu 3L d’eau chacun et on galère un peu à trouver quelque chose dans nos critères (devenus toujours plus pointus!!!) et nos prix. On finit par trouver la perle rare: un beau bungalow plus de la taille d’une maison, joliment décoré au milieu d’une oasis de verdure à l’intérieur de l’île, accueillis par des propriétaires adorables qui se mettront en 4 pour qu »on garde un bon souvenir de notre séjour! Notre voisine de chambre… On profite gentiment de la mini-plage principale de l’île (à marée montante, la bande de sable est quasi inexistante) et pour le moment, il y a un peu trop de touristes et pas vraiment assez de fonds marins pour qu’on se dise qu’on a bien fait de quitter Amed, malgré la réputation des Gili. En effet, le spot de snorkeling accessible depuis la plage est quasiment détruit à cause des bateaux locaux qui jettent l’ancre n’importe comment et sans règle en permanence, le corail dans un piteux état, et les poissons ont bien déserté le lieu aussi… Un peu dépités par cette découverte peu agréable. Les alentours de l’île sont quand même très réputés pour leurs fonds sous marins, alors on réserve une sortie en bateau pour le lendemain, censée nous amener sur divers lieux de snorkeling autour des 3 îles des Gili. En attendant, on se fait plaisir le soir, les cocktails ne coûtant quasi rien ici et les bars restaurants bénéficiant d’emplacements de rêve sur la plage. Vive les brochettes de poissons toutes fraiches et les piña coladas au vrai jus d’ananas! On fera le lendemain 4 stops pour snorkeller à la fois autour de Gili Meno et de Gili Trawangan, chacun ayant une spécificité particulière. Les 2 premiers spots sont l’occasion de voir des tortues de deux espèces différentes, les vertes et les imbriquées, qui ont la mauvaise idée d’être peu farouches. Cela donne une situation insupportable, où le « guide » nage devant, trouve la tortue, et les 15 nageurs du bateau se jettent sur elle pour la toucher pendant que celle-ci essaie désespérément de respirer à la surface. La bêtise humaine est sans pareil. Bien sur, jamais il ne vient à l’idée des indonésiens responsables de cette sortie de dire aux touristes qu’une tortue n’est pas un jouet, de même qu’ils jetteront l’ancre à peu près n’importe où sur les sites, une belle démonstration d’écologie en somme. Quel dommage qu’ils ne réalisent pas à quel point ils sont en train de saccager leur potentiel et leur environnement, se tirant une balle dans le pied par la même occasion… Il en est de même pour les déchets sur les Gili, un gros problème de recyclage à l’horizon, et la capacité d’accueil touristique qui se développe trop vite pour ce que l’île peut absorber. Bref, après cette petite disgression écolo-militante, nous partons vers un autre spot où ont été aménagés des structures métalliques au fond de l’eau afin d’inciter le corail à repousser dessus et les poissons à se réinstaller, cela semble plutôt bien marcher pour le moment. Petite pause déjeuner en bord de plage sur Gili Meno, la plus déserte des 3,  puis on repart vers notre dernier spot de snorkeling au nord de Gili Air. Pause déjeuner au son des clochettes des calèches, autement plus agréable que celui des klaxons! On est pas bien là? Celui-ci est superbe, et encore en très bon état, mais pour combien de temps… Débauche de coraux colorés et de poissons multicolores sont pour le moment encore au programme. On ira oublier temporairement les problèmes futurs des Gili avec un cours de yoga en plein centre de l’île, beau moment au milieu des bruits de la forêt. Cet avant-goût des fonds sous marins nous incite avec Florence à faire une plongée le lendemain, tandis que Séb n’est pas très motivé et préfère rester à terre.  Joanne, notre super instructrice, nous rappelle quelques gestes et règles de base en bord de plage la tête juste sous l’eau, puis nous partons vers Secret garden, le lieu de sortie du jour. Une belle plongée avec une super luminosité, des coraux et des poissons de partout, de la tortue, top! Et nous aurons l’immense privilège de voir un frog fish, genre de croisement entre un poisson et une grenouille qui semble bien peu adapté à la nage, a priori un privilège que peu de plongeurs ont… Cette belle sortie me motive pour enfin faire quelque chose qui me trottait dans la tête depuis bien des années, passer le premier niveau de plongée. Parce que bon, les baptêmes, c’est sympa, mais il y a un moment où il faut passer la vitesse supérieure! Étant donné qu’on a bien accroché avec le club, l’ambiance et tout, c’est tout naturellement là que je passerais les 2 prochains jours afin de compléter la formation nécessaire pour devenir une « fun diver », la classe. On alterne entre entrainements à divers exercices dans l’eau en bord de plage, plongées sur sites et formation théorique, avec heureusement des nasi campur (riz accompagné de plein de garnitures diverses) et des olah-olah (riz avec des légumes en sauce coco épicée, mmmhh) bienvenus aux pauses midi. Florence profite de ces 2 jours pour se balader et faire de la plage, profitant d’une des sorties plongée pour nous accompagner en snorkelling. Séb a lui décidé d’anticiper son départ vers notre prochain point de chute, Kuta Lombok, pour faire du surf plutôt que de la plongée… On partagera notre dernier soir commun autour d’un repas offert par notre hôte sur notre terrasse: soupe, poisson grillé de la pêche du matin et riz frit. Décidément adorable, sa famille nous concocte de plus de supers petits déjeuners, nous offre du thé en permanence et nous propose même de faire notre lessive! Les sites où l’on plonge sont vraiment variés: une épave colonisée par les coraux où se dissimulent crabes, crevettes et autres nudibranches colorées; Manta point où nous serons malheureusement peu chanceux dans nos recherches de bébés requins et continuellement repoussés par un fort courant et enfin une « mud dive » près de Lombok où le jeu consiste à chercher dans les végétaux et coraux présents dans ce fond limite vaseux de nombreuses mini espèces. Un type de plongée jamais testé et rigolo, où murènes et petits poissons originaux étaient de sortie pour notre plus grand plaisir. Bref, une super expérience, une super mono de plongée et un petit examen en poche pour pouvoir encore plus en profiter par la suite! On fête ça le soir comme il faut, et oui, l’happy hour ici fait des ravages et les cocktails sont tellement bons à la lueur d’une bougie sur un coussin en bord de mer…

La face intérieure de Bali

Bien installés à Ubud, nous louons des scooters pour pouvoir rayonner autour de la ville et accéder à des sites éloignés de ce tourisme de masse. Le 1er jour, nous décidons d’aller à Batur, le volcan et son lac de cratère du même nom au Nord. En chemin, une halte est prévue à Tampak Siring pour aller visiter 2 temples.

Une circulation d’enfer et notre vigilance nous forcent à rouler doucement, et c’est donc tout en roulant que l’on rencontrera un jeune balinais parlant français! Ce dernier veut nous accompagner aux temples et nous montrer quelques paysages, pour lui c’est l’occasion de parler la langue qu’il est en train d’apprendre. Nous prenons donc des routes isolées (le réseau routier de Bali est assez complexe… sans aucune carte précise) d’où nous jouïssons d’une belle vue à Tegalalang,

et arrivons au premier temple le Pura Tirta Empul, où nous enfilons nos sarongs,obligatoires comme dans tout temps hindou. Look garanti, surtout avec celui de Flo et son buddha psychédélique violet! Le temple est lui surtout connu pour ses sources d’eau sacrée,

Les sources jaillissent du sol : les tâches noires qui bouillonnent

les croyants devant se purifier devant chaque fontaine afin de s’assurer une bonne santé. Un Lourdes local en somme, très prisé de tous les pratiquants de l’île qui s’y rendent régulièrement.

C’est très bien guidés que nous ferons la visite. Ensuite notre guide souhaitait nous emmener dans une plantation de café local, mais de notre côté nous souhaitions plutôt voir le second temple, c’est là que nos chemins divergeront. Mais celui-ci nous envoie dans la mauvaise direction, et c’est au bout d’un certain temps que nous nous en apercevons. Demi-tour donc, et nous réussirons à trouver le site du Pura Gunung Kawi. C’est encore une fois habillés de nos sarongs qu’on fera la visite de ce temple, creusé dans la roche au milieu des rizières.

Le temple en lui même est sympa, mais le cadre est vraiment superbe avec les rizières en terrasses.

Une soupe plus tard, on reprend la route direction le volcan. C’est une longue route (à scooter) qui monte sans discontinuer jusqu’à Kintamani, à 1500 m d’altitude et au bord de la caldeira du Batur. De là une vue magnifique sur la caldeira, le volcan, et le lac.

Descente vers le lac dans une poussière infernale qui colle par cette chaleur, au milieu des camions remontant le sable volcanique pour la construction (pas top), où l’on nous proposera même d’aller visiter un cimetière assez particulier…

Il s’agit de celui de Trunyan, un village isolé entre le lac et le volcan où les habitants ont leurs propres coutumes. Notamment celle de ne pas enterrer leurs morts et de les laisser se décomposer, avec comme seule protection une cage de bambou. Bref quand on nous propose de voir le corps d’une vieille de 80 ans, on n’a pas sauté sur l’occasion, très peu pour nous! On profite simplement du paysage en faisant une partie de la route autour du lac, au milieu de petits villages ruraux où les coqs sont rassemblés sous des cages de bambou le long des routes. De nombreux pêcheurs et cultivateurs sont au travail sur les rivages, une belle vision sous le soleil déclinant derrière le volcan. Retour vers Ubud au milieu de la circulation, où on se perdra quand même un peu, mais pas trop.

Le lendemain, rassasiés par les kilomètres faits la veille (et Flo n’étant pas la plus grande fan de la consuite de Séb à scooter), on décide de visiter plutôt les alentours. Finalement c’est encore plus difficile de s’y retrouver tant le réseau routier est chaotique. On finira quand même par voir le Penataran Sasih, où se trouve le plus grand tambour de bronze d’un seul tenant (sans soudure).

Mais on n’a pas très bien vu ce dernier, puisqu’il assez haut perché.

La dream team en sarong

Ensuite direction le Goa Gaja, où se trouve la grotte de l’éléphant.

Le nom est un mystère puisqu’il n’y a jamais eu d’éléphant sur l’île… On trouve dans la grotte de petites niches abritant de mini représentations de certains Dieux à la lueur de la bougie. Celle-ci est entourée de nombreux temples et bassins, fort rafraichissants par cette chaleur. L’eau est de plus réputée pour ses propriétés rajeunissantes, alors on passe tous dessous, la trentaine nous ayant sérieusement rattrapé…

Dernière étape, le Yeh Pulu où se trouve une fresque gravée dans la roche. Mais avant d’attendre la fresque, on fera une jolie pause déjeuner dans un warung sur le site même, au milieu des rizières, pour découvrir quelques étranges spécialités, comme le black rice pudding (un riz au lait local surprenant!). Ce qui est aussi fortement appréciable depuis le début de notre arrivée dans le pays, ce sont les jus de fruits frais mixés avec de la glace dont nous abusons au quotidien, au vu de leur prix dérisoire et du rafraichissement apporté!

Et si on tirait sur la queue du cheval?

Revenus sur Ubud, les filles en ont profité d’être dans cette capitale spirituelle pour prendre un cours de yoga, tandis que moi je lézardais autour de la piscine. On en aura bien profité après les journées sous une chaleur éprouvante et les gaz d’échappement respirés en permanence dans la circulation!

On tente le soir pour dîner une rue « branchée » d’Ubud, regorgeant de restaurants tout du long, mais la tache se révèle ardue. On nous demande même si on a réservé… Non, pas vraiment, on ne pensait pas qu’on était à Saint -Tropez en fait!!! On finit par trouver un resto qui semble sympathique et qui propose plein de spécialités balinaises sous le format « tapas », ce qui nous permettra de gouter à un peu tout. Bon, le problème, c’est qu’après plus d’une heure d’attente, on nous amène…le dessert. Sans avoir eu tous les plats avant bien sur, service optimum. Du coup, on a vraiment très faim et on engloutit tout à peine les plats arrivés sur la table!

Dernier jour à Ubud, nous décidons une nouvelle fois de faire une sortie dans les alentours, reprise des scooters.

On se dirige cette fois vers Besakih, le plus grand temple de Bali et aussi le plus vénéré, qui se trouve être au pied du Volcan Agung, assez vendeur en somme. Le truc c’est que c’est assez loin, et nos guides (Routard et Lonely) le déconseillent puisque de « faux » gardiens du temple essaieraient d’empêcher les touristes d’y accéder, se portant volontaires pour guider contre des « dons » évidemment. Mais vu que ce n’est pas vraiment le genre de choses qui nous arrêtent (on est plutôt du genre à les envoyer balader) on y va bille en tête. Après une longue route d’abord dans la circulation dense, puis dans la campagne, on arrive au site. 1er arrêt pour péage, pas de problème. 2e arrêt, ça se gâte : on se fait arrêter par les soi-disant gardiens, qui nous disent qu’on ne peut aller au delà et qu’il faut rester garer ici… Et surtout aller au tourist information pour tout savoir. Comme on sait que tout ce qui s’appelle tourist information est en fait une agence de voyage ou de « guides », on se gare et on s’en va. Finalement, on se rend compte qu’on pouvait tout à fait continuer en moto, mais heureusement ce n’est pas bien loin… Arrivés sur le site, on se fait alpaguer par de nouveaux « gardiens », qui ont l’air plus vrais, nous disant qu’on ne peut pas visiter tous seuls, car il y a un festival en ce moment (comme par hasard), mais que contre un « don » (les « exemples » sont exhorbitants), ils peuvent nous faire rentrer. On discute, le ton hausse (on ne se refait pas!), on nous dit que ce n’est pas du racket (en français!) mais ne nous laissant pas faire, on nous invite finalement à faire le tour du temple. Bref, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est pas contents. En faisant le tour, on tombe sur le centre d’info, dont un garde nous dit qu’on peut tout à fait rentrer. Finalement on n’y était toujours pas! Et au détour de l’entrée latérale par laquelle nous essayons de passer, on retombe sur le même « gardien »! Autant dire que là, le gars je ne l’ai pas laissé me raconter ses bêtises…

Mais on est rattrapés un peu plus loin par d’autres « gardiens » qui nous affirment qu’on ne peut pas rentrer, mais la zone interdite se rétrécit toujours plus. Étant réellement devant un temple, on craque et l’on finit par prendre un « gardien » comme « guide » en négociant comme des fous, parce que 1. c’est quand même un lieu religieux et qu’on ne sait pas ce qu’on peut faire et 2. on n’a pas fait 1h30 pour ne rien voir. Surtout que c’est très nuageux et que du coup, pas de vue sur le volcan. Finalement on se fait escorter par notre « gardien » pendant à peine 15 min, pour finalement entendre, « vous pouvez continuer tous seuls par là »… Bref.

Le reste de la visite se fera sans accroc, le temple (« les », car en fait ce sont beaucoup de temples accolés les uns aux autres) sont magnifiques dans un environnement splendide. Certains sont le lieu de cérémonies lors de notre passage, des familles entières s’y rendant pour déposer leurs oboles au pied des divinités. Le principe semble être toujours à peu près le même: une petite coupelle tressée dans laquelle sont disposées des fleurs, quelques grains de riz, de petits morceaux de fruits et autres, qu’on pose au pied des statues à honorer ou sur un genre d’autel. Le tout à grand renfort d’encens et en portant sa plus belle tenue (les enfants sont superbement habillés!). Au contraire des gardiens, tous les gens qu’on croise venus pour prier nous adressent de grands sourires et nous invitent à rentrer dans les petits temples autour du principal, définitivement non accessible pour les non-pratiquants. On remarquera également qu’il y a très peu de monde, les « gardiens », de faux puisqu’on a croisé les vrais par la suite, ont tué la poule aux oeufs d’or : il y a une capacité d’accueil phénoménale mais plus personne ne vient à cause de ce genre de désagréments, les locaux ayant l’air particulièrement avides d’avoir leur part du gain colossal engendré par le secteur touristique. Malheureusement (pour eux et les touristes), la façon de faire n’est vraiment pas subtile.

C’est néanmoins contents de ce qu’on a vu que l’on redescend par la route de Sideman pour profiter des jolis paysages sur les rizières, avant de profiter une dernière fois du confort de notre logement.

Bali, la mecque du surf, mais pas que

Après s’être fait grillés sur le ferry en attendant on ne sait quoi, subit 3 heures de bemo entassés les uns sur et les autres parmi la circulation effrénée de Bali, notre chauffeur nous dépose finalement au terminal. Dépose est le terme approprié: nos bagages sont happés du toit par la nuée de chauffeurs de taxi, on descend donc pour suivre nos bagages, harcelés par les chauffeurs et le bemo s’envole à peine tout déchargé.
Là on remarque un beau terminal tout neuf, mais vide, à part les chauffeurs de taxi harcelant chacun d’entre nous. Au bout de quelques minutes, cherchant comment relier nos destinations finales respectives, on s’aperçoit que nous ne sommes pas à Denpensar comme convenu, mais à Mengwi, une ville plus au nord… Super, nous sommes victimes de notre première vraie arnaque!
Notre destination est Kuta, pour retrouver Florence qui a du atterrir dans l’après midi. Négociations avec un chauffeur de taxi, c’est 1h plus tard et délestés de 200 000 rp que l’on arrive à Kuta où à peine descendus du véhicule, nous apercevons Florence.
A part ça c’est le choc : Kuta, c’est vraiment comme on nous l’a décrit, on dirait un département australien, plus rien à voir avec l’Indonésie. Des boutiques, restaurants et hôtels occidentaux partout, une circulation d’enfer, et de grands blonds bodybuildés aux longs cheveux décolorés sur les trottoirs. Pas vraiment dépaysant… Mais bon, il y a quand même une immense et très belle plage tout le long de la côte, même si elle est très fréquentée.

On trouve rapidement un hébergement super sympa et pas cher du tout (moins de 8€…), dans un complexe comprenant chambres d’hôtel, habitations locales et petits temples hindous au milieu d’arbres et pelouses bien vertes, le tout à quelques pas de la plage. On profitera de cette proximité pour aller y prendre une bière à la tombée de la nuit. Car maintenant, nous ne sommes plus en terre majoritairement musulmane…

Le lendemain, vu qu’on est repartis frustrés d’Australie, c’est séance de surf. Un cours est négocié avec un des locaux sur la plage, et c’est parti. Comme d’habitude, on commence sur le sable, explication sur comment ramer puis faire le « stand up » puis à l’eau! Les vagues ne sont pas très grandes à cette heure de la journée, ce qui va bien pour commencer. Mais ça pousse quand même assez fort pour surfer. La première heure, notre beach boy nous pousse à chaque vague, ce qui est pas mal pour réussir à prendre les vagues, et puis on se fatiguera déjà assez pour revenir en ramant… D’ailleurs « Paddle! » est le mot qu’on entendra le plus souvent. On se met debout quasiment tout de suite, il faut croire que ce n’est pas si difficile qu’on le pensait initialement. Ensuite, c’est à nous de prendre les vagues nous même, et là c’est une tout autre histoire… Il y aura quelques « lessivages » en règle, parce que sinon ça ne serait pas drôle, les vagues sont quand même assez fortes pour nous faire regretter de tomber. D’ailleurs elles auront raison de Delphine qui n’a pas forcément apprécié d’être retournée dans tous les sens et se prendre sa planche dessus avant d’aller chercher les langoustes au fond… Pour ma part c’est plutôt une révélation, j’ai tout de suite accroché à la sensation, malgré le fait que ce soit très ingrat : passer sont temps à ramer (paddle, paddle …), attendre, tomber, se faire violenter dans les vagues, avoir du sable partout, de l’eau dans les sinus pour à peine quelques secondes. Mais quelles secondes! Flo a quant à elle  préféré se balader, n’étant pas emballée par ce qu’elle voit.

Ensuite c’est la pause dej’, mais pas n’importe laquelle : avec du fromage ramené par Florence! (re mmmmmmerrrrrccccciiiiiiii). Il a un peu pris le chaud, mais on s’en fiche complètement vu notre manque en la matière. Pour ma part, j’ai tellement aimé le surf que j’y retourne en fin de journée, pendant que les filles se feront faire une manucure… Là, niveau vagues ça ne rigole plus du tout, avec la marée c’est plus haut, plus fort, et il y a beaucoup plus de monde. Le moins qu’on puisse dire c’est que je suis ressorti tout propre avec mon quota de sel pour l’année… Mais les sensations sur les quelques vagues prises sont d’autant plus géniales.

Pour nous remettre de nos émotions, on se paye notre 1er massage du voyage… Il faut dire qu’à 60000 rp l’heure (4€) il n’y a pas de quoi se priver. Le ressenti sera très différent parmi nous : les filles ont trouvé ça un peu trop brutal, de mon côté j’ai vraiment apprécié, surtout le craquage de dos avec les orteils, car le masseur était debout sur moi!

Le lendemain direction Ubud, la capitale culturelle balinaise située dans les terres, à bord de notre taxi privé (oui, on profite du fait d’être 3 et en basse saison pour négocier les prix et ne pas se refaire de bémo!). On trouve rapidement un super logement pour pas cher, avec piscine face à la chambre s’il vous plait, la concurrence et la basse saison aidant. Du coup, l’après midi sera assez paresseuse, mais on arrivera quand même à se trainer jusqu’à la Monkey Forest qui se trouve juste à côté. Il s’agit d’une forêt au milieu de laquelle on trouve de beaux temples hindous et qui est surtout peuplée par des milliers de singes.

Les gardiens les nourrissent copieusement ce qui explique la prolifération.

Mais ça n’empêche pas ces petits chenapans de s’approcher des touristes, voire de leurs monter dessus, curieux comme ils sont, pour voler ce qu’ils peuvent. Une américaine qui préfèrait prendre des photos plutôt que de surveiller ses affaires en fera les frais : un petit singe repartira avec ses Ray Ban. On fera un tour dans la ville, qui est malgré tout très touristique, même si on est bien loin du stéréotype de Kuta. Mais au moins on y trouve de quoi se rassasier avec quelques produits locaux fort bien cuisinés, la cuisine est bien plus relevée et épicée qu’à Java.

Le soir, direction Ubud palace pour un spectacle de danse : le legong. Nous nous attendions a quelque chose de semblable à ce qu’on avait déjà pu voir à Java, et bien on s’est bien trompé! La musique, au lieu d’être lancinante, est sur un rythme endiablé. Les joueurs du gamelan (le xylophone local, pour ceux qui n’ont pas suivi à Java…) ont une dextérité folle avec leur marteau qui se fracasse sur les touches.

C’est impressionnant. La danse est également très rythmée, et conte le ramayana, l’histoire de la création du monde pour les hindous.

De plus, les danseuses et danseurs accordent un rôle particulièrement important au jeu de leur yeux!

Pour ceux que ça intéresse, on peut trouver cette vidéo sur youtube similaire à ce qu’on a vu (sans le chant).

La même à Yogyakarta, sacrée différence!

Sur les volcans javanais

Au vu de la difficulté pour relier les sites que nous voulions faire par la suite et le peu de temps dont nous disposons avant de rejoindre Florence sur Bali, on prend l’option agence pour aller voir les volcans Bromo et Kawah Ijen sur l’Est de Java. Les trajets sont longs et éprouvants (clim en panne au bout d’une heure, bus et voiture surpeulé pour rentabiliser le trajet, aucune information et chauffeur en tout point désagréable), mais notre mini bus est rempli d’une compagnie plutôt sympathique, à majorité francophone, dont une partie déjà rencontrée la veille dans les temples.

               Ma place dans le minibus….

Alors on rigole de toutes ces situations improbables et on prend notre mal en patience dans une circulation incroyablement dense, dans laquelle notre chauffeur semble tenter de battre un record de vitesse au mépris de toute règle de conduite élémentaire. Oui, sur Java, si il manque une file de circulation pour que ça roule mieux, il ne tient qu’à ton véhicule de la créer entre les 2 existantes! On arrive après une longue journée de bus, puis d’un autre bus après une heure d’attente au milieu de nulle part, au pied du Bromo, de nuit, avec un départ prévu à 4 heures pour le lever de soleil, ça va encore piquer… Surtout que ce qui devait arriver arriva: avec le manque d’informations total fourni aux personnes ayant décider de monter à pied et pas en jeep au volcan (donc n’ayant pas souhaité payer plus), on part de nuit à l’aveuglette dans la mer de sable qui mène au cratère…et on tourne en rond. Littéralement. Petite description de la situation (pas du tout angoissante): du sable noir au sol, plat, uniforme, une brume à couper au couteau qui laisse 5 mètres de visibilité à tout casser, aucune fichue idée de dans quelle direction est le volcan, on enrage… Les jeeps roulent à fond, créant des pistes de partout, des motos conduites par des jeunes nous harcèlent afin de nous emmener au cratère (moyennant généreuse rémunération bien sur) mais refusent de nous indiquer toute direction et repartent phares éteints afin qu’on ne puisse les suivre. L’horreur! Après avoir suivi une dizaine de piste et pensé être sorti d’affaire, nous voilà revenus à l’intersection de départ. Le ciel commence à s’éclairer, mais aucune levée de brume en vue. Enfer et damnation. Quand soudain, un petit papy à cheval nous sauve la mise en nous indquant (enfin!) la direction à prendre, et ce jusqu’à ce qu’il soit sure que nous soyons sur la bonne piste jusqu’au bout. Et oui, l’erreur que nous avons faite, c’est de suivre les traces de jeep, il fallait suivre celle des chevaux et motos… On allume sur la fin et on a droit au lever du soleil au niveau des marches qui mènent au cratère, au dessus de la brume, c’est déjà ça.

250 marches et quelques plus tard, nous voilà au sommet, pestant et jurant sur notre maudite agence qui nous a envoyé dans cet océan de brume sans la moindre info. Tout cela est bien vite oublié devant le panorama splendide qui s’offre à nous, ça valait le coup.

On fait le tour du cratère à pied, vue sur les montagnes environnantes avec les nuages à leur pied, épaisse fumée qui sort du centre et beaux à pics vertigineux le long de cette promenade surréaliste.

La bonne surprise, c’est qu’on doit être 10 touristes en tout et pour tout à se trouver ici à cette heure, mais où est la foule? Réponse rapide lorsqu’on descend du volcan, elle arrive! Tout le monde semblant avoir pris l’option « jeep pour voir le lever de soleil », une nuée humaine se jette à l’assaut des marches. On est bien contents de ne pas avoir payé pour ça et profiter de cet instant de grâce où nous avons eu le Bromo fumant presque pour nous tout seul! Le retour est d’une facilité déconcertante (et oui, quand on sait par où passer…) en environ 1/2 heure. Encore plus rageant, au petit déjeuner depuis la terrasse de l’hôtel, les brumes enfin levées, on distingue le Bromo dans toute sa splendeur et à une portée de main de nous à peine.

A croire que tout était fait pour qu’on ne puisse pas y accéder par nous mêmes, car après un petit sondage auprès des marcheurs, il semble qu’on soit quasi les seuls à ne pas avoir craqué pour une moto en cours de route.  Nous voici ensuite repartis pour une longue journée de route, d’autant plus pénible qu’on se retrouve à 8 dans une voiture pour 6 (ouf, il y a la clim et le chauffeur conduit presque normalement!) qui nous amène dans les plantations du « café le plus cher du monde » (oui, c’est son slogan), le luwak coffee. Notre hôtel, le bien nommé Arabica, se trouve justement au milieu des caféiers, où l’on apprend le mode particulier de récolte de l’or noir: les grains sont au préalable mangés par la civette, petit mammifère du coin, puis récupéré dans ses selles pour lui donner cet arôme si…particulier. Avis aux amateurs! Rebelote le lendemain matin, lever 4 heures pour aller au Kawah Ijen, volcan popularisé par la fameuse émission de Nicolas Hulot il y a déjà quelques années de cela. Cette fois-ci, hors de question de se faire avoir, et on harcèle notre chauffeur de questions afin de ne pas retomber dans le même piège. Le chemin est cette fois bien balisé, et nous sommes accompagnés tout le long de la montée par un porteur de soufre qui travaille ici.

Le kawah Ijen, c’est en effet un volcan qui produit du soufre à l’état liquide en son cratère, que les porteurs vont casser une fois solidifié et remonter à la surface pour le revendre à leur coopérative pour une somme assez dérisoire. Par rapport au niveau de vie du pays, ils s’en sortent très bien, mais à quel prix… Leur espérance de vie dans ces émanations toxiques semble bien faible. On discute de son travail avec notre porteur qui parle très bien français, à force de côtoyer les touristes et il nous propose de descendre dans le cratère avec lui, normalement interdit d’accès seul.

On décide d’y aller, masques à gaz sur le nez, ne sachant pas trop à quoi s’attendre.

Le spectacle est assez incroyable. Au fond du cratère rempli d’un lac émeraude (le plus acide du monde a priori), des jets de liquide jaune orangé sortent au milieu des nuages de fumées par des tuyaux où il est canalisé. Il est ensuite brisé une fois à l’état solide avec de grosses barres, puis les morceaux (entre 60 et 80 kg, voire 110 kg pour les plus forts) sont chargés dans les paniers à balanciers que portent à l’épaule les travailleurs.

On comprend mieux les brûlures et les abcès sur leur dos… Notre porteur, qui était déjà monté à vide au cratère à un rythme assez fou, ne se laisse pas abattre par la charge et remonte plutôt rapidement à la surface, sans masque à gaz, qui semblent être malheureusement réservés aux touristes.

Il nous demandera une participation financière pour nous avoir guidé dans le cratère, que nous n’essaierons même pas de négocier, même si en Indonésie, tout se négocie, son travail semble déjà bien assez pénible comme ça. Le soleil est enfin passé au dessus des crêtes à notre remontée, éclairant le lac et les alentours montagneux de magnifiques lumières.

Cette expérience était incroyable, on en prend vraiment plein les yeux, aussi bien humainement que dans les paysages. Un sacré moment qui justifiera une fois de plus les longues heures de bemo (sorte de mini bus locas) surpeuplé que nous subirons après une interminable traversée en ferry pour rejoindre Dempasar à Bali.

Dansons la javanaise…

Arrivée matinale à la gare de Gambir pour essayer de prendre un train en direction de la capitale culturelle de l’île: Yogyakarta. Tous les trains du matin étant pleins, on nous propose soit un train à 16h45, soit un autre à midi en Ekonomi, la 3e classe locale qui part d’une autre gare… Delphine n’ayant peur de rien, on choisit la deuxième option, car il y quand même 8h de trajet (sans les retards potentiels!). Il nous reste donc quelques heures pour avoir un aperçu de la capitale indonésienne. Elle est peu « vendeuse » au premier abord, bruyante, surpeuplée, polluée, étouffante, tout ce qu’on tente de fuir d’habitude. Mais bon, vu qu’on a le temps… Le parc où se trouve le monument national a la bonne idée de se trouver juste derrière la gare, on traine donc les pieds sous une chaleur oppressante jusqu’à ce grand bloc blanc après avoir squatté un Starbucks salvateur dans la gare. Des personnages déguisés multicolores se baladent dans les allées, sans qu’on sache trop bien à quoi ils correspondent, mais ils sont marrants.

Jakarta

Un petit parcours pédestre permet de tester la réflexologie sur un chemin hérissé de galets dans diverses positions. Si c’est censé faire du bien, c’est raté (pour Delphine), la sensation est franchement désagréable…

Jakarta

Mais cette petite ballade nous donne l’occasion d’avoir nos premiers contacts indonésiens, les gens rencontrés semblant d’une gentillesse rare et toujours le sourire aux lèvres. On se dirige ensuite vers la grande mosquée non loin, bâtiment moderne et qui en impose: il doit y en avoir des fidèles qui la fréquentent vu sa taille…

Jakarta

Étonnement posée juste derrière se trouve la cathédrale de la ville.

Jakarta

Le contraste est surprenant pour nous, où on imagine difficilement ce genre de « réunion » géographique sur le territoire français ou partout ailleurs. Les 3 religions majoritaires du pays (musulmane fortement dominante, hindou, catholique) semblent plutôt bien cohabiter ici!
On repart direction notre gare de départ, transpirant à grosse goutte ne serait ce que le temps de trouver un taxi, et nous voilà arrivés au milieu d’une foule d’indonésiens, avec laquelle nous espérons ne pas avoir à tous tenir dans le même train, la tache semblant difficile, voir impossible vu le nombre. La classe Ekonomi se révèle bien meilleure que ce à quoi on s’attendait: wagon quasi désert, clim’, siège presque confortable. C’est parti pour 8 heures de trajet en compagnie d’un autre couple de français qui s’est également retrouvé parachuté sur les sièges en face de nous! Sortir de Jakarta, c’est traverser une succession ininterrompue de zone urbaine pendant ce qui nous semble des heures (les piétons le long du train marchant plus vite que celui-ci ne roule). Le paysage se transforme ensuite, un peu de campagne, mais les habitations ne sont jamais bien loin, de belles rizières sur fond de montagnes qui font agréablement passer le temps. Au coucher de soleil, le miroitement de celui-ci dans les rizières inondées justifiera à lui seul les 2 heures de retard qui s’ajouteront au temps de trajet déjà prévu…

Le voyage passe finalement assez vite, on papote de tout et de rien, on regarde la vie quotidienne des paysans au champ, les maisons alentour, on profite du wagon restaurant qui vient jusqu’à nous pour se rassasier et nous voilà déjà à Yogyakarta (Yogya pour les intimes).
Négociation du taxi, on se fait déposer dans une rue remplie d’hôtels bon marchés et après quelques visites infructueuses (on n’avait pas pris en compte le paramètre samedi soir, tout est pris d’assaut) , on trouve notre bonheur pour pas cher. Après une bonne nuit, on part à la visite de la ville en commençant par le Kraton, palais du sultan. Marcher dans la ville n’est pas tache aisée: surpopulation, klaxons à tout va, gaz d’échappement, calèches et becak débaroulant à toute vitesse, il faut aimer vivre dangereusement!

Et puis pas vraiment de trottoir, celui-ci est déjà occupé par les vendeurs ambulants et les scooters garés. Car Java, c’est avant tout la plus grosse densité humaine au monde, rien que ça. Pour les presque agoraphobe comme nous, pas facile de s’y faire.

Tous les 10 mètres (ou moins), on nous propose un truc à vendre ou un transport pour nous déposer et on comprend pourquoi. Mais on est têtus, alors on continue à pied, non mais! Le timing tombe impeccablement, on aurait voulu le faire qu’on aurait pas réussi: répétition de danses traditionnelles avec orchestre à notre arrivée au palais, parfait. On passe une bonne heure à regarder les danseuses maquillées et habillées dans de superbes tenues pratiquer une danse où tout a un rôle: le regard, l’inclinaison de la tête, le mouvement du petit doigt (si si!!).

Elles bougent peu mais sont trempées de sueur à la fin de la représentation tellement l’effort et la concentration sont intenses. Les danses masculines donnent plus dans le burlesque: costume de dieux multicolores, danse mimant des combats, ça bondit beaucoup!

Le tout sur fond de gamellan, le xylophone traditionnel.

On fera ensuite un tour du palais où vit toujours l’actuel sultan, un très bel ensemble sculpté et richement ornementé, ainsi que de petits musées dispersés racontant la vie du souverain, ainsi que celle de ses ancêtres.

On se perd ensuite dans le dédale de petites rues de l’ancien marché aux oiseaux où sont établis les ateliers de batik.

Cette ancienne technique de peinture sur tissu a la côte ici et le jeu favori des rabatteurs est d’amener les touristes voir leur fameuse exposition… Au bout de ce dédale et d’un improbable souterrain, on touve le water palace, des bains où le sultan, sa femme et ses concubines venaient se rafraichir. Un joli endroit où l’on trouve une ombre appréciable dans cet atmosphère lourde et brûlante de milieu de journée. Sur le chemin du retour vers l’hôtel, pause chez le coiffeur local afin que Séb retrouve apparence humaine, pas si mal réussi, pour la coupe la moins chère de l’histoire des coupes de cheveux : 8000 rp (55 centimes)! Et on goute du gado-gado dans un warung (genre de commerce ambulant de rue) sur les conseils d’un jeune javanais rencontré quelques heures plus tôt: des légumes sautés couverts d’une sauce cacahuète pas mal du tout! On organise le programme des jours suivants dans l’après midi et après de nouvelles expériences culinaires le soir, au lit, car le réveil est (très) matinal le lendemain.
Un mini bus passe nous prendre à 3h30 (j’ai beau être matinal, ça fait mal) pour aller voir le lever de soleil depuis un point de vue donnant sur le temple de Borobudur, plus grand monument bouddhiste du monde. On voit peu le temple au final, les brumes montant rapidement du sol et l’engloutissant sous leur épais nuage, mais le lever de soleil de derrière les montagnes n’est pas mal du tout.

Le temple en lui même est spectaculaire. Blindé de monde, mais spectaculaire.

On ne se laisse pas gâcher la visite par les centaines (milliers?!) de javanais qui sont également là dans une cacophonie ahurissante et on tente d’atteindre à l’image de Bouddha le Nirvana au sommet du monument. Bon, il faut entre-temps stopper une bonne dizaine de fois pour faire des photos avec les écoliers en sortie surexcités (« selfie, selfie« , « picture, picture, please miiiiiss!!!!!« ), mais on finit par y arriver. Le monument, carré, est constitué d’une dizaine d’étages, représentant chacun des scènes différentes de la vie de bouddha et les étapes spirituelles de son ascension.

           Quelques scènes sont étranges…

Impressionnant par sa taille, son volume, la beauté de ses sculptures, la richesse des scènes représentées, on est bluffés.

Surtout lorsque l’on sait que le monument a été « démonté » puis assemblé pierre par pierre lors de sa restauration!
L’étape de l’après midi, après avoir retrouvé nos compagnons de bus, n’en jette pas moins. Prambanan est un énorme complexe de temples hindous anciens, posé au milieu de la campagne javanaise.

Changement de monde, nous voici dans les bras de Brahma, Civa et Vishnu! Les sculptures et décorations des temples sont également magnifiques, les niches remplies de petits Ganesh et autres rejetons de la triade de Dieux principaux.

Ce que doit faire tout voyageur : toucher les pieds de Ganesh afin que le voyage continue

Quel étrange mélange que cette île, où se sont côtoyées, puis succédées tant de religions… On rentre bien assommés par la chaleur et par les sollicitations incessantes des petits javanais et leur culture de la photo au smartphone pour une bonne sieste. Le soir, découverte d’un spectacle de Wayung , genre d’ombres chinoises indonésiennes dans un musée de la ville. Les marionettes sont admirablement découpées et racontent un morceau de l’histoire du Ramayana (création de la Terre par les divinités) …malheureusement en indonésien…

On ne comprendra donc pas grand chose et on se laissera porter par la musique du gamellan et des gongs qui les accompagnent, dans un genre de « guignol » revisité où rois et divinités se battent pour régner.

En transition

Retour à Sydney, et pour la première fois sous un beau ciel bleu!

Sydney

Les bagages déposés à notre chambre dans le quartier de King’s Cross, direction le bureau de retrait de la poste restante pour voir si on aurait reçu quelque chose… Et c’est avec un grand sourire que l’on reçoit l’enveloppe contenant notre carte SD perdue plus d’un mois plutôt! Sympa les kiwis! Robb, le gérant du camping nous l’a expédié, et c’est un grand soulagement pour nous. On en profite ensuite pour faire un tour à pied dans le centre-ville, on l’a pu voir quelque beau bâtiments, comme le victoria mall, les arcades …etc.

Sydney

Sydney

C’est beaucoup plus sympa sans la pluie! Quant à notre quartier qui semblait assez sage de jour, une fois la nuit tombée est plus « olé olé » avec tous les néons des salles de spectacles pour adultes. Néanmoins en se balladant un peu, on trouve plein de petits restos un peu plus loin qui ont l’air très sympa.

Sydney

C’est en fait un peu le quartier bobo.

Sydney

On se refait une petite ballade le lendemain, avant de se diriger vers l’aéroport pour notre prochaine destination : l’Asie!

Un nouveau chapitre est clos puisque l’arrivée à Jakarta est vraiment différente. Des dizaines de chauffeurs de taxi nous sautent dessus pour nous emmener en ville (à des prix prohibitifs), une fois dans le (bon) taxi on se dirige vers l’hôtel dans le centre car nous avons prévu de partir tôt demain matin en train. En route on peut voir, de nuit, à quoi ressemble la ville. C’est finalement assez proche de Bangkok que l’on connait pas trop mal, les temples bouddhiste en moins et les mosquées en plus. Car ce qui nous semble le plus étrange, c’est d’être dans le plus grand pays musulman du monde, mais en Asie!
De grandes tours de bureaux ultra modernes et de grands hôtels de luxe accompagnées de toutes les plus grandes chaines internationales de mode et de restauration côtoient des bâtiments beaucoup plus populaires, le tout au milieu une circulation effrénée. Cela faisait longtemps que l’on avait pas eu droit à un énorme bazar et un chauffeur de taxi aussi kamikaze. Arrivée de nuit, donc pas de photos, désolé!

Arrivés à l’hôtel, on s’aperçoit que celui applique la charia. Heureusement pour nous on ne nous demandera pas si l’on est mariés, car trouver un nouvel endroit pour dormir à cette heure (21h) dans une ville aussi grande ne serait pas très aisé… On réussira donc à y passer la nuit sans encombre avant de partir vers notre prochaine destination.