Bali, la mecque du surf, mais pas que

Après s’être fait grillés sur le ferry en attendant on ne sait quoi, subit 3 heures de bemo entassés les uns sur et les autres parmi la circulation effrénée de Bali, notre chauffeur nous dépose finalement au terminal. Dépose est le terme approprié: nos bagages sont happés du toit par la nuée de chauffeurs de taxi, on descend donc pour suivre nos bagages, harcelés par les chauffeurs et le bemo s’envole à peine tout déchargé.
Là on remarque un beau terminal tout neuf, mais vide, à part les chauffeurs de taxi harcelant chacun d’entre nous. Au bout de quelques minutes, cherchant comment relier nos destinations finales respectives, on s’aperçoit que nous ne sommes pas à Denpensar comme convenu, mais à Mengwi, une ville plus au nord… Super, nous sommes victimes de notre première vraie arnaque!
Notre destination est Kuta, pour retrouver Florence qui a du atterrir dans l’après midi. Négociations avec un chauffeur de taxi, c’est 1h plus tard et délestés de 200 000 rp que l’on arrive à Kuta où à peine descendus du véhicule, nous apercevons Florence.
A part ça c’est le choc : Kuta, c’est vraiment comme on nous l’a décrit, on dirait un département australien, plus rien à voir avec l’Indonésie. Des boutiques, restaurants et hôtels occidentaux partout, une circulation d’enfer, et de grands blonds bodybuildés aux longs cheveux décolorés sur les trottoirs. Pas vraiment dépaysant… Mais bon, il y a quand même une immense et très belle plage tout le long de la côte, même si elle est très fréquentée.

On trouve rapidement un hébergement super sympa et pas cher du tout (moins de 8€…), dans un complexe comprenant chambres d’hôtel, habitations locales et petits temples hindous au milieu d’arbres et pelouses bien vertes, le tout à quelques pas de la plage. On profitera de cette proximité pour aller y prendre une bière à la tombée de la nuit. Car maintenant, nous ne sommes plus en terre majoritairement musulmane…

Le lendemain, vu qu’on est repartis frustrés d’Australie, c’est séance de surf. Un cours est négocié avec un des locaux sur la plage, et c’est parti. Comme d’habitude, on commence sur le sable, explication sur comment ramer puis faire le « stand up » puis à l’eau! Les vagues ne sont pas très grandes à cette heure de la journée, ce qui va bien pour commencer. Mais ça pousse quand même assez fort pour surfer. La première heure, notre beach boy nous pousse à chaque vague, ce qui est pas mal pour réussir à prendre les vagues, et puis on se fatiguera déjà assez pour revenir en ramant… D’ailleurs « Paddle! » est le mot qu’on entendra le plus souvent. On se met debout quasiment tout de suite, il faut croire que ce n’est pas si difficile qu’on le pensait initialement. Ensuite, c’est à nous de prendre les vagues nous même, et là c’est une tout autre histoire… Il y aura quelques « lessivages » en règle, parce que sinon ça ne serait pas drôle, les vagues sont quand même assez fortes pour nous faire regretter de tomber. D’ailleurs elles auront raison de Delphine qui n’a pas forcément apprécié d’être retournée dans tous les sens et se prendre sa planche dessus avant d’aller chercher les langoustes au fond… Pour ma part c’est plutôt une révélation, j’ai tout de suite accroché à la sensation, malgré le fait que ce soit très ingrat : passer sont temps à ramer (paddle, paddle …), attendre, tomber, se faire violenter dans les vagues, avoir du sable partout, de l’eau dans les sinus pour à peine quelques secondes. Mais quelles secondes! Flo a quant à elle  préféré se balader, n’étant pas emballée par ce qu’elle voit.

Ensuite c’est la pause dej’, mais pas n’importe laquelle : avec du fromage ramené par Florence! (re mmmmmmerrrrrccccciiiiiiii). Il a un peu pris le chaud, mais on s’en fiche complètement vu notre manque en la matière. Pour ma part, j’ai tellement aimé le surf que j’y retourne en fin de journée, pendant que les filles se feront faire une manucure… Là, niveau vagues ça ne rigole plus du tout, avec la marée c’est plus haut, plus fort, et il y a beaucoup plus de monde. Le moins qu’on puisse dire c’est que je suis ressorti tout propre avec mon quota de sel pour l’année… Mais les sensations sur les quelques vagues prises sont d’autant plus géniales.

Pour nous remettre de nos émotions, on se paye notre 1er massage du voyage… Il faut dire qu’à 60000 rp l’heure (4€) il n’y a pas de quoi se priver. Le ressenti sera très différent parmi nous : les filles ont trouvé ça un peu trop brutal, de mon côté j’ai vraiment apprécié, surtout le craquage de dos avec les orteils, car le masseur était debout sur moi!

Le lendemain direction Ubud, la capitale culturelle balinaise située dans les terres, à bord de notre taxi privé (oui, on profite du fait d’être 3 et en basse saison pour négocier les prix et ne pas se refaire de bémo!). On trouve rapidement un super logement pour pas cher, avec piscine face à la chambre s’il vous plait, la concurrence et la basse saison aidant. Du coup, l’après midi sera assez paresseuse, mais on arrivera quand même à se trainer jusqu’à la Monkey Forest qui se trouve juste à côté. Il s’agit d’une forêt au milieu de laquelle on trouve de beaux temples hindous et qui est surtout peuplée par des milliers de singes.

Les gardiens les nourrissent copieusement ce qui explique la prolifération.

Mais ça n’empêche pas ces petits chenapans de s’approcher des touristes, voire de leurs monter dessus, curieux comme ils sont, pour voler ce qu’ils peuvent. Une américaine qui préfèrait prendre des photos plutôt que de surveiller ses affaires en fera les frais : un petit singe repartira avec ses Ray Ban. On fera un tour dans la ville, qui est malgré tout très touristique, même si on est bien loin du stéréotype de Kuta. Mais au moins on y trouve de quoi se rassasier avec quelques produits locaux fort bien cuisinés, la cuisine est bien plus relevée et épicée qu’à Java.

Le soir, direction Ubud palace pour un spectacle de danse : le legong. Nous nous attendions a quelque chose de semblable à ce qu’on avait déjà pu voir à Java, et bien on s’est bien trompé! La musique, au lieu d’être lancinante, est sur un rythme endiablé. Les joueurs du gamelan (le xylophone local, pour ceux qui n’ont pas suivi à Java…) ont une dextérité folle avec leur marteau qui se fracasse sur les touches.

C’est impressionnant. La danse est également très rythmée, et conte le ramayana, l’histoire de la création du monde pour les hindous.

De plus, les danseuses et danseurs accordent un rôle particulièrement important au jeu de leur yeux!

Pour ceux que ça intéresse, on peut trouver cette vidéo sur youtube similaire à ce qu’on a vu (sans le chant).

La même à Yogyakarta, sacrée différence!

Publicités

Sur les volcans javanais

Au vu de la difficulté pour relier les sites que nous voulions faire par la suite et le peu de temps dont nous disposons avant de rejoindre Florence sur Bali, on prend l’option agence pour aller voir les volcans Bromo et Kawah Ijen sur l’Est de Java. Les trajets sont longs et éprouvants (clim en panne au bout d’une heure, bus et voiture surpeulé pour rentabiliser le trajet, aucune information et chauffeur en tout point désagréable), mais notre mini bus est rempli d’une compagnie plutôt sympathique, à majorité francophone, dont une partie déjà rencontrée la veille dans les temples.

               Ma place dans le minibus….

Alors on rigole de toutes ces situations improbables et on prend notre mal en patience dans une circulation incroyablement dense, dans laquelle notre chauffeur semble tenter de battre un record de vitesse au mépris de toute règle de conduite élémentaire. Oui, sur Java, si il manque une file de circulation pour que ça roule mieux, il ne tient qu’à ton véhicule de la créer entre les 2 existantes! On arrive après une longue journée de bus, puis d’un autre bus après une heure d’attente au milieu de nulle part, au pied du Bromo, de nuit, avec un départ prévu à 4 heures pour le lever de soleil, ça va encore piquer… Surtout que ce qui devait arriver arriva: avec le manque d’informations total fourni aux personnes ayant décider de monter à pied et pas en jeep au volcan (donc n’ayant pas souhaité payer plus), on part de nuit à l’aveuglette dans la mer de sable qui mène au cratère…et on tourne en rond. Littéralement. Petite description de la situation (pas du tout angoissante): du sable noir au sol, plat, uniforme, une brume à couper au couteau qui laisse 5 mètres de visibilité à tout casser, aucune fichue idée de dans quelle direction est le volcan, on enrage… Les jeeps roulent à fond, créant des pistes de partout, des motos conduites par des jeunes nous harcèlent afin de nous emmener au cratère (moyennant généreuse rémunération bien sur) mais refusent de nous indiquer toute direction et repartent phares éteints afin qu’on ne puisse les suivre. L’horreur! Après avoir suivi une dizaine de piste et pensé être sorti d’affaire, nous voilà revenus à l’intersection de départ. Le ciel commence à s’éclairer, mais aucune levée de brume en vue. Enfer et damnation. Quand soudain, un petit papy à cheval nous sauve la mise en nous indquant (enfin!) la direction à prendre, et ce jusqu’à ce qu’il soit sure que nous soyons sur la bonne piste jusqu’au bout. Et oui, l’erreur que nous avons faite, c’est de suivre les traces de jeep, il fallait suivre celle des chevaux et motos… On allume sur la fin et on a droit au lever du soleil au niveau des marches qui mènent au cratère, au dessus de la brume, c’est déjà ça.

250 marches et quelques plus tard, nous voilà au sommet, pestant et jurant sur notre maudite agence qui nous a envoyé dans cet océan de brume sans la moindre info. Tout cela est bien vite oublié devant le panorama splendide qui s’offre à nous, ça valait le coup.

On fait le tour du cratère à pied, vue sur les montagnes environnantes avec les nuages à leur pied, épaisse fumée qui sort du centre et beaux à pics vertigineux le long de cette promenade surréaliste.

La bonne surprise, c’est qu’on doit être 10 touristes en tout et pour tout à se trouver ici à cette heure, mais où est la foule? Réponse rapide lorsqu’on descend du volcan, elle arrive! Tout le monde semblant avoir pris l’option « jeep pour voir le lever de soleil », une nuée humaine se jette à l’assaut des marches. On est bien contents de ne pas avoir payé pour ça et profiter de cet instant de grâce où nous avons eu le Bromo fumant presque pour nous tout seul! Le retour est d’une facilité déconcertante (et oui, quand on sait par où passer…) en environ 1/2 heure. Encore plus rageant, au petit déjeuner depuis la terrasse de l’hôtel, les brumes enfin levées, on distingue le Bromo dans toute sa splendeur et à une portée de main de nous à peine.

A croire que tout était fait pour qu’on ne puisse pas y accéder par nous mêmes, car après un petit sondage auprès des marcheurs, il semble qu’on soit quasi les seuls à ne pas avoir craqué pour une moto en cours de route.  Nous voici ensuite repartis pour une longue journée de route, d’autant plus pénible qu’on se retrouve à 8 dans une voiture pour 6 (ouf, il y a la clim et le chauffeur conduit presque normalement!) qui nous amène dans les plantations du « café le plus cher du monde » (oui, c’est son slogan), le luwak coffee. Notre hôtel, le bien nommé Arabica, se trouve justement au milieu des caféiers, où l’on apprend le mode particulier de récolte de l’or noir: les grains sont au préalable mangés par la civette, petit mammifère du coin, puis récupéré dans ses selles pour lui donner cet arôme si…particulier. Avis aux amateurs! Rebelote le lendemain matin, lever 4 heures pour aller au Kawah Ijen, volcan popularisé par la fameuse émission de Nicolas Hulot il y a déjà quelques années de cela. Cette fois-ci, hors de question de se faire avoir, et on harcèle notre chauffeur de questions afin de ne pas retomber dans le même piège. Le chemin est cette fois bien balisé, et nous sommes accompagnés tout le long de la montée par un porteur de soufre qui travaille ici.

Le kawah Ijen, c’est en effet un volcan qui produit du soufre à l’état liquide en son cratère, que les porteurs vont casser une fois solidifié et remonter à la surface pour le revendre à leur coopérative pour une somme assez dérisoire. Par rapport au niveau de vie du pays, ils s’en sortent très bien, mais à quel prix… Leur espérance de vie dans ces émanations toxiques semble bien faible. On discute de son travail avec notre porteur qui parle très bien français, à force de côtoyer les touristes et il nous propose de descendre dans le cratère avec lui, normalement interdit d’accès seul.

On décide d’y aller, masques à gaz sur le nez, ne sachant pas trop à quoi s’attendre.

Le spectacle est assez incroyable. Au fond du cratère rempli d’un lac émeraude (le plus acide du monde a priori), des jets de liquide jaune orangé sortent au milieu des nuages de fumées par des tuyaux où il est canalisé. Il est ensuite brisé une fois à l’état solide avec de grosses barres, puis les morceaux (entre 60 et 80 kg, voire 110 kg pour les plus forts) sont chargés dans les paniers à balanciers que portent à l’épaule les travailleurs.

On comprend mieux les brûlures et les abcès sur leur dos… Notre porteur, qui était déjà monté à vide au cratère à un rythme assez fou, ne se laisse pas abattre par la charge et remonte plutôt rapidement à la surface, sans masque à gaz, qui semblent être malheureusement réservés aux touristes.

Il nous demandera une participation financière pour nous avoir guidé dans le cratère, que nous n’essaierons même pas de négocier, même si en Indonésie, tout se négocie, son travail semble déjà bien assez pénible comme ça. Le soleil est enfin passé au dessus des crêtes à notre remontée, éclairant le lac et les alentours montagneux de magnifiques lumières.

Cette expérience était incroyable, on en prend vraiment plein les yeux, aussi bien humainement que dans les paysages. Un sacré moment qui justifiera une fois de plus les longues heures de bemo (sorte de mini bus locas) surpeuplé que nous subirons après une interminable traversée en ferry pour rejoindre Dempasar à Bali.

Dansons la javanaise…

Arrivée matinale à la gare de Gambir pour essayer de prendre un train en direction de la capitale culturelle de l’île: Yogyakarta. Tous les trains du matin étant pleins, on nous propose soit un train à 16h45, soit un autre à midi en Ekonomi, la 3e classe locale qui part d’une autre gare… Delphine n’ayant peur de rien, on choisit la deuxième option, car il y quand même 8h de trajet (sans les retards potentiels!). Il nous reste donc quelques heures pour avoir un aperçu de la capitale indonésienne. Elle est peu « vendeuse » au premier abord, bruyante, surpeuplée, polluée, étouffante, tout ce qu’on tente de fuir d’habitude. Mais bon, vu qu’on a le temps… Le parc où se trouve le monument national a la bonne idée de se trouver juste derrière la gare, on traine donc les pieds sous une chaleur oppressante jusqu’à ce grand bloc blanc après avoir squatté un Starbucks salvateur dans la gare. Des personnages déguisés multicolores se baladent dans les allées, sans qu’on sache trop bien à quoi ils correspondent, mais ils sont marrants.

Jakarta

Un petit parcours pédestre permet de tester la réflexologie sur un chemin hérissé de galets dans diverses positions. Si c’est censé faire du bien, c’est raté (pour Delphine), la sensation est franchement désagréable…

Jakarta

Mais cette petite ballade nous donne l’occasion d’avoir nos premiers contacts indonésiens, les gens rencontrés semblant d’une gentillesse rare et toujours le sourire aux lèvres. On se dirige ensuite vers la grande mosquée non loin, bâtiment moderne et qui en impose: il doit y en avoir des fidèles qui la fréquentent vu sa taille…

Jakarta

Étonnement posée juste derrière se trouve la cathédrale de la ville.

Jakarta

Le contraste est surprenant pour nous, où on imagine difficilement ce genre de « réunion » géographique sur le territoire français ou partout ailleurs. Les 3 religions majoritaires du pays (musulmane fortement dominante, hindou, catholique) semblent plutôt bien cohabiter ici!
On repart direction notre gare de départ, transpirant à grosse goutte ne serait ce que le temps de trouver un taxi, et nous voilà arrivés au milieu d’une foule d’indonésiens, avec laquelle nous espérons ne pas avoir à tous tenir dans le même train, la tache semblant difficile, voir impossible vu le nombre. La classe Ekonomi se révèle bien meilleure que ce à quoi on s’attendait: wagon quasi désert, clim’, siège presque confortable. C’est parti pour 8 heures de trajet en compagnie d’un autre couple de français qui s’est également retrouvé parachuté sur les sièges en face de nous! Sortir de Jakarta, c’est traverser une succession ininterrompue de zone urbaine pendant ce qui nous semble des heures (les piétons le long du train marchant plus vite que celui-ci ne roule). Le paysage se transforme ensuite, un peu de campagne, mais les habitations ne sont jamais bien loin, de belles rizières sur fond de montagnes qui font agréablement passer le temps. Au coucher de soleil, le miroitement de celui-ci dans les rizières inondées justifiera à lui seul les 2 heures de retard qui s’ajouteront au temps de trajet déjà prévu…

Le voyage passe finalement assez vite, on papote de tout et de rien, on regarde la vie quotidienne des paysans au champ, les maisons alentour, on profite du wagon restaurant qui vient jusqu’à nous pour se rassasier et nous voilà déjà à Yogyakarta (Yogya pour les intimes).
Négociation du taxi, on se fait déposer dans une rue remplie d’hôtels bon marchés et après quelques visites infructueuses (on n’avait pas pris en compte le paramètre samedi soir, tout est pris d’assaut) , on trouve notre bonheur pour pas cher. Après une bonne nuit, on part à la visite de la ville en commençant par le Kraton, palais du sultan. Marcher dans la ville n’est pas tache aisée: surpopulation, klaxons à tout va, gaz d’échappement, calèches et becak débaroulant à toute vitesse, il faut aimer vivre dangereusement!

Et puis pas vraiment de trottoir, celui-ci est déjà occupé par les vendeurs ambulants et les scooters garés. Car Java, c’est avant tout la plus grosse densité humaine au monde, rien que ça. Pour les presque agoraphobe comme nous, pas facile de s’y faire.

Tous les 10 mètres (ou moins), on nous propose un truc à vendre ou un transport pour nous déposer et on comprend pourquoi. Mais on est têtus, alors on continue à pied, non mais! Le timing tombe impeccablement, on aurait voulu le faire qu’on aurait pas réussi: répétition de danses traditionnelles avec orchestre à notre arrivée au palais, parfait. On passe une bonne heure à regarder les danseuses maquillées et habillées dans de superbes tenues pratiquer une danse où tout a un rôle: le regard, l’inclinaison de la tête, le mouvement du petit doigt (si si!!).

Elles bougent peu mais sont trempées de sueur à la fin de la représentation tellement l’effort et la concentration sont intenses. Les danses masculines donnent plus dans le burlesque: costume de dieux multicolores, danse mimant des combats, ça bondit beaucoup!

Le tout sur fond de gamellan, le xylophone traditionnel.

On fera ensuite un tour du palais où vit toujours l’actuel sultan, un très bel ensemble sculpté et richement ornementé, ainsi que de petits musées dispersés racontant la vie du souverain, ainsi que celle de ses ancêtres.

On se perd ensuite dans le dédale de petites rues de l’ancien marché aux oiseaux où sont établis les ateliers de batik.

Cette ancienne technique de peinture sur tissu a la côte ici et le jeu favori des rabatteurs est d’amener les touristes voir leur fameuse exposition… Au bout de ce dédale et d’un improbable souterrain, on touve le water palace, des bains où le sultan, sa femme et ses concubines venaient se rafraichir. Un joli endroit où l’on trouve une ombre appréciable dans cet atmosphère lourde et brûlante de milieu de journée. Sur le chemin du retour vers l’hôtel, pause chez le coiffeur local afin que Séb retrouve apparence humaine, pas si mal réussi, pour la coupe la moins chère de l’histoire des coupes de cheveux : 8000 rp (55 centimes)! Et on goute du gado-gado dans un warung (genre de commerce ambulant de rue) sur les conseils d’un jeune javanais rencontré quelques heures plus tôt: des légumes sautés couverts d’une sauce cacahuète pas mal du tout! On organise le programme des jours suivants dans l’après midi et après de nouvelles expériences culinaires le soir, au lit, car le réveil est (très) matinal le lendemain.
Un mini bus passe nous prendre à 3h30 (j’ai beau être matinal, ça fait mal) pour aller voir le lever de soleil depuis un point de vue donnant sur le temple de Borobudur, plus grand monument bouddhiste du monde. On voit peu le temple au final, les brumes montant rapidement du sol et l’engloutissant sous leur épais nuage, mais le lever de soleil de derrière les montagnes n’est pas mal du tout.

Le temple en lui même est spectaculaire. Blindé de monde, mais spectaculaire.

On ne se laisse pas gâcher la visite par les centaines (milliers?!) de javanais qui sont également là dans une cacophonie ahurissante et on tente d’atteindre à l’image de Bouddha le Nirvana au sommet du monument. Bon, il faut entre-temps stopper une bonne dizaine de fois pour faire des photos avec les écoliers en sortie surexcités (« selfie, selfie« , « picture, picture, please miiiiiss!!!!!« ), mais on finit par y arriver. Le monument, carré, est constitué d’une dizaine d’étages, représentant chacun des scènes différentes de la vie de bouddha et les étapes spirituelles de son ascension.

           Quelques scènes sont étranges…

Impressionnant par sa taille, son volume, la beauté de ses sculptures, la richesse des scènes représentées, on est bluffés.

Surtout lorsque l’on sait que le monument a été « démonté » puis assemblé pierre par pierre lors de sa restauration!
L’étape de l’après midi, après avoir retrouvé nos compagnons de bus, n’en jette pas moins. Prambanan est un énorme complexe de temples hindous anciens, posé au milieu de la campagne javanaise.

Changement de monde, nous voici dans les bras de Brahma, Civa et Vishnu! Les sculptures et décorations des temples sont également magnifiques, les niches remplies de petits Ganesh et autres rejetons de la triade de Dieux principaux.

Ce que doit faire tout voyageur : toucher les pieds de Ganesh afin que le voyage continue

Quel étrange mélange que cette île, où se sont côtoyées, puis succédées tant de religions… On rentre bien assommés par la chaleur et par les sollicitations incessantes des petits javanais et leur culture de la photo au smartphone pour une bonne sieste. Le soir, découverte d’un spectacle de Wayung , genre d’ombres chinoises indonésiennes dans un musée de la ville. Les marionettes sont admirablement découpées et racontent un morceau de l’histoire du Ramayana (création de la Terre par les divinités) …malheureusement en indonésien…

On ne comprendra donc pas grand chose et on se laissera porter par la musique du gamellan et des gongs qui les accompagnent, dans un genre de « guignol » revisité où rois et divinités se battent pour régner.

En transition

Retour à Sydney, et pour la première fois sous un beau ciel bleu!

Sydney

Les bagages déposés à notre chambre dans le quartier de King’s Cross, direction le bureau de retrait de la poste restante pour voir si on aurait reçu quelque chose… Et c’est avec un grand sourire que l’on reçoit l’enveloppe contenant notre carte SD perdue plus d’un mois plutôt! Sympa les kiwis! Robb, le gérant du camping nous l’a expédié, et c’est un grand soulagement pour nous. On en profite ensuite pour faire un tour à pied dans le centre-ville, on l’a pu voir quelque beau bâtiments, comme le victoria mall, les arcades …etc.

Sydney

Sydney

C’est beaucoup plus sympa sans la pluie! Quant à notre quartier qui semblait assez sage de jour, une fois la nuit tombée est plus « olé olé » avec tous les néons des salles de spectacles pour adultes. Néanmoins en se balladant un peu, on trouve plein de petits restos un peu plus loin qui ont l’air très sympa.

Sydney

C’est en fait un peu le quartier bobo.

Sydney

On se refait une petite ballade le lendemain, avant de se diriger vers l’aéroport pour notre prochaine destination : l’Asie!

Un nouveau chapitre est clos puisque l’arrivée à Jakarta est vraiment différente. Des dizaines de chauffeurs de taxi nous sautent dessus pour nous emmener en ville (à des prix prohibitifs), une fois dans le (bon) taxi on se dirige vers l’hôtel dans le centre car nous avons prévu de partir tôt demain matin en train. En route on peut voir, de nuit, à quoi ressemble la ville. C’est finalement assez proche de Bangkok que l’on connait pas trop mal, les temples bouddhiste en moins et les mosquées en plus. Car ce qui nous semble le plus étrange, c’est d’être dans le plus grand pays musulman du monde, mais en Asie!
De grandes tours de bureaux ultra modernes et de grands hôtels de luxe accompagnées de toutes les plus grandes chaines internationales de mode et de restauration côtoient des bâtiments beaucoup plus populaires, le tout au milieu une circulation effrénée. Cela faisait longtemps que l’on avait pas eu droit à un énorme bazar et un chauffeur de taxi aussi kamikaze. Arrivée de nuit, donc pas de photos, désolé!

Arrivés à l’hôtel, on s’aperçoit que celui applique la charia. Heureusement pour nous on ne nous demandera pas si l’on est mariés, car trouver un nouvel endroit pour dormir à cette heure (21h) dans une ville aussi grande ne serait pas très aisé… On réussira donc à y passer la nuit sans encombre avant de partir vers notre prochaine destination.

Le rêve australien

Finalement, frustrés par la météo, nous avons décidé de décaler notre vol pour aller découvrir le joyau de la côte Est, les Whitsundays Islands et la grande barrière de corail. Après une nuit terrible dans 2 bus plus qu’inconfortables, on a dû changer en cours de route pour de mystérieuses raisons, nous arrivons fatigués au terminal d‘Airlie beach, point d’entrée vers les îles. Qui aurait dit que le plus mauvais long trajet en bus qu’on aurait à faire serait en Australie?
Installés dans notre chambre (le luxe, plus de camping) et un petit déjeuner plus tard, nous faisons le tour des agences pour trouver une excursion. Nous optons finalement pour la version haut de gamme, 3 jours 2 nuits sur un voilier, avec tour des îles jusqu’à la barrière de corail (à 65km des côtes quand même), plongée incluse. C’est que c’est plutôt la morte saison ici, et les promotions s’enchainent… à notre grand plaisir! De plus le temps semble être de la partie ,c’est un grand ciel bleu qui nous a accueilli avec une chaleur douce, météo qui doit durer au moins jusqu’à notre départ! Bref prolonger semble avoir été une bonne décision. Le bateau ne partant que lundi matin, le reste de la journée et le lendemain seront plutôt dédiés au farniente au bord du lagon artificiel : une très grande piscine d’eau salée en bord de mer, car la présence de 2 types de méduses potentiellement mortelles rend impossible toute baignade dans l’eau.

Whitsundays

Et pourtant, à voir sa couleur et sentir sa température, on n’a qu’une envie, c’est de s’y jeter! Pour se dire que malgré la fatigue, on n’a pas que bronzé, on fera quand même le tour de la baie à pied, sympathique au demeurant.

Whitsundays

Le jour du départ, on se rend au point de rendez-vous, pour découvrir les 10 autres passagers et 3 membres d’équipage qui nous accompagneront pendant ces 3 jours.

Whitsundays

Le bateau n’a pas l’air très grand, mais l’agencement plutôt bien pensé permet de se sentir confortable à bord. Après un briefing de l’équipage, nous prenons la direction de la whiteheaven beach , l’une des plus belles plages du monde, la plus pure en silice en tout cas. Mais en bon australiens qui se respectent, Brent le commandant de bord, Bjorn le moniteur de plongée (qui est en fait hollandais) et Stefan le cuistot (qui est en fait canadien et également moniteur de plongée), nous nourrirons copieusement en chemin, avec une vue splendide sur les îles.

Whitsundays

Débarqués sur l’île, nous nous dirigeons vers le point du vue sur la plage, et nous nous félicitons plus que jamais de notre décision en découvrant la vue s’offrant à nous. Mais on vous laisse juger aux images…

Whitsundays

Whitsundays

Whitsundays

Le point noir: la baignade. En raisons de ces maudites méduses nous devons enfiler des stinger suits, combinaisons intégrales et cagoules pour nous protéger de ces fichues bêtes. Le look « ninja » n’est pas des plus agréables, surtout vu la température extérieure, mise à l’eau impérative!

Whitsundays

Le sable est incroyablement blanc, fin et ne chauffe pas au soleil. Les eaux transparentes et très peu profondes sont un refuge pour les requins en bas âge et raies que nous aurons la chance d’apercevoir. La marée baissant, c’est au tour de milliers de crabes de sortir de leurs trous, donnant l’impression que la plage est en train de bouger!

Whitsundays

Après ces quelques heures d’observations et pseudo baignade dans l’eau, nous regagnons le bateau qui s’amarre dans une petite crique, théâtre du dîner et également premier lieu de plongée et snorkelling du périple, qui débutera à 7h le lendemain! Après une bonne nuit et en bon matinaux que nous sommes devenus, nous enfilons nos combinaisons pour le premier snorkelling. L’équipage est au taquet niveau sécurité en raison des forts courants, mais nous sommes assez libre ce qui est très appréciable. De plus avant même de se mettre à l’eau, l’on peut déjà observer de multiples poissons multicolores roder autour du bateau. ça s’annonce bien!

Whitsundays

Une fois dans l’eau, la sortie prend tout son sens, le fond est couvert de coraux éclatants, autour desquels gravitent une quantité innombrables de poissons tous plus colorés les uns que les autres. Pas de photo malheureusement, notre appareil n’étant pas amphibie… Mais vous pouvez nous croire sur parole!De retour sur le bateau, c’est au tour de la séance de plongée. Bjorn nous initie aux règles de sécurité et aux gestes indispensables, puis plouf, nous explorons cette fois le fond. Sympa!

Whitsundays

Une fois remontés, nous nous dirigeons vers le clou du périple : la grande barrière, au niveau de Bait reef, qui en est un infime morceau. Il nous faut 3 heures pour l’atteindre, mais on est bien récompensés! Il faut dire aussi que « l’attente » est un grand mot…

Whitsundays

Les récifs sont visibles à l’œil nu depuis le pont du bateau, et l’on s’aperçoit très vite que c’est énorme. Encore une séance de snorkelling puis une nouvelle plongée, nous convaincront d’une chose : la barrière est grandiose. Il s’agit de plusieurs « tours » sous marines abritant quantité de coraux et poissons, affleurant à moins d’un mètre de la surface. Si les récifs étaient jolis autour des îles, ils sont sans commune mesure avec ce qu’on a la chance de voir par nos yeux ébahis. Nous aurons même le privilège d’apercevoir une espèce rare de tortue et… un requin! C’est donc la tête pleine de belles images que l’on s’endormira ce soir après un magnifique coucher de soleil sur une mer d’huile. En effet l’océan est moins agité qu’un lac, ce qui est incroyable aussi loin des côtes, comme nous le fait remarquer notre capitaine, nous sommes fort chanceux!

Whitsundays

Le lendemain, nouvelle séance de snorkelling avec un courant assez costaud qui met nos jambes palmées à l’épreuve (si on veut pas se retrouver dérivés à quelques kilomètres de là…), puis retour vers la terre ferme en milieu d’après midi sous un soleil radieux. En descendant du bateau, on réalise la chance que l’on a eu de passer ces 3 jours, avec des co plongeurs internationaux extrêmement sympathiques et un staff au petits oignons, car ça a été également l’occasion de faire de belles rencontres (si vous nous lisez…) . D’ailleurs nous nous retrouverons (presque) tous le soir même pour fêter ça autour de quelques bières.

Whitsundays

Mais le lendemain, c’est déjà finis, nous prenons notre vol de retour ver Sydney, en compagnie de Geoffroy et Coralie, le couple de frenchies avec qui on a bien accroché, en espérant qu’on pourra enfin voir la ville sous le soleil!

Le 29 Avril, il fait rarement beau

Une bonne nuit de récupération après Fraser island, la famille se lève sous un soleil radieux sur Hervey bay. Étonnant pour un 29 Avril, généralement synonyme de temps maussade… Cette année au moins, je vieillis, mais pas sous la pluie! Et j’aurais même le plaisir de disposer pour le reste du voyage d’une belle montre (rose bien sur!) à cette occasion, moi qui était partie sans. On part en fin de matinée se promener sur la plage avec pour projet de s’y baigner. L’aspect désert de celle-ci nous semble suspecte, hormis 2 stand up paddlers, pas âme qui vive dans l’eau. Généralement pas bon signe dans ce pays. Confirmation quelques mètres plus loin, où de petites méduses brillantes sont échouées partout sous nos pieds. Elles sont minuscules, on les prendrait presque pour de grosses gouttes d’eau au soleil, mais ressemblent bien à la description des méduses Irukandji , parmi les plus venimeuses au monde. Non merci, on passera notre tour, on va trouver ailleurs où faire trempette!
image

Nos plans de réservation pour aller sur Lady Eliot island ayant malheureusement échoués malgré nos tentatives désespérés, nous repartons vers le Nord avec arrêt à Bundaberg pour prendre les renseignements sur ce qu’il y a à faire dans le coin. Ayant trouvé sur internet qu’on pouvait plonger le long de cette côte à certains spots sympas en snorkelling directement depuis la plage, on note des lieux et nous nous y dirigeons. Il fait toujours étonnement beau malgré les prévisions de pluie (classique du 29 Avril, rarement beau en France, pourquoi ça changerait en Australie?), alors c’est le moment ou jamais de profiter de l’extérieur. Désillusion en arrivant sur le premier site, le coin est très joli, une belle côte, mais rocheuse, où se fracasse les vagues sur les reliefs sculptés du rivage.
image

Vue la houle, complètement inenvisageable de mettre un  pied dans l’eau sans revenir totalement râpé (ou pire) sur les rochers. On profitera simplement de la vue sur la mer qui s’engouffre dans le blowholes en de jolis geysers bouillonnants. L’endroit n’étant pas franchement adapté au pique nique, on prolonge un peu au hasard plus loin jusqu’au dernier bourg de cette côte où le vent est toujours aussi fort, mais une belle plage de sable s’offre à nous.
image

Le tout forme une immense baie avec de nombreux bancs de sable qui ressortent à marée basse sous une lumière incroyable. Une  petite ballade pour rejoindre les dits bancs de sable nous montre toute la force du courant, difficile de s’y déplacer avec de l’eau au dessus du genou. De plus, la marée monte étonnement vite et nous faisons demi tour plus tôt que prévu afin d’éviter de se trouver coincés de l’autre coté… C’est d’ailleurs l’heure où véliplanchistes et kite surfeurs font leur arrivée. On les comprend, toutes les conditions semblent au top pour s’éclater: faible niveau d’eau, vent à décorner les bœufs et le soleil en plus! Mieux vaut maitriser la discipline en tout cas aujourd’hui, cela ne semble pas à la portée du premier venu que de maitriser une voile dans de telles conditions…
image

On reprend la route en fin d’après midi après en avoir pleinement profité, direction notre étape du soir, Agnès Water et Town of 1770. Un nom bien étrange me direz vous, donné en l’hommage à l’arrivée du capitaine Cook sur ces rives. Les 2 villes sont éloignées de quelques kilomètres et sont en fait difficilement qualifiables de « villes », à peine des petits bourgs où l’on trouve quelques cafés, hébergements et boutiques, petites stations balnéaires tranquilles et éloignées de tout. Tout à fait ce qu’il nous fallait, hormis un problème: en arrivant de nuit, tout est fermé…Y compris le motel où on comptait dormir! Nous trouvons heureusement un super appartement à louer, énorme, tout confort, à un prix tout à fait raisonnable, le top. Les choses se compliquent pour le dîner, car il semblerait que… tout soit vraiment fermé. Le choix n’était déjà pas énorme, mais finit par se réduire à…la station service Caltex!!!! Qui nous sauvera le repas à renfort de pizza, chips, poulet rôti et glace Ben&Jerrys. Un repas d’anniversaire qui se révèle donc gastronomique et équilibré, mais l’essentiel avait été préparé par de petits cachottiers: bouteilles de pétillants et gâteau avec sa forêt de bougies sont au rendez vous. On pourra dire que pour mes 30 ans, on aura tout donner en matière d’originalité, celui là je ne suis pas près de l’oublier, merci les Zézima! En tout cas, on a bien rit de ces péripéties, on s’est bien étouffés avec la sauce ultra piquante de la pizza et on a explosé notre score calorique pour les jours à venir. Alors qu’importe le repas quand toute la famille est réunie pour fêter ça!
La météo finit tout de même par nous rattraper le lendemain, et oui, finalement cette année, c’est le 30 Avril et pas le 29 qui connaitra un des taux de pluviométrie record jamais enregistré. Il pleuvra sans discontinuer à grosses gouttes toute la journée, sans un moment de répit. Toute tentative de sortie se solde par un lessivage en règle, la plage au bout du chemin de notre chaleureux bungalow a des airs apocalyptiques et le ponton pour y accéder n’est pas loin de la noyade. On tentera de se consoler en meublant notre culture cinématographique australienne à grand renfort de Mad Max 1, puis Mad Max 2, puis on passe aux séries, puis…on est à court, alors on prend la voiture pour faire un tour. Il fait toujours aussi moche, Town of 1770 ressemble à une ville sinistrée, le bateau qui aurait du nous amener sur Lady Musgrave island est désespérément à quai et la dame de l’office de tourisme ne sait décidément pas quoi nous proposer… Alors vu qu’on a pas assez mangé hier, on se cuisine un repas plus diététique et moins désorganisé que la veille, pour compenser les éléments déchaînés.
image

Le soleil pointe timidement le bout de son nez le lendemain, ouf. Un des intérêts de venir sur ce coin de côte était de s’initier au surf, les vagues étant décrites ici comme parfaites pour les débutants que nous sommes. C’est donc plein d’entrain et de bonne volonté que nous nous rendons à la surf shop où rendez vous est donné à 10 heures pour notre initiation.  Mais quand on a la poisse, on ne s’en débarasse pas si facilement. Le gentil surfeur plus tout jeune mais bronzé et aux cheveux blonds décolorés qui nous accueille s’excuse à multiples reprises, mais il ne peut vraiment pas faire de sortie aujourd’hui, le mer est beaucoup trop forte après la météo de la veille, seuls les confirmés peuvent s’y risquer.
image

Nous repartons donc dépités, frustrés, il semble que rien ne veuille fonctionner décidément. L’Australie, pays du surf, ne veut a priori pas que nous découvrions cette religion en son sein. On se contentera d’un bain dans les eaux qui sont effectivement fort agitées, la baignade ressemblant une fois de plus plus à un essorage qu’à une tranquille trempette. Enfin, il fait beau, consolons nous comme on peut!

On en profitera dans l’après midi pour redécouvrir Town of 1770 sous un jour moins apocalyptique et voir qu’il s’agit en fait d’une baie avec de nombreux bancs de sable affleurant qui coupe totalement les rouleaux déchaînés de la mer qui se fracasse à l’horizon.

On se demandait bien aussi comment ils faisaient pour faire du kayak ici… Ballade sur la plage où des mariés échangent leurs vœux (heureusement qu’ils ne se sont pas mariés la veille les pauvres) dans un décor idyllique, points de vue sur la côte, découverte des arbres de mangrove qui poussent le long du rivage, un joli tour.

Le soir approche, ainsi que le moment des adieux, nos routes se séparant ici. La famille repart le lendemain vers le sud pour reprendre l’avion de Brisbane vers Sydney, tandis que nous prolongeons le périple vers le Nord. On célèbre ses belles retrouvailles avec d’énormes « steack-patates » avant de se dire au revoir et de monter dans notre folklorique bus de nuit vers les Whitsunday islands.

L’île de sable

Le réveil est matinal pour prendre le bus qui nous emmène à notre excursion sur Fraser island, plus grande île de sable du monde. Chose étonnante, vue de la côte, elle semble très verte pour une île de sable. Des arbres à perte de vue, mais pas vraiment de reflets dorés à l’horizon… Une brève traversée en ferry plus tard (même pas le temps pour les sensibles de l’estomac de la famille d’être malade), nous voici face à notre véhicule du jour: un gros camion 4*4 surélevé transformé en bus pour circuler sur les étendues ensablées. Notre chauffeur est un sympathique australien dans la cinquantaine, avec une passion pour la nourriture et la langue bien pendue. Il fera la discussion sans discontinuer pendant toute la journée grâce à son micro en conduisant, parlant de tout et de rien (surtout du « yummy lunch » (déjeuner) et d’à quel point tout est « awesome » ici!). Le bus étant comme on s’en rend progressivement compte rempli de touristes dont la langue natale n’est pas l’anglais (hormis 3 personnes) et l’accent de notre guide étant à couper au couteau, il parlera malheureusement dans le vide la plupart du temps… Mais au milieu de ce flot de paroles, il nous abreuve également d’informations sur tous les points d’intérêt auxquels nous nous arrêtons aujourd’hui, le tout égrené de petites blagues, sa bonne humeur tentant de compenser le ciel se couvrant inexorablement de gros nuages noirs…
On ne circule sur cet île que sur des pistes en sable, parfois profondément creusées par les sillons qu’ont laissé les centaines de véhicules qui circulent ici en permanence sur des voies à sens unique, où notre bus-camion a déjà bien du mal à se frayer un chemin, frottant rudement les branches des arbres autour. Cela semble être le cadet des soucis de notre chauffeur, qui roule à tout berzingue tout en continuant son monologue sans interruption. Notre premier arrêt est dans la rainforest de l’île, où comme à point nommé, il se met à pleuvoir. Notre chauffeur nous fait judicieusement remarqué que si elle s’appelle comme ça, c’est bien pour une raison… Des arbres immenses, très droits, qui ont autrefois servis aux marins accostant sur l’île pour remplacer les mâts cassés, un ruisseau au fond incroyablement clair dont l’eau est potable  qui se fraie un chemin entre, des sortes de plantes parasites qui s’accrochent en de jolis chapeaux sur le tronc des plus grands, le décor est planté.

image

Nous bravons la pluie le temps d’une promenade fort humide, heureusement protégés par cette verdure luxuriante. Puis nous rejoignons le côté Est de l’île où s’étend l’immense plage de Seventy Mile beach, où les véhicules s’en donnent à coeur joie sur le sable fin et tassé. A tel point que des panneaux de limitation de vitesse la jalonnent pour réfréner à 80km/h les ambitions des Schumacher en herbe. Même la police veille au grain, avec son office en bord de mer!  Cette plage est assez incroyable, on n’en distingue pas les extrémités et même sous les nuages menaçants qui continuent de s’amonceler au dessus de nos têtes, elle a un charme indéniable. D’ailleurs le plus incroyable, c’est qu’elle sert de piste d’atterrissage en même temps que de route. Les choses se gâtent lorsqu’on arrive à l’épave gisant à la limite des flots depuis quelques dizaines d’années et que la pluie se met à tomber en rafales.
image

Le retour au bus se fait en courant et trempés jusqu’à l’os, quasiment tout le monde ayant décidé de braver les aléas météo et n’ayant pas pris d’imperméable… C’est donc bien humides et avec les objectifs plein de gouttes qu’on poursuit la « route ». Les choses se calment un peu en arrivant aux falaises de sables colorés, qui prennent des nuances encore plus intenses mouillées, une belle palette de couleur en bord de mer.

image

On nous décommande en revanche de mettre un pied dans l’eau qui semble receler moults bêtes sympathiques tout près du rivage: méduses, requins… Quel dommage d’avoir une telle plage et de devoir se contenter de l’observer du rivage! On profitera quand même d’eaux plus accueillantes en arrivant à Eli creek, un ruisseau assez étonnant. Il se fraie un chemin depuis les dunes plus centrales de l’île (qui ne connait étrangement pas d’érosion malgré sa constitution 100% sableuse) pour se jeter dans la mer, traversant auparavant une petite forêt dans laquelle on peut suivre son cours tout du long sans mouiller le short! Marcher dans le cours d’un ruisseau aussi clair est assez incroyable: on est à quelques mètres de la mer dans une eau douce sur un fond sableux tout doux sous nos pieds.

image

Une expérience sympa alors que le soleil pointe (enfin) le bout de son nez.

image

Après une pause déjeuner dans un hôtel voisin (avec du fromage en apéro!), nous allons au lake Mackenzie découvrir à quel point il est « amazing » comme ne cesse de nous le répéter notre chauffeur bavard. Effectivement, le coin en vaut la peine.

image

Au milieu des vallons creusés par les dunes de sable couvertes de végétation s’est formé un lac d’un bleu improbable. Le sable y est l’un des plus purs en silice de la planète, d’une blancheur immaculée, et son eau incroyablement douce.

image

Quelque soit la météo, le niveau du lac comme celui des ruisseaux croisés aujourd’hui ne varie pas, cette constance sans faille s’expliquant par le phénomène de résurgence qui créé ces étendues d’eau douce. Et maintenant que le soleil est de la partie, on s’en donne à coeur joie: bain d’eau douce à température idéale, gommage de sable fin, séance photos laissant grande part à l’imagination… Le tout conclu par une petite pause « tea time » (ah l’héritage britannique…) avant de rejoindre notre port d’embarquement pour la côte, sous un coucher de soleil multicolore.
A l’issue de cette journée, que dire de plus sinon qu’on comprend mieux pourquoi le nom aborigène de cette île signifie « Paradise island« … On trouvera de plus en 2 temps 3 mouvements un top motel pour passer la nuit, reçus comme des rois, au bord de la plage d’Hervey bay. Comme quoi, il ne fallait pas se laisser démoraliser par la météo matinale, tout est bien qui finit bien!

Sunshine state

Après une nuit médiocre au dessus du pub fort animé et bien peu isolé en ce Samedi soir, nous nous enfonçons dans les terres à nouveau. Quelques beaux parcs nationaux se cachent dans l’Hinterland (l’arrière pays de Byron bay) et devraient être moins fréquentés que la côte. A Murwillumbah un adorable volontaire de l’office de tourisme nous concocte un programme parfait pour la journée, nous faisant passer par les points d’intérêt principaux et nous laissant le temps d’atteindre notre étape du soir. Il va falloir pour cela traverser la « frontière » entre la Nouvelle Galles du Sud et le Queensland, encore un nouvel état australien en perspective! La route est tortueuse, très vallonnée, et la limite entre les 2 états située sur un point de vue exposant joliment tous les reliefs alentours. De multiples motards (Harley obligatoire) sillonnent les lacets de cette route à grand renfort de bruits de pétarades, cheveux (longs obligatoire aussi!) au vent et gants en cuir au guidon. Pour la quiétude de l’endroit, on repassera, c’est leur pause photo semble t’il… Mais nous voilà dans le dernier état de notre parcours, dont la devise est fièrement « The sunshine state ». Avec une devise pareille, on espère bien que la tempête de Sydney ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour la suite!

Nous voici donc partis sur le chemin du Natural Bridge, où une jolie promenade dans la forêt nous mène à une arche rocheuse impressionnante au niveau de laquelle se jette une belle cascade. Le fond de l’arche forme une grotte profonde où vivent des gloworms (vers luisants) que nous ne verrons malheureusement pas, le jour étant bien levé et la lumière forte à notre arrivée. Pareil pour les chauves souris, elles devaient dormir paisiblement dans un coin plus calme. L’endroit est très photogénique avec les jeux de lumière se réfléchissant sur le tronc d’arbre qui s’est fait emporté par la cascade, inspirant les photographes en herbe (et les autres!).

image

La route se poursuit toujours dans ces collines verdoyantes en une forte montée vers le plateau du Springbrook Natural Park, dont plusieurs points de vue sont assez spectaculaires. Leurs noms sont d’ailleurs dithyrambiques à leur sujet: le Best of all outlook en est une bonne illustration. Par un jour clair comme celui que nous avons, on voit jusqu’à la côte, que nous nous réjouissons d’avoir quitté, la Gold coast étant hideusement hérissée de gratte ciels immenses sur des kilomètres.

image

D’autres points de vue se succèdent, avec de nombreuses cascades qui se jettent depuis le plateau sur lequel nous sommes montés jusque dans la vallée forestière très dense à nos pieds. Un pique nique plus tard, largement en dessous du niveau du déjeuner dominical australien (nappe, couverts, barbecue et vin au programme pour eux), nous terminons la digestion de notre salade sur la terrasse d’un salon de thé perdu en haut des collines, tout contents d’être dans les temps faute de ne pas avoir trop trainés aujourd’hui en chemin. Grave erreur! Nous nous trouvons face  à l’équipe de restauration « familiale » la plus inefficace à laquelle nous ayons jamais eu à faire! Il leur faudra une bonne heure pour nous apporter 4 cafés d’une amertume record et 2 scones, heureusement réussis… Et le soir commençant à tomber, il se met à faire frais en altitude, quelle idée… Ça nous apprendra à jouer les caféinomanes au bout du monde!

On reprend la route pour redescendre vers la côte à travers d’immenses forêts d’eucalyptus et rejoindre notre étape du soir, la Sunshine Coast au dessus de Brisbane, réputée moins défigurée que sa voisine la Gold Coast. On se rend compte en débarquant de nuit que, quand même, on ne peut pas franchement qualifier la ville de Mooloolaba de « petite bourgade ». Beaucoup de grands immeubles, heureusement construits dans un style assez contemporain et semblant ne pas trop mal vieillir dans le temps bordent la côte sur des kilomètres. On commence un peu à se mordre les doigts de n’avoir rien réserver pour dormir, la recherche d’un hébergement semblant compliquée dans cette jungle urbaine, quand la solution nous tombe heureusement dessus toute cuite en la matière d’un tourist park situé à Alexandra Headland. La famille découvre donc les joies des petits « cottages » de camping. Heureusement, celui-ci s’avère très confortable et propret, parfait pour se cuisiner un bon thaï, prétexte pour ouvrir la fameuse bouteille de Gewurztraminer conservée pour l’occasion depuis la Clare Valley. Une réussite que ce bon repas en famille!

Le lendemain, nous nous balladons sur la plage immense qui borde cette ville, avec son sable fin doré et ces vagues incessantes. On comprend l’attrait qu’a pu attirer à l’époque cette côte vierge de toute construction sur les arrivants, l’arrière plan donne malheureusement aujourd’hui une image moins fascinante de cet eldorado, victime de son succès. Les constructions restent heureusement à une distance raisonnable de la plage, ménageant toujours une petite bordure de dunes et d’arbres avant son accès. Nous quittons ce lieu avec l’espoir de trouver une plage plus sauvage lors de notre remontée vers Noosa pour profiter de la baignade, mais le littoral semble définitivement peu propice à l’isolement par ici. C’est à Coolum beach que nous posons nos serviettes le temps d’une bronzette et de ce qui s’apparente plus à un lessivage des sinus qu’à une baignade, les vagues ne faiblissant pas non plus ici, au plus grand plaisir des surfeurs.

image

Les courants sont incroyablement forts ici aussi, impossible de résister à l’eau qui nous tire impitoyablement sur un côté ou l’autre et contre lesquels aucun mouvement ne semble efficace. La plage est à l’image de toutes les autres stations balnéaires de la côte: de grandes étendues parfaites de sable doré où se fracasse les rouleaux sans répit.

image

La route jusqu’à Hervey Bay se prolonge ensuite sans encombre pour arriver à notre logement du soir, que nous avons eu cette fois la bonne intuition de réserver à l’avance. On prend goût aux tourist park, c’est encore dans un cottage que nous passerons la nuit! Le plan initial était de profiter de ce coin le lendemain, mais malheureusement des problèmes d’organisation contrecarrent nos projets. Première désillusion: la météo pour les prochains jours n’est pas folichonne et ne va faire qu’empirer. Merci l’État du « soleil qui brille »… Deuxième désillusion: le tour que nous voulions faire sur Fraser island est plein, il nous faut nous rabattre sur un autre plus cher et directement le lendemain, jour le plus clément de météo. Et enfin, le pompon, décision étant prise de ne pas remonter beaucoup plus haut vers le Nord afin de limiter le temps passé sur la route, la barrière de corail devait se découvrir sur les îles de Lady Eliot (accessible en avion uniquement) ou Lady Musgrave (bateau cette fois), or tout est complet!!! Incroyable, malgré des tarifs élevés, pas assez de places pour tous dans un petit avion et grosse incertitude concernant la sortie du bateau en mer selon les conditions climatiques (et puis une certaine récalcitrance de certains passagers potentiels sujet au mal de mer dans le groupe…).Bref, quand ça ne veut pas, ça ne veut vraiment pas!!! Nous sommes un peu dépités, mais on se dit qu’on va bien voir comment le temps évolue, avec un peu de chance, cela tournera en notre faveur… Et nous profitons en attendant d’un magnifique coucher de soleil sur la plage d’Hervey Bay, où la mer est d’un calme incroyable après les vagues incessantes que nous avions croisé jusqu’à présent.

image

Nous assisterons le soir à un incroyable vol de chauve souris. Passent au dessus de notre logement des milliers de ces petits animaux dans le plus grand silence, à peine troublé par le battement de leurs aile. Pendant un bon 1/4 d’heure, le ciel sera sans discontinuer obscurci dans son crépuscule par cette migration hallucinante. Impossible à rendre en photo, mais quelle expérience! On se demande bien ce qui a fait fuir ces animaux… Ce moment de grâce passé, au lit, le réveil est matinal le lendemain.

New England

Une fois quittée la côte, nous nous enfonçons dans les terres de la Nouvelle Angleterre. Les terres sont verdoyantes, le paysage vallonné sur le plateau de Barrington, les routes étroites et sinueuses sur l’itinéraire choisi. Une scenic road, ça se mérite! Le trajet est assez long, mais les paysages au coucher du soleil en valent la peine.
Armidale  étant hors de portée pour cette nuit, c’est dans la jolie ville d’Uralla que nous dormirons. Cette petite bourgade est surtout connu pour son passé « brigand ». Le Captain Thunderbolt, un bushranger (hors la loi australien), jouait ici les robin des bois locaux en enlevant les aristocrates fortunés avec le soutien des habitants les plus pauvres. Une vraie légende dans ce pays de descendants de bagnards! Nous y trouvons un joli pub pour nous rassasier et dormir, le tout avec un accueil toujours aussi sympathique de la part des locaux.

image

Nous rejoignons Armidale sous ses couleurs automnales le lendemain, avec ses nombreuses églises en pierre couvertes de feuilles multicolores. Rues piétonnes avec bâtiments anciens, parcs arborés avec kiosque et fontaines, le mélange prend bien dans cette ville qui possède un charme très anglais.

image

Renseignements pris pour la suite, nous prenons la route pour parcourir aujourd’hui la Waterfall way jusqu’à Dorrigo. Le chemin est jalonné de parcs nationaux regorgeant de gorges et de cascades à quelques kilomètres de la route principale. On remercie alors grandement la bonne idée du 4X4 qui nous permet de nous enfoncer sur les routes en terre sans inquiétude dans nos explorations… Les Gara gorges, notre premier stop, est sans doute le moins impressionnant, mais nous emmène le long d’une jolie rivière, qui se répand en petites cascades le long des rochers.

image

Une autre escapade de la route principale nous mène à une cascade plus impressionnante mais assez éloignée, pour aboutir ensuite à ce que l’on pensait être un village historique de mineurs conservé en l’état d’origine d’après la brochure, mais qui se révèle être une rue vide où seuls des écriteaux comémorent les anciens bâtiments, déception… Plus monumentales sont les Wollomombi falls de l’Oxley Wild rivers National Park, des chutes grandioses de 200 mètres qui se rejoignent autour d’un éperon rocheux dans des gorges profondes.

image

Le point de vue est assez spectaculaire, suffisamment pour nous inciter à faire ici notre pause pique nique dans ce bel environnement. On tentera d’utiliser les barbecues mis à disposition pour faire chauffer notre café, sans grand succès, il semblerait que ce ne soit pas l’usage approprié de l’outil!
Nous poursuivons ensuite vers le New England National Park, où un point de vue superbe englobe tout le relief alentour, des vallons à perte de vue entrecoupés de gorges rocailleuses. La forêt que l’on traverse pour s’y rendre est très particulière, une végétation d’antartic beech forest, où les arbres sont couverts de mousses et lichens clairs,  formant des lianes reliant en un réseau de guirlandes végétales les eucalyptus entre eux.

image

Un environnement totalement opposé au Cathedral Rock National Park, juste de l’autre coté de la route, où la forêt n’a plus rien de pluviale et présente une flore beaucoup plus aride. On se croirait à Fontainebleau, de hauts arbres mêlés à des formations rocheuses impressionnantes, où nous n’irons malheureusement pas au bout faute de temps. On y croisera en revanche pour notre plus grand plaisir (et surtout celui des nouveaux arrivants!) kangourous et pretty faced Wallabies (c’est vrai qu’ils sont mignons avec leur tête de petits renards!).

image

Peu farouches, ils se laisseront photographier dans les marais pendant un long moment. Notre dernier stop sera dans le Guy Fawkes National Park (que de parcs nationaux sur cette route!!!) pour aller voir les belles Ebor falls au coucher du soleil, répartis sur deux niveaux et offrant une belle perspective sur la vallée et les gorges alentour.

image

Ayant pris plus de temps que prévu pour parcourir cette route, c’est à Dorrigo que nous nous arrêterons pour la nuit, le dernier parc sera pour le lendemain. La particularité du Dorrigo National Park, c’est sa forêt humide éblouissante. La végétation est incroyablement luxuriante, on se promène sur des passerelles de bois parfois au pied des arbres, parfois à mi hauteur de la canopée, le tout au milieu des nombreux chants d’oiseaux (dont des hiboux en plein jour, étrange!).

image

Une dernière passerelle, la skywalk, passe au dessus du sommet des arbres, offrant une vue panoramique sur la densité de végétation qui s’étend à nos pieds. La route se prolonge tortueusement jusqu’à Bellingen ensuite, pour sortir finalement des terres et rejoindre la côte, où nous atteignons Byron Bay dans l’après midi.
Cette ville de la côte est connue pour son style de vie très « bab » qui attire aussi bien les jeunes que les moins jeunes. On y marche beaucoup pieds nus, le tatouage y est quasi obligatoire, de même que la tenue hippie avec ses volants à fleurs. C’est ici que nous rencontrons également (enfin) notre cliché australien: le surfeur jeune, bronzé, blond décoloré, avec sa planche de surf sous le bras. Hormis ces considérations « ethnologiques », le cadre est aussi fameux. Un arrière pays de collines verdoyantes à l’horizon, qui plongent dans une grande baie au sable clair et aux eaux limpides. La vue s’apprécie au mieux du haut de Cape Byron, où nous ne sommes visiblement pas les seuls à avoir eu l’idée de venir en ce jour d’Anzac day.

image

Nous sommes ici au point le plus oriental d’Australie, le premier touché par le soleil au petit matin. La vue y est exceptionnelle, avec l’océan se fracassant sur l’éperon rocheux sur lequel est perché le phare du début du 20ème siècle (mais qu’on dirait en carton pâte). On y observe les plages magnifiques qui bordent cette baie, que nous verrons encore de plus près au coucher de soleil sur Main beach.

image

La tentative de baignade se révèle une épreuve complexe. Même dans le couloir de baignade surveillé (devant les lifeguards bronzés et musclés), les courants sont incroyablement forts, les vagues déferlent sans discontinuer et la seule façon de rester dans l’eau est au final de passer son temps à jouer à saute mouton avec, toute tentative de nage semblant hors de propos. Le coucher de soleil y est fantastique et attire les amateurs de photographie en masse, même si l’on en comprend pas toujours ce qu’ils essaient de prendre en photo au final…

image

Trouver un logement pour la nuit se révélera plus complexe que les jours précédents, être le samedi soir d’un jour férié n’aidant certainement pas. Mais nous finirons par nous rabattre sur un pub avec sa musique live country, jouée et chantée par de vieux hippies aux longues barbes et cheveux blancs, accompagnés d’un bon T-bone steack et d’une ginger ale!