En transition

Retour à Sydney, et pour la première fois sous un beau ciel bleu!

Sydney

Les bagages déposés à notre chambre dans le quartier de King’s Cross, direction le bureau de retrait de la poste restante pour voir si on aurait reçu quelque chose… Et c’est avec un grand sourire que l’on reçoit l’enveloppe contenant notre carte SD perdue plus d’un mois plutôt! Sympa les kiwis! Robb, le gérant du camping nous l’a expédié, et c’est un grand soulagement pour nous. On en profite ensuite pour faire un tour à pied dans le centre-ville, on l’a pu voir quelque beau bâtiments, comme le victoria mall, les arcades …etc.

Sydney

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C’est beaucoup plus sympa sans la pluie! Quant à notre quartier qui semblait assez sage de jour, une fois la nuit tombée est plus « olé olé » avec tous les néons des salles de spectacles pour adultes. Néanmoins en se balladant un peu, on trouve plein de petits restos un peu plus loin qui ont l’air très sympa.

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C’est en fait un peu le quartier bobo.

Sydney

On se refait une petite ballade le lendemain, avant de se diriger vers l’aéroport pour notre prochaine destination : l’Asie!

Un nouveau chapitre est clos puisque l’arrivée à Jakarta est vraiment différente. Des dizaines de chauffeurs de taxi nous sautent dessus pour nous emmener en ville (à des prix prohibitifs), une fois dans le (bon) taxi on se dirige vers l’hôtel dans le centre car nous avons prévu de partir tôt demain matin en train. En route on peut voir, de nuit, à quoi ressemble la ville. C’est finalement assez proche de Bangkok que l’on connait pas trop mal, les temples bouddhiste en moins et les mosquées en plus. Car ce qui nous semble le plus étrange, c’est d’être dans le plus grand pays musulman du monde, mais en Asie!
De grandes tours de bureaux ultra modernes et de grands hôtels de luxe accompagnées de toutes les plus grandes chaines internationales de mode et de restauration côtoient des bâtiments beaucoup plus populaires, le tout au milieu une circulation effrénée. Cela faisait longtemps que l’on avait pas eu droit à un énorme bazar et un chauffeur de taxi aussi kamikaze. Arrivée de nuit, donc pas de photos, désolé!

Arrivés à l’hôtel, on s’aperçoit que celui applique la charia. Heureusement pour nous on ne nous demandera pas si l’on est mariés, car trouver un nouvel endroit pour dormir à cette heure (21h) dans une ville aussi grande ne serait pas très aisé… On réussira donc à y passer la nuit sans encombre avant de partir vers notre prochaine destination.

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Le rêve australien

Finalement, frustrés par la météo, nous avons décidé de décaler notre vol pour aller découvrir le joyau de la côte Est, les Whitsundays Islands et la grande barrière de corail. Après une nuit terrible dans 2 bus plus qu’inconfortables, on a dû changer en cours de route pour de mystérieuses raisons, nous arrivons fatigués au terminal d‘Airlie beach, point d’entrée vers les îles. Qui aurait dit que le plus mauvais long trajet en bus qu’on aurait à faire serait en Australie?
Installés dans notre chambre (le luxe, plus de camping) et un petit déjeuner plus tard, nous faisons le tour des agences pour trouver une excursion. Nous optons finalement pour la version haut de gamme, 3 jours 2 nuits sur un voilier, avec tour des îles jusqu’à la barrière de corail (à 65km des côtes quand même), plongée incluse. C’est que c’est plutôt la morte saison ici, et les promotions s’enchainent… à notre grand plaisir! De plus le temps semble être de la partie ,c’est un grand ciel bleu qui nous a accueilli avec une chaleur douce, météo qui doit durer au moins jusqu’à notre départ! Bref prolonger semble avoir été une bonne décision. Le bateau ne partant que lundi matin, le reste de la journée et le lendemain seront plutôt dédiés au farniente au bord du lagon artificiel : une très grande piscine d’eau salée en bord de mer, car la présence de 2 types de méduses potentiellement mortelles rend impossible toute baignade dans l’eau.

Whitsundays

Et pourtant, à voir sa couleur et sentir sa température, on n’a qu’une envie, c’est de s’y jeter! Pour se dire que malgré la fatigue, on n’a pas que bronzé, on fera quand même le tour de la baie à pied, sympathique au demeurant.

Whitsundays

Le jour du départ, on se rend au point de rendez-vous, pour découvrir les 10 autres passagers et 3 membres d’équipage qui nous accompagneront pendant ces 3 jours.

Whitsundays

Le bateau n’a pas l’air très grand, mais l’agencement plutôt bien pensé permet de se sentir confortable à bord. Après un briefing de l’équipage, nous prenons la direction de la whiteheaven beach , l’une des plus belles plages du monde, la plus pure en silice en tout cas. Mais en bon australiens qui se respectent, Brent le commandant de bord, Bjorn le moniteur de plongée (qui est en fait hollandais) et Stefan le cuistot (qui est en fait canadien et également moniteur de plongée), nous nourrirons copieusement en chemin, avec une vue splendide sur les îles.

Whitsundays

Débarqués sur l’île, nous nous dirigeons vers le point du vue sur la plage, et nous nous félicitons plus que jamais de notre décision en découvrant la vue s’offrant à nous. Mais on vous laisse juger aux images…

Whitsundays

Whitsundays

Whitsundays

Le point noir: la baignade. En raisons de ces maudites méduses nous devons enfiler des stinger suits, combinaisons intégrales et cagoules pour nous protéger de ces fichues bêtes. Le look « ninja » n’est pas des plus agréables, surtout vu la température extérieure, mise à l’eau impérative!

Whitsundays

Le sable est incroyablement blanc, fin et ne chauffe pas au soleil. Les eaux transparentes et très peu profondes sont un refuge pour les requins en bas âge et raies que nous aurons la chance d’apercevoir. La marée baissant, c’est au tour de milliers de crabes de sortir de leurs trous, donnant l’impression que la plage est en train de bouger!

Whitsundays

Après ces quelques heures d’observations et pseudo baignade dans l’eau, nous regagnons le bateau qui s’amarre dans une petite crique, théâtre du dîner et également premier lieu de plongée et snorkelling du périple, qui débutera à 7h le lendemain! Après une bonne nuit et en bon matinaux que nous sommes devenus, nous enfilons nos combinaisons pour le premier snorkelling. L’équipage est au taquet niveau sécurité en raison des forts courants, mais nous sommes assez libre ce qui est très appréciable. De plus avant même de se mettre à l’eau, l’on peut déjà observer de multiples poissons multicolores roder autour du bateau. ça s’annonce bien!

Whitsundays

Une fois dans l’eau, la sortie prend tout son sens, le fond est couvert de coraux éclatants, autour desquels gravitent une quantité innombrables de poissons tous plus colorés les uns que les autres. Pas de photo malheureusement, notre appareil n’étant pas amphibie… Mais vous pouvez nous croire sur parole!De retour sur le bateau, c’est au tour de la séance de plongée. Bjorn nous initie aux règles de sécurité et aux gestes indispensables, puis plouf, nous explorons cette fois le fond. Sympa!

Whitsundays

Une fois remontés, nous nous dirigeons vers le clou du périple : la grande barrière, au niveau de Bait reef, qui en est un infime morceau. Il nous faut 3 heures pour l’atteindre, mais on est bien récompensés! Il faut dire aussi que « l’attente » est un grand mot…

Whitsundays

Les récifs sont visibles à l’œil nu depuis le pont du bateau, et l’on s’aperçoit très vite que c’est énorme. Encore une séance de snorkelling puis une nouvelle plongée, nous convaincront d’une chose : la barrière est grandiose. Il s’agit de plusieurs « tours » sous marines abritant quantité de coraux et poissons, affleurant à moins d’un mètre de la surface. Si les récifs étaient jolis autour des îles, ils sont sans commune mesure avec ce qu’on a la chance de voir par nos yeux ébahis. Nous aurons même le privilège d’apercevoir une espèce rare de tortue et… un requin! C’est donc la tête pleine de belles images que l’on s’endormira ce soir après un magnifique coucher de soleil sur une mer d’huile. En effet l’océan est moins agité qu’un lac, ce qui est incroyable aussi loin des côtes, comme nous le fait remarquer notre capitaine, nous sommes fort chanceux!

Whitsundays

Le lendemain, nouvelle séance de snorkelling avec un courant assez costaud qui met nos jambes palmées à l’épreuve (si on veut pas se retrouver dérivés à quelques kilomètres de là…), puis retour vers la terre ferme en milieu d’après midi sous un soleil radieux. En descendant du bateau, on réalise la chance que l’on a eu de passer ces 3 jours, avec des co plongeurs internationaux extrêmement sympathiques et un staff au petits oignons, car ça a été également l’occasion de faire de belles rencontres (si vous nous lisez…) . D’ailleurs nous nous retrouverons (presque) tous le soir même pour fêter ça autour de quelques bières.

Whitsundays

Mais le lendemain, c’est déjà finis, nous prenons notre vol de retour ver Sydney, en compagnie de Geoffroy et Coralie, le couple de frenchies avec qui on a bien accroché, en espérant qu’on pourra enfin voir la ville sous le soleil!

Le 29 Avril, il fait rarement beau

Une bonne nuit de récupération après Fraser island, la famille se lève sous un soleil radieux sur Hervey bay. Étonnant pour un 29 Avril, généralement synonyme de temps maussade… Cette année au moins, je vieillis, mais pas sous la pluie! Et j’aurais même le plaisir de disposer pour le reste du voyage d’une belle montre (rose bien sur!) à cette occasion, moi qui était partie sans. On part en fin de matinée se promener sur la plage avec pour projet de s’y baigner. L’aspect désert de celle-ci nous semble suspecte, hormis 2 stand up paddlers, pas âme qui vive dans l’eau. Généralement pas bon signe dans ce pays. Confirmation quelques mètres plus loin, où de petites méduses brillantes sont échouées partout sous nos pieds. Elles sont minuscules, on les prendrait presque pour de grosses gouttes d’eau au soleil, mais ressemblent bien à la description des méduses Irukandji , parmi les plus venimeuses au monde. Non merci, on passera notre tour, on va trouver ailleurs où faire trempette!
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Nos plans de réservation pour aller sur Lady Eliot island ayant malheureusement échoués malgré nos tentatives désespérés, nous repartons vers le Nord avec arrêt à Bundaberg pour prendre les renseignements sur ce qu’il y a à faire dans le coin. Ayant trouvé sur internet qu’on pouvait plonger le long de cette côte à certains spots sympas en snorkelling directement depuis la plage, on note des lieux et nous nous y dirigeons. Il fait toujours étonnement beau malgré les prévisions de pluie (classique du 29 Avril, rarement beau en France, pourquoi ça changerait en Australie?), alors c’est le moment ou jamais de profiter de l’extérieur. Désillusion en arrivant sur le premier site, le coin est très joli, une belle côte, mais rocheuse, où se fracasse les vagues sur les reliefs sculptés du rivage.
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Vue la houle, complètement inenvisageable de mettre un  pied dans l’eau sans revenir totalement râpé (ou pire) sur les rochers. On profitera simplement de la vue sur la mer qui s’engouffre dans le blowholes en de jolis geysers bouillonnants. L’endroit n’étant pas franchement adapté au pique nique, on prolonge un peu au hasard plus loin jusqu’au dernier bourg de cette côte où le vent est toujours aussi fort, mais une belle plage de sable s’offre à nous.
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Le tout forme une immense baie avec de nombreux bancs de sable qui ressortent à marée basse sous une lumière incroyable. Une  petite ballade pour rejoindre les dits bancs de sable nous montre toute la force du courant, difficile de s’y déplacer avec de l’eau au dessus du genou. De plus, la marée monte étonnement vite et nous faisons demi tour plus tôt que prévu afin d’éviter de se trouver coincés de l’autre coté… C’est d’ailleurs l’heure où véliplanchistes et kite surfeurs font leur arrivée. On les comprend, toutes les conditions semblent au top pour s’éclater: faible niveau d’eau, vent à décorner les bœufs et le soleil en plus! Mieux vaut maitriser la discipline en tout cas aujourd’hui, cela ne semble pas à la portée du premier venu que de maitriser une voile dans de telles conditions…
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On reprend la route en fin d’après midi après en avoir pleinement profité, direction notre étape du soir, Agnès Water et Town of 1770. Un nom bien étrange me direz vous, donné en l’hommage à l’arrivée du capitaine Cook sur ces rives. Les 2 villes sont éloignées de quelques kilomètres et sont en fait difficilement qualifiables de « villes », à peine des petits bourgs où l’on trouve quelques cafés, hébergements et boutiques, petites stations balnéaires tranquilles et éloignées de tout. Tout à fait ce qu’il nous fallait, hormis un problème: en arrivant de nuit, tout est fermé…Y compris le motel où on comptait dormir! Nous trouvons heureusement un super appartement à louer, énorme, tout confort, à un prix tout à fait raisonnable, le top. Les choses se compliquent pour le dîner, car il semblerait que… tout soit vraiment fermé. Le choix n’était déjà pas énorme, mais finit par se réduire à…la station service Caltex!!!! Qui nous sauvera le repas à renfort de pizza, chips, poulet rôti et glace Ben&Jerrys. Un repas d’anniversaire qui se révèle donc gastronomique et équilibré, mais l’essentiel avait été préparé par de petits cachottiers: bouteilles de pétillants et gâteau avec sa forêt de bougies sont au rendez vous. On pourra dire que pour mes 30 ans, on aura tout donner en matière d’originalité, celui là je ne suis pas près de l’oublier, merci les Zézima! En tout cas, on a bien rit de ces péripéties, on s’est bien étouffés avec la sauce ultra piquante de la pizza et on a explosé notre score calorique pour les jours à venir. Alors qu’importe le repas quand toute la famille est réunie pour fêter ça!
La météo finit tout de même par nous rattraper le lendemain, et oui, finalement cette année, c’est le 30 Avril et pas le 29 qui connaitra un des taux de pluviométrie record jamais enregistré. Il pleuvra sans discontinuer à grosses gouttes toute la journée, sans un moment de répit. Toute tentative de sortie se solde par un lessivage en règle, la plage au bout du chemin de notre chaleureux bungalow a des airs apocalyptiques et le ponton pour y accéder n’est pas loin de la noyade. On tentera de se consoler en meublant notre culture cinématographique australienne à grand renfort de Mad Max 1, puis Mad Max 2, puis on passe aux séries, puis…on est à court, alors on prend la voiture pour faire un tour. Il fait toujours aussi moche, Town of 1770 ressemble à une ville sinistrée, le bateau qui aurait du nous amener sur Lady Musgrave island est désespérément à quai et la dame de l’office de tourisme ne sait décidément pas quoi nous proposer… Alors vu qu’on a pas assez mangé hier, on se cuisine un repas plus diététique et moins désorganisé que la veille, pour compenser les éléments déchaînés.
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Le soleil pointe timidement le bout de son nez le lendemain, ouf. Un des intérêts de venir sur ce coin de côte était de s’initier au surf, les vagues étant décrites ici comme parfaites pour les débutants que nous sommes. C’est donc plein d’entrain et de bonne volonté que nous nous rendons à la surf shop où rendez vous est donné à 10 heures pour notre initiation.  Mais quand on a la poisse, on ne s’en débarasse pas si facilement. Le gentil surfeur plus tout jeune mais bronzé et aux cheveux blonds décolorés qui nous accueille s’excuse à multiples reprises, mais il ne peut vraiment pas faire de sortie aujourd’hui, le mer est beaucoup trop forte après la météo de la veille, seuls les confirmés peuvent s’y risquer.
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Nous repartons donc dépités, frustrés, il semble que rien ne veuille fonctionner décidément. L’Australie, pays du surf, ne veut a priori pas que nous découvrions cette religion en son sein. On se contentera d’un bain dans les eaux qui sont effectivement fort agitées, la baignade ressemblant une fois de plus plus à un essorage qu’à une tranquille trempette. Enfin, il fait beau, consolons nous comme on peut!

On en profitera dans l’après midi pour redécouvrir Town of 1770 sous un jour moins apocalyptique et voir qu’il s’agit en fait d’une baie avec de nombreux bancs de sable affleurant qui coupe totalement les rouleaux déchaînés de la mer qui se fracasse à l’horizon.

On se demandait bien aussi comment ils faisaient pour faire du kayak ici… Ballade sur la plage où des mariés échangent leurs vœux (heureusement qu’ils ne se sont pas mariés la veille les pauvres) dans un décor idyllique, points de vue sur la côte, découverte des arbres de mangrove qui poussent le long du rivage, un joli tour.

Le soir approche, ainsi que le moment des adieux, nos routes se séparant ici. La famille repart le lendemain vers le sud pour reprendre l’avion de Brisbane vers Sydney, tandis que nous prolongeons le périple vers le Nord. On célèbre ses belles retrouvailles avec d’énormes « steack-patates » avant de se dire au revoir et de monter dans notre folklorique bus de nuit vers les Whitsunday islands.

L’île de sable

Le réveil est matinal pour prendre le bus qui nous emmène à notre excursion sur Fraser island, plus grande île de sable du monde. Chose étonnante, vue de la côte, elle semble très verte pour une île de sable. Des arbres à perte de vue, mais pas vraiment de reflets dorés à l’horizon… Une brève traversée en ferry plus tard (même pas le temps pour les sensibles de l’estomac de la famille d’être malade), nous voici face à notre véhicule du jour: un gros camion 4*4 surélevé transformé en bus pour circuler sur les étendues ensablées. Notre chauffeur est un sympathique australien dans la cinquantaine, avec une passion pour la nourriture et la langue bien pendue. Il fera la discussion sans discontinuer pendant toute la journée grâce à son micro en conduisant, parlant de tout et de rien (surtout du « yummy lunch » (déjeuner) et d’à quel point tout est « awesome » ici!). Le bus étant comme on s’en rend progressivement compte rempli de touristes dont la langue natale n’est pas l’anglais (hormis 3 personnes) et l’accent de notre guide étant à couper au couteau, il parlera malheureusement dans le vide la plupart du temps… Mais au milieu de ce flot de paroles, il nous abreuve également d’informations sur tous les points d’intérêt auxquels nous nous arrêtons aujourd’hui, le tout égrené de petites blagues, sa bonne humeur tentant de compenser le ciel se couvrant inexorablement de gros nuages noirs…
On ne circule sur cet île que sur des pistes en sable, parfois profondément creusées par les sillons qu’ont laissé les centaines de véhicules qui circulent ici en permanence sur des voies à sens unique, où notre bus-camion a déjà bien du mal à se frayer un chemin, frottant rudement les branches des arbres autour. Cela semble être le cadet des soucis de notre chauffeur, qui roule à tout berzingue tout en continuant son monologue sans interruption. Notre premier arrêt est dans la rainforest de l’île, où comme à point nommé, il se met à pleuvoir. Notre chauffeur nous fait judicieusement remarqué que si elle s’appelle comme ça, c’est bien pour une raison… Des arbres immenses, très droits, qui ont autrefois servis aux marins accostant sur l’île pour remplacer les mâts cassés, un ruisseau au fond incroyablement clair dont l’eau est potable  qui se fraie un chemin entre, des sortes de plantes parasites qui s’accrochent en de jolis chapeaux sur le tronc des plus grands, le décor est planté.

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Nous bravons la pluie le temps d’une promenade fort humide, heureusement protégés par cette verdure luxuriante. Puis nous rejoignons le côté Est de l’île où s’étend l’immense plage de Seventy Mile beach, où les véhicules s’en donnent à coeur joie sur le sable fin et tassé. A tel point que des panneaux de limitation de vitesse la jalonnent pour réfréner à 80km/h les ambitions des Schumacher en herbe. Même la police veille au grain, avec son office en bord de mer!  Cette plage est assez incroyable, on n’en distingue pas les extrémités et même sous les nuages menaçants qui continuent de s’amonceler au dessus de nos têtes, elle a un charme indéniable. D’ailleurs le plus incroyable, c’est qu’elle sert de piste d’atterrissage en même temps que de route. Les choses se gâtent lorsqu’on arrive à l’épave gisant à la limite des flots depuis quelques dizaines d’années et que la pluie se met à tomber en rafales.
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Le retour au bus se fait en courant et trempés jusqu’à l’os, quasiment tout le monde ayant décidé de braver les aléas météo et n’ayant pas pris d’imperméable… C’est donc bien humides et avec les objectifs plein de gouttes qu’on poursuit la « route ». Les choses se calment un peu en arrivant aux falaises de sables colorés, qui prennent des nuances encore plus intenses mouillées, une belle palette de couleur en bord de mer.

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On nous décommande en revanche de mettre un pied dans l’eau qui semble receler moults bêtes sympathiques tout près du rivage: méduses, requins… Quel dommage d’avoir une telle plage et de devoir se contenter de l’observer du rivage! On profitera quand même d’eaux plus accueillantes en arrivant à Eli creek, un ruisseau assez étonnant. Il se fraie un chemin depuis les dunes plus centrales de l’île (qui ne connait étrangement pas d’érosion malgré sa constitution 100% sableuse) pour se jeter dans la mer, traversant auparavant une petite forêt dans laquelle on peut suivre son cours tout du long sans mouiller le short! Marcher dans le cours d’un ruisseau aussi clair est assez incroyable: on est à quelques mètres de la mer dans une eau douce sur un fond sableux tout doux sous nos pieds.

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Une expérience sympa alors que le soleil pointe (enfin) le bout de son nez.

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Après une pause déjeuner dans un hôtel voisin (avec du fromage en apéro!), nous allons au lake Mackenzie découvrir à quel point il est « amazing » comme ne cesse de nous le répéter notre chauffeur bavard. Effectivement, le coin en vaut la peine.

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Au milieu des vallons creusés par les dunes de sable couvertes de végétation s’est formé un lac d’un bleu improbable. Le sable y est l’un des plus purs en silice de la planète, d’une blancheur immaculée, et son eau incroyablement douce.

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Quelque soit la météo, le niveau du lac comme celui des ruisseaux croisés aujourd’hui ne varie pas, cette constance sans faille s’expliquant par le phénomène de résurgence qui créé ces étendues d’eau douce. Et maintenant que le soleil est de la partie, on s’en donne à coeur joie: bain d’eau douce à température idéale, gommage de sable fin, séance photos laissant grande part à l’imagination… Le tout conclu par une petite pause « tea time » (ah l’héritage britannique…) avant de rejoindre notre port d’embarquement pour la côte, sous un coucher de soleil multicolore.
A l’issue de cette journée, que dire de plus sinon qu’on comprend mieux pourquoi le nom aborigène de cette île signifie « Paradise island« … On trouvera de plus en 2 temps 3 mouvements un top motel pour passer la nuit, reçus comme des rois, au bord de la plage d’Hervey bay. Comme quoi, il ne fallait pas se laisser démoraliser par la météo matinale, tout est bien qui finit bien!

Sunshine state

Après une nuit médiocre au dessus du pub fort animé et bien peu isolé en ce Samedi soir, nous nous enfonçons dans les terres à nouveau. Quelques beaux parcs nationaux se cachent dans l’Hinterland (l’arrière pays de Byron bay) et devraient être moins fréquentés que la côte. A Murwillumbah un adorable volontaire de l’office de tourisme nous concocte un programme parfait pour la journée, nous faisant passer par les points d’intérêt principaux et nous laissant le temps d’atteindre notre étape du soir. Il va falloir pour cela traverser la « frontière » entre la Nouvelle Galles du Sud et le Queensland, encore un nouvel état australien en perspective! La route est tortueuse, très vallonnée, et la limite entre les 2 états située sur un point de vue exposant joliment tous les reliefs alentours. De multiples motards (Harley obligatoire) sillonnent les lacets de cette route à grand renfort de bruits de pétarades, cheveux (longs obligatoire aussi!) au vent et gants en cuir au guidon. Pour la quiétude de l’endroit, on repassera, c’est leur pause photo semble t’il… Mais nous voilà dans le dernier état de notre parcours, dont la devise est fièrement « The sunshine state ». Avec une devise pareille, on espère bien que la tempête de Sydney ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour la suite!

Nous voici donc partis sur le chemin du Natural Bridge, où une jolie promenade dans la forêt nous mène à une arche rocheuse impressionnante au niveau de laquelle se jette une belle cascade. Le fond de l’arche forme une grotte profonde où vivent des gloworms (vers luisants) que nous ne verrons malheureusement pas, le jour étant bien levé et la lumière forte à notre arrivée. Pareil pour les chauves souris, elles devaient dormir paisiblement dans un coin plus calme. L’endroit est très photogénique avec les jeux de lumière se réfléchissant sur le tronc d’arbre qui s’est fait emporté par la cascade, inspirant les photographes en herbe (et les autres!).

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La route se poursuit toujours dans ces collines verdoyantes en une forte montée vers le plateau du Springbrook Natural Park, dont plusieurs points de vue sont assez spectaculaires. Leurs noms sont d’ailleurs dithyrambiques à leur sujet: le Best of all outlook en est une bonne illustration. Par un jour clair comme celui que nous avons, on voit jusqu’à la côte, que nous nous réjouissons d’avoir quitté, la Gold coast étant hideusement hérissée de gratte ciels immenses sur des kilomètres.

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D’autres points de vue se succèdent, avec de nombreuses cascades qui se jettent depuis le plateau sur lequel nous sommes montés jusque dans la vallée forestière très dense à nos pieds. Un pique nique plus tard, largement en dessous du niveau du déjeuner dominical australien (nappe, couverts, barbecue et vin au programme pour eux), nous terminons la digestion de notre salade sur la terrasse d’un salon de thé perdu en haut des collines, tout contents d’être dans les temps faute de ne pas avoir trop trainés aujourd’hui en chemin. Grave erreur! Nous nous trouvons face  à l’équipe de restauration « familiale » la plus inefficace à laquelle nous ayons jamais eu à faire! Il leur faudra une bonne heure pour nous apporter 4 cafés d’une amertume record et 2 scones, heureusement réussis… Et le soir commençant à tomber, il se met à faire frais en altitude, quelle idée… Ça nous apprendra à jouer les caféinomanes au bout du monde!

On reprend la route pour redescendre vers la côte à travers d’immenses forêts d’eucalyptus et rejoindre notre étape du soir, la Sunshine Coast au dessus de Brisbane, réputée moins défigurée que sa voisine la Gold Coast. On se rend compte en débarquant de nuit que, quand même, on ne peut pas franchement qualifier la ville de Mooloolaba de « petite bourgade ». Beaucoup de grands immeubles, heureusement construits dans un style assez contemporain et semblant ne pas trop mal vieillir dans le temps bordent la côte sur des kilomètres. On commence un peu à se mordre les doigts de n’avoir rien réserver pour dormir, la recherche d’un hébergement semblant compliquée dans cette jungle urbaine, quand la solution nous tombe heureusement dessus toute cuite en la matière d’un tourist park situé à Alexandra Headland. La famille découvre donc les joies des petits « cottages » de camping. Heureusement, celui-ci s’avère très confortable et propret, parfait pour se cuisiner un bon thaï, prétexte pour ouvrir la fameuse bouteille de Gewurztraminer conservée pour l’occasion depuis la Clare Valley. Une réussite que ce bon repas en famille!

Le lendemain, nous nous balladons sur la plage immense qui borde cette ville, avec son sable fin doré et ces vagues incessantes. On comprend l’attrait qu’a pu attirer à l’époque cette côte vierge de toute construction sur les arrivants, l’arrière plan donne malheureusement aujourd’hui une image moins fascinante de cet eldorado, victime de son succès. Les constructions restent heureusement à une distance raisonnable de la plage, ménageant toujours une petite bordure de dunes et d’arbres avant son accès. Nous quittons ce lieu avec l’espoir de trouver une plage plus sauvage lors de notre remontée vers Noosa pour profiter de la baignade, mais le littoral semble définitivement peu propice à l’isolement par ici. C’est à Coolum beach que nous posons nos serviettes le temps d’une bronzette et de ce qui s’apparente plus à un lessivage des sinus qu’à une baignade, les vagues ne faiblissant pas non plus ici, au plus grand plaisir des surfeurs.

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Les courants sont incroyablement forts ici aussi, impossible de résister à l’eau qui nous tire impitoyablement sur un côté ou l’autre et contre lesquels aucun mouvement ne semble efficace. La plage est à l’image de toutes les autres stations balnéaires de la côte: de grandes étendues parfaites de sable doré où se fracasse les rouleaux sans répit.

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La route jusqu’à Hervey Bay se prolonge ensuite sans encombre pour arriver à notre logement du soir, que nous avons eu cette fois la bonne intuition de réserver à l’avance. On prend goût aux tourist park, c’est encore dans un cottage que nous passerons la nuit! Le plan initial était de profiter de ce coin le lendemain, mais malheureusement des problèmes d’organisation contrecarrent nos projets. Première désillusion: la météo pour les prochains jours n’est pas folichonne et ne va faire qu’empirer. Merci l’État du « soleil qui brille »… Deuxième désillusion: le tour que nous voulions faire sur Fraser island est plein, il nous faut nous rabattre sur un autre plus cher et directement le lendemain, jour le plus clément de météo. Et enfin, le pompon, décision étant prise de ne pas remonter beaucoup plus haut vers le Nord afin de limiter le temps passé sur la route, la barrière de corail devait se découvrir sur les îles de Lady Eliot (accessible en avion uniquement) ou Lady Musgrave (bateau cette fois), or tout est complet!!! Incroyable, malgré des tarifs élevés, pas assez de places pour tous dans un petit avion et grosse incertitude concernant la sortie du bateau en mer selon les conditions climatiques (et puis une certaine récalcitrance de certains passagers potentiels sujet au mal de mer dans le groupe…).Bref, quand ça ne veut pas, ça ne veut vraiment pas!!! Nous sommes un peu dépités, mais on se dit qu’on va bien voir comment le temps évolue, avec un peu de chance, cela tournera en notre faveur… Et nous profitons en attendant d’un magnifique coucher de soleil sur la plage d’Hervey Bay, où la mer est d’un calme incroyable après les vagues incessantes que nous avions croisé jusqu’à présent.

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Nous assisterons le soir à un incroyable vol de chauve souris. Passent au dessus de notre logement des milliers de ces petits animaux dans le plus grand silence, à peine troublé par le battement de leurs aile. Pendant un bon 1/4 d’heure, le ciel sera sans discontinuer obscurci dans son crépuscule par cette migration hallucinante. Impossible à rendre en photo, mais quelle expérience! On se demande bien ce qui a fait fuir ces animaux… Ce moment de grâce passé, au lit, le réveil est matinal le lendemain.

New England

Une fois quittée la côte, nous nous enfonçons dans les terres de la Nouvelle Angleterre. Les terres sont verdoyantes, le paysage vallonné sur le plateau de Barrington, les routes étroites et sinueuses sur l’itinéraire choisi. Une scenic road, ça se mérite! Le trajet est assez long, mais les paysages au coucher du soleil en valent la peine.
Armidale  étant hors de portée pour cette nuit, c’est dans la jolie ville d’Uralla que nous dormirons. Cette petite bourgade est surtout connu pour son passé « brigand ». Le Captain Thunderbolt, un bushranger (hors la loi australien), jouait ici les robin des bois locaux en enlevant les aristocrates fortunés avec le soutien des habitants les plus pauvres. Une vraie légende dans ce pays de descendants de bagnards! Nous y trouvons un joli pub pour nous rassasier et dormir, le tout avec un accueil toujours aussi sympathique de la part des locaux.

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Nous rejoignons Armidale sous ses couleurs automnales le lendemain, avec ses nombreuses églises en pierre couvertes de feuilles multicolores. Rues piétonnes avec bâtiments anciens, parcs arborés avec kiosque et fontaines, le mélange prend bien dans cette ville qui possède un charme très anglais.

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Renseignements pris pour la suite, nous prenons la route pour parcourir aujourd’hui la Waterfall way jusqu’à Dorrigo. Le chemin est jalonné de parcs nationaux regorgeant de gorges et de cascades à quelques kilomètres de la route principale. On remercie alors grandement la bonne idée du 4X4 qui nous permet de nous enfoncer sur les routes en terre sans inquiétude dans nos explorations… Les Gara gorges, notre premier stop, est sans doute le moins impressionnant, mais nous emmène le long d’une jolie rivière, qui se répand en petites cascades le long des rochers.

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Une autre escapade de la route principale nous mène à une cascade plus impressionnante mais assez éloignée, pour aboutir ensuite à ce que l’on pensait être un village historique de mineurs conservé en l’état d’origine d’après la brochure, mais qui se révèle être une rue vide où seuls des écriteaux comémorent les anciens bâtiments, déception… Plus monumentales sont les Wollomombi falls de l’Oxley Wild rivers National Park, des chutes grandioses de 200 mètres qui se rejoignent autour d’un éperon rocheux dans des gorges profondes.

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Le point de vue est assez spectaculaire, suffisamment pour nous inciter à faire ici notre pause pique nique dans ce bel environnement. On tentera d’utiliser les barbecues mis à disposition pour faire chauffer notre café, sans grand succès, il semblerait que ce ne soit pas l’usage approprié de l’outil!
Nous poursuivons ensuite vers le New England National Park, où un point de vue superbe englobe tout le relief alentour, des vallons à perte de vue entrecoupés de gorges rocailleuses. La forêt que l’on traverse pour s’y rendre est très particulière, une végétation d’antartic beech forest, où les arbres sont couverts de mousses et lichens clairs,  formant des lianes reliant en un réseau de guirlandes végétales les eucalyptus entre eux.

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Un environnement totalement opposé au Cathedral Rock National Park, juste de l’autre coté de la route, où la forêt n’a plus rien de pluviale et présente une flore beaucoup plus aride. On se croirait à Fontainebleau, de hauts arbres mêlés à des formations rocheuses impressionnantes, où nous n’irons malheureusement pas au bout faute de temps. On y croisera en revanche pour notre plus grand plaisir (et surtout celui des nouveaux arrivants!) kangourous et pretty faced Wallabies (c’est vrai qu’ils sont mignons avec leur tête de petits renards!).

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Peu farouches, ils se laisseront photographier dans les marais pendant un long moment. Notre dernier stop sera dans le Guy Fawkes National Park (que de parcs nationaux sur cette route!!!) pour aller voir les belles Ebor falls au coucher du soleil, répartis sur deux niveaux et offrant une belle perspective sur la vallée et les gorges alentour.

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Ayant pris plus de temps que prévu pour parcourir cette route, c’est à Dorrigo que nous nous arrêterons pour la nuit, le dernier parc sera pour le lendemain. La particularité du Dorrigo National Park, c’est sa forêt humide éblouissante. La végétation est incroyablement luxuriante, on se promène sur des passerelles de bois parfois au pied des arbres, parfois à mi hauteur de la canopée, le tout au milieu des nombreux chants d’oiseaux (dont des hiboux en plein jour, étrange!).

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Une dernière passerelle, la skywalk, passe au dessus du sommet des arbres, offrant une vue panoramique sur la densité de végétation qui s’étend à nos pieds. La route se prolonge tortueusement jusqu’à Bellingen ensuite, pour sortir finalement des terres et rejoindre la côte, où nous atteignons Byron Bay dans l’après midi.
Cette ville de la côte est connue pour son style de vie très « bab » qui attire aussi bien les jeunes que les moins jeunes. On y marche beaucoup pieds nus, le tatouage y est quasi obligatoire, de même que la tenue hippie avec ses volants à fleurs. C’est ici que nous rencontrons également (enfin) notre cliché australien: le surfeur jeune, bronzé, blond décoloré, avec sa planche de surf sous le bras. Hormis ces considérations « ethnologiques », le cadre est aussi fameux. Un arrière pays de collines verdoyantes à l’horizon, qui plongent dans une grande baie au sable clair et aux eaux limpides. La vue s’apprécie au mieux du haut de Cape Byron, où nous ne sommes visiblement pas les seuls à avoir eu l’idée de venir en ce jour d’Anzac day.

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Nous sommes ici au point le plus oriental d’Australie, le premier touché par le soleil au petit matin. La vue y est exceptionnelle, avec l’océan se fracassant sur l’éperon rocheux sur lequel est perché le phare du début du 20ème siècle (mais qu’on dirait en carton pâte). On y observe les plages magnifiques qui bordent cette baie, que nous verrons encore de plus près au coucher de soleil sur Main beach.

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La tentative de baignade se révèle une épreuve complexe. Même dans le couloir de baignade surveillé (devant les lifeguards bronzés et musclés), les courants sont incroyablement forts, les vagues déferlent sans discontinuer et la seule façon de rester dans l’eau est au final de passer son temps à jouer à saute mouton avec, toute tentative de nage semblant hors de propos. Le coucher de soleil y est fantastique et attire les amateurs de photographie en masse, même si l’on en comprend pas toujours ce qu’ils essaient de prendre en photo au final…

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Trouver un logement pour la nuit se révélera plus complexe que les jours précédents, être le samedi soir d’un jour férié n’aidant certainement pas. Mais nous finirons par nous rabattre sur un pub avec sa musique live country, jouée et chantée par de vieux hippies aux longues barbes et cheveux blancs, accompagnés d’un bon T-bone steack et d’une ginger ale!

Avis de tempête

C’est sous un temps tout aussi cataclysmique que la veille que le reste de la famille Zézima a le plaisir d’atterrir à Sydney, presque pas ballotés à bord de leur A380 flambant. Nous rejoignant dans notre quartier, on prend le temps de se retrouver avec plaisir, autour d’un bon petit déjeuner bien arrosé de café dans un resto bobo de la rue. Un banana cake et quelques cappuccinos plus tard, nous finissons par nous décider de quitter ce nid douillet pour affronter les éléments à l’extérieur.

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La météo est déchainée, rafales de pluie, de vent, le meilleur de la tempête nous tombe dessus pendant que nous tentons une incursion dans les mêmes lieux que la veille, le quartier de Rocks et l’Opéra, avec vue sur le Harbour bridge. On y voit un peu mieux que la veille entre les gouttes, l’ensemble nous parait bien joli, mais décidément, qu’est ce qu’il est désagréable de patauger pour explorer…

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C’est finalement depuis la maquette de la bibliothèque que l’on apprécie le mieux la ville par ce temps!

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On abandonne les idées d’exploration plus poussées à pied et on se décide pour un tour en voiture dans la ville, malgré la circulation bien chargée. Après avoir passé la majorité des points d’intérêt sans même mettre le bout du nez dehors, on finit par quitter la civilisation, sidérés par le nombre de poubelles pleines à craquer de parapluies retournés, une hécatombe. Les scènes tournent parfois au comique lorsque les pauvres passants se retrouvent désespérés avec leur parapluie hors d’usage, chapeau envolé, chaussures inondées… « Singing in the rain » version apocalypse!

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Le parcours décidé la veille nous emmène vers la Lower hunter valley, région de production viticole non loin de Sydney, afin de remettre toute la famille d’aplomb du décalage horaire à l’aide d’anti-oxydants de bonne qualité. La route est jonchée de morceaux d’arbres divers, le vent souffle fort, mais rien n’entame la bonne humeur des retrouvailles. Sauf que…on finit par se dire qu’il est quand même étrange que depuis quelques dizaines de kilomètres, toutes les stations essence que nous croisons soient éteintes, alors qu’il n’est que 16 heures. Que la route n’est décidément pas éclairée ici. Qu’on ne croise vraiment pas grand monde. Ces indices subtils finissent par atteindre un niveau au dessus à notre arrivée à Cessnock, où nous avions de façon prévoyante réserver la première nuit, mais où la ville est plongée dans le noir. Où un gentil mot sur la porte de l’hôtel réservé nous indique « Hotel closed, flooded, no power » (hôtel fermé, inondé, pas d’électricité). Là, on se dit que ce parcours en famille commence bien… Heureusement, nous avons la chance qu’un motel non loin dans la partie du centre qui dispose encore de l’électricité ait une chambre de libre pour nous 5. Ouf… Tomber en pleine tempête le jour de l’arrivée dans une région coupée de la modernité, c’est fait.

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Le lendemain matin, tout le monde est presque en pleine forme, à quelques heures de décalage horaire près… Le temps est maussade, mais la pluie semble se contenir dans ses gros nuages gris pour le moment. Nous partons donc après un bon petit déjeuner admirer la vue des environs depuis quelques belvédères bien situés en haut des collines surplombant les vignobles. On applaudit le fait que la location de voiture ait finalement été modifiée au dernier moment au profit d’un 4*4 et nous vengeons des 2 semaines précédentes de frustration en  empruntant les routes non bitumés sans aucun scrupule! Le paysage est agréable, mais semble avoir bien souffert de la météo de ces derniers jours, jonché de morceaux d’arbres et autres débris divers en de nombreux endroits. Autre conséquence: quasiment tous les domaines où nous tentons notre chance pour la dégustation sont fermés, leurs propriétaires probablement en train de courir partout pour tenter de réparer les dégâts occasionnés. L’un d’eaux n’est même pas accessible avec le 4*4, une rivière s’étant formé au milieu du chemin!!!

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Après une dégustation décevante aussi bien du point de vue des vins goûtés que de l’accueil reçu (enfin il y a des circonstances atténuantes en ce moment…), on finit par arriver dans un petit domaine ouvert, alors qu’on était près de renoncer et de quitter la région. Nous sommes reçus par son sympathique propriétaire qui, même dépité par les événements de ces derniers jours, nous fait gouter son Shiraz, les autres vins n’étant pas d’actualité, car plus de réfrigérateur en fonctionnement depuis le début de la tempête. On apprend alors que rien de ce genre ne s’était abbatue sur la région depuis une vingtaine d’années et qu’une grande partie des alentour est privée d’électricité depuis plusieurs jours… On a l’air fins nous, à demander à gouter du vin… Munis de nos 2 bouteilles achetés, nous quittons la région sinistrée direction la côte au niveau de Port Stephens, espérant y trouver des cieux plus cléments.

La tempête a malheureusement sévi ici aussi et nombre de routes sont fermées sur notre passage, car encombrées de troncs d’arbres ayant entrainé des poteaux électriques dans leur chute. Le pique nique se déroule juste le temps d’une accalmie au bord d’une belle plage, où une mer démontée lance avec fureur ses rouleaux à l’assaut du sable pendant que le résidents côtiers peinent à enlever le sable chassé par le vent sur leurs terrasses.

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L’exploration de la baie formée par ce morceau de côte est prenante, même sous un temps mitigé. Les surfeurs ne sont pas découragés par la météo et se lancent à l’assaut des vagues de One mile beach, plage de sable fin du Sud de la péninsule. Un arrêt à Anna bay, tranquille petit village également plongé dans le noir de Port Stephens, nous permet de mieux apprécier Stockton Bight, une immense dune de sable qui s’étend sur 35 kilomètres jusqu’à la ville de Newcastle plus au sud.

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Des trotteurs à l’entrainement bravent le vent et les gouttes sur ces longues étendues de sable doré, qui ne demandent qu’un rayon de soleil pour se montrer sous son meilleur jour. Heureusement, l’accueil australien toujours aussi chaleureux que nous rencontrons dans notre étape du soir compense cette météo calamiteuse. Le gérant du motel se met en 4 pour nous trouver la casserole parfaite pour le repas du soir, tandis qu’un sympathique sexagénaire de passage à Bulahdelah nous offre des bières dans le pub local, en souvenir de son road trip français d’il y a 40 ans… Nombre d’anecdotes seront racontées!
Bref une bonne soirée, qui aura le plaisir de voir nos yeux ensommeillés admirer quelques étoiles dans le ciel et nous donner l’espoir du retour des beaux jours…

Ce qui se produira le lendemain au plus grand plaisir de toute la famille, le soleil nous accueillant pour le petit déjeuner en terrasse! Nous partons donc plein d’entrain découvrir le Myall Lakes national park, plus haut sur la côte. La Lakes way emprunte une petite route de forêt en bord de mer donnant alternativement sur les différents lacs bleu profond de la région. La magnifique plage de Seal rocks est splendide, fréquentée par quelques surfeurs seulement sous un beau soleil, la vue depuis le phare qui la surplombe ne l’est pas moins.

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En prolongeant la route avant de rejoindre l’autoroute, on arrive dans le Booti booti national park, où seule une mince bande de terre sépare lac et océan. La vue depuis Cape Hawke offre un panorama à 360° au terme de quelques volées de marche qui permet de mieux saisir la géographie de la région (et de se rendre compte des multiples inondations survenues ces derniers jours…).

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Certaines plages désertes seraient paradisiaques si un air d’apocalypse ne flottait pas aux alentours avec les dégâts occasionnés…

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Pas de quoi entamer la bonne humeur de tout le monde!

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Les arbres autour des lacs ont les pieds dans l’eau, de même que les vaches et chevaux croisés le long du chemin, dont les paddocks ressemblent plus à des pataugeoires qu’à des étendues herbeuses. On entendra plus tard à la radio que la région de la lower hunter valley a même été déclarée sinistrée et en état d’urgence, laissant présager le niveau des dégâts survenus…

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Quittons cette belle région, en lui souhaitant bien du courage pour panser ses plaies, il est temps pour nous de nous enfoncer dans les terres vers de nouveaux horizons!

Un retour difficile

Levés tôt comme à notre habitude, c’est sous un ciel gris mais sans pluie que l’on reprend la route vers Sydney. Encore une bonne partie de la journée passée en voiture, mais cette fois pas d’horizon magnifique pour nous distraire, on retrouve les habitations, champs et pâtures au fur et à mesure que nous avançons. Rien de bien transcendant et pas grand chose à voir en chemin, nous décidons de faire un stop à Orange histoire de couper un peu la route que nous enchaînons depuis 2 jours. L’automne ici bien installé pare les rues de ses plus belles couleurs.

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Arrivés en milieu d’après midi et après être passés par le visitor center, nous nous dirigeons vers le Mount Canobolas pour jouir de la vue, marcher un peu et camper dans un endroit plus reculé, car finalement la NZ nous manque un peu de ce point vue là…

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En chemin (difficile à trouver par ailleurs), petit arrêt à un lookout pour admirer la vue. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au sommet, accessible en voiture, car il y a de nombreuses antennes qu’il faut bien entretenir. Et oui le pays étant assez plat, tous les points dominants sont envahis de structures métalliques disgracieuses. Une fois là haut, comme d’habitude, on ne voit pas grand chose, un classique des points de vue australiens, le sommet étant assez plat et entouré de grands arbres. Mais surtout, on aperçoit au loin de gros nuages bien sombres, qui arrivent assez vite car on sent déjà quelques gouttes.
Redescente jusqu’au terrain de camping, on décide de faire une petite boucle pour aller voir une cascade avant la tombée de la nuit. A mi-chemin environ de la dite cascade, les quelques gouttes se transforment en grosse averse. Mais une averse qui dure, comme nous le découvrons en attendant sous un arbre.  Pas d’accalmie en vue et la nuit qui tombe, nous rebroussons chemin pour arriver 30 min plus tard à la voiture sous des trombes d’eau, complètement trempés. Ça ne nous avait pas manqué! Plus question de camper dans ce qui s’est transformé en pataugeoire,  nous redescendons à la recherche d’un hébergement. Et là pluie redouble encore de vigueur, nous sommes obligés de rouler à 20 Km/h, puisqu’en plus nous sommes dans le nuage (le sommet est à plus de 2000 m), la visibilité est donc quasi nulle. C’est un véritable déluge qui nous accompagnera jusqu’à Bathurst, où nous nous réfugions à l’Irish pub du coin qui est bondé (on est samedi soir) pour y boire une bière et y passer la nuit, un bon thaï dans l’estomac.

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Le lendemain nous sommes accueillis par le soleil, après le petit déjeuner nous faisons un petit tour dans la ville, pas moche du tout, avec ses jardins et quelques beaux bâtiments, avant encore une fois de reprendre la route en direction des Blue Mountains sur le chemin de Sydney.

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Arrivés en fin de matinée, après quelques stop pour des points de vue, nous optons pour le National pass, une petite balade de quelques heures qui a la particularité de passer sur un sentier taillé dans la roche il y a plus d’un siècle et que nous n’avions pas pu faire il y a 2 semaines en raison de la météo capricieuse.

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La vue est magnifique, le sentier aérien par endroit, les points de vue sur les cascades à fort débit superbes, enfin un avantage à la pluie de la veille! Mais comme lors de notre précédent passage,  nous tombons un dimanche, l’endroit est donc sur fréquenté, ce qui gâche un peu le plaisir, même si on s’en accommode pas trop mal.

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Au final il nous aura fallu quasi 4 jours pour rentrer! Chose que Delphine n’avait pas vraiment réalisé…

La suite est beaucoup moins amusante, Delphine ayant la bonne idée de tomber malade, nous essaierons désespérément de trouver une pharmacie ouverte un dimanche après midi. Au bout de pas mal de kilomètres, nous en trouverons une, et comme nous nous en doutions, le pharmacien ne peut délivrer d’antibiotiques sans ordonnance. Sur ses conseils nous nous rendons donc au service des urgences de l’hôpital le plus proche, seul endroit où l’on peut consulter un médecin un dimanche en milieu d’après midi. Super… La suite est classique, près de 2 heures d’attentes pour obtenir le bout de papier, plus le temps de retrouver une pharmacie ouverte, et il fait presque nuit. Pas question de camper vu l’état de Delphine, il faut trouver un hébergement. Mais nous sommes dans une ville à mi chemin entre les Blue Mountains où l’on pensait passer la nuit et notre point d’arrivée… où il ne semble pas y avoir grand chose. Nous optons pour l’option de nous rapprocher de Sydney, pour se lever plus tard car nous devons rendre la voiture à 9H30 le lendemain. S’en suivra une galère monstre pour trouver le dit hôtel, ayant confondu le nom de ville entre 2 hébergements repérés sur internet. C’est sur les coups de 20h que nous arriverons à notre chambre, sous la pluie entre temps revenue!

Petite anecdote amusante : l’employée nous annonçant un prix largement supérieur à celui vu sur Internet, Delphine lui montre la page web. Ayant pour réponse que parfois c’est moins cher sur Internet, elle lui demande s’ils ont le wifi sur place pour qu’elle puisse le réserver en direct… C’est assez drôle de voir l’employée fournir le code wifi pour utiliser son propre réseau afin de réserver une chambre au rabais dans son propre pub!

Le lendemain, nous avons eu la joie de goûter aux interminables bouchons d’entrée dans le centre de Sydney pour rendre la voiture, encore une fois sous une pluie battante. En chemin, un nettoyage de la voiture s’imposa, le contrat de location ayant tellement de clauses impliquant des surcoûts si la voiture était rendue sale (surtout s’ils s’apercevaient que le véhicule avait emprunté des routes non goudronnées, ce qui était le cas pour nous à quelques reprises).
La voiture rendue, la pluie nous détrempera jusqu’aux os le temps d’arriver jusqu’à notre hébergement. C’est une véritable tempête dehors. Initialement le trajet était prévu à pied car la distance était très courte, mais au bout de 300 m, nous décidons de prendre le bus qui passe par là tellement il pleut.

Autre petite anecdote : le chauffeur du bus, ne voulant pas s’embarrasser avec de la monnaie et ayant pitié de nous vu notre état « légèrement » humide, nous fait passer gratuitement.

Une fois dans l’appartement (sympa Airbnb!) nous resterons finalement toute la journée à l’intérieur, le temps à l’extérieur se maintenant au stade de la tempête. Il fallait bien rattraper à un moment ou un autre notre retard sur la nouvelle saison de Games of Thrones… Sur les coups de 16h, on se dit que c’est dommage de rester là alors qu’on est à Sydney, on prend le bus direction le centre.

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Un petit coup d’œil en bravant les éléments déchaînés pour voir l’Opéra de nuit et une tentative d’accès au quartier de Rocks nous dissuadent bien vite de nos motivations et c’est encore une fois trempés jusqu’aux os que l’on regagnera notre hébergement.

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Décidément, la météo ne nous fait pas de cadeau… Sur 2 semaines, on s’aperçoit que l’on a eu de la pluie quasiment la moitié des jours, assez incroyable sur le continent le plus sec du monde. Cela aura au moins eu l’avantage de nous obliger à prendre le temps de prévoir la suite du parcours, qui va se prolonger à 5 pour quelques semaines dès le lendemain!

The festival state

On the road again… Après une nuit plus confortable que les précédentes dans un camping sur la route d’Adélaïde, nous continuons à nous diriger vers la capitale d’Australie méridionale, dont le slogan fièrement affiché sur les plaques d’immatriculation est « the festival state« . Adélaïde est en effet connue pour sa vie culturelle animée et ses nombreux festivals. Nous tombons malheureusement sur une période plutôt creuse, rien de prévu de particulier lors de notre passage dans la ville. L’arrivée se révèle moins compliquée que les expériences précédentes, pas de péages donc pas de fonctionnement de paiement tordu et compliqué à résoudre cette fois ci. Et le stationnement est également plus aisé qu’à Melbourne… Le premier abord de la ville est aussi moins attrayant, plus « américain »: de grandes avenues larges, où les bâtiments anciens peinent à s’insérer entre les hauts buildings.

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Cette première impression passée, la capitale révèle quand même de bonnes surprises, avec un Central market aux petits oignons. Situé juste à coté du Chinatown local, il est extérieurement beau et ce qu’on trouve à l’intérieur donne envie! Des beaux étals de fruits et légumes, de la viande à des prix défiants toute concurrence, du fromage (qui a l’air bon, mais hors de prix) et…des baguettes!!! Il semblerait qu’un français ait senti le bon filon ici, la queue devant son stand ne désemplissait pas…

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On part ensuite faire un petit tour du CBD, sillonné par quelques lignes de tram. De beaux bâtiments victoriens sont encore présents, surtout dans la rue piétonne principale, où se cache des arcades décorées avec leurs luxueuses boutiques. Une fois de plus, on est au royaume du food-truck, il y en a partout et les australiens semblent avoir leur mug de café greffé à la main en permanence (et parfois avec un petit scone…). Encore une fois, la ville est très vivante, de nombreux artistes de rue qui chantent, jouent, « prestidigitent », de tout pour tous les goûts.

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Une autre avenue rassemble tous les gros « monuments »de la ville: une université type campus anglais à l’ancienne très classe, la bibliothèque, les musées d’arts imposants en pierre, le tout agrémenté de jardins, fontaines et statues.

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La ville est donc sympathique, la météo plus clémente qu’à notre arrivée, mais nous décidons de continuer vers la Barossa Valley non loin de là, étant malheureusement pressés par le peu de temps disponible et la quantité astronomique de kilomètres à parcourir.

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Cette vallée se trouve à une soixantaine de kilomètres d’Adélaïde et est mondialement réputée pour ses vins. Peuplée initialement par des colons d’origine germanique, elle a conservé un charme différent des autres villages d’inspiration plus britannique. Ceux ci ont ramené dans leurs bagages des cépages au doux nom de riesling, gewurztraminer et autres… Une fort bonne idée ma foi, le climat se prêtant ici idéalement à leur culture.  Des collines exposées aux rayons du soleil juste ce qu’il faut, une terre sèche et des nuits fraiches, le cocktail parfait. La vallée est maintenant plus connue pour ses Shiraz , mais tout ça invite à la dégustation! Les villages y sont coquets, présentant de petites maisons en pierre (rares par ici), des églises de toutes confessions chrétiennes (anglicanes, luthériennes, catholiques…), des bâtiments historiques joliment conservés ou restaurés. Nous passons par le domaine de Bethany, petit village endormi de la vallée, réputé pour ces Shiraz corsés et sa vue magnifique sur les alentours. La réputation n’est pas erronée, la vue sur les vignes aux couleurs automnales sous le soleil déclinant vaut le déplacement à elle seule.

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Mais la dégustation est également prometteuse, nous repartons (évidemment) avec un bel assemblage shiraz cabernet pour aggrémenter nos diners de campeurs. En tente, oui, mais il ne s’agit pas de rogner sur la bonne chair et le bon vin!

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L’accueil est également excellent, ici, on n’attend pas de vous que vous achetiez quoique ce soit, en revanche, on attend de vous que vous goûtiez de tout! C’est vraiment très différent de ce qu’on avait vu au Chili par exemple, où toutes les dégustations étaient payantes et au nombre de vins testés. Ici, tout est gratuit, on est reçus avec un grand sourire et les gens cherchent la discussion, ce qui n’est pas désagréable. On apprend par la même occasion que nous tombons en plein vintage festival de Tanunda, le village central de la Barossa valley, qui commence aujourd’hui. Tous les hébergements seront donc a priori pleins à craquer, et cela explique surtout l’effervescence qui régnait lors de notre passage dans la rue principale. Il faudra nous trouver où dormir ailleurs, dommage, l’endroit nous plaisait bien… Encouragés par cette première découverte, nous partons pour le domaine de Rockford,  plutôt bien décrit dans notre guide. L’endroit est très beau, style ancienne ferme en pierre avec sa cour intérieure et son bar à l’intérieur, où une fois de plus, on nous fait tout gouter (alors qu’on avait sagement prévu de s’en tenir aux vins dans nos moyens) et avec un accueil du tonnerre. Et puis bon, quand on vous fait tester absolument toute la gamme de la carte et qu’on arrive aux « très bons », ça devient de plus en plus pénible de devoir cracher parce qu’on a la déplaisir d’être « Sam » ce jour là… L’employée de service est super sympathique, connait bien la France pour y être passer plusieurs fois et on reste un moment à discuter avec elle des accueils que nous avons respectivement dans nos pays. Et on repart, oh surprise, avec une autre bouteille. Plus chère, mais quel délice… Un assemblage qui n’aurait pas à rougir dans notre cave! Le soleil commence déjà à décliner, il est plus que temps de rejoindre un camping pour la nuit, à travers les collines rougeoyantes couvertes de vignes. On est décidément dans notre journée du bon accueil, celui où nous débarquons de nuit est géré par un propriétaire adorable, qui nous fera payer une misère (oui, selon lui, son tarif est beaucoup trop cher juste pour mettre une tente sur un carré d’herbe, on n’a pas osé le contredire). Adorable jusqu’au bout, il nous amène une lampe de poche pour qu’on y voit clair pour monter la tente (alors que nous avons nos frontales), puis nous ramène des piles pour ces dernières, voyant qu’elles n’éclairent plus de façon optimum! Bref, on aurait du mal à demander plus comme arrivée. On y rencontre un couple de belges en permis vacances travail qui s’apprête à traverser le désert avec leur « guide » australien, un sympathique monsieur rencontré eu de temps auparavant et qui s’est proposé de les accompagner, sympa! Bref, une soirée sympathique, des propriétaires et campeurs amicaux, fans de la France (une constante en Australie pour le moment), un bon dîner et une première bouteille ouverte, que du bon… Après de nombreuses réflexions et suite aux discussions que nous avons justement eu avec les personnes rencontrées la veille, nous décidons de laisser tomber le plan initial qui était d’aller aux Flinders range, quelques 300 km plus haut. Pas la bonne voiture car beaucoup de routes non goudronnées, pas la bonne météo (beaucoup de pluie en prévision) et surtout trop de kilomètres de retour, nous comme déjà bien loin de Sydney. On prend donc le temps le lendemain de pousser vers la Clare valley, seconde zone viticole de la région. Réputée surtout pour ses Riesling (que nous avons trouvé hier très décevants à la dégustation dans la Barossa valley) en raison de son climat plus « froid », la vallée offre également un paysage assez différent, plus vallonné et des parcels plus petites. L’automne est également beacoup plus plus présent, l’ensemble de la végétation (eucalyptus excepté!) a pris une teinte jaune orange très agréable visuellement.

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Nous nous dirigons vers une la plus ancienne exploitation qui date du milieu du 19e siècle, car les seuls bâtiments en valent le détours. Il s’agit d’un complexe créé pas les jésuites, avec une belle église et sa crypte (rare, voire unique en Oz?), cave et cimetière en pierre.

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Et qui retrouvons en poussant la porte? Le couple de Belges et leur sympathique guide. Nous profitons donc des explications de ce derniers, et les accompagnons à la dégustation, ça serait dommage de ne pas en profiter. La cave en pierre est très belle et nous rappelle notre chère Europe, et le vin pas mal non plus.

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Nous repartirons avec un bon gewurztraminer sous la pluie qui vient de montrer le bout de son nez en direction du café du coin qui fait un excellent chocolat chaud, avec de reprendre la route pour un changement notable d’environnement…

Dans l’outback

La pluie qui s’étend nous rassure sur notre choix, les Flinders, ça aurait été compliqué en temps normal, mais sous la pluie, pas possible. Du coup, on se dit que l’on va rentrer par l’outback, histoire de voir la « vraie » Australie, celle des films et de l’imaginaire commun. Direction le Nord donc vers la bourgade de Broken Hill , ville historique et minière tellement typique qu’elle a servi de décors à de nombreux films. En chemin, nous arrêtons à Burra, ancienne cité minière qui a gardée de jolis bâtiments victoriens et une gare d’époque.

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Mais la pluie persistante en rajoute un peu sur l’aspect « Germinal« , et Delphine ayant quelques manques à combler nous finissons par manger une vraie pizza (délicieuse au demeurant) au restaurant italien du coin… On the road again, on s’aperçoit que Broken Hill, n’est « qu’à » quelques centaines de km, nous voilà donc partis pour une journée route. Mais cela importe peu puisque la pluie nous suivra tout du long.

En sortant de la Clare valley, la vigne fait place un paysage de prairies, cramées par le soleil sur fond de terre rouge, mais toujours vallonnées. Au fur et à mesure que nous avançons, le terrain se fait plus plat, et une fois Peterborough passé, les pâtures font place au petits buissons et arbres bas, avec une terre rouge. Ça y est nous sommes dans l’outback!
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D’autant plus que quelques dizaines de km plus tard, le paysage est désormais totalement plat, avec… rien dessus, uniquement notre route et la voie ferrée que nous longeons. Pas grand chose à voir, mais une sensation de bout de monde incroyable, accentuée par un ciel extrêmement sombre. La nuit tombe, nous toujours sur la route, un peu inquiets de ne pas pouvoir s’arrêter car il n’y a pas d’autres choix que d’arriver à la ville, et vu le paysage les kangourous doivent être nombreux!
Une fois arrivés, pas question de camper vu la pluie toujours présente, on se trouve une chambre dans un des pubs du coin qui se révéle plutôt extravagant… C’est en fait l’hôtel du film « Priscilla folle du désert », un bâtiment magnifique, aussi exubérant à l’extérieur qu’à l’intérieur, avec toutes ses fresques.

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Le lendemain, il pleut toujours, pas de bol vu que ça n’arrive que quelques fois par an! On fait un petit tour dans la ville pour découvrir les autres beaux bâtiments victoriens, et on profite du mémorial des mineurs installé sur le terril énorme adjacent à la ville pour la voir d’un peu plus haut. Nous nous sommes ensuite rendu à Silverton à 20km de là, très connue pour être… déserte.

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C’est la ville qui a servie de décors à plusieurs films, dont Mad Max. On peut même y trouver un musée consacré à ce dernier. C’est également le dernier endroit « habité » avant l’outback profond, avec ses températures et sécheresse extrême (enfin sauf quand on y est quoi). Au delà c’est l’infini vide sur des centaines, voire milliers de km. Ce qui est intéressant, c’est le point du vue qu’elle offre depuis une « colline » (plutôt une petite butte), car plus loin le paysage est plat à l’extrême. La sensation de solitude y est envahissante.

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Vu la météo capricieuse, l’ensemble des routes non goudronnées, c’est à dire à peu à près toutes, sont fermées. Pas de chance puisque l’accès aux deux parcs nationaux qui nous intéressaient est par conséquent impossible. Après ce petit tour donc, nous décidons de commencer à rentrer à Sydney, vu que près de 1500 km nous en séparent et que c’est la seule route goudronnée. Celle-ci, toujours magnifique même si un peu monotone, nous éloigna de la pluie, mais fit également monté le thermomètre jusqu’à 33°. Sachant qu’il ne faisait pas plus de 16° à Broken Hill lors du départ à la mi journée, cela fait un sacré gradient.
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Au fur et à mesure le paysage change, la broussaille commence à faire place a des arbres, de plus en plus haut et denses. De plus, après Vilcania, les animaux commencent à pointer le bout de leur nez : d’innombrables chèvres sont sur le bas côté à brouter dans les hautes herbes. On frôlera plusieurs fois l’accident car certaines (certains boucs surtout) ont une irrésistible envie de traverser juste devant nous ou la voiture nous précédant. Plus on approche de Cobar et plus elles seront nombreuses.

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Mais la nuit commence également à tomber, et avec elle les kangourous à se montrer, d’abord quelques uns, puis en groupes entiers… Ces derniers semblent à l’affut pour traverser, cachés dans les hautes herbes à moins d’un mètre de la route sur les bas côtés. C’est soulagés de ne rien avoir heurté que nous arrivâmes à Cobar dans la douceur nocturne.

L’outback, c’est maintenant terminé, nous sommes un peu déçus de ne pas avoir pu voir les parcs qui avaient l’air magnifiques, mais tout de même heureux d’avoir fait ce grand détour.