Quand la Bolivie nous sort son menu gastronomique

Cher lecteur du blog, tu dois penser qu’on t’a habitué à plus d’assiduité dans la rédaction de nos articles. Ne nous crois pas fainéants, la Bolivie est peut être le plus beau pays d’Amérique Latine, il reste néanmoins le plus pauvre et le moins « développé ». Les bonnes connexions internet s’y font rares, lorsqu’elles existent tout court! D’où cette semaine de retard…
Mais revenons à nos moutons. Sucre et sa douceur de vivre déjà loin derrière nous, nous débarquons à Tupiza après un bus de nuit rock’n roll, dernière étape de notre périple Bolivien. Et là, malgré une arrivée un peu trop matinale (à 5h, ça pique) et une nuit finie sur un banc du terminal de bus (sachant qu’elle n’avait déjà pas été très reposante, merci les mômes), le chef bolivien a mis le paquet.

En guise d’apéritif, nous faisons le premier jour une petite ballade à cheval direction le cañon del inca, pour découvrir les alentours séduisants de la ville. Les petits chevaux du coin, un genre de mélange porte et fenêtre de criollos/pasos/divers, sont plutôt en bon état, ce qui fait plaisir à voir. A la question de notre guide « sombrero ou casque », on se dit que ça devrait pas être trop violent ces 3 heures de rando… Donc on prend les sombreros!

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Le paysage sculpté et les couleurs de roches dépassent notre imagination, pourtant déjà bien habituée depuis quelques temps. On y croise quelques particularités géologiques bien nommées: la vallée des Machos

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(oui, il s’agit bien de rochers en forme de pénis!), le puerta del diablo (assez spectaculaire)…

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Tout ça pour aboutir après une longue marche dans le lit du rio asséché au fameux canyon, très étroit, où la pause s’impose. Forcément, une véto, ça porte la poisse aux animaux, donc le cheval de Delphine repart raide boiteux. Voilà ce que c’est que de faire galoper les bourrins dans du gravier tout mou avec des cailloux, ça arrange pas les tendons… Échange standard de bourricot avec le guide et on prend le chemin du retour. Séb prend même goût au galopades au milieu des quebradas!

Après cette agréable mise en bouche des environs, s’ensuit le reste du menu gastronomique, tout un programme. Un tour de 4 jours dans la région phare de la Bolivie : le Sud Lipez et le salar d’Uyuni. Nous serons quatre 4×4 à partager les suggestions du chef, dont nos compagnons de table Jackie et Andrée, un couple de retraités (très!) actifs et forts sympathiques venant tout droit de la belle cité de Carcassone. Le tout sous la conduite de Girardo, un vieux de la vieille du circuit, et Christina, notre cheftaine cuistot attitrée. Une grande majorité de français a également choisi cette option gastronomique…

En entrée un long périple de 11h à travers les quebradas autour de Tupiza

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au milieu des lamas, vigognes, viscañas,

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et des cactus en fleurs (on a de la chance, ils ne fleurissent qu’une fois par an).

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avec en toile de fond des montagnes toutes plus colorées les unes que les autres et des volcans enneigés sous un ciel chargé de nuages.

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Passage au milieu de ruines d’un ancien village de mineurs, triste témoignage du passage des colons espagnols qui y ont réduit la population inca en esclavage pour exploiter les richesses de la montagne

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Belle mise en bouche. Et qui voyons nous parmi nos compagnons? Nina et Isabelle rencontrées à Sucre et parties un jour plus tôt. On a décidément tous les mêmes idées (ou le même guide du routard!)

Pour le premier plat, le chef nous montre son savoir faire : des lagunes de multiples couleurs accompagnées de leurs flamants roses,
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des exploitations de bore (plus blanc que blanc) sur certains rivages,

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Un désert tout droit sorti d’une toile de Dali, à tel point qu’il porte même son nom! Les volcans alentours ont largué lors de leurs précédentes éruptions nombre de blocs qui ont créé un chaos rocheux qu’on imagine sans peine dans l’imagination du peintre à moustaches.

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accompagnée d’une Laguna Blanca, puis d’une Laguna plus Verde qu’une mer tropicale sur fond de volcan à plus de 6000m. Attention tout de même, cette belle couleur est toxique, provenant d’un mélange de minéraux divers et d’Arsenic… D’où l’absence totale d’oiseaux dessus!

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Petite baignade dans des bains d’eau chaude naturelle sur fond panoramique fort agréable, il y a pire.

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Ça bouillonne et ça fume dans les geysers (et ça pue le soufre), les marmites du chef ne sont pas toujours du meilleur goût.

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Et pour finir une Laguna Colorada avec ses milliers de flamands roses qui nous fait oublier le vent qui s’est levé. La couleur de cette lagune change complètement selon l’horaire de la journée, quasi incolore le matin, elle devient rose profond en fin d’après midi, lorsque les micro pigments activés par le soleil remontent en surface.

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Le second plat, classique, n’en démérite pas moins. La Laguna Colorada sous un nouvel angle, dans une teinte de rose plus pâle que la veille, avec son affluent d’eau chaude sous le mirador.

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L’arbol de Piedra au milieu de rochers plus sculptés les uns que les autres, l’occasion de grimpouiller.

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Le 4*4 a la très bonne idée de tomber en panne un peu plus loin, le long d’un autre chaos rocheux. Heureusement, nos chauffeurs sont aussi des mécanos hors pair (dès qu’ils ne conduisent pas, ils sont en train de trifouiller les moteurs!). En une petite demi heure, la cause de la panne est identifiée et réparée, le temps de finir la séance d’escalade/photos.

La suite se compose d’une successions de petites lagunes toutes plus mignonnes les une que les autres, avec leurs inévitables flamants, canards et autres bêtes volantes.
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Le temps commence à se gâter au moment de la pause picnic (forcément, tous les autres jours on était abrités et il a fait beau). Nous échappons à la pluie de justesse et commençons une course avec l’orage qui se rapproche vitesse grand V. C’est sous un ciel très plombé que nous verrons donc les volcans « qui fument » au milieu d’une plaine de lave pétrifiée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance est électrique, on en a les habits qui grésillent!
La route se dirige ensuite vers le Chili, et une des frontières les plus déprimantes qu’il soit donné de voir. Une voie de chemin de fer, un village fantôme, une barrière… On se dit que le douanier qui est muté ici est vraiment puni.
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Nous ne ferons ensuite qu’apercevoir le salar de Huarani qu’on ne pourra malheureusement pas traverser à cause de la pluie. Trop d’eau rend la gestion de la route plus compliquée. Cette journée se finit par la  traversée de villages avec un air de bout du monde, avant de gagner notre hébergement au bord du salar d’Uyuni. Ce soir, grande classe, on dort dans un hôtel de sel! Et oui, le matériau n’est pas rare par ici… Célébration avec quelques bouteilles de vin achetées sur le chemin pour l’occasion, ne perdons pas les bonnes habitudes. La discussion est animée entre les guides pour savoir à quelle sauce nous allons être mangés le lendemain… Tentative de traversée du Salar d’Uyuni ou non? Finalement, nos chauffeurs étant joueurs, ils nous préviennent que cela va peut être être long (pas plus de 5km/h dans l’eau salée pour ne pas tuer le 4*4), mais qu’on va le tenter. Et nous serons a priori le dernier groupe de l’agence à traverser jusqu’à ce que la saison des pluies soit terminée… Chanceux nous sommes!

Le lendemain donc,  place au dessert. Et là on s’aperçoit que c’est la spécialité de notre chef bolivien. Au programme, traversée du salar et retour à Tupiza. Notre chauffeur nous explique que toujours en raison de la pluie, nous ne pourrons pas aller jusqu’à l’ile des cactus au centre du salar, mais que nous pourrons quand même le traverser. On vous laisse le goûter par vous mêmes , sous une fine pellicule d’eau, c’est encore meilleur!
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Sortis de là les yeux pleins d’images surréalistes, nous nous arrêtons déjeuner dans un village aujourd’hui pleins de stands pour touristes où nous croisons… Simon et Zoé qui font le tour en sens inverse! Décidément la Bolivie est plus petite qu’on croyait. On réalise également la chance que nous avons puisque l’ensemble des tours venus d’Uyuni n’iront pas plus loin que l’hôtel de sel, construit illégalement au milieu du salar il y a des années, ressemblant plus à un Disneyland pour chinois qu’autre chose.
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Pas la partie la plus intéressante du salar. Arrivés à Uyuni après un détour par un étrange cimetière de trains,
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la majorité de nos compagnons s’arrêtent ici pour continuer leurs explorations boliviennes. Après des au revoir et échange de coordonnées avec nos sympathiques compagnons de voyage, nous retournons à Tupiza avec notre véhicule pour déguster les dernières douceurs du voyage. Un superbe arc en ciel nous offre un bel adieu à cette région.
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Le moins qu’on puisse c’est qu’on savouré jusqu’au dernier instant ce voyage, qui conclue magnifiquement notre venue en Bolivie. Demain direction l’Argentine!

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Retour en lieux civilisés

En quittant Sajama, on sait que le périple jusqu’à la prochaine étape va être long. Mais les bus boliviens ayant pensé à tout, ils nous permettent de commencer la journée de bonne heure, 5h15 pour le seul et unique minibus pour quitter le village! Le magnifique ciel étoilé sous lequel nous attendons congelés compense un peu ce réveil matinal… Qui fut encore plus matinal, car au vu de la mésaventure à l’aller, hors de question de rester hors du bus plein coincé dans le village. Les Danois qui partageaient la même maison d’hôtes sont encore plus motivés que nous, sur le pied de guerre à 4h45! Le minibus sera finalement plein, mais nous apprenons avec regret qu’il faudra en changer pour arriver à Patacamaya, alors qu’il est normalement direct. Nous en sommes donc à déjà 2 minibus, il est 8h30, le moment d’attraper le bus pour Oruro. On attend un bon moment son passage et il est…plein. Tant pis, ça sera encore 2 heures de voyages dans l’escalier , installés comme on peut, mode bolivienne. Oruro, la ville étape, ville atroce. On étaient prévenus, les danois nous avaient dit qu’à coté, Patacamaya (qu’on avait déjà trouvé fort peu accueillante), c’était franchement sympa. Nous n’en verrons que les abords et le terminal de bus, mais rien ne nous motive à en voir plus. 4e bus de la journée, direction Potosi. Comme d’habitude, on prend le premier qui part, c’est pas forcément le plus classe. Là, c’est carrément le plus « pourri » qu’on ait eu à prendre. Enfin, il nous emmène à bon port, c’est le principal. Arrivés vers 17h à Potosi, on renonce à poursuivre jusqu’à Sucre, plus le courage pour un 5e bus de 3-4h.
Et puis, Potosi, c’est quand même une étape à faire. La ville la plus haute du monde, 4000m et des brouettes (plus que Lhassa au Tibet). L’origine des richesses du « Pérou » (l’ancien nom du Pérou fusionné à la Bolivie). Plein de mythes circulent sur ces mines d’argent qui auraient fait la fortune de l’Espagne conquérante de l’époque. Nombre de théories financières accordent une grande importance à ce flux important d’argent venu de cette colonie, nommé même seule et unique ville impériale d’Amérique du Sud : selon certain théoricien l’argent issu de ses mines serait même à l’origine du capitalisme, rien que ça! Les abords de la ville ne font pas rêver, entre tas de déchets et baraques miséreuses.

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Vue sur le Cerro Rico, plus troué qu’un gruyère parait il, depuis le centre ville

Le centre ville a lui un peu gardé de son faste d’antan. On y voit de très belles façades d’époque, malheureusement en train de tomber en ruines, de belles églises, de jolies places. Le tout est surmonté par le Cerro Rico, la fameuse montagne a priori plus percé qu’un gruyère sous terre. L’attraction principale pour les touristes, la visite guidée des mines (toujours en activité) ne nous tente franchement pas ni l’un ni l’autre. Pas envie de jouer à Germinal en direct. Des hommes y travaillent encore dans des conditions très pénibles pour extraire l’étain, on y meurt régulièrement, d’un point de vue éthique, jouer au touriste là dedans ne me semble pas bienvenu. D’un autre coté, les visiteurs apportent de façon coutumière aux mineurs des petits cadeaux et permettent de faire connaitre leur labeur. Les deux points de vue se défendent, mais pour nous, on se contentera de la visite de la Casa de la Moneda.

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Le lendemain, parce que pour le moment, il fait sévèrement froid le soir, on fera le combiné: un bon resto avec un (faux) feu de cheminée, une douche chaude et une bonne nuit avec un vrai (rarissime!) radiateur.
Sous un beau ciel bleu, nous allons donc visiter la fameuse maison de la monnaie, nous cultiver un peu sur la période d’or (ou plutôt d’argent) de la ville. La visite guidée dans un anglais catastrophique n’est pas des plus brillantes, mais on y voit de belles choses et on ressort moins bêtes qu’avant!

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Cour intérieure de la Casa de la moneda: le visage frappé sur les pièces de monnaie serait mi-souriant mi-triste selon la légende, lorsque l’on regarde chacune des moitiés du visage…

En vrac: un mélange d’art indigène et d’art classique du 17e siècle au niveau peinture, une belles collections de minéraux (qui nous fait prendre conscience du nos énormes lacunes en tableau périodique, adieu la prépa), des machines impressionnantes avec une évolution dans le temps intéressante pour frapper la monnaie… On termine ensuite notre tour de la ville par le reste des églises et autres petites rues non vues la veille. C’est Dimanche, on croise des processions avec fanfares (religieuses?), les sorties de messe sont bondées et on ne comprend pas tout à leur façon de pratiquer le catholicisme (ils amènent des genre de petites poupées dans des boites à l’église tout en dansant?!).

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Un bon déjeuner plus tard, en route pour Sucre, prochaine étape de la soirée.

La route entre les deux villes et très belle, le relief très accidenté. On descend au fond de la vallée pour rejoindre la capitale constitutionnelle du pays, quand même perchée à 2700m d’altitude. Il est haut ce pays! Changement d’ambiance dans cette très grande ville. Tout fait plus aisé, pas de gros « bidonvilles » s’étendant à l’infini à ses abords, les maisons sont mieux finies, les rues mieux entretenues. On arrive dans une pension très sympa, où nous retrouvons…Simon et Zoé, les 2 français de Sajama! La Bolivie est petite, ou alors les adresses du routard trop courues… Partis un jour avant nous, c’est amusant de les retrouver ici. L’ambiance est très sympa, très très française et c’est une grande tablée qui boit un verre de vin et mange ensemble le soir. Les français à l’étranger, on ne les refait pas… Tous avec leur bouteille de vin, et à parler de cuisine! On passera sur le fait qu’on s’est fait avoir comme des bleus sur la bouteille qu’on a acheté (en fait du porto…). Bref, de bonnes soirées dans un cadre qui donnerait envie de rester encore plus longtemps à se poser, une chambre sympa et surtout un calme…comme il est difficile de trouver dans ce pays pour dormir. Et en plus, comme à l’hôtel de Potosi, deux petits chatons à dispo tout prêts à venir ronronner et se faire câliner à l’occasion. L’un d’eux pourrait presque être un sérieux concurrent pour Silka, il semble déjà bien balèze en matière de vocalises et tient absolument à rentrer dans notre chambre. Bref, recharge des batteries.
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Le tour de la ville confirme cette impression d’aisance et de bonne conservation des bâtiments. Tout invite à flâner, aussi bien dans les parcs que dans les rues (hum les boutiques de chocolat…). On met sur le compte de la période le fait que nombre de commerces, théâtre et autres soient fermés (grandes vacances ici). Une partie de la journée est consacrée aux questions d’organisation futures. Nombreux coups de fils et temps passé sur internet, malheureusement en vain pour une bonne partie des objectifs! On fera avec… Le marché central nous offre une belle pause dans ces prises de tête, plein de couleurs, d’odeurs, tests de spécialités locales et à des tarifs défiant toute concurrence pour les Européens que nous sommes, même si on trouve encore moins cher en Bolivie.
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Le lendemain, poursuite de la découverte de la ville, avec la parc Bolivar et sa fameuse représentation de la tour Eiffel (où on ne peut pas y monter!!!).
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Puis montée au couvent/mirador de la ville, qui offre effectivement une très belle vue sur Sucre et ses collines environnantes.
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Le temps a été mitigé depuis notre arrivée, alternant entre pluie et soleil, cette journée ne dérogera pas à la règle: coup de soleil et rincée en 2 heures de temps! Le couvent est très beau, dommage que la visite ne soit menée tambour battant par une jeune guide vissée à Facebook sur son téléphone et fort peu encline à passer du temps en explications…

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Nous passons ensuite au musée du folklore jeter un œil au fameux masques du pays (une grande tradition que le carnaval ici) et tombons par la même occasion sur une expo à thème « L’histoire de la France à travers les publicités »! Assez hors contexte, mais très rigolo de tomber ici sur les vieilles pub Gitane, Peugeot ou même plus récemment…Leclerc. Après tout ça, on rentre se poser un peu à la pension, en vue de ne pas perdre tout le bénéfice de ces bonnes nuits dans le trajet de bus de nuit qui nous attend dans la soirée…

Dans un décor de carte postale

Après toutes ces aventures frisquettes, on a bien besoin de chaleur. Et comme des fois, on peut avoir des mauvaises idées, des fois on en a des bonnes. La bonne idée, aller à Sajama, parc naturel à la frontière du Chili. Une des plus belles choses du voyage jusqu’à présent. Un vrai coup de foudre, à l’unanimité à deux!

Sajama, c’est un tout petit village, avec des airs de Far west, tellement près du Chili qu’on peut presque avoir un pied dans chaque pays. Après les péripéties habituelles de trajet, c’est à dire, le bus de La Paz qui te jette en roulant dans un No Man’s land appelé Patacamaya (aussi accueillant qu’un douanier russe), l’arrivée en courant au supposé minibus (le seul et unique de la journée) à 11h59 pour un départ à midi, et tout ça pour apprendre qu’il est parti plein à…11h. Youpi. Heureusement, après rencontre d’un autre couple de français (Simon et Zoé si vous nous lisez), on apprend que des négociations sont déjà bien avancées , un autre minibus accepte de faire les deux heures de trajet restantes, quasiment à plein.  La route est splendide, le paysage avec des formations rocheuses de toutes couleurs dans les dégradés de rouge, tout est basculé sur le coté, un festival de toute beauté.

A Sajama, il fait beau, il fait presque chaud, et le village est entouré de volcans dépasssant les 6000m. Sajama, le toit de la Bolivie, 6500m et des brouettes, surplombe majestueusement les quelques maisons. Au loin (mais pas si loin), les silhouettes du Parinacota et du Pomerape délimitent la frontière avec le Chili. Partout, des lamas broutent tranquillement sur ce fond de paysage, tellement cliché, tellement carte postale.

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Nous allons, en bons occidentaux bien élevés que nous sommes, de notre plein volontariat, payer notre entrée au parc naturel à la guérite. Grave erreur. A part payer, on a pas vu l’intérêt. Aucune carte fournie, aucune explication, aucun guide à l’horizon, juste une mama qui est là pour encaisser. On s’apercevra qu’au final, il n’y quasiment aucun chemin d’indiqué, rien n’est entretenu, bref, on ne sait pas franchement pourquoi on a payé. En revanche, nos hôtes dans le village, Justinia et Gregorio, se révèlent adorables. Un de leur fils est même devenu le meilleur pote de Séb…

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Lui est guide (quand c’est la saison…), elle s’occupe du logement et des repas. Notre « hutte » est toute mignonne, il n’y fait pas chaud, mais les 4 couvertures fournies et l’eau chaude compense! Gregorio nous communique gentiment plein d’infos et de possibilités de treks dans le coin, il est un peu au chômage en ce moment, les guides faisant de la construction dans le village pendant cette saison « morte ». Munis de ces informations, nous modifions notre plan et décidons de partir sur une rando de deux jours, ayant finalement tout ce qu’il fallait depuis Sorata. Le coucher de soleil sur les montagnes que nous visons nous motive d’autant plus. La vue sur le Sajama enneigé depuis la salle à manger en attendant notre dîner est sublime. Dommage que ce soit pas la bonne saison pour y monter…

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Les habitants, eux, ne voient plus ce coucher de soleil, et profitent du moment pour un basket mixte général, avant de tous se retrouver dans cette même salle à manger (qui semble servir de bar PMU local en fait) pour boire…du pepsi.

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Préparation des munitions pour ces deux jours, une nuit bien au chaud dans le sac de couchage malgré l’ambiance glaciale, un petit déj sommaire et direction les geysers. Paysage de carte postale en vue…

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A un moment, on se dit que quand même, on a la poisse, les nuages se dirigent et se concentrent pile sur le sommet vers lequel on se dirige… Oui, oui, nous, on va vers l’endroit qui se fait repeindre sévèrement pour le moment alors qu’autour c’est grand ciel bleu. Bref encore un choix de gagnant. On est même censés y dormir, entre la barrière enneigée et celle qui la protège devant…

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Et puis bon, faut y croire, donc on continue, et la chance nous sourit enfin. Les nuages tournent autour, mais nous évitent, et on passe presque au travers des gouttes. Le temps est quand même très étrange, on alterne entre des averses de neige de 5 minutes et de superbes éclaircies. Découverte des geysers locaux, ça fume, ça sent fort le soufre, de belles couleurs (mais mine de rien…ça vaut pas l’Islande!)

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On marche , on marche, on enchaine les kilomètres, on grimpe fort, y’a du dénivellé quand même, et puis vu qu’on part de 4250m l’altitude se fait sentir. Les beaux paysages, ça se mérite! Et enfin, on y est. Y’a même un panneau qui nous le dit: un pied en Bolivie, un pied au Chili, nous voilà à la première laguna du parcours.

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Il parait qu’on est dans un futur royaume du bloc, alors, ça mérite bien quelques découvertes…

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L’endroit est rempli des marmottes locales, qui ressemblent plus à des gerbilles géantes ou à des gros lapins, au choix. Pas farouches les bestioles, elles font la sieste au soleil, imperturbable, et ne sifflent l’alerte qu’en cas d’approche vraiment trop rapprochée.

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A force de suivre ces petites bêtes, on se retrouve à marcher dans un énorme pierrier (on aime la facilité), on voit plus le chemin, mais bizaremment, sans brume, quand on voit les sommets, l’orientation est plus facile. La vue du coté chilien est très dégagé, les points de vue splendides.

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On monte en surplomb de cette première laguna chilienne, couverte d’oiseaux aquatiques qui se manifestent bruyamment, pour rejoindre celle de notre campement, la laguna Sajama. La claque. L’endroit est fantastique. En plein milieu d’un cirque, surplombé de cimes enneigés, une lagune superbe, à 5000m d’altitude, des couleurs déclinées dans toutes les gammes.

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Et le coucher de soleil… Magique. Les heures passent tranquillement à observer les couleurs changer, sans ennui à l’horizon.

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Festival de couleurs, avec baisse de température flagrante dès que le soleil se cache, on sent que la nuit va être très fraiche. Mais notre campement est bien installé, prêt à subir les rigueurs de la nuit! Et puis, avec nos nouilles chinoises instantanées et nos mate, on est parés. Il ne reste plus qu’à tirer à la courte paille celui qui va devoir aller faire la vaisselle et chercher l’eau pour le matin…

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La nuit est bien froide (faut pas rêver, à cette altitude), mais bien équipés, ça passe plutôt bien. Les oiseaux, qui s’étaient calmés la nuit, reprennent leur concert de plus belle dès le lever du jour. Un canard a un cri particulièrement énervant, qui semble se moquer de nous en permanence, heureusement que nous ne sommes pas chasseurs… Le petit déj de rando, grand luxe, porridge méga sucré et mate brulant avalés, on plie la tente et c’est reparti. A partir de maintenant, les indications de Gregorio (soigneusement prises suite aux aventures de Sorata), se révèlent beaucoup moins réalistes. Le sentier, censé être « ultra bien marqué, on peut pas le rater », est en fait quasi inexistant. En gros, on voit autour de nous, donc pas franchement dur de savoir vers où aller, alors on coupe à travers la pampa. Un dernier col à plus de 5000m, et on accède à la 3eme laguna.

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Plus grande, plus classique, plus « alpine », elle nous tape moins dans l’oeil que les deux précedentes. Peut être sommes nous aussi plus fatigués, et la descente n’est pas évidente, elle met les jambes à rude épreuve. Nous y croisons les seuls et uniques randonneurs durant ces deux jours, qui ont eux choisis de camper le long de cette dernière. Les kilomètres s’enchainent, la descente est en terrain « sauvage », c’est à dire qu’on croit suivre un chemin, puis en fait il disparait, puis réapparait, bref, on finit par suivre grosso modo la direction et plus vraiment un sentier. Une pause déjeuner bien mérité, on se motive, et enfin, on arrive aux eaux thermales, fort bienvenues. On a l’impression de déranger en arrivant les deux mamas qui tricotent, qui nous ouvrent de mauvaise grâce, nous demandent de payer (pour une absence totale d’installation, pas de douche, et on a déjà payé l’entrée du parc). Mais bon, on est vraiment rincés, on se dit qu’un bain chaud, ça ne se refuse pas… Et puis la vue sur le Sajama en fond, on peut pas dire que ça soit désagréable!

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Les derniers kilomètres, il faut se motiver. On est tout mous, tout détendus et plus vraiment envie de marcher. Le village semble reculer au fur et à mesure qu’on avance. On finit tout de même par arriver, bien fatigués, avec pour seule et unique envie de se poser. Mais quand même très heureux de ces 2 jours, on se dit que c’est pour des moments comme ça qu’on est parti, réconciliation avec la Bolivie consommée!

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La route de la mort

Après ce retour de Sorata bien mouillés, bien enrhumés et bien crevés, stop à La Paz en vue de la prochaine sortie. Au programme: descente en VTT de 75km depuis La Cumbre (4800m) jusqu’à Yolosa (1700m) dans les Yungas.
Une bonne balade en prévision donc… Brève étude de marché dans la rue des agences, inspection des bécanes par l’expert en la matière (il parait qu’on va avoir des vélos de compèt’) et décision finale. Nous n’aurons pas les plus belles combis (taille L pour tout le monde, pas imperméables et choix de couleurs discutables), ni les plus beaux équipements (les scratchs des protections ne sont pas de première jeunesse), ni les plus belles photos (Cf la suite, ce ne sont pas les nôtres…), mais on aura la descente la plus rapide!!!

Notre (très) jeune guide passe nous chercher de bonne heure à l’hostel pour une heure de route en minibus direction le sommet au dessus de La Paz. Déjà pour commencer, il n’a pas nos noms mais 3 autres, on le reconnait au logo de son bout de papier. Nous ne serons finalement que 3 pour cette sortie, la soirée de la veille ayant visiblement fait des dégâts sur les autres prétendants prévus à la descente… Les cheveux qui poussent à l’envers, incompatibles avec le vélo. Un jeune New Yorkais sera notre compagnon pour la journée, très sympa.

Ambiance au départ: Neige, route verglacée, brume, (très) froid, on sent l’altitude! Les paysages sont superbes, l’environnement très sauvage.

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On ne démarre pas du sommet même, la route est trop glissante. Camion garé à 4500m, on débarque les vélos, on s’équipe (mmmh la bonne odeur de renfermé humide…) et c’est parti!

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La première section se fait sur route goudronnée, pas trop d’intérêt, hormis de se familiariser avec le bolide (enfin surtout permettre à Séb de faire des petits bonds avec…). On est content de ne pas avoir démarré plus haut comme certains. Qu’est ce qu’on se les pèle!!! Malgré toutes les couches enfilées, ça caille sévère. Et on est trempés avec la brume et la pluie au bout de 5 minutes. Le petit plus: jouer à doubler les camions dans la descente (notre guide est farceur).

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Le froid se fait moins oppressant en redescendant, et le paysage toujours très beau malgré le temps maussade.

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Petite pause au bout d’une heure de route, casse croute rapide, on se réchauffe un peu le temps de remonter dans le camion et de faire 15min de route qui remonte un peu (c’est qu’il ne faudrait pas se fatiguer!). Le vrai début de la Ruta de la muerte, c’est maintenant. Une ancienne piste empruntée jusqu’il y a 2 ans par les véhicules, on se demande comment vu la largeur de la route, défoncée, et avec un bel à-pic pour se faire peur sur le bord.

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Changement total de décor, on passe dans une végétation luxuriante, de nombreuses cascades (dont certaines finissent sur la route), la couche de nuages nous laisse entrevoir un magnifique paysage de forêt qui se tropicalise. Et surtout la descente devient super intéressante!

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Attention, Séb en pleine action! Le petit New Yorkais se paye une bonne gamelle dans un virage, et oui, faut pas arriver trop vite quand même… La piste descend bien, ça glisse fort, ça secoue aussi et notre guide voyant qu’on suit bien est en mode descente « pleine balle ». En gros, on double les autres groupes, on se fait plaisir sur les sensations, ça dépote!

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Et ça rince bien aussi…

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Au bout de 2 bonnes heures de descente, on est trempés dehors (taux d’humidité maximum!), trempés dedans (on a du prendre 20°!) et contents de la vue à l’arrivée. Bon, l’appareil du guide n’a pas franchement apprécié le traitement climatique qu’il a subi, la qualité des photos ne s’est donc pas améliorée au fur et à mesure du temps…

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On a droit à une douche tiède (à peine), un buffet à volonté pour se revigorer dans un hôtel dans les Yungas, en short/débardeur, une attaque de mouches piqueuses en règle (s’il y a bien une chose qu’on a pas pensé à prendre, c’est bien du reppelant…) et puisque la température ne se prête pas non plus à un plongeon dans la piscine c’est reparti pour 3 heures de route (la vraie cette fois!) pour rentrer à La Paz. Notre chauffeur se prend pour Sébastien Loeb, double des 4*4 en virage dans la brume en montée en montagne, c’est sportif. Mais on arrive entiers, c’est l’essentiel! Une belle expérience cette journée.

Été bolivien, été diluvien

Parfois, on a des mauvaises idées. Des jours comme ça, où on est pas inspirés. Ça arrive à tout le monde, c’est juste désagréable quand on s’en rend compte. La mauvaise idée du jour en ce qui nous concerne, c’est de s’être acharnés à vouloir voir la Cordillera Real. Voir si elle était aussi belle que la Cordillera Blanca du Pérou, qu’on avait adoré. Le paramètre qui changeait, c’était la météo. On s’était dit qu’on allait être chanceux, qu’on était équipés, que la pluie ça n’a jamais fait fondre personne et blablabla. Mouiiii bien sur. Beaucoup de pluie ça ne fait pas fondre, mais ça n’est pas hyper agréable non plus en fait… Reprenons du début. Départ pour Sorata en minibus, rempli au taquet, collés à des boliviens pas bien lavés, 4 heures de bonheur. Temps mitigé, beaucoup de nuages, mais pluie limitée, ce qui nous a offert de très belles vues sur le trajet. La route est superbe, surplombe par moment le lac Titicaca d’un coté et est bordé par la Cordillera Real de l’autre. D’un coté le ciel bleu, de l’autre, les nuages menaçants. On se dirige pas franchement du bon coté… L’arrivée sur Sorata est splendide, descente depuis les montagnes escarpées dans la vallée, vers 2700 mètres. image La ville en elle même ne présente pas grand intérêt, mais offre une bonne base de départ. Nos courses faites pour 3 jours de rando à La Paz en vue d’atteindre la Laguna Glacial, nous avons seulement besoin d’un peu de renseignements sur les conditions locales. La carte, c’est rudimentaire, on la photographie au mur de l’hostel où elle est affichée. De toute façon, rien n’est à jour, aucun chemin de valable, seul le relief et les distances nous intéressent. On part discuter à la maison des guides à coté pour faire un peu le point, forcément, on nous propose les tours, mais accompagnés de guide ou muletiers, pas prévu car envie d’être tranquilles. Felipe, qui nous renseigne, nous répète bien que la météo en ce moment, c’est pluie tous les jours et c’est normal en Janvier. Mais il nous dit que ça vaut le coup quand même, que la laguna glacial est accessible sans équipement spéciaux. Le risque le plus grand…C’est de se perdre!!! Plein de chemins partent en effet de Sorata pour se rendre à la Laguna Chillata, notre 1ere étape. On avait d’ailleurs croisé à la frontière une québécoise qui n’avait jamais réussi à trouver cette fameuse lagune en partant seule avec son copain… On opte donc pour la solution qui nous semble la plus maligne après réflexion, se faire déposer par Felipe en 4X4 vers 3500 mètres, d’où a priori on ne peut plus se perdre (plus de villages à traverser). Cela nous permet de plus de faire la laguna en 2 jours au lieu de 3, non négligeable en cas de mauvaises conditions climatiques. Et bien, en matière de « mauvaises conditions climatiques », on a été servis! Déposés à 3500 mètres, on commence déjà par se perdre au bout de 10 minutes (ça devient une habitude de toujours prendre le mauvais chemin à la 1ere intersection qu’on croise). Bref on perd une bonne heure à partir sur la mauvaise route, on n’y voit rien, mais rien de rien. Visibilité 50 mètres grand max, grand brouillard épais. image On ne voit pas les sommets, on ne voit pas les vallées, l’enfer pour s’orienter. Comme ça commence à nous gonfler de faire n’importe quoi à chaque début de rando, on finit par faire demi tour, se réorienter avec la boussole magique (spéciale dédicace à qui se reconnaitra ;-)…), et bingo, nous voilà sur le bon sentier (enfin on espère!). Cela s’avère effectivement être le bon sentier (ou tout du moins un des sentiers qui mène à la laguna, vu qu’il y en a 50 en vrai, un sur la carte, et il ne correspond résolument pas à là où on est). Dame nature, elle, n’étant pas contente, il se met à pleuvoir, pluie qui nous accompagnera longtemps… Grand moment de solitude en arrivant à Chillata. On ne se rend compte qu’on est arrivés au lac qu’en mettant les pieds dedans… image Et oui, ce qu’on a d’abord pris pour une grosse flaque ou une mare (vu qu’on y voyait peut être à 5 mètres en arrivant), se révèle finalement être le lac au bout de 5 minutes d’attente de dissipation de la brume. En vrai, le site est magnifique, mais reste très pudique, on en voit des morceaux, puis d’autres, on a même le droit de voir le lac en entier pendant au moins une minute d’affilée!!! image On avale une soupe en vitesse (trempés, congelés) et après brainstorming, vu qu’on est pas qu’un peu fêlés et qu’on n’aime pas les demi-tours, on décide de continuer vers notre étape de nuit. On monte, on monte, on passe un genre de barrière rocheuse pour repasser dans une autre haute vallée, on cherche désespérément la mine abandonnée censée servir de repère pour camper…Et on finit par poser la tente sur les 3m2 de « pelouse » non inondée qu’on trouve après arpentage du terrain et nettoyage des multiples bouses de vaches, ces dernières étant d’ailleurs les seules présences vivantes croisées depuis le départ. Il pleut, il pleut, il repleut… Le montage de la tente est sportif. Le taux d’humidité…100%? Bref, on s’emmitoufle dans les sacs et on tente de ne plus en sortir, toutes nos affaires étant trempées. Et on se demande quelle stupide mouche nous a piqué quand on a eu l’idée de venir ici. Puis de continuer quand on pouvait encore faire demi tour. La réponse, on l’a le lendemain au réveil. On est au dessus de la mer de nuages! Et on voit enfin le fameux sommet de l’Illampu, sous lequel on a marché et dormi la veille, sans en distinguer le contour… image Les alentours sont magiques dans la lumière du matin, les vaches nous observent dans l’aube, intrigués par ces 2 bipèdes venus se perdre dans la montagne. Une croute de glace recouvre la tente, on comprend qu’on ait eu un peu froid cette nuit, toujours cette humidité ambiante. image Brainstorming de nouveau, que faisons nous? On tente la Laguna Glacial pendant cette brève ouverture météo ou on descend comme décidé la veille? Un coup d’œil aux sommets alentours, sous le soleil de 6 heures, la tentation est trop forte. Un petit déj’ et c’est parti. Nous ne marcherons malheureusement pas assez vite pour ne pas nous faire rattraper par les nuages… La brume monte de la combe, descend, remonte, un vrai yoyo. Le chemin est plutôt pas trop mal marqué, même quelques cairns, ça monte sec dans une moraine. Les choses se corsent quand forcément, ce qui devait arriver arriva, au dessus de 4500 mètres, ce qui hier nous est tombé dessus en pluie, ici, c’est de la neige. En mode borné/têtu, on continue à monter, on se dit que tant qu’on est pas dans la brume, qu’on voit le sommet, c’est bon. Totalement idiot en vrai. image On est dans une énorme pierrier depuis une heure avec la couche de neige qui s’épaissit de plus en plus, et les nuages nous rattrapent. On doit être à 100 ou 200 mètres de cette fichue laguna glacial, mais pas moyen de la trouver et de se repérer et plus de sentier ou quoique ce soit ressemblant depuis un bon moment. On finit par abandonner, on est déjà aller bien plus haut que la prudence ne le recommandait, ça glisse terriblement, passer de pierre en pierre branlante couvertes de neige en descente, pas terrible-terrible. Frustrés, c’est la première fois qu’on atteint pas notre but en rando. Mais là, il fallait se rendre à l’évidence, ça devenait trop dangereux sans crampons. Les 5000 mètres auront eu raison de nous… Au moins il ne pleut pas! Même chemin au retour, des vues différentes de la veille selon la bonne volonté des nuages. image Et soudain, trois lamas surgirent de la brume… On a même droit à toute la descente sous la Laguna Chillata avec superbe vue sur la vallée de Sorata en dessous, et l’Illampu qui continue de nous narguer au dessus. image Bilan des courses: tente congelée, chaussures qui font plus que floc-floc, sac trempé, duvet mouillé et une bonne crève pour nous deux. Heureusement que le 2ème jour nous a un peu plus épargné. Comme quoi, on a pas toujours des bonnes idées, c’est un fait.