La paire des « Oulan »

Pour nos derniers jours en Mongolie, on commence par le plus ennuyeux : « l’administratif ». La chose la plus importante : reprendre nos passeports laissés depuis plus de deux semaines à l’ambassade russe. Cinq minutes après avoir franchi son portail à l’architecture très soviétique, on est déjà dehors le sourire aux lèvres et les passeports en poche. Et surtout le visa russe à l’intérieur, enfin! On peut dire qu’il s’est fait désirer celui-là. On se fait au passage aborder par un couple d’autrichiens qui nous demandent si nous n’aurions pas des chevaux à vendre… On buggue un peu sur le coup (la nuit a été si courte que ça?!), puis on comprend: ils veulent traverser une partie du pays à cheval et cherchent donc d’autres touristes qui seraient sur le retour et chercheraient à revendre l’ensemble bête+matériel. N’ayant malheureusement pas la marchandise sous le coude, on leur souhaite bon courage dans leurs recherches!

Ulan Bator

La place Sukhbaatar décorée pour le Naadam

Seconde étape incontournable, l’achat des billets pour la suite du voyage, avec Matthieu qui continue avec nous jusqu’à Irkoutsk. Ici, deux options s’offrent à nous: le bus jusqu’à Oulan-Oude qui prend environ 12h passage de frontière inclus, ou le train de 30h sans le passage de frontière, sachant qu’il prend régulièrement 5h, et que c’est l’option la plus chère! La 1ère a donc notre préférence.
Discussion à l’auberge avec les tenanciers : tous les bus pour Ulan Ude sont complets jusqu’à lundi, sachant qu’on est vendredi et qu’on avait prévu de le prendre dimanche. Pas top. Apparemment il resterait quelques places de train le dimanche soir (samedi étant complet également). On n’est plus à Pékin!
On laisse Nicolas faire du shopping (des pantoufles en poils de yack) et destination la gare pour l’achat des billets, vu que l’auberge prend une commission assez importante. Mais une fois sur place, c’est de nouveau la douche froide : c’est complet, premier train lundi soir. Oui, oui, oui… Comment dire, Oulan-Bator, ce n’est pas vraiment la ville qui fait rêver, alors rester 3 jours sur place, bref vous l’aurez compris, on cherche à s’en aller assez vite.

Oulan Bator

Des dieux « cléments », mais vu leur tete, on va tacher de pas les facher…

On attrape rapidement un taxi dans la rue (plutôt une voiture qui passait par là) direction la gare de bus où nous sommes arrivés ce matin, bien excentrée. Les queues devant les guichets n’en finissant pas, on applique donc notre stratégie habituelle, chacun dans une file et on achète le tout à la plus rapide. Environ 45 minutes plus tard, on reprend la même voiture (!), avec trois billets pour lundi. Ouf! Ça aurait pu être pire.

On meublera le reste de la journée et de la soirée avec des bières aux pubs (le Grand Khan étant devenu notre QG) et un dîner au « mongolian barbecue » pas du tout mongol, mais qui ravira les papilles de tous (sauf quand on ne sait hélas pas doser la sauce piquante, hein Nico?). Le centre ville d’Oulan-Bator étant définitivement un petit milieu, on croise Robert (la TV, souvenez-vous!) avec sa femme et sa fille fraichement arrivés de Paris, Sacha étant lui reparti dans l’autre sens! Le jour suivant, nous nous sommes contentés du musée d’histoire national, tandis que Matthieu et Nico poursuivent par le monastère que nous avons déjà visité. Le musée se révèle riche et intéressant, tant sur l’histoire et les traditions du pays jusqu’à nos jours, que sur la diversité des peuples qui composent la Mongolie. De petites découvertes originales: des instruments vétérinaires anciens, suivis de livres de prières à réciter en cas d’échec du « traitement » ou afin d’assurer la réussite de celui-ci.

Oulan Bator

Mi-chamane, mi-vétérinaire, on ne trouve ça qu’ici!
Puis il est l’heure du dîner « d’adieu » avec Nico (qu’on retrouve dans 15 jours à Moscou), celui-ci nous quittant tôt le lendemain, où l’on se remplira le ventre à un « hot pot » coréen terrible jusqu’à plus faim.

Oulan Bator

Sur le trajet vers le Grand Khan (oui, toujours), rencontre improbable: nous recroisons le mongol avec qui nous avions discuté à la gare frontière d’Erlian en Chine en pleine nuit, qui nous avait épaté par son français et sa connaissance de notre histoire (le mercantilisme de Colbert, il faut y aller pour connaitre ça quand même). Quelle n’est pas notre surprise de le voir nous accoster dans la rue pour aller visiter un « musée » gratuit qui se trouve ici… Ce n’est pas lui mais un jeune, le petit fils du propriétaire de cette yourte-musée (reconvertie partiellement en restaurant) qui nous fait faire le tour de cet endroit improbable, meublé de magnifiques articles anciens en bois, instruments de musiques et autres antiquités.

Oulan Bator

Le lieu a été habité par un ancien ministre des affaires étrangères du début du siècle et a été « remodelé » pour atteindre son aspect actuel. Bref, une drôle de pause, bien amusante, qui nous permet d’acheter des cartes postales imprévues avant d’aller boire nos dernières vodkas mongoles pour accompagner nos parties de coinche!

Puis, pour le dernier jour à Oulan-bator, la météo étant peu engageante, nous ne nous pressons pas et tombons au gré de nos flâneries sur la famille de français rencontrés à Pékin et avec laquelle nous avions fait le trajet en transmongolien. Nathalie, Christophe et leurs 3 enfants reviennent d’un « marathon » de la yourte dans l’Arkhangaï et semblent enchantés de leurs multiples découvertes chez les nomades. Ils continuent également le trajet vers la Russie mais une semaine après nous, qui sait, peut être les recroiserons nous à Moscou? Bon voyage et bon vent pour la suite à eux en tout cas! Nous nous rendons ensuite à l’immense « marché noir » de la ville sous un temps maussade, énorme bazar où l’on peut acheter à peu près tout : des vêtements traditionnels ou de contrefaçon, des panneaux solaires, des selles de cheval, des meubles, des antiquités, etc.

Oulan Bator

C’est le lieu où acheter son casque à pointe de lutte, ses bottes de cheval ou son faux survêtement Adidas! Très populaire en tout cas!

Le voyage vers Oulan-Oude s’est fait sans encombre, dans un bus assez confortable selon les standards mongols. Les paysages sont par contre assez marquants. Jusqu’à la frontière, ce sont des steppes typiques qui déroulent à perte de vue, comme déjà expérimenté. Puis du côté russe, tout d’un coup, c’est la taïga : de vastes étendues collineuses et boisées. Malgré ce que l’on pourrait croire la frontière n’est pas là par hasard… Sans compter les habitations, dans de vraies villes, avec de charmants Kremlins, et des russes (au sens ethnique) partout, finies les yourtes. Un changement d’ambiance assez fort, on se croirait presque sur un nouveau continent. Mais c’est surtout le sentiment de la fin du voyage pour nous, a voir tout ces faciès européens.

Ulan Ude

A la gare d’Oulan Oude au soleil couchant

Arrivés à Oulan-Oude, capitale de la région de Bouriatie, on est très surpris : par la taille de la ville (énorme), son architecture, modernes par endroits, très typée « Europe de l’est » dans le centre piéton, avec de jolies maisons en bois typiquement sibériennes dans d’autres quartiers entiers, malheureusement un peu à l’abandon.

Ulan Ude

De grandes avenues rectilignes traversent la ville, entourés de bâtiments imposants couleur crème, le tout parsemé de fontaines qui font le bonheur des enfants par cette chaleur.

Ulan Ude

Devant l’opéra d’Oulan Oude

Ulan Ude

Et au milieu de tout ça, quelques yourtes perdues, la Bouriatie n’est pas encore très loin de la Mongolie. On retrouve tout de même des bâtiments soviétiques, parce que quand même, la ville est surtout connue pour abriter la plus grande tête de Lénine du monde. Et c’est vraie qu’elle n’est pas petite!

Ulan Ude

La séance de gainage du soir devant la tete de Lénine, la classe…

On sent également la Sibérie : bien qu’il fasse encore grand jour, à 21 heures tout est fermé, on a longtemps marché avant de trouver de quoi dîner. Et comme dans tous les pays, qu’est ce qui est toujours ouvert quand tout est fermé? Les fast-food et les chinois… On se retrouve donc à manger des Dim Sum (la spécialité de Hong Kong et Canton) sous influence mongole (vu la quantité de gras) accompagnés de Chachliks (brochettes russes), un joyeux mélange pour bien entamer la Russie!

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