Dans les forêts de Sibérie

Il faut dire qu’elles en cachent de belles choses ces forêts. Notre arrêt suivant est Krasnoïarsk, connue surtout pour son parc national nommé Stolby  (traduction de « piliers » en français) à proximité de la ville. Le trajet de 30 heures est passé comme une lettre à la poste, nous n’avons curieusement rien eu le temps de faire. Comment est ce diable possible me direz-vous?! Et bien, c’était sans compter sur les rencontres improbables qui ont eu lieu dans notre wagon! Basile, jeune Suisse voyageur au long cours et nous-mêmes partageront en effet nos banquettes avec de nombreux ouzbéks, tadjiks et kazaks, sur le chemin de Novossibirsk pour le travail. Autant dire que ceux-là, ils sont joviaux et communicatifs, peu importe la barrière de la langue! C’est donc dans un joyeux mélange de russo-ouzbék-anglo-français que nous discuterons pendant des heures de choses diverses et variés, choquant entre autre le plus communicatif d’entre eux quand il apprend qu’à 30 ans nous avons l’impudence de n’être ni mariés, ni parents, et dormons pourtant dans le même lit… Le clash des cultures en somme.

Krasnoyark

Arrivés de bon matin à la gare, qui comme quasiment toutes les gares sur le trajet est splendide, avec fontaine et mosaïque sur le parvis central, une mafia de bohémiennes locales se chargent de nous accueillir, nous baragouinant des demandes incompréhensibles dans les mots, beaucoup plus dans les gestes. On s’en débarrasse et on rejoint notre auberge située non loin de là sous un beau soleil.

Krasnoyarsk

Suprise, celle-ci est quasiment vide, il semble que Krasnoïarsk soit un stop moins prisé des voyageurs du transsibérien. La première chose que l’on remarque c’est que la ville est vide, il n’y a quasi personne dans les rues et tous les commerces sont fermés. Ce qui parait bizarre pour un Lundi matin. Une fois ressortis, on s’aperçoit qu’on est en fait Dimanche, 8 mois de voyage ça n’aide pas à connaître le jour de la semaine. De même que l’heure, entre l’heure du départ locale, l’heure d’arrivée locale (puisqu’on a changé de fuseau horaire) et surtout l’heure des trains ou des gares qui sont tous sur l’heure de Moscou, ça devient complexe pour s’y retrouver.
Le reste de la journée, nous faisons un petit tour dans la ville pour voir ses principales curiosités, pas très nombreuses, comme les églises

Krasnoyarsk

et les quelques bâtisses intéressantes en bois ou art déco pour changer.

Krasnoyarsk

On finira par le marché de la ville, plutôt vide à cette heure de la journée. Le peu de gens qu’on croise semble plutôt se concentrer sur les rives du fleuve Ienisseï qui traverse la ville, profitant des gargottes ambulantes de nourriture ou du soleil pour se mettre au roller ou au vélo.

Krasnoyarsk

L’ambiance un peu déserte de la ville n’incite pas aux sorties nocturnes, on se cuisine donc une platrée de piélménis à la crème  pour dîner, tout en profitant de ce moment pour discuter avec quelques belges arrivés entre temps et faisant le voyage en sens inverse.

Le lendemain, on se lève assez tôt pour prendre le bus local direction le parc de Stolby. Nous qui croyions mettre quelques heures et galérer pour y aller, c’est finalement en moins d’une heure que nous nous y rendons, sous la grisaille et par temps frais. Première bonne surprise. Le parc est en effet collé à la ville, on en voit même les pistes de skis depuis le centre. C’est ensuite 7 kilomètres de marche en montée pour se rendre aux sites intéressants sous un temps qui se dégage. Deuxième bonne surprise. Par contre la mauvaise, ce sont les moustiques et les taons très voraces qui sont également de la partie, alors qu’on a laissé le bushman, anti-moustiques surpuissant ramené d’Australie, à l’auberge. On se consolera niveau faune sauvage avec la multitude d’écureuils peu farouches venant manger la nourriture laissée par les promeneurs dans des petits abris en bois qui leur sont dédiés.

Krasnoyarsk

Un d’eux nous volera même un biscuit lors d’une minute d’inattention pendant le pique-nique! Une fois arrivés au bout de la route, on s’aperçoit vite que le lieu est très aménagé : une énorme passerelle en bois mène au premier site, il y a des panneaux et balises de sentiers partout. Au moins, on ne va se perdre!

Krasnoyarsk

Arrivés au premier rocher, troisième bonne surprise. Il y a du caillou partout pour grimper! Séb n’avait jamais entendu parler d’un site d’escalade en Sibérie, comme quoi on en trouve partout. L’endroit est en fait une succession de collines avec au sommet de chacune un sorte de monolithe rocheux (d’où son nom de « piliers »), avec au pied de ceux-ci des blocs disséminés dans une belle forêt.

Krasnoyarsk

Un peu comme Fontainebleau me direz-vous, mais non c’est beaucoup plus grand. Ce sont de vraies collines, et le monolithe le plus haut tutoie les 100 mètres de haut. La qualité du rocher est excellente, même meilleure que beaucoup de sites « world class » déjà visités, c’est dire le potentiel. A notre arrivée l’endroit est quasi désert, mais au cours de la journée, il se remplira assez vite. On a trouvé où étaient cachés les habitants de Krasnoïarsk la veille… Normal, vu la beauté du lieu, avec un accès si aisé depuis la ville.

Krasnoïarsk

Nous faisons un tour du massif, cherchant les piliers identifiés par leurs formes caractéristiques, et surtout, Séb en profite pour grimper les blocs qui s’y prêtent. Il s’agit d’un site d’escalade historique en Russie: de nombreux blocs sont ouverts, mais il y a également des voies et même des grandes voies. Le potentiel de trad a l’air lui énorme vu le nombre de fissures dans les monolithes.

Krasnoyarsk

On recroise nos Belges sur le chemin plusieurs fois, ils ont l’air d’apprécier le site aussi vu leurs airs ravis! On tente un autre chemin pour redescendre, bien moins emprunté, une ballade dans la broussailleuse forêt locale qui tient plus de la trace que du vrai sentier, mais nous arriverons à bon port tout de même.

En redescendant, on s’étonne du nombre de personnes, dont des familles avec bébés, personnes âgées etc. allant dans le sens opposé vu l’heure tardive. Y aurait il une célébration que nous sommes en train de manquer en haut des piliers?? L’endroit semble faire l’unanimité en tout cas! Après un échec de changement de bus sur le retour, nous voilà rendus à l’auberge que nous avons pour nous tous seuls ce soir, le propriétaire a visiblement disparu aussi, ils sont détendus ici…

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