Le Disneyland des vieilles pierres

De Guilin, nous nous embarquons dans un long périple en train afin de rejoindre une nouvelle province chinoise, le Yunnan. 22 heures de train, en hard sleeper, c’est à dire en couchettes pas hyper confort et non compartimentées, une expérience… Surtout quand on fait des économies de bout de chandelles comme nous et qu’on se retrouve sur les couchettes du haut , où tu ne tiens pas assis! Bon, ça reste quand même sans commune mesure avec la sleeper class des trains indiens, l’expérience ultime. Un réservoir d’eau chaude en début de wagon, des employés en costume et peu souriants, des voisins bruyants et d’une propreté non exemplaire, on se croirait presque déjà dans le transsibérien. Les heures passent, les gares s’enchaînent, les nouilles instantanées aussi, pas les conversations malheureusement, car si nous suscitons parfois la curiosité dans le wagon (nous sommes les seuls occidentaux) surtout auprès des enfants, la barrière de la langue est bien trop forte pour se lancer.

Arrivés dans un état de fraîcheur relativement moyen à Kunming, on se rend compte que nous n’avons pas les infos nous permettant de nous rendre à notre hostel, les choses se corsent! On tente le taxi: recalés. On doit pas s’y prendre comme il faut, mais personne ne s’arrête et le seul qui daigne nous écouter refuse de nous prendre. Ajoutons à cela une ambiance très « militaire » à la gare qui nous met franchement mal à l’aise (des policiers en uniformes armés jusqu’aux dents à chaque coin de rue, des fourgons blindés et des barrières anti émeutes), vous avez là une arrivée réussie dans une ville inconnue! Dépités, on décide de marcher, nos jambes étant encore le moyen le plus sûr d’arriver à bon port… On finit par avoir une illumination sur le numéro du bus à prendre d’après de vagues souvenirs internet et on arrive finalement à bon port sans même s’être perdus, un exploit! L’auberge est très sympa, un peu excentrée, mais bonne ambiance et anglophone, ouf. On perd du temps à régler des tracas administrativo-financiers (genre tes CB qui décident subitement que non, elles ne te donnent plus d’argent quelque soit la banque tentée). Puis, la faim se faisant sentir, on part avaler un bol de nouilles commandé au petit bonheur la chance avec les deux mots d’anglais du patron et les trois photos affichées dans le resto. Et on s’en tire finalement pas mal!!

On part à la découverte de la ville et de son temple d’Or, point phare des attractions touristiques à une petite heure de bus (oui, 22 heures de train, ce n’était visiblement  pas assez). Les bâtiments se situent en hauteur, ce qui offre de belles vues sur la ville en contrebas. La visite est agréable, un enchaînement de petits temples taoïstes où les locaux viennent prier à grand renfort d’encens.

Kunming

Quelques symboles taoïstes y sont présents: une statue du Dieu de l’étoile polaire (modèle du souverain gouvernant selon le principe du non-agir de Lao-Tseu, soit avec modestie et sans abus), les étoiles de la Grande Ourse, des inscriptions poétiques (« le vent et la pluie sont en harmonie, la paix règne sur le monde« )…

Kunming

On croise également des fresques sculptées dans d’énormes blocs de pierre ainsi qu’une petite exposition d’estampes à l’encre (de Chine, bien sur….).

Kunming

Les jardins où reposent de petits lacs couverts de nénuphars sont un havre de paix dans cette ville bouillonnante.

Kunming

On montera ensuite en haut du pavillon de la cloche, le plus élevé du complexe, où se trouve une énorme cloche de bronze (quel hasard) et où on peut faire sonner le gong (moyennant un billet bien sûr, mais ça  ne décourage pas un touriste chinois!).

Kunming

La promenade se termine en redescendant par la forêt décorée de bronzes sculptés de toute beauté, où de vieilles dames jouent au mah-jong et on repart dans la ville moderne après cette parenthèse de calme et de verdure.

N’ayant pas trop de temps pour explorer la ville, on choisit de privilégier le coin du parc du lac Émeraude, datant du 17ème siècle, où les locales de tous âges se réunissent pour pratiquer un sport extrêmement populaire dans le pays: la danse. C’est un rituel que nous rencontrerons de nombreuses fois au cours de notre périple: vers 19 heures, réunion sur une place ou dans un parc, musique, tous en rond et dansons!

Kunming

Traditionnel, pop, fitness, tous les styles se rencontrent et tout le monde est le bienvenu pour rentrer dans le groupe. Ce qui est étonnant, c’est que personne ne semble vraiment mener tout ce beau monde, et pourtant l’ensemble est harmonieux, chacun  sachant ce qu’il a à faire… Un mystère de coordination à explorer! On s’offrira ensuite un délicieux repas dans un restaurant du quartier universitaire: bœuf frit à la menthe, purée de patates assaisonnée à la chinoise (pimentée!!), aubergines relevées avec brio et tranches de chèvre frites! La Chine, à coup sur, un voyage culinaire. Qu’on conclura ce soir par l’engloutissement d’un bon kilo de litchis à deux, un délice sans comparaison avec les importés de chez nous…

Kunming

On quitte Kunming le lendemain matin à bord d’un bus pour Dali, la prochaine étape. Entre les temps de trajets pour rejoindre les gares de bus et le trajet en lui même, on passera la journée dans les transports, mais une fois de plus, on arrive à bon port sans se paumer, on tient le bon bout! Le morceau de Dali qui nous intéresse est la vieille ville, la nouvelle n’ayant pas un intérêt touristique prononcé. Problème, nous voilà une fois de plus dans un grand Disneyland Chinois. La vieille ville est certes très belle, les quartiers anciens bien conservés avec leurs vielles maisons ont un charme fou, mais que dire du reste…

Dali

Les axes principaux de la cité, encerclée de remparts, ne sont qu’une succession de boutiques de souvenirs et d’attractions touristiques d’un goût douteux. Certaines rues de la ville ont été « repensées à l’ancienne », c’est a dire reconstruites pour mieux correspondre aux goûts des touristes, pas toujours une réussite. Et pourtant, à côté de ça, de beaux temples, des ruelles où l’on prend plaisir à se perdre au milieu des habitations anciennes, des tours d’où la vue sur la ville, son lac et ses montagnes environnantes font presque oublier les millions de chinois qui partagent la vue avec nous…

Dali

Notre auberge, idéalement située tout près de la vieille ville mais au calme est un bon camp de base, joliment décorée. On y repasse avant de tenter l’expérience du food court à la chinoise: des dizaines de stands où la nourriture est préparée à la minute, avec les tables au centre, où chacun s’assoit avec ses trophées personnels.  Oui, trophées, car commander dans ce grand bazar, ce n’est pas de tout repos!

Dali

Quelle dextérité ont ces cuisiniers qui doivent surchauffer derrière leurs énormes plaques où rissolent légumes, riz, nouilles, viandes et autres fruits de mer… Au rayon « nourriture étrange » (une spécialité du pays tout de même et notre crainte quotidienne), on trouve ici les brochettes de scorpions et nombre de gelées douteuses quant à leur composition. C’est samedi soir ce soir et l’animation est à son comble dans la ville: les tables des bars sont couvertes de bières, ça joue aux cartes partout (et pas pour des cacahuètes) et les basses résonnent dans les rues. Adieu charme et tranquillité, bonjour tourisme de masse chinois endiablé!

Le lendemain, on loue un vélo afin d’explorer les alentours. L’idée d’aller randonner dans les montagnes Cangshan qui bordent Dali étant hors de propos vue la météo (sommets dans les nuages noirs et plafond bien bas peu rassurant), c’est côté lac que nous allons nous promener.

Dali

Vue sur les pagodes de Dali

Les berges de l’immense lac Erhai (« oreille de mer ») offrent en effet une belle ballade dans les villages traditionnels de pêcheurs et de cultivateurs qui le bordent, l’occasion de voir un peu de « rural ». La route au milieu des champs est bonne, le chemin bien fléché et les villages traversés intéressants, on y retrouve le même type d’architecture traditionnelle qu’à Dali, la foule en moins et les paysans en plus.

Dali

Dali

Dali

A force de pédaler, on va bien plus loin que prévu et on se retrouve à Zhoucheng, à 30 bornes de notre point de départ… Avec ses 2 grands banians trônant sur la place du village et ses petites rues tortueuses, le village est encore loin du tourisme de masse.

Dali

Celui ci est en revanche déjà bien arrivé au village de Xizhou, où les boulangers locaux font fortune en vendant leurs pains du coin, les babas, bien trop chers pour ce que ça vaut… Mais que de belles ruelles dans ce village, encore conservé avec ses devantures en bois et ses toitures où l’herbe pousse sans s’inquiéter du temps qui passe.

Dali

Dali

On prend le temps de goûter une spécialité du coin (que nous ne renouvellerons pas par la suite), des nouilles froides gélatineuses couvertes de piment qui semblent être un vrai délice pour les locaux, moins pour nous.

Dali

Étant dans une province où l’ethnie Hui (musulmane) est assez présente, on croise pas mal de femmes portant un voile et d’hommes avec une sorte de petit bonnet blanc. Ils vendent de petits gâteaux cuits à la vapeur n’ayant pas un goût très prononcé, mais ça ne coûte rien et ça fait un dessert sympa (on ne peut quand même pas toujours finir sur une mangue juteuse, sucrée et mûre à point à chaque fois, malgré le souhait de Séb…).

Dali

Petite digression peu appétissante, mais malheureusement inévitable au quotidien: il est un passage obligé lors de tout voyage, celui de la visite des toilettes. Hors, la Chine, de (très) loin, remporte la palme des chiottes les plus immondes rencontrées à ce jour. Description: imaginez une rigole creusée au sol, vaguement carrelée, des murs arrivant à hauteur de taille disposés à intervalles réguliers perpendiculairement à ladite rigole, non cloisonnés, et vous obtenez les fameuses toilettes. Concrètement, ça veut dire que tout le monde voit tout le monde pisser (ou autre), qu’on est accroupis le nez dans une rigole immonde (parce que l’eau n’y circule que quand Dame Pipi l’a décidé), donc généralement juste au dessus de ce que votre prédécesseur vous y a laissé. Le bonus? La poubelle pleine à craquer disposée intelligemment au niveau du visage quand on est en plein équilibre précaire… Ceci est la version féminine, mais aux dires de Seb, pas mieux chez les hommes… Voilà, cet aparté est terminé, il est temps de rentrer, il y a du chemin.

Dali

La galère du retour, c’est de crever à 5 km de l’arrivée, heureusement pas le long du lac mais sur la route principale. Les risques du sport! Après 60 bornes dans les jambes et une bidouille de bus pour revenir à bon port, nous avons le plaisir de nous faire recevoir par notre loueuse qui tape une crise à cause du pneu crevé (sur un vieux VTT pas entretenu bien sur, cela doit être quelque chose d’exceptionnel pour elle) et nous demande des sous! Hors de question de lâcher le morceau, elle finira par nous rendre mon passeport après avoir jeté les vélos par terre (mais je t’en prie, ce sont les tiens, casse les donc!) et beaucoup crié (on a du copieusement se faire insulter en chinois…). Non mais, elle loue du matériel pas entretenu, c’est nous qui nous tapons de galérer pour rentrer et il faudrait la payer en plus?! Ils perdent pas le nord ici… On se rebaladera dans la vieille ville après cette mésaventure afin de voir les endroits qu’on avait loupé la veille, et c’est bien claqué qu’on ira se coucher.

Dali

La traditionnelle danse du soir…

Dali

On aura finalement eu du pot aujourd’hui niveau météo, à peine quelques gouttelettes sur la route malgré le plafond de nuages noirs qui nous a suivi une bonne partie de la journée.

Le mini bus du lendemain nous emmène à Lijiang, autre ville plus à l’ouest du Yunnan, connue également pour ces vieilles pierres. A 2400 mètres d’altitude, on respire mieux et la chaleur prend une température des plus agréables pour visiter. On est déposés sous un temps radieux par notre bus à l’exact opposé de notre hostel, déjà bien excentré, parfait! Et le comptoir d’information de la gare est bien entendu incapable de nous dire quel bus peut nous y emmener, donc on marche une petite heure avec les gros sacs pour y arriver… Cela nous permet tout de même de contourner la vieille ville et d’admirer le panorama sur les hautes montagnes en fond (5600m tout de même!).

Lijiang

Notre lieu de résidence est heureusement très sympa, les proprios aussi, on nous fait goûter des fruits qui ne poussent que dans le coin et ressemblent à des cerises poilues un peu acides, pas mal après cette longue marche. On part ensuite explorer la vieille ville de la capitale de l’ethnie Naxi, repérable par ses particularités vestimentaires (fréquente casquette Mao bleue et tablier assorti) et ses coutumes (très matriarcale comme société).

Lijiang

La ville, aux bâtisses anciennes bien conservées, est sillonnée de canaux qui lui donne un petit air de Venise chinoise. Lijiang ou « le gros encrier » selon le surnom chinois, date du 12ème siècle et est plutôt joliment restaurée. Le rez de chaussée des maisons est composé de panneaux de bois qui se replient pour laisser apparaître les échoppes, tandis que les lieux d’habitation sont à l’étage.

Lijiang

Lijiang

On s’arrête dans un restaurant qui attire notre regard pour déguster d’étranges spécialités: du concombre mariné au piment avec les fameux « œufs de 100 ans » (devenus transparents et avec une consistance de gelée intrigante), des nouilles de blé très larges assaisonnées de nombreuses épices, le tout arrosé d’un jus de prune ultra sucré… Miam! La Chine, toujours le voyage culinaire.
On monte ensuite par les ruelles tortueuses sur une colline surplombant la ville pour une belle vue sur les toits. D’ici, aucune vision des multiples canaux et ponts qui jalonnent la ville.

Lijiang

Belle perspective en revanche sur la place du Marché où la danse est toujours à l’honneur dans une ronde effrénée (enfin au rythme des septuagénaires qui la composent). En contrebas des rues où l’on marche, on remarque aussi parfois des ensembles de trois petits bassins, dont chacun a a priori une fonction bien particulière rationalisant l’usage de l’eau: le premier est l’eau à boire, le second celui pour laver les aliments et le dernier pour laver les vêtements. La ville grouille malheureusement de monde, de boutiques de souvenirs à touriste et autres grigris qui rendent la progression difficile et cassent les oreilles à un point difficilement imaginable, dur d’en ressortir sans une bonne migraine vu le niveau sonore  des chinois dont le silence est tout sauf la vertu première.

Lijiang

On a les jambes bien en compote après cette ballade (avoir fait trois fois le tour de la ville pour trouver une Bank of China n’a pas aidé) et on rentre donc grignoter un truc avant de se coucher, de toute façon, la ville surchauffe de monde le soir, la circulation à pied y devenant rapidement un enfer.

Lijiang

Oui, vous ne rêvez pas, ce sont bien des panneaux dispersés dans la ville à l’attention du touriste chinois…

Autant se reposer pour les nouvelles aventures du lendemain!

Lijiang

Publicités

1 milliards 300 millions de (touristes) chinois et moi et moi et moi…

Pour ceux à qui la chanson de Jacques Dutronc ne dit rien :

Pourquoi cette chanson me direz-vous? Parce que ces paroles ont bien résonné dans nos têtes depuis Canton, même si comme vous l’avez remarqué le chiffre a quasiment doublé entre temps.

Arrivés à Guilin, on s’installe à notre auberge après avoir réussi à la trouver malgré des explications des plus incompréhensibles. Ensuite direction la street food pour nous sustanter. Et là, c’est encore un choc : il s’agit d’une rue piétonne, bordée de restaurants et de magasins de vêtements branchés (à la chinoise quand même). Mais il est où le pays en voie de développement, avec des millions de chinois en vélo au milieu de bâtiments traditionnels? Ici c’est du touriste local, beaucoup de touristes en fait et pas un vélo en vue, mais des milliers de scooters électriques, le tout entre de gros malls et tours d’habitations modernes imitant l’ancien. Mais bon, on se délecte de brochettes locales et de desserts à base de mangues, au moins en Chine, on y mange bien!

Guilin

En rentrant, on s’aperçoit vite qu’une bonne partie d’Internet est inaccessible : Facebook, Google et toutes les applications attenantes, donc pas de mail ou de cartes ou de recherche ou de traduction, WordPress (adieu la mise à jour de ce blog). Le tout est confirmé par Luc, un américain qui étudie le chinois ici… Bref, ça va pas nous simplifier la vie tout ça.

Guilin

Y’a pas qu’Internet qui pose problème…

Le lendemain, direction une colline en pleine ville sur les conseils de notre hôte de l’auberge, avec la plus belle vue selon elle, et en plus gratuite et sans touriste puisqu’elle n’est pas connue! Ce qui implique que les autres, notamment celle de l’éléphant archi connue, sont bondées et payantes… Ça va pas trop nous plaire le pays à ce rythme là! En chemin, la ville confirme l’impression de la veille, c’est moderne, avec des constructions on ne peut plus kitsch (façon ancien mais reconstruit) au milieu. C’est d’un goût très… personnel. On a eu quelques difficultés à localiser le début du sentier vu l’aspect confidentiel du coin, on a également perdu 1 litre d’eau chacun dans la montée grâce aux conditions météo (plus de 35°C, humide et étouffant), mais au moins nous sommes tous seuls et une vue splendide s’offre à nous en haut.

Guilin

La ville est organisée au pied de nombreux pics karstiques qu’on voit à perte de vue malgré les nuages noirs, assez impressionnant comme vue.

Guilin

Une fois redescendus, on fait une balade dans la ville pour voir les « attractions touristiques ». Plus kitsch, tu meurs, c’est un peu assorti à la tenue de certains en train de se faire photographier devant.

Guilin

Au moment du déjeuner, on choisit un restaurant assez commun ici, mais particulier pour nous autres non-chinois… En effet, une bonne partie de la nourriture animale consommée à l’intérieur est exposée devant encore vivante! On vous laisse juger par les photos, on peut se retrouver avec des choses bizarres dans son assiette…

Guilin

Guilin

Guilin

On commande un poisson et ça n’a pas loupé, le cuisinier est parti le chercher devant. Mais c’était fort goûteux. En sortant, on se prend encore la pluie, décidément ce n’est vraiment pas la bonne saison.

Le soir, nous prenons un bus direction Yangshuo, décrit dans notre guide comme village un peu plus authentique avec quelques touristes occidentaux, et surtout des paysages encore plus impressionnants, en plus d’être la capitale de l’escalade, forcément vue la géographie locale. Arrivés au terminal de bus (plus au bon endroit, merci le routard…) et les bagages déposés à l’auberge, où le réceptionniste ne parle pas un seul mot d’anglais, on se dirige vers la western street où se situent la majorité des bars et restaurants. Et là, le choc, c’est plein à craquer de touristes chinois et de toutes les animations qui s’ensuivent! Mais quand on dit plein, il faut imaginer quelques choses du genre une fête de la musique à Paris, avec plein de vendeurs ambulants, de serveuses invitant le touriste à manger dans son restaurant, le tout avec pour fond sonore les musiques de toutes les boutiques à plein volume et comme décor des bâtiments et ponts rénovés dans le style local, mais en plus kitsch, agrémentés de dizaines de néons. Et pas un touriste occidental en vue, uniquement des bars, restaurants et commerces destinés aux locaux. Au moins on ne se fait racoler, mais c’est plutôt l’indifférence et la bousculade qui est commune. Un petit détail nous fait bien sourire : il y a des boutiques de djembés absolument partout, avec devant un chinois qui essaie de taper dessus en rythme sur un morceau de pop chinoise diffusé à plein tube, mais on ne peut vraiment pas dire qu’ils ont le rythme dans la peau…
Bref, pas du tout ce à quoi on s’attendait, à tel point que Delphine ne souhaite qu’une seule chose, qu’on s’en aille demain vers Xinping, un autre village plus excentré. Le lendemain, en attendant de quitter le lieu , on loue deux vélos pour aller faire un tour dans la campagne environnante. Campagne est un grand mot, puisqu’il y a des touristes absolument partout, en vélo, scooter électrique, bus etc. La paisible route se transforme en autoroute à touriste dont nous faisons partie, mais au moins le paysage est splendide. On a réussi à atteindre Moon Hill, la fameuse arche, que Séb rêve de grimper, après une vingtaine de minutes de montée. Manque de chance:
1. L’entrée est maintenant payante (le business du tourisme est florissant)
2. La température doit être proche des 40°C et le taux d’humidité des 100% (et il pleut par intermittence)
3. Il y a des panneaux « interdit de grimper » partout…
Bref, ce n’est plus vraiment la destination des grimpeurs comme présentée dans les vidéos, et surtout pas en Juin pendant la mousson.

Yangshuo

Yangshuo

On continuera en vélo jusqu’au village suivant pour voir le marché hebdomadaire. Assez sympa, mais on peut y trouver de tout à manger, y compris des chatons… La nourriture chinoise est excellente jusqu’à présent, mais on va essayer de faire attention à ce qu’on mange.
Nous arrivons à Xingping en fin d’après midi, encore une fois sous la pluie. Mais la première impression est bien meilleure : il s’agit d’un petit village de pêcheurs préservé et surtout, avec très peu de touristes!

Xingping

Le lendemain, sur les conseils de Luc, un sympathique américain rencontré à Guilin, nous montons sur la colline d’à côté où la vue est époustouflante malgré la pluie et la chaleur.

Xingping

Et puis, ne souhaitant pas se laisser mourir de faim, un petit tour au marché s’est imposé une fois que l’on est redescendu.

Xingping

Xingping est connue pour être le port de débarquement de la croisière star, mais c’est avant tout LA ville d’où on jouit de la vue du dos des billets de 20 yuans.

Xingping

Bref, Xinping, on a accroché! Après un bon tour de la ville, retour à Yanghsuo, cette fois-ci pour grimper le lendemain. Au matin, c’est avec toute une troupe de grimpeurs, tous de nationalités différentes, rencontrés dans la rue (Carlos, si tu nous lis!) et à l’auberge qu’on essaie, parce qu’on a mis près de 2 heures à décoller, de se rendre au pied d’un spot de grimpe. Celui-ci est bien perdu dans les rizières et les villages aux alentours, et surtout sans un touriste à l’horizon à part nous-mêmes, ce qui fait une bien plaisante ballade à vélo.

Yangshuo

L’escalade et l’ambiance sont sympas, malgré des conditions les plus éloignées de l’optimum.

Yangshuo

Mais, c’est déjà l’heure de rentrer, pour rejoindre Guilin et le lendemain prendre notre train en direction de la prochaine étape…

L’empire de l’incompréhension

C’est heureux d’avoir nos visas que l’on prend le bus pour Canton (Guangzhou)  en début d’après-midi. Le bus nous dépose au poste de frontière de Shenzen qui est énorme, c’est que beaucoup passent ici par jour! On reprend un autre bus une fois la frontière passée et on sent tout de suite que ça a changé. Ça a beau être le même pays, finalement Hong Kong est assez différent de la Chine. Ce qui choque lors du trajet, c’est l’urbanisation extrême: pendant des kilomètres et des kilomètres, on ne voit que des bâtiments, dont une bonne partie en construction, alors que Shenzen est loin d’être une des plus grandes villes du pays! Là on realise que 1,3 milliards de chinois, ça en fait du monde…

Le ciel est bien gris, ce qui est loin de rendre le paysage assez désolant plus agréable. Très vite, il se met à pleuvoir, une énorme averse, sauf que celle-ci n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Elle ne nous quittera pas de la journée. Une fois à Canton, on prend le métro pour rejoindre notre auberge, très sympa, et là, nouveau choc. La ville et le métro sont ultra modernes, mais le paramètre important et omis c’est qu’il est 18h, l’heure de pointe et dans l’une des plus grosses villes de Chine avec nos gros sacs à dos!

Par rapport à Hong Kong, le « remplissage » est beaucoup moins civilisé… On peut même dire que le chinois est clairement rustre, mais on réussit tout de même à arriver à notre auberge, super sympa, au bord de la rivière, alors que la nuit tombe et que la ville s’illumine.

Canton

On voit quelques personnes âgées faire leur Tai Chi sur le quai, ça a l’air détendu. Les tenanciers de l’auberge parlent un anglais timide, mais le parle quand même, ouf!

Par contre, l’expérience du dîner est différente, tous les restaurants ont des affiches ou menus uniquement en mandarin, mais on tombera pour notre part sur un menu traduit et en images. Re-ouf! On assistera à une jolie dispute entre deux serveuses à propos de nos plats, sans en comprendre un mot, ça a l’air assez spécial ce pays.

Les gens en dehors ne parlent pas un seul mot d’anglais, mais surtout n’en comprennent pas un mot, même les nombres, et n’ont pas l’air de comprendre le langage des signes. Ça ne va pas être facile ce bout de voyage… Mais au moins, la nourriture et bonne et plaît même à Delphine.

Canton

En chine, on est préparés à tout

Le lendemain, direction la gare pour acheter des billets pour prendre le train de nuit vers Guilin. Mais tout n’est pas si simple en Chine pour nous pauvre occidentaux. Arrivés à la gare Est comme indiqué par l’auberge (arriver tôt parce que c’est samedi), elle aussi ultra moderne, aux guichets on comprend que ça va être difficile, puisque absolument tout est en caractères chinois: le tableau d’affichage des différents trains, les inscriptions au dessus des comptoirs… On essaie de chercher le nom en chinois sur les tableaux en vain et on finit par se demander si c’est bien la bonne gare, puisque Guilin est à l’ouest de la ville et que notre train est après le dernier train affiché ici. Mais on décide de faire la queue dans l’une des files au hasard, ne comprenant pas qu’est ce qui les différencie. Arrivés devant la guichetière, on essaie de prononcer notre destination sans qu’elle comprenne et au bout de quelques minutes, on finit par lui montrer notre guide du routard avec le nom en chinois! Mais elle nous répond quelque chose d’incompréhensible, essaie en anglais mais est assez gênée, ou amusée. On finit par comprendre que que ce n’est pas ici, mais ça serait à la gare Ouest, comme on le pensait. Mais sans être sûrs vu le regard vide de la guichetière à nos questions. On essaie ensuite désespérément et en vain de trouver un point information ou de se connecter à Internet. Finalement, on finit par demander à une agence de voyage qui nous indique qu’il faut aller au guichet 1. Delphine y va pendant que Seb va au Starbucks pour vérifier sur Internet. Résultat, pas d’Internet accessible puisqu’il faut un numéro chinois (Big Brother!) et pas de trains de nuit, uniquement des trains qui mettraient quelques heures contre une douzaine d’heures comme indiqué dans le routard. L’écran étant en chinois, impossible de vérifier, on pense qu’on ne s’est pas compris. Dépités, on finit par demander à la réception d’un hôtel, qui après vérification nous confirme que c’est au guichet 1 et que ça serait les bons horaires. On retourne donc au guichet, nouvelle queue, puis on redemande en vérifiant les inscriptions dans le guide et on s’aperçoit que c’est la bonne destination simplement l’arrivée est à la gare Nord. En fait, les villes sont maintenant reliée par un TGV. Tout va très vite ici, et même trop vite pour le routard (qui se révélera très incomplet, voire complètement nul… mais on en reparlera dans un article dédié).

Remis de toutes ces émotions, on fait la découverte rapide de la ville: des grandes tours, de larges avenues, des bâtiments énormes à l’architecture futuriste.

Canton

Bien loin du pays en voie de développement comme on nous le présente en Europe, c’est plutôt la France qui va commencer à être en retard…

Canton

Vue sur l’opéra de Canton

Un petit tour au musée de la ville incroyable, qui présente bien la culture cantonaise, celle que l’on connaît en Occident puisque la majorité des émigrants chinois dans le monde (70%) sont originaires du coin.

Canton

Les dragons-boats

Canton

Des plantes médicinales chinoises, enfin on présume

Un détour par le mausolée du roi Nanyue, un musée autour du tombeau de Zhao Mo. A la chinoise, il s’agit d’un tombeau démesuré, 72 martyrs ont été enterrés avec le roi. Le musée expose principalement les pièces retrouvées dans le tombeau: d’innombrables pièces de jade composant son habit mortuaire, des pièces d’apparats, le tout extrêmement bien expliqué. C’est au pas de course que l’on fait la visite puisque nous avons un train dans quelques heures.

Canton

Un costume mortuaire entièrement en jade

Nous partons tôt pour avoir de l’avance à la gare, mais une fois nos bagages récupérés à l’auberge, on nous explique qu’il faut une heure pour aller à la gare de l’Ouest… Super, notre train étant exactement dans une heure sachant qu’il faut y être 30 min en avance normalement. On repart en courant vers le métro (à 10 bonnes minutes à pied) sous la pluie. Les changements s’enchainent parfaitement, et on arrive 20 min avant l’heure de départ. Là on se dit, facillllleee! C’est sans compter sur les gares chinoises… Ultra moderne, ressemblant plus à un aéroport (plus grande qu’Orly), où il faut passer un premier guichet qui contrôle les billets, avec toujours plusieurs comptoirs en chinois tous différents, puis passer la sécurité et se faire scanner les bagages (???) pour aller à la porte d’embarquement (comme un aéroport on vous dit), le tout étant à des étages différents, entrecoupés d’escalators et de milliers de chinois qui jouent des coudes. On finit par arriver au train de justesse avec de nombreux chinois dans notre situation, l’employée appelant les retardataires au mégaphone (sûrement ça vu qu’on ne comprend rien). Mais au moins, on l’a eu! Ne sachant pas à quoi s’attendre, on est agréablement surpris par le train ultra-moderne et confortable également. Le voyage se fera donc sans encombre, avec de superbes paysages de collines couvertes de forêt de bambous.

A la porte de la Chine

On quitte l’Indonésie après une courte nuit à Jakarta et avoir souhaité bon vent à Flo. Quelques heures plus tard, changement radical de décor, arrivée dans l’univers des gratte-ciels de Hong Kong.

Hong Kong

Le stade suivant de la modernité

Nous prenons nos quartiers dans notre « cellule » de Tsim Sha Tsui, de l’autre coté de l’île proprement dite où se trouve le coeur de la ville. Oui, « cellule », car ici, l’immobilier flamboie et le prix du logement s’envole. Alors, tout l’espace est optimisé au maximum: 6m2 salle de bain incluse, autant dire qu’on ne se sent pas perdus dans l’espace. Mais c’est propre, presque mignon et le staff est adorable, faisant leur possible pour communiquer en anglais. On passe l’après midi de notre arrivée à préparer les papiers pour la demande de visa du lendemain, petit marathon en prévision pour les prochains jours. Le soir, il est temps de prendre l’air (atrocement chaud et moite) de la ville, saturés de réservations fictives d’hôtels et d’itinéraires bidons. On déambule au milieu des gratte-ciels illuminés pour arriver sur Temple Street, où on prend notre premier repas chinois sur le marché de nuit, des nouilles frites aux crevettes.

Hong Kong

Les produits de la mer (la spécialité d’ici) sont on ne peut plus frais, encore vivants dans des bassines, à choisir pour son repas! On passe au retour par un grand parc qui se trouve juste à coté de notre hôtel, où plein de petites piscines nocturnes permettent de se rafraichir dans la moiteur de la nuit, la verdure luxuriante n’apportant malheureusement aucune fraicheur dans la fournaise ambiante…

On dépose notre dossier le lendemain matin au service des visas chinois après une attente finalement moins pire que ce à quoi on s’attendait et on croise les doigts pour que ça marche. Nous avons donc 4 jours devant nous pour découvrir Hong Kong maintenant… On commence l’exploration par le quartier de Central, où nous nous trouvons. Des trams à double étage d’un autre temps y circulent curieusement au milieu des édifices bancaires massifs à l’architecture ultra contemporaine.

Hong Kong

La vue depuis le mall où Apple a ses quartiers n’est pas des plus désagréables pour prendre la mesure de la ville.

Hong Kong

HSBC, Bank of China et autres poids lourds de la finance sont au coude à coude.

Hong Kong

Hong Kong étant entouré de collines offrant de beaux points de vue directement autour du centre ville, nous montons en bus au Victoria Peak pour découvrir l’étendue de la cité.

Hong Kong

L’environnement est étonnant pour une ville aussi urbaine, totalement entourée de collines verdoyantes sillonnées de nombreux sentiers de randonnée. Les nuages sont nombreux et le soleil se montre peu, on s’est malheureusement fait rattrapés par la mousson dans notre voyage. La chaleur est éprouvante, entre 30 et 35° en permanence à l’ombre et un taux d’humidité proche de 100%! On alterne donc entre l’extérieur étouffant et les intérieurs avec une clim’ tournée à fond en permanence, un bon moyen pour tomber malade. On poursuit la balade vers d’autres quartiers de l’île, Lan Kwai Fong et Soho. Ceux-ci sont bien colonisés par une population expatriée, qui se réunit à grands renforts de pintes de bières anglo-saxonnes dans les nombreux bars d’une genre de « rue de la soif » de Soho. C’est ici également qu’on trouve quantité de français, ayant ouverts cafés, restaurants et boutiques. Ils semblent avoir trouvé leur public vu leur nombre!

Hong Kong

Quelques fois le public est étrange…

On continue la balade jusqu’à l’ouest et le quartier de Sheung  Wang, typiquement chinois avec des magasins parfois très étranges, par exemple remplis de nids d’hirondelles et d’autres produits qu’on ne réussit pas à identifier.

Hong Kong

On rentre le soir bien fatigués de cette longue balade pour gouter un classique de la cuisine locale, la soupe de wontons, un genre de raviolis flottant dans leur bouillon.

On part le lendemain assez tard se balader sur la promenade de Tsim Sha Tsui, qui offre la plus belle vue sur l’île de Hong Kong.

Hong Kong

Une sorte d’allée des stars à la Hollywood s’est installée ici, avec les empreintes de nombreuses stars chinoises (enfin on suppose, on en connaissait par les 3/4…).

Hong Kong

Parmi les quelques noms que nous avons pu reconnaitre, Bruce Lee (qui a même sa statue à coté de son empreinte) et Maggie Cheung (pour les cinéphiles, In the Mood for love). On est donc déjà bien trempés de sueur après cette promenade en plein soleil quand on prend le métro pour le nord de la ville, quartier de Kowloon. Un temple a attiré notre attention dans le guide et bien nous prend de nous y rendre pour le visiter, l’endroit est très beau. Un ensemble de petites pagodes colorées, vouées au culte taoïste, visiblement populaire auprès de la population locale, nombreuse à prier aujourd’hui. C’est une petite oasis de verdure au milieu des immenses immeubles, avec de petites rivières et lacs aménagés où nagent les tortues, le tout baignant dans une odeur persistante d’encens.

Hong Kong

La pause midi valait le détour (que nous n’avons pas vraiment fait vu qu’on était par hasard déjà dans le coin), avec ses spécialités de la région de Canton, les dim sum. Mais qu’est ce donc que cela? Ce sont des genre de tapas à la chinoise finalement, cuites à la vapeur dans leurs petites boites de bambous. On en choisit plein et on les partage au centre de la table: des buns (petits pains fourrés), des dumplings (raviolis fourrés à la viande ou aux légumes), des légumes verts,  du riz épicé avec tout type de viande ou de poisson, des desserts à la mangue…

Hong Kong

Il y a de tout et pour tous les gouts (enfin mieux vaut aimer les oreilles de porcs et les pattes de poulets dans ce dernier cas) et surtout, on a une traduction en anglais des plats, une bonne chose pour éviter les mauvaises surprises! Une vraie bonne découverte, et dont on se rend compte qu’il est étoilé au Michelin, étrange quand on voit le cadre de l’endroit et le service, efficace mais pas des plus sympathiques… On part ensuite se perdre dans les différents marchés à thème du quartier: le marché aux oiseaux (tristesse que tout ces petits piafs dans leur cage en plein soleil…),

Hong Kong

aux fleurs (de vrais artistes de la composition de bouquet!) et aux poissons. Ce dernier est de loin le plus étrange, on y trouve de tout pour se créer un aquarium de A à Z. Les poissons rouges et autres sont accrochés dans de petits sacs plastiques avec le strict minimum d’eau aux vitrines des boutiques afin que le chaland fasse son choix, puis l’intérieur de la boutique vend… tout le reste. Et ça, sur toute une rue, assez fou.

Hong Kong

On finit dans un mall spécialisé dans l’électronique où Séb tente de faire son choix au milieu des téléphones afin de remplacer son bien-aimé Samsung perdu au Mexique… Un choix bien difficile au milieu de tout le choix proposé et surtout devant l’incertitude de l’état et de la provenance des-dits téléphones. On finira le soir près de notre hôtel dans un genre de fast-food coréen, afin de faire varier les plaisirs à notre palais.

Hong Kong

Les rues surpeuplées d’affiches, typiques du quartier

On part le lendemain faire une activité incontournable de la ville: traverser le bras de mer qui sépare l’île du continent à bord du Star Ferry, un des vieux bateaux qui opèrent cette traversée depuis des années pour à peine quelques centimes. La vue y est la plus belle pour apprécier la baie et cette étendue de gratte-ciels impressionnante avec les collines en toile de fond.

Hong Kong

Premier stop: la poste restante de Hong Kong, en espérant qu’elle marche aussi bien que celle de Sydney,pour récupérer nos nouvelles cartes bancaires. Première déception: échec, il n’y a rien, on repart avec un numéro de téléphone à appeler… Bon, on retentera plus tard… On part à bord des antiques trams vers l’autre coté de l’île se perdre dans le quartier de Wan Chai, où on compte faire une petite ballade de découverte. L’appel de la faim se faisant sentir, on commence par trouver notre pitance dans un restau local, où l’on tente la commande à l’aveuglette, c’est à dire d’après les photos affichées au mur. On aura donc dans nos assiettes ce qui s’appelle du conghee, un genre de gruau de riz avec plein d’ingrédients que l’on choisit à rajouter dedans. Séb, audacieux, tente « l’oeuf de 1000 ans » (pas mauvais a priori, mais le nom ne m’inspirait pas), tandis que je reste plus classique sur des légumes et des boulettes de viande.  Vu qu’en fait, c’est plutôt un saladier de nourriture qu’on nous emmène et que c’est du genre qui tient bien au corps, on sort plus que calés de notre repas. Et étant donné que le Mercredi les musées sont gratuits, on modifie notre programme pour revenir sur le continent et aller visiter le musée de l’histoire de Hong-Kong le reste de l’après midi. Une découverte super intéressante, un musée très bien mis en valeur et très riche, depuis les dynasties anciennes des origines, les minorités ethniques composant la population et leurs coutumes jusqu’au Hong Kong d’aujourd’hui

Hong Kong

en passant par la période « colonie anglaise ».

Hong Kong

On finira la visite un peu au pas de course car ça ferme, tellement on a pris notre temps dans cette belle reconstitution du passé, une bonne introduction à la Chine continentale qui nous attend. Après un bref repos à l’hôtel, autre activité incontournable de la ville pour le soir, les courses hippiques! Importés par les anglais en leur époque, les chinois en sont devenus fous et l’hippodrome de Hong Kong en est la preuve. Immense, les parieurs acharnés côtoient les bussinessmen en costard-cravate de sortie de leur banque pour boire une bière avec les copains en ce mercredi soir de courses.

Hong Kong

Je plains pour ma part ces pauvres galopeurs, déjà trempés dans le rond de présentation, le thermomètre dépassant encore allègrement les 30° ce soir… On ne fera pas de paris (décidément en chinois, trop compliqué) et on se contentera d’observer l’effort, entrecoupé d’interludes à thème « Bollywood » assez surréalistes ce soir, la bière coulant à flot parmi les spectateurs, une vraie expérience sociale…

Hong Kong

Un peu claqués de ces longues journées et de la chaleur omniprésente, dur de se lever ce matin pour continuer notre marathon visa… Pas de souci pour le chinois, on récupère nos passeports tamponnés en bonne et due forme avec joie, rien ne servait de stresser finalement, on y est arrivés tous seuls comme des grands! Les choses se corsent en revanche avec le russe, où malgré les renseignements pris sur internet et notre parfait petit dossier nous ne ferons pas notre visa à Hong Kong, car n’étant pas résidents permanents, le délai est de 15 jours, pas de service express possible pour nous… On est donc un peu dépités quand on part à la visite de Wan Chai, tentant de faire bonne figure malgré tout. On passe à pied par le marché, très coloré et animé, un petit temple taoïste dissimulé sous les immeubles, des restants de quelques bâtiments « anciens » qui ont gardé une taille humaine, comme l’ancienne poste.

Hong Kong

On réussira d’ailleurs à récupérer nos CB à la poste restante avec beaucoup de persévérance auprès des employés (on est sûrs que notre lettre est arrivée, mais il faut les en persuader…), victoire! Le midi, on tente un boui-boui local de chez local: pas de carte, pas de photos, pas d’anglais, on montre du doigt ce qu’on veut! Et bien, c’est payant, on mange le meilleur canard laqué qu’on ait jamais gouté et dans une ambiance incomparable (le short de Séb se souvient encore des projections dues au découpage peu académique de la bête par le cuisinier à coté de nous…). On a bien rigolé et on a bien mérité une petite sieste cet après midi, avant une dernière immersion dans le marché de nuit de Temple street pour manger des fabuleuses noix de Saint-Jacques gratinées tout simplement parfaites!

Hong Kong

Hong Kong

ça vous rappelle quelque chose?

Un brin de shopping la dernière matinée, et nous voilà partis à bord de notre bus vers Guangzhou (Canton), la porte de la Chine s’ouvre à nous!

Lombok ou le pays sasak

Pendant que les filles passent leur temps sous l’eau, Séb décide de les laisser tranquilles pendant deux jours pour aller passer le sien sur l’eau. En effet, c’est bien motivé par la 1ère journée de surf que l’étape suivante est choisie : Kuta, sur l’île de Lombok. Malgré le même nom que sa soeur sur Bali, les deux villes n’ont rien en commun, à part le surf et le fait d’être sur la côte sud de leur île respective. En chemin dans le mini bus, on remarque tout de suite que la pression démographique est beacoup plus faible que sur les autres îles qu’on a pu voir en Indonésie. Mais aussi le retour des innombrables mosquées et des voiles sur les têtes féminines, finie la vie touristique. Débarqué à Kuta à la mi-journée, je remarque très vite que le développement économique n’est pas encore arrivé jusque là… Il y a bien quelques losmens (pensions) pour accueillir les touristes, mais on est loin de Bali! Cela reste très rural, des routes défoncées, les bâtiments sont plus des paillotes qu’autre chose, des chiens errants partout. On vient à Kuta pour deux choses : les plages des alentours qui seraient parmi les plus belles d’Indonésie et le surf. C’est pour cela qu’une bonne partie des touristes se balade avec une planche, notamment les inévitables australiens. Le cadre est grandiose : Kuta est au fond d’une baie immense longée par une belle plage de sable blond. Mais il parait que les alentours sont encore plus beaux, ça promet!

Petit tour des hébergements avant de poser le sac dans l’un deux pour son rapport qualité-prix convenable. Location de scooter faite , indispensable ici, je me renseigne à la surf shop recommandée. Quelques minutes de discussion plus tard, c’est convenu, cours de surf en fin d’après midi et tout seul en plus.

Lombok

Le spot pour débutants « plus » est à Gerupuk, une autre baie à l’est de Kuta à environ 10-15 minutes en moto par une route totalement défoncée. Un fois dans le village, on se rend à un petit port d’où l’on prend un bateau vers l’embouchure de la baie, au milieu des fermes d’algues, c’est pittoresque!

Lombok

La baie compte 5 spots, dont 2 principaux, et il faut forcément un bateau pour y accéder. Une fois sur place, on voit que l’on est pas tout seul, et que la vague de débutant, et bien… ça fait pas très débutant! Certaines vagues sont largement au dessus de la tête, mais mon prof/guide local m’assure qu’elle est facile à prendre et pardonne beaucoup. De plus le fond n’est pas du corail dur, mais bien mou, donc pas de risque de blessure à priori. Apparemment, c’est jour de grosse houle aujourd’hui, car c’est la première fois de la saison (on est au début ici) qu’on peut surfer en fin d’après midi. On se lance à l’eau et grâce aux explications (et à la poussée!) de mon prof, je parviens à enchaîner les vagues, et pas seulement en allant tout droit! Bref une séance folle, encore plus excitante que la première, le surf c’est vraiment génial! Même les lessivages en règles dans ces rouleaux n’entament pas la motivation. Le soleil déclinant, c’est l’heure de rentrer, épuisé mais le sourire au lèvres. Le lendemain, nouvelle session aux alentours de midi cette fois avec un couple de brésiliens rencontrés dans le mini bus pour venir, deux néerlandaises, une anglaise et trois instructeurs. Cette fois c’est plus désorganisé, une houle plus faible et donc beaucoup moins de vagues. La fatigue de la veille n’aidant pas les choses, la séance sera beaucoup moins intéressante que la précédente, malgré quelques belles vagues. Au retour, on fait mieux connaissance en discutant affalés dans des poufs à la surf shop, se donnant rendez vous le soir au bar de la boutique. La soirée finira en fête, ce qui permettra de faire connaissance avec beaucoup de nouvelles têtes, en rigolant devant les surfeurs locaux essayant de draguer toutes les occidentales dont nos deux néerlandaises, et au milieu d’enfants cherchant à vendre avec insistance des bracelets aux touristes malgré l’heure très avancée.

Le lendemain, jour de repos et route pour les filles qui me rejoignent Kuta à la mi journée, Delphine avec son niveau 1 de plongée en poche! Installation dans les chambres, location d’un second scooter et nous voilà parti pour Mawun, une baie et plage à l’ouest de Kuta. La route monte fortement, le scooter de Séb a beaucoup beaucoup de mal… Paiement du péage (car oui, il faut payer partout ici pour se faire surveiller les motos), puis on arrive à la baie. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le lieu est grandiose.

Lombok

Un sable blanc et extra moelleux, une eau claire sans vagues, le tout entouré de montagnes, bref un joli petit air de Thaïlande, qui nous incitera à lézarder le reste de la journée. Au moment du départ, grosse frayeur : on ne trouve plus la clé du scooter de Seb, elle n’est pas sur la moto (peut être oubliée?) on la cherche donc dans le sable aux différents endroits où l’on s’est trouvé, des locaux nous aident, mais rien. Au bout de quelques dizaines de minutes, au moment où l’un de nous allait partir demander une hypothétique seconde clé au loueur, un local nous l’apporte! On la récupère moyennant un tip, et on repart. On ne saura jamais s’il l’a retrouvée dans le sable ou s’il l’a récupérée sur le contact, car il n’y pas de sable dessus et vu ce dernier, la retrouver tout seul dedans parait peu probable…

Lombok

La belle lumière sur la route du retour…

Le lendemain, on part de bon matin pour Sengkol, un village dans les terres où se tient le marché hebdomadaire. Arrivés sur site, on est accueillis par un monstrueux désordre et invités par un local à se garer dans les parkings payants au centre du marché pour ne pas se faire voler nos scooters… Le marché est noir de monde, pas d’une propreté exemplaire, mais les étals intéressants et on y trouve de tout: des bibelots, des couteaux, des poissons frais, légumes, fruits, etc. Les stands les plus étonnants sont sans contexte ceux vendant un tabac blond, qui remporte un gros succès auprès des locaux et ceux vendant « l’assaisonnement » de la cuisine sasak: piments, oignons et ail se disputent le pavé!

Lombok

Échoppe de tabac

Lombok

Le poisson précuit au soleil…

Lombok

De la banane et du piment, en veux-tu en voilà!

Lombok

De quoi avoir bonne haleine!

Lombok

Et enfin, l’assaisonnement!

Au retour, arrêt au village sasak de Rembitan où se trouve une surprenante mosquée: celle-ci ressemble plus à une chaumière avec son toit en herbe séchée et son sol en terre battue. La religion de ce peuple est surprenante, un mélange de confession musulmane et animiste. Ainsi, ils n’ont aucune obligation de faire les 5 prières par jour, idem pour le ramadan, mais célèbrent en plus quelques fêtes propres aux rites animistes.

Lombok

Ensuite, détour par Sade, également sasak, que l’on visite avec un guide local. Il parle très bien anglais et la visite est vraiment intéressante, pleine d’anecdotes sur la vie quotidienne de cette ethnie qui vit encore dans un autre temps (ils n’ont l’électricité que depuis 2 ans…). Une coutume nous surprend particulièrement, celle du mariage. Ils ne sont célébrés qu’entre membres du même village, le garçon devant enlever la jeune fille pour aller vivre dans les environs. Au bout de quelques temps, après que les parents de la jeune fille soient « calmés », ils reviennent et vont officiellement demander à la famille de se marier. A la suite de ça, ils vivront dans une maison traditionnelle de leur peuple, avec un sol en argile et en coque, poli à la bouse de vache, des murs en bambous et un toit fait avec de l’herbe séchée. On aura l’occasion de voir les femmes à l’oeuvre pour le filage du coton, le tissage des vêtements et la torréfaction du café, qui à notre grande surprise est mélangé avec du riz.

Lombok

Torréfaction du café à la main

Lombok

Filage du coton 

Lombok

Puis tissage multicolore!

On trouve au milieu des demeures traditionnelles des greniers à riz, qui servent à l’autosuffisance du village, celui-ci ne vendant pas sa production propre mais la réservant à sa population qui ne cesse de s’accroître.

Lombok

C’est également l’occasion de revoir des personnes « chiquer » du bétel, une noix qui rend les gencives et les dents d’un beau rouge flamboyant et qu’on n’avait pas recroiser depuis l’Inde.  On déclinera gentiment les propositions pour essayer par nous mêmes…

Retour à Kuta pour aller sur la baie de Tanjung A’an à l’Est et pour la session de surf de Seb qui aura finalement lieu en fin d’après midi, sur un nouveau spot, malgré un imbroglio incroyable avec la surf school.
La baie est splendide, la plage est d’un magnifique sable fin et extrêmement blanc.

Lombok

Elle est malheureusement jonchée de détritus  par endroits et sert parfois de piste aux 2 roues conduits par des touristes en mal de sensations fortes, ce qui gâche un peu le plaisir. Comme sur toutes les plages, même harcèlement permanent par les gamins qui tentent fort peu subtilement de nous vendre bracelets, ananas et autre noix de coco, ou par les femmes et leurs sempiternels sarongs. Mais bon, on s’y fait… Une petite marche jusqu’au sommet de la colline surplombant la baie offre parmi les plus belles perspectives qu’on aura l’occasion de voir dans ce coin de Lombok, un camaïeu de bleus inégalé. On y perd deux litres d’eau dans la montée par cette chaleur sans pitié, mais ça valait le coup!

Lombok

On partira dans l’après midi avec Florence siroter un thé glacé au coucher de soleil dans un café du port de Gerupuk, observant le ballet incessant des bateaux transportant les surfeurs en quête de « the wave« , slalomant au milieu des plantations d’algue. Le village est encore resté très authentique hormis les 2-3 surf shops, et dès qu’on sort de la rue principale, l’environnement redevient très rural. On est ici dans un centre majeur de production d’algues, celles-ci partant à l’exportation et assurant une bonne partie des revenus du village via leur utilisation dans nos cosmétiques occidentaux…

Lombok

Le jour suivant permettra de découvrir la baie de Selong Belanak, le joyau de la côte avec son immense plage de sable blanc et fin (oui, encore, mais on ne s’en lasse vraiment pas!).  Bref, le sud de la côte de Lombok tient toute ses promesses, on dirait que les plages font ici la compét’ de la plus photogénique! Et sans conteste, c’est celle d’aujourd’hui qui gagne.

Lombok

Bon, par contre, c’était censé être un spot de surf « gentillet », mais là on est au stade où les vagues sont tellement microscopiques qu’il n’y a rien à faire… Alors on s’amusera juste pour les photos, Florence se souviendra de ses tentatives de bodyboard sous-marin! Seul petit regret, ce splendide spot décrit dans le guide comme confidentiel n’en a plus grand chose, nombre de paillotes locales ayant flairé le bon filon, difficile d’échapper aux rabatteurs des surf shops et des bouis-bouis. On passera en dernier sur la plage de Mawi, après 4 km de route atroce au milieu des champs de tabacs, où on serre les fesses pour ne pas renverser le scooter dans les ornières. Cette baie est réservée aux surfeurs plus expérimentés, avec des vagues gigantesques sur fond de corail affleurant, on passera un bon moment à les observer faire leurs démonstrations dans l’eau, ils gèrent.

Lombok

Puis il est temps pour un petit cours de yoga au coucher de soleil sur Kuta, au milieu d’un troupeau de vaches locales qui semblent bien peu se préoccuper de notre activité… La dernière occasion de tester l’amélioration de nos prouesses de souplesse et équilibre (ou pas…)

Le soir, négociation avec les agences locales pour nous emmener voir l’intérieur des terres, à savoir le village de Tetebatu et sa cascade. Négociation est bien le terme approprié, car ou on nous sort des tarifs au jugé sans vraiment savoir ce qui est inclus dans la sortie, ou on ne sait même pas de quoi on parle… Ce n’est pourtant pas si loin que ça, même pas 2 heures de trajet! On finit par réussir à négocier une sortie en voiture à un prix qui nous semble acceptable pour aller là où on voulait vraiment aller, il semblerait que Tetebatu ça ne soit pas trop le truc des agences, ils veulent absolument nous emmener à « des cascades où on peut se jeter dans l’eau » (ce dont on se fout complètement…) pour glander et manger. Bref, l’Indonésie, des fois, c’est compliqué! Enfin, on se console devant le plat de poisson le moins cher de la création, 30000 roupiah (soit 2€) pour le poisson entier grillé, riz et légumes inclus. Du coup, on se fait même le luxe d’une bière au bar des surfeurs sur fond de concert-guimauve joué par les locaux.
La voiture est bien là pour nous prendre le lendemain, mais le chauffeur attaque direct avec sa rengaine de « les autres cascades elles sont mieux, on peut se jeter dedans et Tetebatu c’est cher ». On écoute les arguments, mais vu qu’aucun de nos guides ne parle des dites cascades, on suit quand même notre première intuition. Bon, un des arguments de notre chauffeur était vrai, l’entrée de la cascade du village est hors de prix et ne semble absolument pas officielle, vu qu’on négocie le prix… Résultat, le gus de service se met un bon paquet de billets dans la poche et note seulement une personne sur le cahier des visiteurs, on se doute de où va le reste de l’argent. De l’arnaque pure et dure, mais maintenant qu’on est là, que faire? Au moins on a tiré le prix au maximum… Un « guide » nous amène sur un chemin pavé très bien tracé et unique, donc son utilité est proche du néant, surtout qu’il essaie de meubler pour justifier sa présence en nous montrant les panneaux explicatifs et 2-3 plantes en parlant indonésien, ça nous fait une belle jambe. Qu’il justifie le montage de son arnaque dans son esprit comme il le souhaite! La cascade est mignonne mais quelconque, formant une petite vasque en pleine végétation tropicale.

Lombok

Manque de bol pour nous, la vue sur le mont Rinjani derrière est complètement bouchée par les nuages, du coup, on ne profite pas trop du panorama. La végétation est elle intéressante, très riche et luxuriante, on croise même au retour un groupe de petits singes noirs locaux qui sautent d’arbre en arbre. Bon, une promenade sympa, mais on est un peu blasés d’avoir payé autant pour ça… On demande à notre chauffeur où on peut déjeuner et il nous emmène dans une maison d’hôtes où nous sommes très bien reçus, seuls et uniques représentants pour le repas. Le propriétaire est adorable, il se lance avec les bribes d’anglais qu’il connait, nous raconte plein d’histoires sur les étrangers qui passent par ici, son commerce local (il fait pousser de la vanille et autres), un bon moment. Et le repas est très bon, fini sur un café aromatisé à la vanille locale, qui nous convainc de lui en acheter quelques gousses! Il faut payer pour visiter les terrains de plantation aux alentours de Tetebatu (nullement mentionné dans les guides), car on ne peut être seuls lors de cette ballade, le tourisme n’est malheureusement pas toujours exploité à bon escient sur Lombok, c’est bien dommage. Il est hors de question que l’on paie quoique ce soit de plus après l’arnaque de ce matin, il nous propose donc du coup gentiment de faire un tour dans les champs derrière chez lui avant de repartir. Quelle bonne idée! On se ballade au milieu des rizières où travaillent les femmes et où leurs enfants jouent au cerf volants, dans les champs de piment multicolores, d’arbres fruitiers divers dans les cours des maisons…

Lombok

Dans les rizières…

Lombok

ou dans les piments!

Les habitants nous regardent avec curiosité, mais sans aucune animosité et nous lancent des « Hello! » avant de s’enfuir morts de rire se planquer à l’intérieur. Une jolie promenade qui nous réconcilie avec le coin! Et puis il est temps de se diriger vers l’aéroport de Lombok, direction Jakarta la surpleuplée. Une courte nuit plus tard, nous re-voilà dans les airs, destination Hong Kong, changement de décor!

Underwater

Nous quittons Ubud après ces quelques jours de découverte bien agréables direction notre dernier stop sur l’île, Amed. Amed, c’est une petite cité balnéaire de la côte Est de Bali, encore préservée du tourisme de masse. Ce qui signifie concrètement qu’on n’y croise pas que des touristes, mais des balinais qui habitent encore ici dans des habitations rustiques, où chèvres, cochons et poules cohabitent dans la cour de la maison avec la famille, même si il y a beaucoup de logements pour touristes. C’est rural, c’est encore assez sauvage, ça fleure bon la campagne, bref, ça nous plait. On trouve après visite de quelques hôtels à Jemeluk (et oui, on a mis la barre haute maintenant après ce qu’on avait trouvé à Ubud!) une chambre sympathique bien qu’un peu petite dans une pension qui nous permet l’accès à la piscine de l’hôtel voisin… Où nous passerons le reste de l’après midi à lézarder sur les transats, jus de fruit à la main avec vue sur la mer, on est pas bien là? Le lieu est réputé pour ses spots de snorkeling magnifiques et facilement accessibles depuis le rivage. On va vérifier ça (enfin Seb l’a déjà fait) après avoir englouti une bonne banana pancake le lendemain matin (notre nouveau rituel du petit déjeuner, pour oublier un peu le riz frit omniprésent) à bord de nouveaux scooters pas tout jeunes. Le lieu où nous logeons fait partie de ces spots, mais on se le garde pour l’après midi, on part donc vers le sud et le Japanese wreck, une épave japonaise tout près du rivage et qui s’est fait colonisée par quantité de coraux et de poissons multicolores qui vont avec, un vrai plaisir. Enchantés par ce premier site, on part vers Coral garden, le plus éloigné de Jemeluk. La vue sur le chemin est magnifique, la route serpentant dangereusement à flanc de falaise, montant et descendant au gré des collines du coin. On est accueillis très chaleureusement par le patron de la pension locale (le Smiling Budda) qui tient visiblement à faire la promotion de son site un peu excentré et pas assez visité à son goût. Il nous propose donc d’utiliser la douche dans le jardin pour se rincer, de laisser nos affaires en sécurité et pas sur le bord de plage et nous montre où aller chercher ce fameux jardin sous marin depuis la rivage. Celle-ci, d’un sable noir d’une finesse exceptionnelle est superbe, lieu de repos des bateaux des pêcheurs locaux revenus depuis bien longtemps de leurs sorties journalières. Le fond marin est une fois de plus très beau et diversifié, des « patates » de corail se trouvant dispersés en différents points avec leur cohorte de poissons exotiques. Et surtout on est tout seul! Le petit moins de l’épave japonaise, c’est que c’est le spot le plus couru et que tout le monde se concentre au dessus de l’épave… Le patron du lieu était tellement sympa qu’on en profite pour se prendre un petit jus sur sa terrasse, tout en tentant une initiation aux rudiments des échecs (par Seb),le jeu étant mis gracieusement à disposition sur la table. Dernier stop de la matinée, Lipiah beach. Accès une fois de plus par un hôtel, mais beaucoup plus chic celui là. On profitera de l’occasion pour déjeuner dans un petit restaurant qui propose une spécialité indienne (pour changer un peu!), le thali. C’est un peu la déception, car celui-là n’a au final pas grand chose à voir avec l’original, mais bon, il a au moins la bonne idée de nous permettre de manger quelques légumes, bien rares dans l’alimentation locale! La plage est également en sable noir, très fin, avec des reflets dorés superbes. Et le fond marin…certainement le plus beau des spots, on se croirait dans un aquarium géant, alors que c’est le moins décrit du guide.. Gros regret une fois de plus de ne pas pouvoir illustrer tout ça avec de belles photos sous marines, mais bon, on le garde en mémoire! On termine la journée à Jemeluk, en face de notre pension pour trouver également de très beaux fonds sur cette plage au sable noir plus grossier, mais couverte de beaux bateaux de pêche joliment peints. De nombreux enfants profitent de l’après midi libre pour s’adonner à un sport local très populaire dans le pays, le cerf volant. Avec 3 bouts de papier, une très longue ficelle et quasiment pas de vent, ils s’en sortent plutôt pas mal avec leurs engins artisanaux! Le soleil se couche doucement, on profite d’un cours de yoga dans un environnement superbe, vue sur la plage depuis la terrasse du cours, il y a pire… On finira par un petit restaurant local super bon pour tester une fois de plus la cuisine balinaise bien épicée et parfois un peu trop pimentée! Lever de soleil avant le départ… On quitte Bali le lendemain à bord d’un « speed boat » direction les Gili islands, toutes proches de Lombok, autre grosse île indonésienne musulmane. Finis temples hindous, cochons rôtis et sarongs à gogo, bonjour réveil quotidien à 4h30 par les hurlements du muezzin… Étant donné que 3 îles composent les Gili, il faut choisir un point de chute, qui sera pour nous Gili Air, décrite comme un bon mélange d’ambiance « tranquille mais où on peut sortir quand même ». Une heure plus tard, nous voilà arrivés à bon port, sous une chaleur écrasante, au milieu de nombreux autres touristes…Mmmmh, peut être qu’on aurait du rester à Amed, on était pas mal tranquilles là bas… Petit détail pour se consoler, il n’y aucune circulation sur l’île, les déplacements se font à pied, en calèche ou en vélo. La tranquillité retrouvée, adieu pollution et klaxons. Bon, le temps de trouver un logement, on a perdu 3L d’eau chacun et on galère un peu à trouver quelque chose dans nos critères (devenus toujours plus pointus!!!) et nos prix. On finit par trouver la perle rare: un beau bungalow plus de la taille d’une maison, joliment décoré au milieu d’une oasis de verdure à l’intérieur de l’île, accueillis par des propriétaires adorables qui se mettront en 4 pour qu »on garde un bon souvenir de notre séjour! Notre voisine de chambre… On profite gentiment de la mini-plage principale de l’île (à marée montante, la bande de sable est quasi inexistante) et pour le moment, il y a un peu trop de touristes et pas vraiment assez de fonds marins pour qu’on se dise qu’on a bien fait de quitter Amed, malgré la réputation des Gili. En effet, le spot de snorkeling accessible depuis la plage est quasiment détruit à cause des bateaux locaux qui jettent l’ancre n’importe comment et sans règle en permanence, le corail dans un piteux état, et les poissons ont bien déserté le lieu aussi… Un peu dépités par cette découverte peu agréable. Les alentours de l’île sont quand même très réputés pour leurs fonds sous marins, alors on réserve une sortie en bateau pour le lendemain, censée nous amener sur divers lieux de snorkeling autour des 3 îles des Gili. En attendant, on se fait plaisir le soir, les cocktails ne coûtant quasi rien ici et les bars restaurants bénéficiant d’emplacements de rêve sur la plage. Vive les brochettes de poissons toutes fraiches et les piña coladas au vrai jus d’ananas! On fera le lendemain 4 stops pour snorkeller à la fois autour de Gili Meno et de Gili Trawangan, chacun ayant une spécificité particulière. Les 2 premiers spots sont l’occasion de voir des tortues de deux espèces différentes, les vertes et les imbriquées, qui ont la mauvaise idée d’être peu farouches. Cela donne une situation insupportable, où le « guide » nage devant, trouve la tortue, et les 15 nageurs du bateau se jettent sur elle pour la toucher pendant que celle-ci essaie désespérément de respirer à la surface. La bêtise humaine est sans pareil. Bien sur, jamais il ne vient à l’idée des indonésiens responsables de cette sortie de dire aux touristes qu’une tortue n’est pas un jouet, de même qu’ils jetteront l’ancre à peu près n’importe où sur les sites, une belle démonstration d’écologie en somme. Quel dommage qu’ils ne réalisent pas à quel point ils sont en train de saccager leur potentiel et leur environnement, se tirant une balle dans le pied par la même occasion… Il en est de même pour les déchets sur les Gili, un gros problème de recyclage à l’horizon, et la capacité d’accueil touristique qui se développe trop vite pour ce que l’île peut absorber. Bref, après cette petite disgression écolo-militante, nous partons vers un autre spot où ont été aménagés des structures métalliques au fond de l’eau afin d’inciter le corail à repousser dessus et les poissons à se réinstaller, cela semble plutôt bien marcher pour le moment. Petite pause déjeuner en bord de plage sur Gili Meno, la plus déserte des 3,  puis on repart vers notre dernier spot de snorkeling au nord de Gili Air. Pause déjeuner au son des clochettes des calèches, autement plus agréable que celui des klaxons! On est pas bien là? Celui-ci est superbe, et encore en très bon état, mais pour combien de temps… Débauche de coraux colorés et de poissons multicolores sont pour le moment encore au programme. On ira oublier temporairement les problèmes futurs des Gili avec un cours de yoga en plein centre de l’île, beau moment au milieu des bruits de la forêt. Cet avant-goût des fonds sous marins nous incite avec Florence à faire une plongée le lendemain, tandis que Séb n’est pas très motivé et préfère rester à terre.  Joanne, notre super instructrice, nous rappelle quelques gestes et règles de base en bord de plage la tête juste sous l’eau, puis nous partons vers Secret garden, le lieu de sortie du jour. Une belle plongée avec une super luminosité, des coraux et des poissons de partout, de la tortue, top! Et nous aurons l’immense privilège de voir un frog fish, genre de croisement entre un poisson et une grenouille qui semble bien peu adapté à la nage, a priori un privilège que peu de plongeurs ont… Cette belle sortie me motive pour enfin faire quelque chose qui me trottait dans la tête depuis bien des années, passer le premier niveau de plongée. Parce que bon, les baptêmes, c’est sympa, mais il y a un moment où il faut passer la vitesse supérieure! Étant donné qu’on a bien accroché avec le club, l’ambiance et tout, c’est tout naturellement là que je passerais les 2 prochains jours afin de compléter la formation nécessaire pour devenir une « fun diver », la classe. On alterne entre entrainements à divers exercices dans l’eau en bord de plage, plongées sur sites et formation théorique, avec heureusement des nasi campur (riz accompagné de plein de garnitures diverses) et des olah-olah (riz avec des légumes en sauce coco épicée, mmmhh) bienvenus aux pauses midi. Florence profite de ces 2 jours pour se balader et faire de la plage, profitant d’une des sorties plongée pour nous accompagner en snorkelling. Séb a lui décidé d’anticiper son départ vers notre prochain point de chute, Kuta Lombok, pour faire du surf plutôt que de la plongée… On partagera notre dernier soir commun autour d’un repas offert par notre hôte sur notre terrasse: soupe, poisson grillé de la pêche du matin et riz frit. Décidément adorable, sa famille nous concocte de plus de supers petits déjeuners, nous offre du thé en permanence et nous propose même de faire notre lessive! Les sites où l’on plonge sont vraiment variés: une épave colonisée par les coraux où se dissimulent crabes, crevettes et autres nudibranches colorées; Manta point où nous serons malheureusement peu chanceux dans nos recherches de bébés requins et continuellement repoussés par un fort courant et enfin une « mud dive » près de Lombok où le jeu consiste à chercher dans les végétaux et coraux présents dans ce fond limite vaseux de nombreuses mini espèces. Un type de plongée jamais testé et rigolo, où murènes et petits poissons originaux étaient de sortie pour notre plus grand plaisir. Bref, une super expérience, une super mono de plongée et un petit examen en poche pour pouvoir encore plus en profiter par la suite! On fête ça le soir comme il faut, et oui, l’happy hour ici fait des ravages et les cocktails sont tellement bons à la lueur d’une bougie sur un coussin en bord de mer…

Mise à jour à venir

Etant actuellement en Chine depuis le 5 juin, nous ne pouvons mettre à jour le blog en raison du grand firewall chinois, puisque wordpress est bloqué (pour l’édition des blogs). Cependant on vient de s’apercevoir que l’application mobile continue à uploader, d’où ce message, mais vu que nous ne pouvons insérer les photos et que c’est ce qui intéresse le plus, nous avons préféré nous abstenir. On espère mettre tout ça à jour la semaine prochaine lorsque nous passerons en Mongolie.

En attendant chers lecteurs veuillez nous excuser, nous savons à quel point nos billets vous manque. Pour information nous allons très bien, même si la Chine… et bien ce n’est pas très facile. Mais on vous racontera tout ça très prochainement!

PS : WordPress ce n’est pas trop grave, par contre Facebook, les sites des grands groupes de presse et une bonne partie des blogs occidentaux (utile pour avoir des infos) un peu plus. Mais le pire, toutes les applications Google sont également bloqués : recherche, Gmail (comment réserver un billet?), Maps (pas très facile de s’orienter…). Alors imaginez les téléphones sous Android…

PS2: Attendez vous à recevoir beaucoup d’infos d’un coup. On essaiera d’étaler la MAJ pour que vous ayez le temps de suivre!

La face intérieure de Bali

Bien installés à Ubud, nous louons des scooters pour pouvoir rayonner autour de la ville et accéder à des sites éloignés de ce tourisme de masse. Le 1er jour, nous décidons d’aller à Batur, le volcan et son lac de cratère du même nom au Nord. En chemin, une halte est prévue à Tampak Siring pour aller visiter 2 temples.

Une circulation d’enfer et notre vigilance nous forcent à rouler doucement, et c’est donc tout en roulant que l’on rencontrera un jeune balinais parlant français! Ce dernier veut nous accompagner aux temples et nous montrer quelques paysages, pour lui c’est l’occasion de parler la langue qu’il est en train d’apprendre. Nous prenons donc des routes isolées (le réseau routier de Bali est assez complexe… sans aucune carte précise) d’où nous jouïssons d’une belle vue à Tegalalang,

et arrivons au premier temple le Pura Tirta Empul, où nous enfilons nos sarongs,obligatoires comme dans tout temps hindou. Look garanti, surtout avec celui de Flo et son buddha psychédélique violet! Le temple est lui surtout connu pour ses sources d’eau sacrée,

Les sources jaillissent du sol : les tâches noires qui bouillonnent

les croyants devant se purifier devant chaque fontaine afin de s’assurer une bonne santé. Un Lourdes local en somme, très prisé de tous les pratiquants de l’île qui s’y rendent régulièrement.

C’est très bien guidés que nous ferons la visite. Ensuite notre guide souhaitait nous emmener dans une plantation de café local, mais de notre côté nous souhaitions plutôt voir le second temple, c’est là que nos chemins divergeront. Mais celui-ci nous envoie dans la mauvaise direction, et c’est au bout d’un certain temps que nous nous en apercevons. Demi-tour donc, et nous réussirons à trouver le site du Pura Gunung Kawi. C’est encore une fois habillés de nos sarongs qu’on fera la visite de ce temple, creusé dans la roche au milieu des rizières.

Le temple en lui même est sympa, mais le cadre est vraiment superbe avec les rizières en terrasses.

Une soupe plus tard, on reprend la route direction le volcan. C’est une longue route (à scooter) qui monte sans discontinuer jusqu’à Kintamani, à 1500 m d’altitude et au bord de la caldeira du Batur. De là une vue magnifique sur la caldeira, le volcan, et le lac.

Descente vers le lac dans une poussière infernale qui colle par cette chaleur, au milieu des camions remontant le sable volcanique pour la construction (pas top), où l’on nous proposera même d’aller visiter un cimetière assez particulier…

Il s’agit de celui de Trunyan, un village isolé entre le lac et le volcan où les habitants ont leurs propres coutumes. Notamment celle de ne pas enterrer leurs morts et de les laisser se décomposer, avec comme seule protection une cage de bambou. Bref quand on nous propose de voir le corps d’une vieille de 80 ans, on n’a pas sauté sur l’occasion, très peu pour nous! On profite simplement du paysage en faisant une partie de la route autour du lac, au milieu de petits villages ruraux où les coqs sont rassemblés sous des cages de bambou le long des routes. De nombreux pêcheurs et cultivateurs sont au travail sur les rivages, une belle vision sous le soleil déclinant derrière le volcan. Retour vers Ubud au milieu de la circulation, où on se perdra quand même un peu, mais pas trop.

Le lendemain, rassasiés par les kilomètres faits la veille (et Flo n’étant pas la plus grande fan de la consuite de Séb à scooter), on décide de visiter plutôt les alentours. Finalement c’est encore plus difficile de s’y retrouver tant le réseau routier est chaotique. On finira quand même par voir le Penataran Sasih, où se trouve le plus grand tambour de bronze d’un seul tenant (sans soudure).

Mais on n’a pas très bien vu ce dernier, puisqu’il assez haut perché.

La dream team en sarong

Ensuite direction le Goa Gaja, où se trouve la grotte de l’éléphant.

Le nom est un mystère puisqu’il n’y a jamais eu d’éléphant sur l’île… On trouve dans la grotte de petites niches abritant de mini représentations de certains Dieux à la lueur de la bougie. Celle-ci est entourée de nombreux temples et bassins, fort rafraichissants par cette chaleur. L’eau est de plus réputée pour ses propriétés rajeunissantes, alors on passe tous dessous, la trentaine nous ayant sérieusement rattrapé…

Dernière étape, le Yeh Pulu où se trouve une fresque gravée dans la roche. Mais avant d’attendre la fresque, on fera une jolie pause déjeuner dans un warung sur le site même, au milieu des rizières, pour découvrir quelques étranges spécialités, comme le black rice pudding (un riz au lait local surprenant!). Ce qui est aussi fortement appréciable depuis le début de notre arrivée dans le pays, ce sont les jus de fruits frais mixés avec de la glace dont nous abusons au quotidien, au vu de leur prix dérisoire et du rafraichissement apporté!

Et si on tirait sur la queue du cheval?

Revenus sur Ubud, les filles en ont profité d’être dans cette capitale spirituelle pour prendre un cours de yoga, tandis que moi je lézardais autour de la piscine. On en aura bien profité après les journées sous une chaleur éprouvante et les gaz d’échappement respirés en permanence dans la circulation!

On tente le soir pour dîner une rue « branchée » d’Ubud, regorgeant de restaurants tout du long, mais la tache se révèle ardue. On nous demande même si on a réservé… Non, pas vraiment, on ne pensait pas qu’on était à Saint -Tropez en fait!!! On finit par trouver un resto qui semble sympathique et qui propose plein de spécialités balinaises sous le format « tapas », ce qui nous permettra de gouter à un peu tout. Bon, le problème, c’est qu’après plus d’une heure d’attente, on nous amène…le dessert. Sans avoir eu tous les plats avant bien sur, service optimum. Du coup, on a vraiment très faim et on engloutit tout à peine les plats arrivés sur la table!

Dernier jour à Ubud, nous décidons une nouvelle fois de faire une sortie dans les alentours, reprise des scooters.

On se dirige cette fois vers Besakih, le plus grand temple de Bali et aussi le plus vénéré, qui se trouve être au pied du Volcan Agung, assez vendeur en somme. Le truc c’est que c’est assez loin, et nos guides (Routard et Lonely) le déconseillent puisque de « faux » gardiens du temple essaieraient d’empêcher les touristes d’y accéder, se portant volontaires pour guider contre des « dons » évidemment. Mais vu que ce n’est pas vraiment le genre de choses qui nous arrêtent (on est plutôt du genre à les envoyer balader) on y va bille en tête. Après une longue route d’abord dans la circulation dense, puis dans la campagne, on arrive au site. 1er arrêt pour péage, pas de problème. 2e arrêt, ça se gâte : on se fait arrêter par les soi-disant gardiens, qui nous disent qu’on ne peut aller au delà et qu’il faut rester garer ici… Et surtout aller au tourist information pour tout savoir. Comme on sait que tout ce qui s’appelle tourist information est en fait une agence de voyage ou de « guides », on se gare et on s’en va. Finalement, on se rend compte qu’on pouvait tout à fait continuer en moto, mais heureusement ce n’est pas bien loin… Arrivés sur le site, on se fait alpaguer par de nouveaux « gardiens », qui ont l’air plus vrais, nous disant qu’on ne peut pas visiter tous seuls, car il y a un festival en ce moment (comme par hasard), mais que contre un « don » (les « exemples » sont exhorbitants), ils peuvent nous faire rentrer. On discute, le ton hausse (on ne se refait pas!), on nous dit que ce n’est pas du racket (en français!) mais ne nous laissant pas faire, on nous invite finalement à faire le tour du temple. Bref, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est pas contents. En faisant le tour, on tombe sur le centre d’info, dont un garde nous dit qu’on peut tout à fait rentrer. Finalement on n’y était toujours pas! Et au détour de l’entrée latérale par laquelle nous essayons de passer, on retombe sur le même « gardien »! Autant dire que là, le gars je ne l’ai pas laissé me raconter ses bêtises…

Mais on est rattrapés un peu plus loin par d’autres « gardiens » qui nous affirment qu’on ne peut pas rentrer, mais la zone interdite se rétrécit toujours plus. Étant réellement devant un temple, on craque et l’on finit par prendre un « gardien » comme « guide » en négociant comme des fous, parce que 1. c’est quand même un lieu religieux et qu’on ne sait pas ce qu’on peut faire et 2. on n’a pas fait 1h30 pour ne rien voir. Surtout que c’est très nuageux et que du coup, pas de vue sur le volcan. Finalement on se fait escorter par notre « gardien » pendant à peine 15 min, pour finalement entendre, « vous pouvez continuer tous seuls par là »… Bref.

Le reste de la visite se fera sans accroc, le temple (« les », car en fait ce sont beaucoup de temples accolés les uns aux autres) sont magnifiques dans un environnement splendide. Certains sont le lieu de cérémonies lors de notre passage, des familles entières s’y rendant pour déposer leurs oboles au pied des divinités. Le principe semble être toujours à peu près le même: une petite coupelle tressée dans laquelle sont disposées des fleurs, quelques grains de riz, de petits morceaux de fruits et autres, qu’on pose au pied des statues à honorer ou sur un genre d’autel. Le tout à grand renfort d’encens et en portant sa plus belle tenue (les enfants sont superbement habillés!). Au contraire des gardiens, tous les gens qu’on croise venus pour prier nous adressent de grands sourires et nous invitent à rentrer dans les petits temples autour du principal, définitivement non accessible pour les non-pratiquants. On remarquera également qu’il y a très peu de monde, les « gardiens », de faux puisqu’on a croisé les vrais par la suite, ont tué la poule aux oeufs d’or : il y a une capacité d’accueil phénoménale mais plus personne ne vient à cause de ce genre de désagréments, les locaux ayant l’air particulièrement avides d’avoir leur part du gain colossal engendré par le secteur touristique. Malheureusement (pour eux et les touristes), la façon de faire n’est vraiment pas subtile.

C’est néanmoins contents de ce qu’on a vu que l’on redescend par la route de Sideman pour profiter des jolis paysages sur les rizières, avant de profiter une dernière fois du confort de notre logement.