Avis de tempête

C’est sous un temps tout aussi cataclysmique que la veille que le reste de la famille Zézima a le plaisir d’atterrir à Sydney, presque pas ballotés à bord de leur A380 flambant. Nous rejoignant dans notre quartier, on prend le temps de se retrouver avec plaisir, autour d’un bon petit déjeuner bien arrosé de café dans un resto bobo de la rue. Un banana cake et quelques cappuccinos plus tard, nous finissons par nous décider de quitter ce nid douillet pour affronter les éléments à l’extérieur.

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La météo est déchainée, rafales de pluie, de vent, le meilleur de la tempête nous tombe dessus pendant que nous tentons une incursion dans les mêmes lieux que la veille, le quartier de Rocks et l’Opéra, avec vue sur le Harbour bridge. On y voit un peu mieux que la veille entre les gouttes, l’ensemble nous parait bien joli, mais décidément, qu’est ce qu’il est désagréable de patauger pour explorer…

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C’est finalement depuis la maquette de la bibliothèque que l’on apprécie le mieux la ville par ce temps!

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On abandonne les idées d’exploration plus poussées à pied et on se décide pour un tour en voiture dans la ville, malgré la circulation bien chargée. Après avoir passé la majorité des points d’intérêt sans même mettre le bout du nez dehors, on finit par quitter la civilisation, sidérés par le nombre de poubelles pleines à craquer de parapluies retournés, une hécatombe. Les scènes tournent parfois au comique lorsque les pauvres passants se retrouvent désespérés avec leur parapluie hors d’usage, chapeau envolé, chaussures inondées… « Singing in the rain » version apocalypse!

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Le parcours décidé la veille nous emmène vers la Lower hunter valley, région de production viticole non loin de Sydney, afin de remettre toute la famille d’aplomb du décalage horaire à l’aide d’anti-oxydants de bonne qualité. La route est jonchée de morceaux d’arbres divers, le vent souffle fort, mais rien n’entame la bonne humeur des retrouvailles. Sauf que…on finit par se dire qu’il est quand même étrange que depuis quelques dizaines de kilomètres, toutes les stations essence que nous croisons soient éteintes, alors qu’il n’est que 16 heures. Que la route n’est décidément pas éclairée ici. Qu’on ne croise vraiment pas grand monde. Ces indices subtils finissent par atteindre un niveau au dessus à notre arrivée à Cessnock, où nous avions de façon prévoyante réserver la première nuit, mais où la ville est plongée dans le noir. Où un gentil mot sur la porte de l’hôtel réservé nous indique « Hotel closed, flooded, no power » (hôtel fermé, inondé, pas d’électricité). Là, on se dit que ce parcours en famille commence bien… Heureusement, nous avons la chance qu’un motel non loin dans la partie du centre qui dispose encore de l’électricité ait une chambre de libre pour nous 5. Ouf… Tomber en pleine tempête le jour de l’arrivée dans une région coupée de la modernité, c’est fait.

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Le lendemain matin, tout le monde est presque en pleine forme, à quelques heures de décalage horaire près… Le temps est maussade, mais la pluie semble se contenir dans ses gros nuages gris pour le moment. Nous partons donc après un bon petit déjeuner admirer la vue des environs depuis quelques belvédères bien situés en haut des collines surplombant les vignobles. On applaudit le fait que la location de voiture ait finalement été modifiée au dernier moment au profit d’un 4*4 et nous vengeons des 2 semaines précédentes de frustration en  empruntant les routes non bitumés sans aucun scrupule! Le paysage est agréable, mais semble avoir bien souffert de la météo de ces derniers jours, jonché de morceaux d’arbres et autres débris divers en de nombreux endroits. Autre conséquence: quasiment tous les domaines où nous tentons notre chance pour la dégustation sont fermés, leurs propriétaires probablement en train de courir partout pour tenter de réparer les dégâts occasionnés. L’un d’eaux n’est même pas accessible avec le 4*4, une rivière s’étant formé au milieu du chemin!!!

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Après une dégustation décevante aussi bien du point de vue des vins goûtés que de l’accueil reçu (enfin il y a des circonstances atténuantes en ce moment…), on finit par arriver dans un petit domaine ouvert, alors qu’on était près de renoncer et de quitter la région. Nous sommes reçus par son sympathique propriétaire qui, même dépité par les événements de ces derniers jours, nous fait gouter son Shiraz, les autres vins n’étant pas d’actualité, car plus de réfrigérateur en fonctionnement depuis le début de la tempête. On apprend alors que rien de ce genre ne s’était abbatue sur la région depuis une vingtaine d’années et qu’une grande partie des alentour est privée d’électricité depuis plusieurs jours… On a l’air fins nous, à demander à gouter du vin… Munis de nos 2 bouteilles achetés, nous quittons la région sinistrée direction la côte au niveau de Port Stephens, espérant y trouver des cieux plus cléments.

La tempête a malheureusement sévi ici aussi et nombre de routes sont fermées sur notre passage, car encombrées de troncs d’arbres ayant entrainé des poteaux électriques dans leur chute. Le pique nique se déroule juste le temps d’une accalmie au bord d’une belle plage, où une mer démontée lance avec fureur ses rouleaux à l’assaut du sable pendant que le résidents côtiers peinent à enlever le sable chassé par le vent sur leurs terrasses.

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L’exploration de la baie formée par ce morceau de côte est prenante, même sous un temps mitigé. Les surfeurs ne sont pas découragés par la météo et se lancent à l’assaut des vagues de One mile beach, plage de sable fin du Sud de la péninsule. Un arrêt à Anna bay, tranquille petit village également plongé dans le noir de Port Stephens, nous permet de mieux apprécier Stockton Bight, une immense dune de sable qui s’étend sur 35 kilomètres jusqu’à la ville de Newcastle plus au sud.

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Des trotteurs à l’entrainement bravent le vent et les gouttes sur ces longues étendues de sable doré, qui ne demandent qu’un rayon de soleil pour se montrer sous son meilleur jour. Heureusement, l’accueil australien toujours aussi chaleureux que nous rencontrons dans notre étape du soir compense cette météo calamiteuse. Le gérant du motel se met en 4 pour nous trouver la casserole parfaite pour le repas du soir, tandis qu’un sympathique sexagénaire de passage à Bulahdelah nous offre des bières dans le pub local, en souvenir de son road trip français d’il y a 40 ans… Nombre d’anecdotes seront racontées!
Bref une bonne soirée, qui aura le plaisir de voir nos yeux ensommeillés admirer quelques étoiles dans le ciel et nous donner l’espoir du retour des beaux jours…

Ce qui se produira le lendemain au plus grand plaisir de toute la famille, le soleil nous accueillant pour le petit déjeuner en terrasse! Nous partons donc plein d’entrain découvrir le Myall Lakes national park, plus haut sur la côte. La Lakes way emprunte une petite route de forêt en bord de mer donnant alternativement sur les différents lacs bleu profond de la région. La magnifique plage de Seal rocks est splendide, fréquentée par quelques surfeurs seulement sous un beau soleil, la vue depuis le phare qui la surplombe ne l’est pas moins.

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En prolongeant la route avant de rejoindre l’autoroute, on arrive dans le Booti booti national park, où seule une mince bande de terre sépare lac et océan. La vue depuis Cape Hawke offre un panorama à 360° au terme de quelques volées de marche qui permet de mieux saisir la géographie de la région (et de se rendre compte des multiples inondations survenues ces derniers jours…).

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Certaines plages désertes seraient paradisiaques si un air d’apocalypse ne flottait pas aux alentours avec les dégâts occasionnés…

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Pas de quoi entamer la bonne humeur de tout le monde!

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Les arbres autour des lacs ont les pieds dans l’eau, de même que les vaches et chevaux croisés le long du chemin, dont les paddocks ressemblent plus à des pataugeoires qu’à des étendues herbeuses. On entendra plus tard à la radio que la région de la lower hunter valley a même été déclarée sinistrée et en état d’urgence, laissant présager le niveau des dégâts survenus…

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Quittons cette belle région, en lui souhaitant bien du courage pour panser ses plaies, il est temps pour nous de nous enfoncer dans les terres vers de nouveaux horizons!

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Un retour difficile

Levés tôt comme à notre habitude, c’est sous un ciel gris mais sans pluie que l’on reprend la route vers Sydney. Encore une bonne partie de la journée passée en voiture, mais cette fois pas d’horizon magnifique pour nous distraire, on retrouve les habitations, champs et pâtures au fur et à mesure que nous avançons. Rien de bien transcendant et pas grand chose à voir en chemin, nous décidons de faire un stop à Orange histoire de couper un peu la route que nous enchaînons depuis 2 jours. L’automne ici bien installé pare les rues de ses plus belles couleurs.

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Arrivés en milieu d’après midi et après être passés par le visitor center, nous nous dirigeons vers le Mount Canobolas pour jouir de la vue, marcher un peu et camper dans un endroit plus reculé, car finalement la NZ nous manque un peu de ce point vue là…

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En chemin (difficile à trouver par ailleurs), petit arrêt à un lookout pour admirer la vue. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au sommet, accessible en voiture, car il y a de nombreuses antennes qu’il faut bien entretenir. Et oui le pays étant assez plat, tous les points dominants sont envahis de structures métalliques disgracieuses. Une fois là haut, comme d’habitude, on ne voit pas grand chose, un classique des points de vue australiens, le sommet étant assez plat et entouré de grands arbres. Mais surtout, on aperçoit au loin de gros nuages bien sombres, qui arrivent assez vite car on sent déjà quelques gouttes.
Redescente jusqu’au terrain de camping, on décide de faire une petite boucle pour aller voir une cascade avant la tombée de la nuit. A mi-chemin environ de la dite cascade, les quelques gouttes se transforment en grosse averse. Mais une averse qui dure, comme nous le découvrons en attendant sous un arbre.  Pas d’accalmie en vue et la nuit qui tombe, nous rebroussons chemin pour arriver 30 min plus tard à la voiture sous des trombes d’eau, complètement trempés. Ça ne nous avait pas manqué! Plus question de camper dans ce qui s’est transformé en pataugeoire,  nous redescendons à la recherche d’un hébergement. Et là pluie redouble encore de vigueur, nous sommes obligés de rouler à 20 Km/h, puisqu’en plus nous sommes dans le nuage (le sommet est à plus de 2000 m), la visibilité est donc quasi nulle. C’est un véritable déluge qui nous accompagnera jusqu’à Bathurst, où nous nous réfugions à l’Irish pub du coin qui est bondé (on est samedi soir) pour y boire une bière et y passer la nuit, un bon thaï dans l’estomac.

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Le lendemain nous sommes accueillis par le soleil, après le petit déjeuner nous faisons un petit tour dans la ville, pas moche du tout, avec ses jardins et quelques beaux bâtiments, avant encore une fois de reprendre la route en direction des Blue Mountains sur le chemin de Sydney.

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Arrivés en fin de matinée, après quelques stop pour des points de vue, nous optons pour le National pass, une petite balade de quelques heures qui a la particularité de passer sur un sentier taillé dans la roche il y a plus d’un siècle et que nous n’avions pas pu faire il y a 2 semaines en raison de la météo capricieuse.

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La vue est magnifique, le sentier aérien par endroit, les points de vue sur les cascades à fort débit superbes, enfin un avantage à la pluie de la veille! Mais comme lors de notre précédent passage,  nous tombons un dimanche, l’endroit est donc sur fréquenté, ce qui gâche un peu le plaisir, même si on s’en accommode pas trop mal.

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Au final il nous aura fallu quasi 4 jours pour rentrer! Chose que Delphine n’avait pas vraiment réalisé…

La suite est beaucoup moins amusante, Delphine ayant la bonne idée de tomber malade, nous essaierons désespérément de trouver une pharmacie ouverte un dimanche après midi. Au bout de pas mal de kilomètres, nous en trouverons une, et comme nous nous en doutions, le pharmacien ne peut délivrer d’antibiotiques sans ordonnance. Sur ses conseils nous nous rendons donc au service des urgences de l’hôpital le plus proche, seul endroit où l’on peut consulter un médecin un dimanche en milieu d’après midi. Super… La suite est classique, près de 2 heures d’attentes pour obtenir le bout de papier, plus le temps de retrouver une pharmacie ouverte, et il fait presque nuit. Pas question de camper vu l’état de Delphine, il faut trouver un hébergement. Mais nous sommes dans une ville à mi chemin entre les Blue Mountains où l’on pensait passer la nuit et notre point d’arrivée… où il ne semble pas y avoir grand chose. Nous optons pour l’option de nous rapprocher de Sydney, pour se lever plus tard car nous devons rendre la voiture à 9H30 le lendemain. S’en suivra une galère monstre pour trouver le dit hôtel, ayant confondu le nom de ville entre 2 hébergements repérés sur internet. C’est sur les coups de 20h que nous arriverons à notre chambre, sous la pluie entre temps revenue!

Petite anecdote amusante : l’employée nous annonçant un prix largement supérieur à celui vu sur Internet, Delphine lui montre la page web. Ayant pour réponse que parfois c’est moins cher sur Internet, elle lui demande s’ils ont le wifi sur place pour qu’elle puisse le réserver en direct… C’est assez drôle de voir l’employée fournir le code wifi pour utiliser son propre réseau afin de réserver une chambre au rabais dans son propre pub!

Le lendemain, nous avons eu la joie de goûter aux interminables bouchons d’entrée dans le centre de Sydney pour rendre la voiture, encore une fois sous une pluie battante. En chemin, un nettoyage de la voiture s’imposa, le contrat de location ayant tellement de clauses impliquant des surcoûts si la voiture était rendue sale (surtout s’ils s’apercevaient que le véhicule avait emprunté des routes non goudronnées, ce qui était le cas pour nous à quelques reprises).
La voiture rendue, la pluie nous détrempera jusqu’aux os le temps d’arriver jusqu’à notre hébergement. C’est une véritable tempête dehors. Initialement le trajet était prévu à pied car la distance était très courte, mais au bout de 300 m, nous décidons de prendre le bus qui passe par là tellement il pleut.

Autre petite anecdote : le chauffeur du bus, ne voulant pas s’embarrasser avec de la monnaie et ayant pitié de nous vu notre état « légèrement » humide, nous fait passer gratuitement.

Une fois dans l’appartement (sympa Airbnb!) nous resterons finalement toute la journée à l’intérieur, le temps à l’extérieur se maintenant au stade de la tempête. Il fallait bien rattraper à un moment ou un autre notre retard sur la nouvelle saison de Games of Thrones… Sur les coups de 16h, on se dit que c’est dommage de rester là alors qu’on est à Sydney, on prend le bus direction le centre.

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Un petit coup d’œil en bravant les éléments déchaînés pour voir l’Opéra de nuit et une tentative d’accès au quartier de Rocks nous dissuadent bien vite de nos motivations et c’est encore une fois trempés jusqu’aux os que l’on regagnera notre hébergement.

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Décidément, la météo ne nous fait pas de cadeau… Sur 2 semaines, on s’aperçoit que l’on a eu de la pluie quasiment la moitié des jours, assez incroyable sur le continent le plus sec du monde. Cela aura au moins eu l’avantage de nous obliger à prendre le temps de prévoir la suite du parcours, qui va se prolonger à 5 pour quelques semaines dès le lendemain!

The festival state

On the road again… Après une nuit plus confortable que les précédentes dans un camping sur la route d’Adélaïde, nous continuons à nous diriger vers la capitale d’Australie méridionale, dont le slogan fièrement affiché sur les plaques d’immatriculation est « the festival state« . Adélaïde est en effet connue pour sa vie culturelle animée et ses nombreux festivals. Nous tombons malheureusement sur une période plutôt creuse, rien de prévu de particulier lors de notre passage dans la ville. L’arrivée se révèle moins compliquée que les expériences précédentes, pas de péages donc pas de fonctionnement de paiement tordu et compliqué à résoudre cette fois ci. Et le stationnement est également plus aisé qu’à Melbourne… Le premier abord de la ville est aussi moins attrayant, plus « américain »: de grandes avenues larges, où les bâtiments anciens peinent à s’insérer entre les hauts buildings.

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Cette première impression passée, la capitale révèle quand même de bonnes surprises, avec un Central market aux petits oignons. Situé juste à coté du Chinatown local, il est extérieurement beau et ce qu’on trouve à l’intérieur donne envie! Des beaux étals de fruits et légumes, de la viande à des prix défiants toute concurrence, du fromage (qui a l’air bon, mais hors de prix) et…des baguettes!!! Il semblerait qu’un français ait senti le bon filon ici, la queue devant son stand ne désemplissait pas…

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On part ensuite faire un petit tour du CBD, sillonné par quelques lignes de tram. De beaux bâtiments victoriens sont encore présents, surtout dans la rue piétonne principale, où se cache des arcades décorées avec leurs luxueuses boutiques. Une fois de plus, on est au royaume du food-truck, il y en a partout et les australiens semblent avoir leur mug de café greffé à la main en permanence (et parfois avec un petit scone…). Encore une fois, la ville est très vivante, de nombreux artistes de rue qui chantent, jouent, « prestidigitent », de tout pour tous les goûts.

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Une autre avenue rassemble tous les gros « monuments »de la ville: une université type campus anglais à l’ancienne très classe, la bibliothèque, les musées d’arts imposants en pierre, le tout agrémenté de jardins, fontaines et statues.

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La ville est donc sympathique, la météo plus clémente qu’à notre arrivée, mais nous décidons de continuer vers la Barossa Valley non loin de là, étant malheureusement pressés par le peu de temps disponible et la quantité astronomique de kilomètres à parcourir.

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Cette vallée se trouve à une soixantaine de kilomètres d’Adélaïde et est mondialement réputée pour ses vins. Peuplée initialement par des colons d’origine germanique, elle a conservé un charme différent des autres villages d’inspiration plus britannique. Ceux ci ont ramené dans leurs bagages des cépages au doux nom de riesling, gewurztraminer et autres… Une fort bonne idée ma foi, le climat se prêtant ici idéalement à leur culture.  Des collines exposées aux rayons du soleil juste ce qu’il faut, une terre sèche et des nuits fraiches, le cocktail parfait. La vallée est maintenant plus connue pour ses Shiraz , mais tout ça invite à la dégustation! Les villages y sont coquets, présentant de petites maisons en pierre (rares par ici), des églises de toutes confessions chrétiennes (anglicanes, luthériennes, catholiques…), des bâtiments historiques joliment conservés ou restaurés. Nous passons par le domaine de Bethany, petit village endormi de la vallée, réputé pour ces Shiraz corsés et sa vue magnifique sur les alentours. La réputation n’est pas erronée, la vue sur les vignes aux couleurs automnales sous le soleil déclinant vaut le déplacement à elle seule.

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Mais la dégustation est également prometteuse, nous repartons (évidemment) avec un bel assemblage shiraz cabernet pour aggrémenter nos diners de campeurs. En tente, oui, mais il ne s’agit pas de rogner sur la bonne chair et le bon vin!

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L’accueil est également excellent, ici, on n’attend pas de vous que vous achetiez quoique ce soit, en revanche, on attend de vous que vous goûtiez de tout! C’est vraiment très différent de ce qu’on avait vu au Chili par exemple, où toutes les dégustations étaient payantes et au nombre de vins testés. Ici, tout est gratuit, on est reçus avec un grand sourire et les gens cherchent la discussion, ce qui n’est pas désagréable. On apprend par la même occasion que nous tombons en plein vintage festival de Tanunda, le village central de la Barossa valley, qui commence aujourd’hui. Tous les hébergements seront donc a priori pleins à craquer, et cela explique surtout l’effervescence qui régnait lors de notre passage dans la rue principale. Il faudra nous trouver où dormir ailleurs, dommage, l’endroit nous plaisait bien… Encouragés par cette première découverte, nous partons pour le domaine de Rockford,  plutôt bien décrit dans notre guide. L’endroit est très beau, style ancienne ferme en pierre avec sa cour intérieure et son bar à l’intérieur, où une fois de plus, on nous fait tout gouter (alors qu’on avait sagement prévu de s’en tenir aux vins dans nos moyens) et avec un accueil du tonnerre. Et puis bon, quand on vous fait tester absolument toute la gamme de la carte et qu’on arrive aux « très bons », ça devient de plus en plus pénible de devoir cracher parce qu’on a la déplaisir d’être « Sam » ce jour là… L’employée de service est super sympathique, connait bien la France pour y être passer plusieurs fois et on reste un moment à discuter avec elle des accueils que nous avons respectivement dans nos pays. Et on repart, oh surprise, avec une autre bouteille. Plus chère, mais quel délice… Un assemblage qui n’aurait pas à rougir dans notre cave! Le soleil commence déjà à décliner, il est plus que temps de rejoindre un camping pour la nuit, à travers les collines rougeoyantes couvertes de vignes. On est décidément dans notre journée du bon accueil, celui où nous débarquons de nuit est géré par un propriétaire adorable, qui nous fera payer une misère (oui, selon lui, son tarif est beaucoup trop cher juste pour mettre une tente sur un carré d’herbe, on n’a pas osé le contredire). Adorable jusqu’au bout, il nous amène une lampe de poche pour qu’on y voit clair pour monter la tente (alors que nous avons nos frontales), puis nous ramène des piles pour ces dernières, voyant qu’elles n’éclairent plus de façon optimum! Bref, on aurait du mal à demander plus comme arrivée. On y rencontre un couple de belges en permis vacances travail qui s’apprête à traverser le désert avec leur « guide » australien, un sympathique monsieur rencontré eu de temps auparavant et qui s’est proposé de les accompagner, sympa! Bref, une soirée sympathique, des propriétaires et campeurs amicaux, fans de la France (une constante en Australie pour le moment), un bon dîner et une première bouteille ouverte, que du bon… Après de nombreuses réflexions et suite aux discussions que nous avons justement eu avec les personnes rencontrées la veille, nous décidons de laisser tomber le plan initial qui était d’aller aux Flinders range, quelques 300 km plus haut. Pas la bonne voiture car beaucoup de routes non goudronnées, pas la bonne météo (beaucoup de pluie en prévision) et surtout trop de kilomètres de retour, nous comme déjà bien loin de Sydney. On prend donc le temps le lendemain de pousser vers la Clare valley, seconde zone viticole de la région. Réputée surtout pour ses Riesling (que nous avons trouvé hier très décevants à la dégustation dans la Barossa valley) en raison de son climat plus « froid », la vallée offre également un paysage assez différent, plus vallonné et des parcels plus petites. L’automne est également beacoup plus plus présent, l’ensemble de la végétation (eucalyptus excepté!) a pris une teinte jaune orange très agréable visuellement.

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Nous nous dirigons vers une la plus ancienne exploitation qui date du milieu du 19e siècle, car les seuls bâtiments en valent le détours. Il s’agit d’un complexe créé pas les jésuites, avec une belle église et sa crypte (rare, voire unique en Oz?), cave et cimetière en pierre.

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Et qui retrouvons en poussant la porte? Le couple de Belges et leur sympathique guide. Nous profitons donc des explications de ce derniers, et les accompagnons à la dégustation, ça serait dommage de ne pas en profiter. La cave en pierre est très belle et nous rappelle notre chère Europe, et le vin pas mal non plus.

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Nous repartirons avec un bon gewurztraminer sous la pluie qui vient de montrer le bout de son nez en direction du café du coin qui fait un excellent chocolat chaud, avec de reprendre la route pour un changement notable d’environnement…

Dans l’outback

La pluie qui s’étend nous rassure sur notre choix, les Flinders, ça aurait été compliqué en temps normal, mais sous la pluie, pas possible. Du coup, on se dit que l’on va rentrer par l’outback, histoire de voir la « vraie » Australie, celle des films et de l’imaginaire commun. Direction le Nord donc vers la bourgade de Broken Hill , ville historique et minière tellement typique qu’elle a servi de décors à de nombreux films. En chemin, nous arrêtons à Burra, ancienne cité minière qui a gardée de jolis bâtiments victoriens et une gare d’époque.

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Mais la pluie persistante en rajoute un peu sur l’aspect « Germinal« , et Delphine ayant quelques manques à combler nous finissons par manger une vraie pizza (délicieuse au demeurant) au restaurant italien du coin… On the road again, on s’aperçoit que Broken Hill, n’est « qu’à » quelques centaines de km, nous voilà donc partis pour une journée route. Mais cela importe peu puisque la pluie nous suivra tout du long.

En sortant de la Clare valley, la vigne fait place un paysage de prairies, cramées par le soleil sur fond de terre rouge, mais toujours vallonnées. Au fur et à mesure que nous avançons, le terrain se fait plus plat, et une fois Peterborough passé, les pâtures font place au petits buissons et arbres bas, avec une terre rouge. Ça y est nous sommes dans l’outback!
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D’autant plus que quelques dizaines de km plus tard, le paysage est désormais totalement plat, avec… rien dessus, uniquement notre route et la voie ferrée que nous longeons. Pas grand chose à voir, mais une sensation de bout de monde incroyable, accentuée par un ciel extrêmement sombre. La nuit tombe, nous toujours sur la route, un peu inquiets de ne pas pouvoir s’arrêter car il n’y a pas d’autres choix que d’arriver à la ville, et vu le paysage les kangourous doivent être nombreux!
Une fois arrivés, pas question de camper vu la pluie toujours présente, on se trouve une chambre dans un des pubs du coin qui se révéle plutôt extravagant… C’est en fait l’hôtel du film « Priscilla folle du désert », un bâtiment magnifique, aussi exubérant à l’extérieur qu’à l’intérieur, avec toutes ses fresques.

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Le lendemain, il pleut toujours, pas de bol vu que ça n’arrive que quelques fois par an! On fait un petit tour dans la ville pour découvrir les autres beaux bâtiments victoriens, et on profite du mémorial des mineurs installé sur le terril énorme adjacent à la ville pour la voir d’un peu plus haut. Nous nous sommes ensuite rendu à Silverton à 20km de là, très connue pour être… déserte.

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C’est la ville qui a servie de décors à plusieurs films, dont Mad Max. On peut même y trouver un musée consacré à ce dernier. C’est également le dernier endroit « habité » avant l’outback profond, avec ses températures et sécheresse extrême (enfin sauf quand on y est quoi). Au delà c’est l’infini vide sur des centaines, voire milliers de km. Ce qui est intéressant, c’est le point du vue qu’elle offre depuis une « colline » (plutôt une petite butte), car plus loin le paysage est plat à l’extrême. La sensation de solitude y est envahissante.

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Vu la météo capricieuse, l’ensemble des routes non goudronnées, c’est à dire à peu à près toutes, sont fermées. Pas de chance puisque l’accès aux deux parcs nationaux qui nous intéressaient est par conséquent impossible. Après ce petit tour donc, nous décidons de commencer à rentrer à Sydney, vu que près de 1500 km nous en séparent et que c’est la seule route goudronnée. Celle-ci, toujours magnifique même si un peu monotone, nous éloigna de la pluie, mais fit également monté le thermomètre jusqu’à 33°. Sachant qu’il ne faisait pas plus de 16° à Broken Hill lors du départ à la mi journée, cela fait un sacré gradient.
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Au fur et à mesure le paysage change, la broussaille commence à faire place a des arbres, de plus en plus haut et denses. De plus, après Vilcania, les animaux commencent à pointer le bout de leur nez : d’innombrables chèvres sont sur le bas côté à brouter dans les hautes herbes. On frôlera plusieurs fois l’accident car certaines (certains boucs surtout) ont une irrésistible envie de traverser juste devant nous ou la voiture nous précédant. Plus on approche de Cobar et plus elles seront nombreuses.

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Mais la nuit commence également à tomber, et avec elle les kangourous à se montrer, d’abord quelques uns, puis en groupes entiers… Ces derniers semblent à l’affut pour traverser, cachés dans les hautes herbes à moins d’un mètre de la route sur les bas côtés. C’est soulagés de ne rien avoir heurté que nous arrivâmes à Cobar dans la douceur nocturne.

L’outback, c’est maintenant terminé, nous sommes un peu déçus de ne pas avoir pu voir les parcs qui avaient l’air magnifiques, mais tout de même heureux d’avoir fait ce grand détour.

Seb au pays des merveilles

Étape du jour, les Grampians, un beau parc national du Victoria facilement accessible. C’est aussi l’un des rares endroits vallonnés de l’État qui est désespérément plat mais pas que. Il est surtout très minéral avec beaucoup de formations rocheuses, ce qui en fait un site d’escalade mondialement réputé. 1er contact avec le parc, arrêt au visitor center de Dunkeld, la porte d’entrée du parc. La personne en charge est adorable, comme tout le monde ici, mais pas très renseignée. On aura plus d’informations au centre d’information de Halls Gap en plein coeur du parc. La route le traversant est en pleine forêt, surplombée par de longues collines avec des falaises. Avant de rejoindre Halls Gap, nous montons au Mount William, le point culminant des Grampians.

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Les 2 derniers kilomètres sont fermés et donc à faire à pied, pas sympa puisqu’il faut suivre la route goudronnée! Assez contradictoire lorsqu’on sait qu’une grosse partie des routes ici ne le sont pas… Mais une fois en haut, la vue fait vite oublier ce détail.

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Finalement, cela ressemble beaucoup au Sud Est de la France, mais avec une végétation très différente, diverses variétés d’eucalyptus à perte de vue.

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On peut également voir la « platitude » du pays environnant. Une fois descendus et un pique nique plus tard, nous voilà au visitor center de Halls Gap. Cette fois on a plus d’infos, les balades intéressantes se trouvent dans la partie baptisée Wonderland Range, mais également dans l’extrémité nord du parc, qui est malheureusement fermée pour cause d’incendie… depuis Janvier 2014! Manque de chance, il s’agit aussi de la partie ou se situent les spots de grimpe. Confirmation à la boutique/agence de grimpe du coin, beaucoup de sites sont interdits, mais certains sont réouverts au public. Avant de louer crash pad et topo, et vu l’heure avancée, c’est uniquement munis de la liste des sites ouverts qu’on se dirige en direction de la zone, pour vérifier si ça en vaut bien le coup.
En chemin arrêt au Wonderland Range, pour aller voir le « grand canyon ».

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Mais ce que l’on voit nous incite à continuer les 2 petits kilomètres jusqu’au point de vue des Pinnacles, tant l’environnement est incroyable. On évolue au milieu de roches en grès incroyablement sculptées, parsemées d’eucalyptus.

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De retour à la voiture, on se dirige, vers la zone d’escalade. Le chemin commence également sur de la roche, un monolithe appelé Flat Rock. Delphine en ayant marre de marcher, je (Seb)  continue tout seul pour repérer les lieux voire grimper si l’heure le permettra encore. Mais quel choc en arrivant en haut du Flat Rock, la vue sur le Taïpan wall est fantastique. La marche ultérieure confirmera cette vision. L’ensemble du massif est encore plus impressionnant que le wonderland, l’environnement est encore plus minéral, du rocher sculpté et des couleurs surnaturelles!

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Le Taïpan Wall, encore plus que le reste, un mur énorme, déversant, orange et avec des formes qui semblent artificielles, tellement elles sont incroyables. Niveau blocs, il y en a quelques uns, mais pas de quoi rivaliser avec les falaises, même si une longue barre basse et extrêmement déversante attire mon attention. En chemin, après discussion avec des grimpeurs sur le retour, j’apprends que je serais passé à côté du secteur intéressant.
Du coup, de retour le lendemain matin 8h30 pour grimper, car l’après midi est annoncée pluvieuse. Les blocs décrits la veille sont bien là, ça fait du bien de grimper sur un beau rocher comme celui-là! Il y a de tout, du facile, du dur, de l’expo.

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Un peu de forme physique retrouvée grâce à Castle Hill aide pas mal à se faire bien plaisir… Le rocher abrasif broute fort les doigts, la douceur de l’air n’aidant pas malgré l’heure matinale, mais ce n’est rien en comparaison de l’adhérence.

De son côté, Delphine essaie d’accéder aux sites aborigènes protégés à proximité. Mais après quelques km de pistes, elle trouve une barrière interdisant l’accès aux peintures, toujours à cause de ce fichu incendie et du temps de régénération monstrueux qu’il faut à la végétation ici, au vu de la pluviométrie annuelle ridicule. On se rejoint sur les blocs, et vu que le ciel se dégage et que la température monte fortement (on commence à douter des prévisions…), plus un petit mouvement raté de Séb qui lui a coûté un peu de peau sur le poignet, on décide de faire la balade jusqu’en haut du Mount Stapylton, le point culminant du secteur, en haut du Taipan wall.

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En chemin, encore des formations rocheuses incroyables, mais également un forêt brûlée avec ses arbres noirs et morts. La végétation a du mal à repartir…

C’est bien content de notre passage que nous quittons le lieu avec les premières gouttes de pluie (incroyable, les prévisions étaient en fait bonnes!), en direction de la prochaine destination, Adelaïde, avec un crochet prévu par le Mount Arapiles tout proche, qui serait également le plus gros site d’escalade d’Australie mais uniquement en trad (sur coinceurs). Mais nous louperons l’intersection et nous en rendrons compte largement plus loin… Trop de kilomètres en Australie, tant pis, on continue vers Adelaïde, avec un coucher de soleil totalement surréaliste pour bien finir la journée!

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Les perles de Victoria

Les montagnes derrière nous, nous reprenons le volant de très bon matin, levés à 6h comme on en a l’habitude maintenant, direction Melbourne, à plus de 300 km quand même. Mine de rien cela fait longtemps que l’on a pas été dans une grande ville, 3,5 millions d’habitants ici. En chemin, juste après le départ en fait, petit arrêt à Chiltern, petite bourgade typique du coin qui a conservé ses bâtiments du 19e siècle. Tellement typique que beaucoup de films y auraient été tournés. A l’arrivée, c’est vraiment joli, décidément on trouve de tout en Oz.

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A l’approche de Melbourne quelques heures plus tard, petit imbroglio pour comprendre comment y rentrer, puisque les panneaux indiquent des routes payantes qu’il faut régler par internet, un peu compliqué comme système. Le « centre ville », ou plutôt CBD (Central Business District) commence à se dessiner, ultra moderne avec ses hautes tours et ses bâtiments en verre, bien contemporains.

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C’est à ce moment-là qu’on se dit qu’on ne va pas faire long feu dans la ville, mais une fois dans le dit centre, on s’aperçoit qu’on s’est mis le doigt dans l’œil et jusqu’au coude. Au pieds des tours, il y a pléthore de bâtiments victoriens et de vieilles églises, la ville est littéralement quadrillée par des lignes de tram, avec des bâtiments modernes au milieu. Un beau mélange, bien élégant.

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Un tour dans la ville nous permet de mieux l’apprécier, avec ses restaurants branchés, ses beaux bars et un « chinatown » gigantesque. Le royaume de la bonne nourriture pas chère! Même les boulangeries ici sont celles qui ont l’air de faire le meilleur pain!

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Notre tour passe par quelques passages couverts superbes, avec galeries peintes et décorées de nombreux éléments en fer forgé.

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Un mélange détonnant avec certaines rues où le street art est roi, un must-do pour les touristes asiatiques qui viennent chercher là le coté « canaille » de la ville, mais surtout sans quitter leur groupe, on ne sait jamais…
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Vu qu’on est samedi, une bonne partie des commerces, essentiellement lieux de restauration, sont fermés car comme son nom l’indique, la CBD est avant tout le centre des affaires de la région. Cependant il y a beaucoup de monde dans les rues, mais pas de costumes 3 pièces se rendant à leur bureau dans les grandes tours. C’est même plutôt vivant, une ambiance très cosmopolite, et également beaucoup de groupes de musique ainsi que des « saltimbanques » faisant leurs représentations dans la rue.

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Après le tour terminé et un bon burger (arrosé d’une bière locale pas mal, la Mountain goat), nous faisons un petit tour dans la bibliothèque de la ville pour accéder au wifi. Belle surprise que ce lieu, qui donne très envie de s’y poser car bien loin du stéréotype de la bibliothèque poussiéreuse de chez nous, malgré un bâtiment résolument classique. C’est d’ailleurs le cas puisqu’il est rempli de d’étudiants venus pour la même raison que nous. Nos obligations remplies, dont le fameux péage pour lequel il faut créer un compte payant, pas sympa pour les gens de passage, direction la voiture pour reprendre la route et notre lieu de camping de la nuit. On serait bien resté, mais le séjour est tellement court et les distances tellement grandes que si l’on veut voir beaucoup de choses, il faut continuer la route. Mais bon, la première impression est très bonne!

Après une mauvaise nuit sur un lieu de « camping » indiqué par notre application qui se révéla être une simple aire d’autoroute sur laquelle on n’a même pas pris la peine de déplier la tente, on reprend le volant en direction du lieu le plus touristique de l’état de Victoria : La Great Ocean Road. Nous débutons la route à Anglesea, où l’on profite du beau temps pour prendre un café. Mais juste après avoir repris le volant, il fait gris et très vite la pluie arrive.
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La route est belle, mais sans être exceptionnelle jusqu’à Lorne, où nous nous arrêtons pour profiter du farmer maket qui finalement n’a lieu que le 3e dimanche du mois après renseignement auprès de l’agence de tourisme locale. On en profite pour faire un tour au point de vue surplombant la ville puis on reprend la route qui quitte un peu la côte pour longer le Otway national park. Nous décidons de nous enfoncer dans le parc pour aller voir le phare au bout (que nous ne verrons pas, découragés par l’entrée payante) et surtout pour voir des koalas. C’est au détour d’un virage dans lequel on voit moult voitures arrêtées, que nous aurons la chance d’en apercevoir.

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Ces derniers sont tous endormis sur les branches des immenses eucalyptus au bord de la route. Et bien ils sont encore plus mignons en vrai qu’en peluche. Finalement, il y en a beaucoup, mais ils se fondent tellement bien dans leur environnement qu’il faut un peu de temps pour les repérer.

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Toujours sur la route, nous nous dirigeons vers les 12 apostles (apôtres), des formations rocheuses détachées dans la mer. Mais on ne se doutait pas un instant de l’engouement pour ces falaises…
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C’est un immense centre d’accueil avec parking attenant qui nous attend, avec sa flopée de bus remplis d’asiatiques en vacances, prêts à tout pour se faire photographier avec en toile de fond les falaises prenant les poses les plus ridicules possibles. Les points de vue se succèdent sur la route, car le site est énorme, sur une bonne dizaine de km.

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En plus de tous ces touristes, les hélicoptères n’arrêtent pas de bourdonner dans le ciel, le soleil étant de nouveau de la partie. On se croirait au glacier Franz Joseph en NZ! Mais il faut reconnaître que même si Étretat pourrait tenir la barre, la côte est ici magnifique, avec de nombreuses arches et ilots de calcaire jaune orangé détachés du continent.

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Les australiens semblent avoir été inspirés lors de leur découverte, malgré la quantité impressionnante d’épaves recensées au large par le guide: le London bridge (dont une des arches s’est écroulée il y a quelques années), le Grotto, Mutton island, Razor rock

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Le bon point étant qu’au fur et à mesure que nous avançons les touristes se font plus rares, car comme en Europe ils ont l’air de faire la visite au triple galop et se cantonnent donc au sites les plus gros avant de rejoindre leur luxueux lodge de Port Campbell. Et puis vu qu’il faut marcher au moins 100 mètres depuis chaque parking pour rejoindre les points de vue, les talons/costumes/robes de certains les découragent en dehors du site central incontournable. La belle lumière du soir déclinant sur notre dernier stop, Bay of martyrs, triste hommage aux nombreux naufrages qui y ont eu lieu, il est temps de rejoindre notre abri pour la nuit qui sera bien meilleur que la veille!

Sur le toit de l’Australie

Un beau lever de soleil sur notre camping « routier » plus tard, nous reprenons sagement le volant sur une belle route goudronnée, nous faisant faire un détour par la capitale Canberra. Et non, ce ne sont ni Sydney, ni Melbourne, le siège du pouvoir politique, malgré la taille de ces villes, mais la petite cité de Canberra, perdue dans les terres et enfermée dans son propre état, le territoire de la capitale australienne.
Quitte à faire le détour par là, on se dit qu’on va y passer quelques heures. Cet aperçu nous suffira, la ville semblant vraiment avoir été créée de toutes pièces avec des instruments de géométrie pour y accueillir les organes du pouvoir en place. Elle reste néanmoins un haut lieu de contestation politique, les aborigènes continuant d’y revendiquer leur terres volées devant l’ancien parlement, sous une « tente-ambassade », devant laquelle brûle un feu qui ne doit jamais s’éteindre.

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D’imposants batiments s’enchainent dans la zone parlementaire, dont grands nombres de musées, la bibliothèque nationale, la cour suprême… Tous sont assez massifs et ne montrent globalement pas un grand charme. La zone en elle même est plutôt agréable, parsemée de grands espaces verts et construite le long d’un immense lac, de l’autre coté duquel raisonne le National Carillon pendant que les joggeurs perdent leurs calories sur la promenade venteuse. Mais tout est disséminé sur des kilomètres, une vraie ville du tout voiture, ou aucune « vie citadine  » ne peut se développer. En résumé, une ville d’architecte, pas une ville vivante.

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On tentera par la suite de trouver un café dans le centre ville, mais celui-ci se révèle tellement inintéressant que nous le quittons sans notre dose de caféine nécessaire.
La route se déroule sans grand intérêt jusqu’à la ville de Cooma, porte d’entrée des Snowy mountains, où se trouve le Kosciuszko National park, le plus vaste de l’état de la nouvelle galles du sud. On y trouve le plus haut sommet de l’Australie, le Mount Kosciuszko qui culmine à 2228m, youhou! Après une petite pause pique-nique dans le parc de la ville et les renseignements pris pour notre programme randonnée (encore un accueil adorable au visitor center, on y prendrait goût!), nous repartons pour notre camping qui se situe au sein même du parc.

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Le principe est le même qu’au Booderee National park de Jervis bay: on paie l’entrée du parc, mais c’est open-camping à l’intérieur. Cette fois ci, on a bien calculé notre coup et on compte bien rentabiliser notre entrée, pas donnée. L’endroit est en effet the-place-to-be en hiver, les stations de ski fleurissant les pentes des montagnes alentours. On se demande  bien d’ailleurs qui peut se permettre de skier ici, entre l’entrée du parc, le prix des remontées mécaniques ahurissants et on ne parle même pas des locations, on peut dire que si le ski est déjà un luxe en France, ici, c’est un loisir de golden boy! On est aussi surpris au premier abord par l’aspect de ces montagnes, qui n’y ressemblent pas vraiment, en tout cas dans notre vision européenne. La végétation y est totalement différente, pas un résineux, que de l’eucalyptus. Y gambadent des kangourous d’un type différent de ceux précédemment rencontrés, plus bruns roux que les gris de la dernière fois.

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Les pentes des montagnes y sont si douces et la route grimpe si graduellement que nous n’avons vraiment pas l’impression d’être en altitude, et c’est sans une épingle à cheveux qu’on se retrouve à 1400 mètres d’altitude… Avant que la nuit ne tombe, on s’occupe en allant faire une mini-ballade au Rainbow lake.

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Pas l’ombre d’un arc en ciel à l’horizon, mais un Sébastien qui expérimente les pontons hors d’usage sur le lac, afin de tester leur solidité et pourquoi pas prendre une douche (fraiche) par la même occasion. Oui, parce qu’au pays du « tout beau, tout chaud », il faut quand même 6° au compteur de la voiture ce soir… La nuit est fraiche sous la tente, malgré un bon feu de bois qui nous fera oublier la taux d’humidité ambiant. Le camping est dans un lieu agréable, si ce n’est les clôtures excluant certaines zones pour cause de pollution des sols à l’amiante, étrange… Un opossum pas bien farouche viendra nous rendre visite le soir, ainsi que bien d’autres animaux indéterminés pendant la nuit. Et le réveil, par une cacophonie de perroquet, ça devient presque une habitude. Ils ont au moins le mérite d’attendre que le soleil se lève pour commencer leurs chants.
On part tôt le lendemain matin, boucle de 22 km en prévision, avec passage au sommet du fameux point culminant. De loin, la vision que nous avions eu la veille se confirme: ce sont des montagnes pas franchement pentues! Elles sont en revanche, mais oui, qu’est ce donc dans le lointain que ces taches blanches, bien enneigées!! Au compteur de la voiture, à 1700m d’altitude et 8h du matin dans les Alpes australiennes: -1°… Et dire qu’il y en a qui viennent dans ce pays pour faire du surf sur la côte. Tellement surfait. On entame donc notre boucle,qui suit une piste de 4*4 (pavée par endroit!) une bonne partie du chemin.

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Pour le sentier sauvage, on repassera. Traversée de petits cours d’eau, des lacs encaissés dans des combes qui se succèdent, jusqu’à des points de vue sur les Snowy mountains dans leur ensemble, la végétation d’eucalyptus ayant enfin cédé la place à des buissons ras à cette altitude.

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Le chemin est par moment bien enneigé, c’est assez surréaliste de se dire que oui, c’est bien en Australie que nous sommes en ce moment.

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On finit par atteindre le Mont Kosciuszko, qui ne semble dépasser ses congénères que de quelques centimètres au vu des alentours, mais qui reste pourtant très apprécié auprès des locaux, car il y a foule au sommet! On peut en effet accéder facilement depuis un télésiège dans une vallée voisine à cette montagne en quelques kilomètres de marche ou de VTT, ce qui en fait une ballade populaire.

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La fin de la boucle emprunte donc une piste plus large et fréquentée, avec des paysages moins sympathiques et diversifiés que sur la première partie, on ne regrette pas d’avoir choisi l’option de la boucle complète.

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Au final, le tour sera terminée en un peu moins de 5 heures, heureusement que les panneaux en prévoyaient 8…

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Nous disposons donc d’encore amplement suffisamment de temps pour  rejoindre l’Alpine way, la route qui traverse le parc vers l’Ouest et la route que nous souhaitons rejoindre pour la suite. La végétation est tellement dense qu’on n’aperçoit malheureusement que peu de choses depuis la route, même les points de vue sont bouchés par les envahissants eucalyptus. Le trajet est en revanche bien occupé par une médisance active sur le style de conduite australien, qui se résume en « j’ai un 4*4 vachement plus balèze que ta petite voiture, alors pousse toi de là que je m’y mette ». En gros, ils coupent tous les virages et roulent en permanence au milieu de la route quand aucune ligne de démarcation n’y est dessinée. Pratique… Enfin, on sortira indemne de ces méandres pour pouvoir dormir dans un camping au bord d’un champ de courses et avoir le plaisir d’observer les galopeurs dans leur canter matinal au petit matin.

Plein de poissons

Les Blue moutains déjà loin, nous rejoignons la côte au sud de Sydney pour entamer notre longue traversée du pays, du kilomètre en vue. La route empruntée longent des zones très urbanisées, de grosses stations balnéaires jalonnant la côte à perte de vue.

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Pour le moment, on commence par rejoindre notre camping du soir, étrangement situé…dans un zoo! On avait déjà fait des localisations étranges, mais contre la nursery du zoo, ça , ce n’est pas banal. Réveil matinal et « vocal » par les multiples oiseaux garanti. D’étranges bêtes cavaleront également sur le toit de l’abri pour manger, mais leur identification restera à l’état de supposition, au vue de la nuit noire qui règne déjà à 18 heures. C’est un opossum (bien vivant contrairement aux dizaines que nous avons vu écrasés en NZ!) qui nous accueille à notre emplacement de tente, pas farouche pour deux sous. Le lendemain matin, c’est « open perroquets ».

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Ces oiseaux, qui réussissent l’exploit d’être plus bruyant qu’un groupe de mouettes, se déplacent en bandes et picorent le terrain de camping alentour. Il y en a pour tous les gouts: du blanc à crête jaune (le Sulphur crested Cockatoo), du rose à crête blanche (le Galah), du multicolore (le Crimson rosella et le King parrot) et toujours en bandes à piailler de toutes leurs forces. 

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Et oui, on est devenus des pros en identification d’oiseaux australiens grâce à une brochure du style « l’ornithologie australienne pour les nuls » récupérée dans un visitor centre.
On décolle du camping pour aller visiter Jervis bay, décrite comme une magnifique enfilade de plages de sable blanc isolées et regorgeant de faune sauvage. Début de l’exploration par Huskisson, sous un ciel gris plomb (décidément pour un pays où il fait toujours beau et chaud, on est pas près de bronzer), qui fait ressortir sa belle plage et ses bateaux de plaisance nonchalamment amarrés dans l’anse formée par la côte. Le village d’Hyams beach et sa plage de sable blanc lui offre une bonne concurrence, mais le sol est glacé, la mer semblant presque chaude à coté! L’endroit est réputé pour ses fonds marins et l’observation possible de baleines et dauphins.
On réserve ces activités pour la seconde partie du voyage, du coup on passe notre tour là dessus, et on part plutôt visiter le Booderee national park situé à l’extrémité de la baie et dont le nom signifie « plein de poissons ». Première surprise/changement par rapport à la Nouvelle Zélande: l’entrée des parcs est ici payante. Elle ouvre par contre le droit à rester dormir la nuit pendant 48h dans les campings du parc, certains gratuits, d’autres non. Et l’entrée se paie  par véhicule, et non par personne, c’est assez révélateur du mode de fonctionnement du pays… Enfin c’est le fonctionnement en NSW (New South Wales), chaque Etat a son mode de gestion. Bref, nous n’y serons que pour la journée, tant pis pour nous. Ou pas, d’ailleurs, car le parc recèle de très belles choses, malgré la météo menaçante.

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Une belle boucle de randonnée de quelques kilomètres depuis la superbe plage de Murrays beach nous fait traverser des forets d’eucalyptus luxuriantes, riches en diverses essences, des criques isolées où les pêcheurs taquinent le poisson depuis le rivage, des étendues de sable blanc fin…Un point de vue nous emmène en haut d’un promontoire rocheux, où des falaises d’une soixantaine de mètres se jettent dans une mer agitée, tandis que toute proche,  une île sert de refuge aux plus petits pingouins du monde.

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On aperçoit au loin l’autre coté de la baie avec son phare, les vagues se jetant furieusement sur les rochers à ses pieds, tandis que l’eau dans la baie est d’un calme olympien.

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Une belle approche de la baie cette promenade, que nous terminerons juste à tant pour ne pas prendre la pluie! A la recherche d’un spot pour notre déjeuner, nous jetons notre dévolu sur sur une autre baie du parc, beaucoup moins calme celle là, car moins fermée, au grand bonheur des surfeurs qui semblent squatter le camping en bordure de la Cave beach pour une durée indéterminée. Et qui trouvons nous là, à notre plus grand plaisir? Nos premiers kangourous! Pas farouches les bêtes, elles broutent en bordure des tentes et viennent fouiner pendant le pique-nique voir s’il n’y a pas quelque chose à récupérer dans nos sacs…

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Les mères allaitent leurs petits sous notre nez, mastiquant nonchalamment leur bouchée d’herbe et prenant la pose pour la séance photos. Un moment assez incroyable. Sur la plage, on trouve effectivement comme son nom l’indique des falaises truffées de grottes, sans doute formées par les rouleaux furieux qui déferlent sans discontinuer à l’assaut de la pierre.

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On s’arrête par la suite sur différentes petites plages qui jalonnent cette baie, puis repartons de ce parc sympathique vers d’autres horizons moins côtiers, à la recherche du soleil promis comme indissociable de ce pays…
Jeunes (plus vraiment, mais bon) et innocents (oui, oui) que nous sommes, nous prenons notre mini carte de l’Australie et pensons ingénument que le chemin le plus court pour relier 2 points est toujours une ligne droite. C’est donc sur les bases de ce principe que nous envisageons de rejoindre notre étape suivante, les Snowy mountains. Nous avions juste omis 2 ou 3 paramètres. Premièrement, vérifier qu’il s’agit bien d’une route goudronnée. Deuxièmement, que suite au point n°1, la durée du trajet ne va pas forcément être la moins longue… Bon, tout ça, en soi, ne serait pas forcément un problème si notre société de location de voiture n’avait été bien pointilleuse su le sujet de ces fameuses routes que nous ne devions pas emprunter. Bref, tant pis, maintenant qu’on est dessus, on va pas faire demi-tour vu que le détour se conterait en centaines de km, alors roulons lentement, mais sûrement! Surtout qu’on a l’impression d’être sur une énorme nationale extrèmement bien protégée et pouf, plus de bitume. Cette route se révèle magnifique, une vraie excursion dans le bush, avec de la forêt de divers types d’eucalyptus, des buissons épineux, de la terre ocre rouge-orangée, et un isolement quasi complet à quelques heures de Sydney. On longe le Morton National park, avec de belles cascades et des perspectives sur des étendues de forets à perte de vue.

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Au vu de ce qu’on vient déjà de se faire comme gravel road, on abandonne l’idée de la ligne droite et on décide d’être raisonnable et de rester sur les grands axes pour essayer de rendre la voiture entière. C’est comme ça qu’on se retrouve à camper sur une aire de repos, un grand commun ici. C’est moins bucoliques que les aires de camping du DOC en Nouvelle Zélande et leurs localisations fantastiques, quoique celle là est pas mal, mais ça a le mérite d’être gratuit et pas loin de la route… Autant dire que nous ne sommes pas les seuls à choisir cette option, nombre de campings-car et caravanes de retraités (actifs!) occupent déjà le lieu. Nous serons en revanche les seuls vrais campeurs, en tente envers et contre tout!

Fifty shades of blue

Changement de décor, nous voici au pays des kangourous! On est pas très frais en arrivant à Sydney, après avoir dormi dans le « lounge » de l’aéroport de Christchurch seulement quelques heures et rattrapé une partie de notre retard cinématographique à bord. Évidemment, étant donné que nous sommes des voyageurs très prévoyants et organisés, tout notre (trop bref) parcours australien a été minutieusement étudié et est prêt dans les moindres détails. Bref, une fois au volant de la voiture, grand moment de solitude: « Et maintenant, on va où? »
Brainstorming général, étude accélérée du Lonely planet, évaluation des distances… Ce sera les Blue Mountains pour ce début de parcours! Elles sont non loin de Sydney, nous éloigne de la ville que nous visiterons au retour et la température y est a priori très agréable, car ici, on se rend vite compte que ça chauffe. Autre paramètre que nous n’avions pas anticipé, on tombe en pleines public holidays, soit le long weekend de Pâques. On tombe donc dans les bouchons de sortie de la ville pour bien commencer. Heureusement, rien ne peut entamer notre bonne humeur à la découverte de ce nouveau pays!
Bref arrêt à Glenbrook, entrée du parc où nus tombons sur un australien adorable au visitor center, qui devance même nos questions pour notre passage ici, un plaisir. On passe faire quelques courses pour la suite et nous voilà sur la route de nombreux look outs pour découvrir les vues sur ces fameuses montagnes. Première surprise par rapport à ce qu’on avait pu lire sur internet, où beaucoup de français disaient qu’il ne valait pas la peine de s’arrêter ici, c’est très beau! On ne savait pas franchement à quoi s’attendre et on est agréablement surpris, le paysage est formé de canyons rouges où la terre semble s’être effondrée, formant plateaux et vallées, couvertes de forêts d’eucalyptus odorantes.

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Ce sont d’ailleurs elles qui donnent leur nom au parc, l’évaporation de leurs feuilles donnant cette atmosphère bleutée qui entoure les montagnes. Les points de vue se succèdent, offrant des perspectives différentes sur les étendues devant nous, sur de multiples cascades, avec le ciel qui se charge de nuages et les gouttes de pluie qui commencent à tomber à notre grand désespoir…

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On voulait plus de fraicheur qu’à Sydney, mais pas la pluie quand même!  Étant donné qu’on est bien au radar avec cette nuit écourtée, un peu de décalage horaire et la fatigue engendrée par la conduite à gauche parmi une circulation dense (mais cette fois ci avec une boite manuelle, on augmente la difficulté!), on décide de s’offrir un peu de confort cette nuit et d’oublier la tente au vu de ce qui se met à tomber dehors. Grand luxe donc ce soir, nuit en dortoir dans la ville de Katoomba! Qui sera fort réparatrice et que nous ne regretterons pas au vue de la température extérieure au petit matin… Autre surprise au réveil, on est complètement décalés par rapport à la Nouvelle Zélande dans les heures de jour: ici, le soleil se lève vers 6 heures et il fait nuit noire à 18 heures, il va falloir s’adapter. Le changement d’heure a en fait eu lieu pendant notre transition géographique.
On poursuit notre exploration du coin après avoir amplement profité des services proposés par le lodge, internet et chauffage inclus. Des mini-marches autour de Blackheath nous amènent à différents points d’où nous pouvons observer de fines cascades, des ensembles rocheux sculptés (les « Three sisters » en sont un bel exemple) et le tout toujours dans une forêt d’eucalyptus luxuriante.

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Des perroquets fort bavards volent dans tous les sens, plumage blanc et crête jaune déployée, manifestant bruyamment leur revendication du territoire. Plein de petits oiseaux curieux se baladent aussi dans le coin, un plaisir pour les yeux et les oreilles. On décide ensuite d’avoir une vision des canyons depuis le fond d’une vallée, étant donné que la route de crête urbanisée que nous suivons depuis le début ne permet pas d’apprécier le calme qui semble régner au pied des montagnes. La Megalong valley s’y prête fort bien, malheureusement, le temps se remet à faire des siennes, et c’est sous des trombes d’eau que nous rejoindrons la crête, après avoir découvert une vallée isolée mais étonnement habitée (enfin 2-3 exploitations ou ranchs) malgré l’éloignement. Nous ferons demi tour face à la route non bitumée que notre contrat de location nous interdit malheureusement d’emprunter. Remontés à la surface, le temps d’arriver au Point Sublime (et oui, ils ont le leur aussi!), la météo est redevenue clémente mais il souffle un vent terrible depuis ce promontoire rocheux.

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Nous pique-niquerons depuis un lieu moins panoramique, mais plus propice au déjeuner dans la ville de Glenbrook, où nous avions commencé nos explorations la veille.

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On est d’ailleurs étonnés par rapport à la Nouvelle Zélande de l’abord sympathique des villes que nous venons de croiser. Les bâtiments historiques du début du 20ème siècle y sont bien conservés, les devantures des maisons arborées, fleuries et colorées, et surtout, il y a de la vie, chose totalement inexistante dans le pays précédent, où la journée finie (à 16h…), tous les « habitants » quittent les pseudo-centres pour rejoindre leur maison dans la cambrousse. Et il est finalement assez agréable de ne plus avoir l’impression de se promener dans des villes fantômes et terriblement monotones humainement et architecturalement…
Nous quittons donc les Blue mountains ravis de ce premier contact australien, une bonne découverte!

East coast

La période Castle hill finie (Seb a trop de courbatures partout de toute façon pour une nouvelle journée), nous consacrons la fin du séjour à la découverte de la partie de la côte Est encore inconnue. Les derniers au revoir à Bastien et Marie faits, c’est parti pour remonter vers Kaikoura.
Le coin est réputé pour être un repère de faune sauvage marine important, spécialement en matière de baleines et dauphins. La particularité, c’est que contrairement à d’autres endroits de la planète, on en voit ici toute l’année normalement. La matinée commence sous les meilleurs augures, lorsque le long de la route côtière, intrigués par la quantité de personnes arrêtées sur les parkings avec des jumelles sur le nez, nous stoppons pile au moment où un banc impressionnant de dauphins (une cinquantaine de têtes et le bateau de touristes qui va avec évidemment) passe incroyablement près de la route. Nul besoin de jumelles pour les voir, ils s’amusent comme des fous dans les vagues, offrant sauts périlleux et saltos multiples à nos regards émerveillés. Un vrai bonheur de voir ces animaux dans leur élément naturel exécuter toutes ces figures pour leur plaisir, et non dans un marineland à heures programmées.
Étant donné que les sorties en bateau sont hors budget (et encore plus les sorties en avion, gros business du pays…), on prend l’option d’une belle ballade pédestre, bien nommée vu son trajet, la Kaikura peninsula walkway. La ville grouille de gens, on ne comprend pas pourquoi au début, puis on réalise que…c’est le weekend de Pâques! Il semblerait que la destination soit populaire auprès des kiwis fuyant leur ville (Christchurch se révèlera effectivement désert), au vu de la longue rangée d’hotels/motels affichant de façon récurrente « No vacancy » tout le long de la route.
Finalement, malgré ce que l’on craignait, les gens se révèlent peu courageux et s’arrêtent sur le parking de départ de la ballade uniquement pour aller voir la colonie de phoques qui vit même pas 100 mètres plus bas. Affalés sur les rochers, ils tentent de faire tranquillement la sieste malgré le flot incessant de jeunes et moins jeunes bipèdes surexcités, dont le seul but semble d’être d’obtenir la meilleure « selfie » avec la bête… Au détriment de la tranquilité de celles-ci, pas moyen de prendre son bain de soleil tranquille! La promenade offre de beaux points de vue sur la côte avec des fonds marins encore une fois incroyablement transparents et qui doivent être fort poissonneux au vue du nombre de pêcheurs courageux, armés de combinaisons intégrales et palmes qui plongent dans les rochers.
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Et oui, Kaikoura, c’est aussi la capitale de l’écrevisse…à un tarif hautement prohibitif! On voit du phoque, du phoque et encore du phoque (toujours à fourrure) qui paressent sur les rochers, mais pas l’ombre d’une baleine à l’horizon.
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Les bateaux de touristes semblent tourner à leur recherche au loin, mais sans jumelles, les voir se révèle utopique. On se console en se disant qu’on a déjà été fort chanceux ce matin avec les dauphins, et que le paysage de la cote est vraiment magnifique sous ce soleil radieux.
Après un picnic venteux et une presque sieste sur une plage de galets qui font mal au dos, on continue un peu plus haut vers le Nord, avec plusieurs points de vue sur des plages où déferlent les rouleaux, au plus grand bonheur des surfeurs, et sur des avancées rocheuses sculptées par l’eau turquoise. L’arrêt suivant ressemble à une dédicace au plaidoyer de Brigitte Bardot pour les bébés phoques. Ceux-ci ont en effet la curieuse idée de remonter de la mer par une petite rivière rocailleuse jusqu’à un genre de piscine naturelle où coule une cascade. Ils font ça tous seuls comme des grands, les mamans profitant du repos bien mérité laissé par leur progéniture en se prélassant au soleil sur la plage. Il faut dire la vérité, un bébé phoque, c’est troooop mignon. Comme un grand, sauf qu’il ne sent pas encore mauvais, et que sa fourrure a l’air tellement douce qu’on a envie de lui faire un gros câlin.
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En vrai, bien sur, on se retient, mais certaines personnes n’ont une fois de plus aucun respect pour ces animaux. les I-phones et autres engins de guerre sont à 2 cm des moustaches des petits fort peu farouches qui se font crépiter de flash, les gens les font jouer avec des bouts de bois qu’ils leur lancent (et ils rapportent!) n’ayant visiblement aucune idée de ce que signifie la notion d’animal « sauvage ». Bref, on se retient de ne pas faire la morale aux sans cerveaux qui sont présents et on laisse les petits tranquilles.
Mauvaise surprise en revenant sur le parking, un gentil touriste nous a laissé un mot sur le pare brise nous informant que nous avions un pneu à plat… A 2 jours de rendre la voiture, la tuile! Opération démontage/remontage de galette, en priant pour qu’en regonflant le pneu, il tienne jusqu’à la fin de la location. Ce qui sera, heureusement pour nous, le cas! La journée de loose de la voiture donc, puisque nous manquerons de tomber en panne sèche sur la route du retour du soir, les stations essence fermant un peu trop fréquemment à 16h pour nous.
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On retourne au même camping que la veille finalement, celui-ci proposant un tarif imbattable au vu des prestations proposées. C’est malheureusement là que, après y avoir oublié l’appareil photo la veille (oui, on fait de plus en plus fort…), heureusement ramené par un gentil campeur au gérant, nous perdrons cette fois une carte SD forcément non sauvegardée de nos photos de Nouvelle Zélande. Gros moment de frustration, mais rien de plus à faire malheureusement après avoir inspecter toutes nos affaires sous les moindres coutures.
Nous partons le matin pour la péninsule de Banks, non loin de Christchurch, notre stop final. La route se révèle bien plus longue que prévue, sinueuse, grimpante et surtout le soleil du matin laisse place à des trombes d’eau, on est dans l’œil du cyclone! Après une conduite plutôt fatiguante avec notre super bolide qui ne tient vraiment rien sur route mouillée et l’angoisse d’avoir toujours un pneu à plat à l’arrivée, nous finissons par trouver un spot de pique nique sympa au moment où les nuages disparaissent aussi brutalement qu’ils étaient arrivés, emmenant avec eux le pluie et nous laissant un ciel immaculé sous le soleil. Le coin est très beau, nous rappelle un peu les Marlborough sounds vus au Nord de l’Ile du Sud, sauf que là, c’est vraiment la mer qui rentre dans la terre, rien à voir avec d’anciens glaciers disparus. La péninsule est très escarpée, car organisée autour du cratère d’un ancien volcan, dont les explosions ont formé un relief chaotique, dans lequel la mer s’est engouffrée, ressemblant plus à un grand lac qu’à l’océan. La ville principale, Akaroa, est réputée pour son atmosphère française. Tout cela pour un petit bout d’histoire d’une lointaine époque où des français avaient réclamé la péninsule de Banks comme leur et où les britanniques pris de peur, avaient rappliqué aussi vite que permis pour leur rappeler que ce morceau de terre appartenait à la couronne… Si l’histoire s’était écrite autrement, la Nouvelle Zélande aurait peut être été française aujourd’hui, qui sait? En tout cas, plaques de rue, noms d’hôtels et de commerce résonnent de sonorités bien de chez nous: « place de la poste », « l’essence, accessoire, réparations automobiles », « location vélo électriqué », « Chez la mer » (oui les fautes orthographes aussi sont d’origine!).

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Un bon moment de rigolade en découvrant les traductions littérales plus ou moins réussies de certaines. On passe une partie de l’après midi à une activité très originale, décrite sous le nom de « le mini-golf » sur la pancarte. Avec un trou sous une Tour Eiffel, on ne pouvait pas laisser passer une bonne partie sous le soleil. Bref, nous nous illustrons par une prestation des plus lamentables (mais on a pas perdu la balle!), pas autant que nos prédécesseurs visiblement, Séb ayant décidé de faire les poubelles pour voir si on était vraiment si nuls que ça.
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On quitte ensuite la péninsule par la Summit Road qui offre de magnifiques vues au coucher de soleil sur les deux cotés, des baies de partout et entre, des pâturages de moutons à perte de vue, où ceux ci ont du s’adapter au coté pentu local, à quand les moutons mi-dahus?&nbsp.
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Nous campons non loin de Christchurch, au milieu d’un champ de courses, les kiwis ne sont pas dépourvus d’idée pour utiliser leurs espaces sportifs, on avait déjà eu ça sur des terrains de cricket et de rugby!
On entame la journée du lendemain par une partie de Tétris géant: réussir à faire rentrer tout le bazar dispersé dans la voiture depuis un mois, tout ce qui a été acheté en plus pour le camping, dans nos sacs, qui ne se sont eux malheureusement pas agrandis. Au final, nous arrivons fièrement à tout faire rentrer dedans, victoire! L’arrivée à Christchurch est pour le moins étrange. Nous nous croyons toujours dans une banlieue quelconque avec ces avenues de pavillons puis de fast foods ou grosses enseignes hideuses, quand en fait, il se trouve que nous sommes en plein centre.
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L’impression est pour le moins perturbante. La ville a subi un grave tremblement de terre en 2011 et peine à se remettre. Tout, intégralement tout, est en travaux. Le seul commerce qui semble prospérer ici est celui des parkings en surface, qui sont légions.
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En revanche, le reste…La ville est quasiment déserte, aux 3/4 détruite, les commerces fermés depuis belle lurette (s’ils ont jamais existé), avec un vent qui s’engouffre dans les avenues ou plus aucun immeuble ne l’arrête.
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Nous nous sentons tous les deux mal à l’aise, cette ville a l’air morte, on dirait que la catastrophe est arrivée la veille. Le fait d’être le Dimanche de Pâques n’aide certainement pas, mais les seules personnes que nous croisons se concentre dans des micros points de la ville, comme des survivants se regroupant autour de points où un peu de vie persiste encore.
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Nous aurons la chance de rendre la voiture par hasard juste à coté du café le plus animé de la ville, où nous prendrons le temps de profiter des derniers rayons de soleil de l’automne, décidément bien installé maintenant. Les journées ont raccourci, les températures ont baissé et la météo se fait capricieuse. Tous ces éléments nous cantonnent au chaud dans la bibliothèque de la ville, où ne nous sommes pas le seuls à avoir eu la même idée. Le temps passera ainsi tranquillement jusqu’au soir, ou après avoir avalé rapidement un japonais (seuls les restaurant asiatiques étaient ouverts!), nous filons passer la nuit à l’aéroport en vu d’un vol bien matinal le lendemain. Adieu la Nouvelle Zélande, bonjour l’Australie!