A couper le souffle!

Départ au petit matin pour un des points phares de ce voyage, un lieu qui fait fantasmer, le parc des torres del paine. Juan, notre gentil hôte, nous a dégoté un aller-retour en bus pas cher avec sa compagnie, ce qui nous arrange bien, et nous dépose au point d’entrée du parc vers 9h30. Le trajet est très beau, on croise de nombreux guanacos sur le chemin, la dernière espèce de camélidé qui nous manquait et l’arrivée avec vue sur les torres à l’horizon… « Wahou », comme diraient nos voisins de bus les américains (c’était visiblement la ponctuation de leurs phrases). Moment de grand bazar administratif, où il faut s’enregistrer/payer l’entrée (exorbitant pour les étrangers) / voir la vidéo explicative (qui te répète une cinquantaine de fois que « faire du feu dans le parc, c’est mal, tu finiras en prison ») tout ça avec tous les autres passagers du bus en même temps. Première mauvaise surprise: le camping gratuit des torres, le dernier de la rando que nous avons prévu, est uniquement sur réservation et complet pour notre nuit… Tant pis, on trouvera une autre solution! On continue dans le bus ensuite jusqu’à l’embarcadère Pudeto du lago Pehoe. La traversée en « catamaran » (en fait un genre de petit ferry) est splendide, on en prend plein la vue dès l’arrivée. Le lac est d’un turquoise incroyable, la vue sur les pics alentours superbe sous le ciel bleu et un grand soleil, on est chanceux. Le vent quant à lui souffle à décorner les bœufs, mais ça fait partie de l’aventure!

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On débarque au niveau du premier camping Paine Grande, payant, mais pas complet comme on le craignait d’après leur site internet. Ça tombe bien, on monte la tente, on avale un petit sandwich et hop, c’est parti pour la 1ère branche de la rando connue sous le nom de W (à cause de la forme globale du trek). Premier choc avec de beaux icebergs qui flottent sur l’immense lac glaciaire Grey, sous une lumière magnifique, toujours avec un vent en rafales à plus de 70km/h qui décoiffe bien. On passe le premier mirador, on se dit que c’est dommage de s’arrêter là et on va jusqu’au refugio Grey afin de s’approcher au plus près du glacier depuis le second mirador. Encore des énormes icebergs qui flottent non loin du glacier, impressionnant. Avec tout ça, même si on a pas trainé en marchant (loin de là!), on rentre assez tard au camping avec les jambes qui tirent bien.

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Tout ça pour se rendre compte qu’en fait ici, les horaires théoriques de « fermeture » des sentiers ne sont pas vraiment respectées, car oui il y a un horaire limite, et qu’on est beaucoup plus tranquilles en fin de journée, quand tous les gens ont quitté le coin. Un point que nous tacherons de ne pas oublier, car la fréquentation du parc est assez incroyable. Pourtant on croyait qu’on pouvait difficilement faire pire qu’à Cochamo, et bien ici on croise des promeneurs toutes les 2 minutes… Au camping, c’est le même topo, un vrai HLM à tentes. Mais bon, on arrive quand même à manger au chaud tout serré avec des polonais et avoir notre douche, chaude aussi!

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Départ très matinal sur les conseils de Juan pour avoir un emplacement au camping de l’étape suivante prévu à 2h30 de là, le campamento italiano, gratuit. Finalement le départ matinal n’aura pas atteint son but, nous arrivons à 8h et on s’aperçoit que les gens n’ont même pas encore eu le temps de partir! Mais bien nous en a pris : nous avons pu assister au lever du soleil, avec un sentier rien que pour nous.

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Un petit dej’ plus tard, nous montons au mirador britanico, au coeur du massif. Ici on a du mal à trouver les mots pour qualifier ce qu’on a vu tellement c’était impressionnant, on vous laisse juger en images. Le bout du sentier arrive dans un cirque immense entouré de parois de 1000m qui feraient fantasmer tous les grimpeurs. Ici la dalle, connait pas, que du vertical! En tout cas, je (Seb) suis sous le charme.
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Un petit détail vient tempérer ces ambitions : le vent. Bien que nous soyons « protégés » dans un cirque, ça souffle fort! Ce sera une petite journée, nous rentrons très tôt, mais la sieste est bienvenue car les réveils matinaux, ça fatigue. On tente une nouvelle fois de réserver le campement au pied des tours, mais ici aussi il est plein pour le jour que l’on souhaite (et vide pour la suite)! Il faut croire qu’on avance trop vite…
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Le lendemain, encore un départ matinal (on a pris goût à notre tranquillité sur les sentiers), mais on prend le temps de petit dej’ cette fois. C’est sensé être la « grosse étape », mais elle commence bien, au bout de 10 min il se met à pleuvoir, pluie qui ne nous lâchera pas pendant 2h. Heureusement nous allons en direction du ciel bleu, car derrière nous, ce ne sont que nuages noirs.
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Nous arrivons au camping suivant beaucoup plus tôt que prévu (en 5h), il faut croire qu’on a un gros rythme par rapport aux indications de la carte. Nous avons dû nous rabattre sur le camp précédent celui des torres, à prix prohibitif, mais on a pas trop le choix. Finalement ça s’avère pas trop mal, il y a une salle commune chauffée avec un poêle, des douches chaudes et une ambiance très sympa. Après avoir planté la tente, on regarde notre montre qui nous indique 13h30, on se regarde et on se demande ce qu’on va faire. Le plan initial était de se lever le lendemain autour de 5h pour aller voir le lever de soleil sur les torres, le bijou du parc, mais le temps est très dégagé actuellement, alors que jusqu’à présent nous avons toujours vu le massif couvert de bon matin. Un « tiens vaut mieux que deux tu l’auras », nous décidons de faire l’aller retour maintenant, n’étant pas fatigués. Malgré 2 ou 3 flocons de neige en chemin, les torres sont bien dégagées et on est bien contents de pouvoir profiter d’une vue époustouflante sous le soleil, même si on est loin d’être seuls et que le vent est encore très marqué. Nous redescendrons pour 17h, satisfaits de notre décision.
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Le lendemain, nous pouvons dormir à l’envie, ce qui ne nous était pas arrivé depuis un bon moment (Ah, les vacances!), car le premier bus de retour n’est qu’en début d’après midi. Au lever, on se félicite d’être montés hier au point de vue, car il fait tout gris, et les retours des gens rencontrés la veille qui sont montés de bon matin ne sont pas très positifs. Redescente tranquille, nous ne prendrons même pas la navette car nous avons plus que du temps pour aller à l’entrée du parc à pied.

Au final, une rando avec des paysages époustouflants, justifiant bien sa réputation de plus beau trek du monde. Également un trek que l’on a trouvé assez facile, bien qu’on l’ait fait en 3 jours de marche au lieu des 4 ou 5 classiques, car on aurait facilement pu rentrer la veille, voir même le faire en 2 jours. Mais vu qu’on n’est pas en Patagonie tous les jours, et encore moins au Torres del Paine, on ne regrette pas du tout d’avoir pris notre temps!

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Au bout du monde

Parce que c’est difficile d’aller vraiment plus loin, sinon, on tombe (enfin c’est ce que pensait nos ancêtres gaulois). On y est, on aura jamais été plus au Sud de notre vie. Et tout ça, en un coup d’avion, qui nous emmène à Punta Arenas. Ville toute jeune, 150 ans à peine et un passé peu attrayant de ville pénitentiaire et militaire.
Notre vol arrivant très tard, nous avions eu la riche idée de réserver une auberge pour ne pas nous retrouver à la rue à 1h du matin. Incroyable mais vrai, aucune galère ce coup ci. Les bus nous déposent à l’aéroport à l’heure, l’avion est à l’heure, un taxi nous amène devant l’auberge et notre réservation n’a pas été oubliée! Ça fait plaisir quand tout se déroule bien… Le lendemain, on a un peu de temps avant l’excursion de l’après midi, du coup, on fait un tour dans la ville, on réserve le bus du soir, bref on prend le temps. Puis direction le port, pour…l’Isla Magdalena, où se trouve des centaines de pingouins! On est en plein détroit de Magellan, un nom mythique, les alentours lors du trajet en bateau sont très beaux, entre la côte coté Punta Arenas et la côte coté Terre de feu. Un horizon dégagé, du ciel bleu, du soleil, un vent modéré, que demande le peuple!

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Et on a même la chance d’apercevoir des dauphins/baleines (?) en cours de route. Arrivés sur l’île, c’est assez incroyable, des pingouins partout. Ils n’ont aucun prédateurs sur des kilomètres à la ronde, alors autant dire que ça prolifère. La ballade dure une bonne heure, on déambule dans un corridor entouré des centaines d’oiseaux, avec beaucoup de petits prêts à quitter le nid à cette période.

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On trouve également plusieurs colonies de goélands de deux espèces différentes, de cormorans… Il y a de quoi s’occuper! Ça fait un boucan de tous les diables. Les pingouins sont très curieux, pas du tout effrayés par l’homme, surtout les petits, qui se demandent bien ce qu’on vient faire par ici à leur coller des appareils photos sous le nez toutes les 2 minutes.

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Retour par le même trajet et on file au terminal de bus pour rejoindre la prochaine étape Puerto Natales.

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Encore une arrivée tardive, heureusement aussi réservée, un taxi qui nous amène au bon endroit (merci les copains pour l’adresse, c’était top!), on y prendrait presque goût à ce que tout se déroule impeccable! L’hostel est très sympa, le proprio Juan aussi, et de très bon conseil pour l’organisation de la rando que nous avons prévu pour les prochains jours. On passe la journée à régler les différents détails technique d’organisation et à se balader dans la ville, située dans un cadre très sympa. Le bord de mer est magnifique, l’horizon dégagé, et même si ça souffle, la lumière est si belle qu’on y resterait bien.

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On prend le temps de se poser boire un vrai café/thé (enfin du vrai bon!) dans une petite crêperie et on se prévoit un super diner pour le soir, en prévision de quelques jours de pâtes/porridge qui nous attendent en rando.

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Juan nous a conseillé d’aller à la fiesta costumbrista de la ville, comme quoi on y mangeait de la comida tipica chilena. On aurait du se méfier au vu de l’aspect fort peu gastronomique de la nourriture locale, mais on est curieux, alors on va y faire un tour. Et là surprise, ce n’était pas franchement ce à quoi ce on s’attendait. C’est vraiment la fête locale, sur un genre de terrain en herbe, où tout le monde se retrouve pour picoler, pendant que les enfants se poursuivent et jouent au ballon entre les adultes et leurs terremotos (toujours ce vin bon marché et sa boule de glace). En matière de cuisine…Bon, le grand succès quand même, c’est toujours le completo (un hot dog avec un vague sauce à l’avocat), qui semble plutôt être là pour éponger les litres d’alcool avalés. Une vraie fête de village en somme. Mais on y a trouvé des alfajores en forme de coeur rose pour la Saint Valentin, alors rien que pour ça… On a bien rigolé à déambuler seuls touristes au milieu des chiliens étonnés de nous voir ici, avec vue sur les montagnes environnantes au coucher de soleil.

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Pour le dîner, par contre, on préfère s’en charger. Petits joueurs, du coup, ça sera un morceau de viande pour deux, mais quel morceau! Un vrai bon dîner maison comme on les aime. En pleine forme pour attaquer la randonnée à venir!

La Bretagne du Chili

Amis bretons, cet article est pour vous. Nous avons en effet trouvé la Bretagne chilienne, la bien nommée Isla de Chiloe. Grande île au sud de Puerto Montt, la capitale de la région, elle est réputée pour son climat peu accueillant. Quand il n’y pleut pas, il y bruine ou il y « crachine », une vraie Bretagne (je vais me faire des amis…). Mais vu qu’il parait que dès fois il y fait beau et que les paysages y sont superbes, on se dit que ça vaut le coup de tenter notre chance. Cela se confirmera par la suite, la météo est…changeante, mais les paysages à la hauteur!
Trois heures de bus et une courte traversée en ferry plus tard, nous voilà à Castro, la « capitale » de l’île. Un joyeux mélange de couleurs sur toutes les façades des maisons, construites avec des genres de tuiles en bois, dont l’apothéose est l’église, un gros bonbon multicolore. Les églises de Chiloé sont toutes fondées sur le même plan, d’une architecture originale et peintes de couleurs vives. Il existe même un circuit touristique pour les visiter, étant donné qu’elles sont inscrites au patrimoine de l’UNESCO. L’intérieur de celle de Castro est assez spectaculaire, tout en bois et très lumineux.

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La ville est aussi connue pour ses palafitos, des maisons sur pilotis toutes colorées construites au bord des fjords. On en trouve dans plusieurs quartiers, en plus ou moins bon état.

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On a la chance en arrivant de trouver une chambre du premier coup (youhou!) et on va fêter ça au restaurant avec au programme les spécialités locales: saumon (élevés en quantité surtout pour l’export), fruits de mer divers et pisco sour. Et oui, le Pérou et le Chili se disputant la paternité du cocktail, il fallait bien qu’on tranche… Et donc comme en Bretagne, ici, on aime bien manger ce qui vient de la mer et boire (beaucoup), un certain nombre d’individus dans les rues ayant abusé des spécialités locales « liquides »…

Motivés par cette première journée plutôt ensoleillée, nous tentons le lendemain une incursion dans le parc national de l’île, où de beaux sentiers permettraient d’explorer la côte Pacifique. La Bretagne chilienne s’est alors rappelée à nous en se couvrant de brume/crachin. Alors, jusqu’à un certain point, ça donne un coté mystérieux à la côte, ok. Au delà, c’est juste désagréable de se faire réhydrater de l’extérieur. Mais bon, on ne perd pas espoir, avec un peu de chance ici aussi « il fait beau plusieurs fois par jour ». On monte la tente dans un camping (une fois de plus rustico, on dirait qu’on les attire) avec un environnement canon et on part vers l’entrée du parc. Plusieurs sentiers y ont été aménagés afin de découvrir différents aspects de la nature: forêt, lac, Pacifique… Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est très bien entretenu et mis en valeur, avec de nombreuses passerelles, panneaux explicatifs… Par contre, le temps se maintient entre « bruine modérée » et « gros crachin », pas franchement idéal pour apprécier les alentours. La pluie, ça ne fait pas fondre, mais quand elle tombe à l’horizontale, ça finit par bien tremper. Le passage dans la forêt est magnifique, la végétation très originale et luxuriante, on se croirait dans une description de Tolkien. Et on est à l’abri de la pluie. Elle héberge de nombreux animaux assez discrets, dont le pudu, le plus petit cervidé du monde (qui ressemble plutôt à un lapin à cornes). La flore présente aussi de nombreuses espèces endémiques, des plantes à feuilles gigantesques et de belles fleurs recouvertes de millions de gouttelettes de rosée.

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Les miradors sur le lac ne permette pas d’apprécier le panorama à sa juste mesure, mais la brume qui le recouvre amène à se demander si le Nessie local ne va bientôt pointer le bout de son nez.

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Notre incursion dans les dunes et sur la plage du Pacifique a des airs de « La route ». Pour ceux qui n’ont pas lu le livre ou vu le film, je recommande chaudement, mais pas en période de déprime, aucune lueur d’espoir visible à l’horizon.

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Bien mouillés, sous un ciel de plomb, on reprend la direction du camping, en se demandant bien comment on va occuper le reste de l’après midi, étant donné qu’il n’y a nulle part où s’abriter… Puis finalement, un livre avec vue sur le lac et ses environs qui (parfois) se dégagent, c’est pas mal aussi. Et le cuistot en chef réussira le soir les meilleures pâtes au feu de bois (et oui, panne de gaz…) jamais réalisées pour le dîner!

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Nous quittons le lendemain le parc à la recherche d’horizons plus dégagés (oui, il bruine toujours, la Bretagne des mauvais jours…). Re-direction la côte est, vu que là bas, visiblement, la mer intérieure de Chiloé semble modérer la météo plus efficacement. Passage par Castro pour changer de bus et aller à Tenaùn, petit village rural assez inaccessible. Oui, on n’aime pas les trucs trop simples non plus. Donc, la moitié de la route est en gravier, mais le paysage vaut le coup. Beaucoup plus « campagnard » au début, avec de nombreux troupeaux de vaches et de moutons dans de vertes prairies (ça, pour être vert!), on arrive sur une côte vallonnée, avec un joli petit village en contrebas, le long d’une grande plage avec vue sur tout un archipel d’îles. L’église de Tenaùn est connue pour sa peinture originale, aux couleurs du drapeau chilien. Cela nous avait déjà surprit dans d’autres églises chiliennes, où se trouvaient des drapeaux du pays. Perturbant.

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Après un tour le long de la plage, on cherche désespérément un bateau pour traverser vers l’Isla Mechuque, notre but initial, décrite comme un condensé de l’ile de Chiloé. Malheureusement, aucun bateau à l’horizon, en tout cas à un tarif raisonnable, et l’heure tourne. Nous finirons donc par reprendre le bus direction Ancud au Nord de l’île, n’ayant malheureusement pas le temps d’attendre un autre bateau qui partirait le lendemain matin.

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Et c’est sans regret, car malgré une bonne galère pour trouver un logement en ville (on en a marre de camper sous la pluie!), l’endroit est très sympa et la vue depuis l’auberge prometteuse. On y joue même au baby foot sur la plaza de armas! Et le marché regorge de saumon fumé à un prix dérisoire, une occasion qu’on ne peut laisser passer. On teste le soir la spécialité de l’île, dont personne ne sait vraiment l’origine (polynésienne?), le curanto. Traditionnellement, il s’agit d’un mélange de moules, de clams, de poulet, de porc, de boeuf et de trois variétés de patates, cuit dans un trou dans le sol. Oui, il faut avoir l’estomac bien accroché! Même Séb qui ne laisse jamais une miette de ses plats n’arrivera pas à finir… Le ceviche de saumon, préparé différemment du péruvien, mais également très bon, me semble une option plus « digestible ».

Et le lendemain, la Bretagne chilienne se montrera enfin sous un grand ciel bleu et un soleil radieux! Séb en a un peu marre du bus et a envie de se poser, je pars de mon coté pour Pinguihil avec une excursion proposée par l’auberge voir les pingouins sur la côte. Superbe. Les pingouins, c’était sympa, surtout qu’on trouve ici deux espèces (Magellan et Humboldt, ce dernier étant protégé), mais surtout le panorama est fantastique. Une côte découpée, avec une eau limpide et des vagues qui fouettent le rocher, une vraie pointe du Raz locale!

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Un très bon moment, le tour en bateau pour s’approcher des ilots où nichent les pingouins et voir les petits prendre leur leçon de natation. Et les guides, aussi bien dans le bus sur le trajet que sur la barque, étaient passionnés et ouverts à toute question.

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Un dernier mirador et une empanada de camaron plus tard , retour à l’auberge, toujours sous le soleil. On passe l’après midi à se balader dans la ville, où l’on trouve les vestiges des fortifications laissées par les espagnols. L’île fut en effet le dernier bastion colonial et ne se trouva rattachée au Chili que tardivement, après une grande bataille qui se déroula justement sur une des plage d’Ancud. D’où un esprit très particulier ici, les insulaires ne se sentent pas si chiliens que ça… Le front de mer agréable laisse peu deviner ce passé tumultueux.

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Puis il est déjà temps de quitter Chiloé et de se rendre à l’aéroport vers notre dernier stop chilien, et pas des moindres, la Patagonie…

En direction du sud

Bien contents d’avoir pu avoir des billets pour le sud, nous voilà arrivés à 11h, soit plus de 12h de bus après (au grand plaisir de Delphine) dans la région des lacs à Puerto Varas. Le sud du Chili, pour situer le contexte, ce n’est pas vraiment ce qu’on entend par le « sud » par chez nous, hémisphère sud oblige, même si c’est encore à 2000 km de la Patagonie. C’est donc sous la pluie, la grisaille et le froid que nous arrivons. Mais ça a un air de déjà vu : il faut imaginer un mélange de Scandinavie et d’Europe centrale, avec des maisons en bois au milieu de lacs et de fjords. D’ailleurs, on retrouve une très forte influence germanique : des bâtiments à l’architecture allemande, en passant par les bières très présentes (avec des noms allemands), des restaurants alleman, même les gâteaux ici s’appellent des kuchen.
La ville est au bord d’un énorme lac, avec en toile de fond un volcan, il y a pire comme endroit. Elle est victime de son succès, il y a ici une horde de touristes chiliens en vacances, nous qui d’habitude évitons soigneusement les vacances scolaires, on tombe en plein mois d’août local dans une région très fréquentée du pays. On aurait préféré s’abstenir, mais en contrepartie, les transports locaux sont très développés pendant cette période. Nous en profitons donc pour nous échapper vers Cochamo, petite localité à 3h de bus. Et bien nous en a pris! Après un voyage très inconfortable, debout dans un bus « local » plein à craquer sur une piste pas toujours en bon état, on arrive au lieu dit, situé au bord d’un superbe fjord avec au loin les montagnes enneigées. Après installation dans le camping du coin (rustico, même selon le proprio) on profite de la magnifique lumière du soir sur le fjord et l’on fait des rencontres sympathiques avec nos co campeurs. On aura même droit à un bout du gateau d’anniversaire du proprio (pâte feuilletée fourrée au dulce de leche, très léger)!

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Le lendemain matin direction la junta, un endroit accessible uniquement à pied, coincé entre des dômes de granit, le Yosemite local en somme. Nous croyions y être tranquille, vu qu’il faut pour y aller, selon le bureau d’information touristique, 4h non chargé et plutôt 5h avec le matériel de camping. Et bien on s’est mis le doigt dans l’œil et jusqu’au coude. C’est fou comme la randonnée et le camping sont populaires auprès des chiliens, il y a des caravanes entières de randonneurs de 7 à 77 ans sur le chemin, je ne suis pas sûr que l’on ait fait 10 min sans croiser quelqu’un! Vu les horaires annoncés et les quelques difficultés pour se rendre au départ du sentier, on décide de faire l’aller-retour en 2 jours et donc de camper sur place. Malgré le monde on est finalement assez content d’avoir un sentier bien tracé (c’est le moins qu’on puisse dire!) et bien indiqué après avoir passé notre temps à se perdre en Bolivie.

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Petite anecdote : le chilien aime bien se charger lorsqu’il marche,  avec des sacs énormes sur lesquels tout est attaché à l’extérieur : tapis de sol, duvet ou couverture, tente (pas les plus légères…), thermos etc. et marcher les bras bien encombrés, c’est à se demander qu’est ce qu’ils ont dans leur sac. Par contre, quand on les croise, ils nous demandent si on peut leur passer un peu d’eau… On comprend alors mieux pourquoi on a mis seulement 3h30 sans se presser. Le chemin traverse une magnifique forêt, qu’on dirait tropicale si l’on ne sentait pas la fraicheur en plein été, et pleine de senteurs différentes. On aurait en fait eu largement le temps de revenir dans la journée, mais l’endroit est tellement beau que l’on est bien content d’y rester le reste de l’après midi et la soirée.

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Commence alors la partie la plus difficile des 2 jours : rechercher un emplacement libre dans un des campings (il y en a 4!) car le camping sauvage est interdit. En arrivant tous indiquent complets alors qu’il y a des kilomètres carrés d’herbe libre, avec des panneaux indiquant que seuls ceux ayant réservés peuvent camper. Oui, oui, au Chili il faut réserver les campings même ceux à des heures de marche de toute route. Ce serait pour limiter le nombre de personnes et préserver le milieu. Dans les faits après avoir demandé (et comparé les prix car c’est pas donné!) on peut se poser n’importe où, c’est un peu déroutant.
Autre anecdote: les chiliens campent toujours sous les arbres, à proximité d’un trou (par tente) pour faire un feu, avec un banc voire une table. De plus vu qu’ils ont presque toute leur maison sur le dos, même si les campings sont rustico (terme qui revient souvent), on dirait presque des lotissements tout confort, même (surtout) au milieu de nulle part.

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Une fois notre emplacement trouvé, avec vue superbe sur les alentours et après avoir traversé la rivière avec une tyrolienne maison, on décide de partir pour une petite marche. Marche qui monte très fort alors que le chemin pour venir à la junta nous paraissait très plat par rapport à tout ce qu’on avait fait jusqu’à présent. On s’arrête au pied de Trinidad au bout de 2h, une magnifique paroi de granit de quelques centaines de mètres qui donne bien envie de grimper.
Autre anecdote sur le campeur chilien : il ne craint pas le froid. Aller se doucher dehors sous la douche artisanal (la pomme de douche est une bouteille de coca percée) dehors, exposée au vent, avec de l’eau glacée, tandis que le soleil se couche ne semble pas lui poser problème.

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Le lendemain, redescente à Cochamo. On arrive juste avant qu’il se mette à pleuvoir. Après avoir récupéré le reste des affaires et s’être réapprovisionné en victuailles, on reprend le bus, encore une fois debout et bien serrés sous une pluie battante, direction Petrohue, en plein coeur du parc national, coincé entre 2 volcans et sur les bords d’un lac. Une situation qui fait rêver. Mais une fois arrivés à l’intersection pour le bus suivant, la pluie battante nous décourage, ne voulant pas risquer de se faire tremper pour au final ne rien voir. Nous revenons donc à Puerto Varas.

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Comme dit précédemment, la ville est extrêmement touristique, et après en avoir fait le tour, nous ne trouvons aucun logement! Heureusement les auberges nous proposent de planter notre tente dans leur jardin, pratique très répandue ici, ce qui s’avère un très bon compromis. Nous passerons le reste de la soirée à nous promener dans la ville et même aller… à la fiesta de la cerveza, l’Oktoberfest local! C’est très étrange de se retrouver à boire des bières artisanales allemandes (excellentes!), tout en mangeant des completos (hot dog) à la choucroute le tout dans un hangar d’une gare désaffectée décorée avec des drapeaux allemands. On est bien loin de ce qu’on peut imaginer de l’Amérique du sud version carte postale!

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Un bon repas cuisiné aux petits oignons plus tard, avec vue panoramique sur la ville depuis notre jolie auberge, au dodo avant de repartir demain!

Retrouvailles européennes

La frontière argentino-chilienne péniblement passée (heureusement que le panorama de montagnes alentour était à la hauteur), nous finissons par arriver à Valparaiso, 2e ville du Chili à…22h au lieu des 17h30 prévus. Parfait. La traversée de la ville depuis le terminal, de nuit, est, comment dire…tout sauf engageante? L’image qu’on se fait de rues « coupe-gorge » pourrait bien trouver sa définition ici! Et on retrouve des températures presque fraiches, après la chaleur écrasante des quebradas et surtout de Mendoza.

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Heureusement, tout ça nous importe peu, car nous sommes surtout ici pour retrouver les copains! La famille commence à manquer au bout de 3 mois et les amis aussi… Alors, là, grâce à une organisation du tonnerre et une planification sans faille (hum hum), c’était l’occasion à ne pas louper ! Accueillis dans un super appart’ dans un quartier bien plus sympathique par Audrey et Cédric, qui en plus, nous ont préparé le dîner et attendu malgré l’heure tardive, que demander de plus? Deux bonne bouteilles (dont une soigneusement ramenée de Cafayate pour l’occasion), un repas tip top et beaucoup de papotages plus tard, il est 2h du mat’ et amplement le temps de dormir un peu si on veut explorer la ville demain.
En pleine forme (ou un peu dans le coltard, au choix), départ à l’assaut du Cerro Concepcion avec une bonne inertie de groupe (oui, mais quand on a enfin du vrai jus de fruit au petit déj’ depuis si longtemps, on met plus de temps à décoller…). Sous un magnifique soleil sur fond de ciel bleu immaculé, la ville se révèle sous son plus beau jour. Tout est ici très chaotique, très coloré et en même temps, tout se mélange en harmonie pour créer des quartiers très bohèmes, avec des vues splendides sur le Pacifique.

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Les barrios riches sont ici en hauteur, se composant de dédales de petites rues où l’on prend plaisir à se perdre, à la recherche des tags les plus travaillés, omniprésents sur chaque façade. Quel contraste avec le bas de la ville, composé de grandes artères peu accueillantes… Certains tags sont de véritables oeuvres d’art, on dirait que chaque pension, chaque hôtel cherche à rivaliser avec son voisin en se faisant peindre le plus original.

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Le musée des beaux arts est un peu l’apogée de ce grand « bazar » avec une architecture totalement dépareillée, des cariatides y côtoyant des colombages.
Nous tentons ensuite une incursion sur le bord du Pacifique par le port de plaisance, ce qui n’est pas une grande réussite… On avait évité d’emblée le port industriel et le port militaire, mais celui là n’est pas beaucoup mieux, hormis ces quelques pélicans qui s’y accordent une pause bronzette. L’avantage, c’est que nous ne sommes plus qu’à quelques rues du Mercado central, où une table d’un restaurant de fruits de mer (spécialité de la ville) nous tend les bras. Au menu: une genre de soupe bouillonnante de tout plein de fruits de mer (très appétissante, mais un peu décevante au gout), des moules géantes à la parmesane (franchement pas mal) et un bon vieux ceviche. On repart repus vers cette fois le Cerro Allegre, après un petit moment de loose à tenter de réserver les visites de vignobles pour le lendemain. Échec complet avec des numéros de téléphone dont aucun Valparaisien n’arrive à comprendre le fonctionnement (mais qu’est ce que c’est que ces histoires d’indicatifs incompréhensibles?!) et dont de toute façon personne ne daigne répondre… Ça sera avec la bonne vieille technique du « au petit bonheur la chance »! Le Cerro Allegre offre également de belles vues, semble moins touristique, mais présente tout autant de dénivellé que le quartier voisin. C’est pour dire, de nombreux « ascenseurs » sont installés dans la ville, afin d’éviter les volées de marche omniprésentes pour relier chaque mini-vallée.
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Arrivés au point culminant de notre ballade, une drôle d’expérience nous arrive. Un gars en charge de la circulation ainsi qu’un taxi s’y mettent à 2 pour nous dire à grands renforts de gestes qu’ici c’est dangereux, il faut descendre et ne surtout pas rester là. On reste un peu bouche bée, on ne sentait pas du tout en insécurité, dans la rue de jeunes femmes promènent leurs poussettes et plein de personnes semblent rentrer chez elles sans avoir l’air préoccupées! Bref, on redescend vu que c’est de toute façon ce qu’on avait prévu, mais ces réflexions entrainent une sensation de mal être. Que penser? Inconscience de notre part ou paranoïa des locaux vis à vis des étrangers? Situation assez inconfortable. Pour oublier cette drôle de rencontre, on part tester les bières artisanales dans une micro brasserie et on enchainera sur un bon petit diner maison, histoire de changer des sempiternelles empenadas
Vaste programme pour le lendemain:découverte du vin chilien! La route des vins se trouve judicieusement située entre Valparaiso et Santiago, quelle chance. Nous partons donc au volant de notre magnifique bolide (et oui, quand tu veux une voiture pas chère en location en pleine saison, tu te retrouves avec un pot de yaourt) direction le premier domaine, Emiliana. Superbe propriété, tout est chic, élégant, les vignes biologiques cultivées en biodynamie au pied du grand bâtiment où se réalisent les dégustations, avec les lamas qui pâturent en fond..

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Les dégustations sont fort chères au Chili (4 vins à gouter pour 12€ environ) donc on partage (et puis Séb est notre Sam, tolérance Zéro pour l’alcool au volant dans ce pays, dommage pour lui…). Pas mal, mais pas de grandes découvertes gustatives. Par contre, les explications qui vont avec la dégustation sont très vivantes et intéressantes, on découvre un autre monde que notre vieux continent. Ici, les domaines sont immenses, les vignes dispersées dans plusieurs endroits du pays pour la même propriété, une quantité d’employés impressionnante travaille pour eux… On découvre aussi le cépage carménère, disparu de France depuis de nombreuses années,qui explique la politique radicale du pays vis à vis de l’importation de tous produits frais au sein de ses frontières (inspection de tous les bagages à la frontière à la recherche de…fruits et légumes). Ils ont une peur bleue du phylloxera, qui a éradiqué ce raisin de nos régions, et fait qu’ils en sont le détenteur à 98% de la production mondiale de carménère. Pas une grosse perte en ce qui nous concerne, ce n’est définitivement pas le goût qui nous plait le plus. Certaines pratiques sont également surprenantes à nos yeux, comme des mélanges de 5 voire 6 cépages pour créer un vin! Inimaginable chez nous… Et perturbant à la dégustation.
Mis en bouche par ce premier arrêt, nous partons déjeuner à Casablanca, puis direction un autre vignoble Casa del bosque pour de nouvelles découvertes. Le domaine est également magnifique, tout est fait pour en mettre plein la vue.

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La dégustation remporte cette fois un franc succès, nous sommes tous bien plus convaincus par cette nouvelles sélection, donc un très bon sauvignon blanc, un pinot noir et une syrah superbes. Et on repart plus chargés qu’à l’arrivée… L’idée suivante était d’aller faire un tour sur le Pacifique non loin au niveau d’Isla Negra, où se trouve une des demeures de Pablo Neruda, grand poète chilien. Nous subirons malheureusement une double peine: il fait un temps gris et froid atroce sur une bande de 5 km le long de la côte (alors qu’on cuit sous un soleil de plomb à 15 minutes de là dans les terres!) et la maison à visiter est prise d’assaut, plus d’une heure d’attente qui auront raison de notre patience…

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Nous rentrerons donc à Valparaiso, sous le soleil, chargés de quelques bouteilles de plus, et enchantés de cette journée malgré l’excursion « mer » ratée! Bien obligés de se quitter après si peu de temps, nos chemins se séparant de nouveau, nous ne nous disons pas adieu au terminal, mais à dans 6 mois, après 2 jours au top pour démarrer le Chili du bon pied. Audrey et Cédric continuent leur route vers l’Argentine, tandis que nous poursuivons vers Santiago. Bon vent!
Santiago, où nous passons la nuit et la journée suivante, est contrairement à ce que nous avions beaucoup entendu très agréable. Il y fait beau, chaud, le quartier historique très intéressant et coloré également.

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Même en pleines vacances locales, c’est une ville qui vit, et semble agréable pour poser ses valises. De grandes places vertes, une gare réhabilité en centre culturel, un beau marché où ça harangue fort le passant, un château improbable au milieu des buildings…

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On y trouve même une rue à l’image de New York, une pour Paris et une pour Londres! Les tags y sont moins présents qu’à Valparaiso, mais sans doute faut il sortir un peu des quartiers historiques… On se goinfre de glaces (excellentes) sous une chaleur torride et on flane avec plaisir à la découverte de ces rues. Petite spécialité locale fort étrange: le terremoto, une boule de glace dans un verre de vin.

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Et bien, par 30°, ça tape bien, mais ça rafraichit! Détour par les magasins pour compléter 2-3 choses qui nous manquaient, et le soir est déjà venu, le temps pour nous d’embarquer dans notre bus de nuit direction le sud du pays, Puerto Varas.

Première impression du Chili : c’est l’Europe! C’est le pays avec des paysages les plus similaires, des montagnes, collines, vignes, vergers ; des voitures semblables, des gens beaucoup plus typés « caucasiens » et le niveau de vie qui a considérablement gonflé, quel contraste avec la Bolivie il y a quelques jours!