A la rencontre des glaciers

Nous atteignons un camping du DOC (nos favoris pour les emplacements avec vue magnifique qu’ils offrent la plupart du temps) non loin de notre étape du lendemain, les glaciers Franz Joseph et Fox, toujours le long de la côte Ouest. Presque pas de sandflies, ouf, mais la charge de moustiques au coucher du soleil nous rappelle qu’elles ne sont malheureusement pas les seuls insectes nuisibles du coin… On découvrira le soir en allant prendre notre douche dans un autre camping le coin d’Okarito, dont le grand lac découpé qui se jette dans la mer semble peuplé d’une quantité incroyable d’espèces d’oiseaux. Le soleil couchant sur ce lieu et sur le lac Wahapo le long duquel nous campons valent bien le détour.

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Le lendemain, direction le glacier phare de la région, le Franz Joseph, dont le nom initial en maori raconte une bien triste histoire, celle d’une jeune fille qui ayant perdu son amoureux tombé de la montagne pleura tellement que ses larmes formèrent le glacier… Bon, ce qui impressionne surtout à l’arrivée, c’est le bourdonnement incessant des hélicoptères qui charrient leurs flots de touristes dans un ballet sans fin au dessus des pics. L’endroit est atrocement touristique, un vrai Disneyland. On part déjà peu convaincus faire la petite ballade qui amène les marcheurs au pied du front de glace. Pas de quoi en faire tout un platras, c’est un glacier tout ce qu’il y a de plus « glacier », rien de fou nous concernant.

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La foule omniprésente, les bourdonnements des hélicoptères et le temps maussade assez nuageux n’aident sans doute pas à être dans les bonnes dispositions pour apprécier au mieux l’endroit. Nous poursuivons vers le glacier Fox, où la ballade pour le rejoindre présente des paysages plus sympas, de belles falaises, mais en voyant le glacier dans le fond, on se dit que ça ne mérite pas franchement le détour et on fait demi tour avant d’y être arrivés…
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Blasés des glaciers, nous? Ou peut être juste blasés des touristes bruyants et des chemins accessibles en chaises roulantes pour aller à n’importe quel point qui semblait un peu sauvage à la base…
La météo n’est décidément pas avec nous ce matin et quand il se met à pleuvoir pour de vrai, on prend la route pour rejoindre notre étape suivante, Wanaka, sans franchement faire de stops, hormis quelques photos dans la région de Haast, pourvue de grandes forêts sombres entre les pics montagneux plutôt photogéniques. L’autre paramètre qui limitera ces pauses sera les sandflies, qui sont d’une voracité incroyable dans ce coin. Ouvrez 10 secondes la porte de la voiture et c’est une cinquantaines de petits vampires suceurs de sang qui se jettent impitoyablement sur chaque millimètre de peau dévoilée…
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L’arrivée vers Wanaka est particulièrement belle, la route surplombant les lacs aux abords de la ville, le tout sous un soleil couchant qui a décidé de réapparaitre pile au bon moment. Un paysage enchanteur. Le camping, sur un terrain de cricket réaménagé pour l’occasion n’a rien de spécial mais a le mérite de disposer de toutes les facilités pour une somme modique, un bon point!
Le temps reste assez gris le lendemain, le plafond d’épais nuages ne semblant pas près de se dissiper. On opte donc pour une randonnée à la journée qui reste plutôt basse, la plupart de celles du coin ayant plutôt tendance à amener à des points de vue en hauteur pour admirer d’en haut la vue sur les lacs, ce qui pour aujourd’hui est raté… Nous partons donc à la découverte de la Rob roy glacier walk dans le parc du Mount Aspiring, qui se mérite. Le trajet pour y accéder semble en effet bien court sur la carte, mais c’est sans compter sur une gravel road de plus de 30 kilomètres. Nous voilà donc entre troupeaux de moutons, de vaches, traversée d’une petite dizaine de gués (avec notre pot de yaourt qui nous sert de voiture, on croise les doigts pour que les rivières n’augmentent pas de débit d’ici à ce qu’on reparte), pour arriver, pensait-on, seuls au parking final.
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Erreur! Nous ne sommes visiblement pas les seuls en ce Dimanche à aimer l’aventure et plein de voitures peuplent déjà l’endroit. Mais la vallée en vaut la peine, le trajet était superbe. La ballade pour accéder au glacier est très sympa, malgré le plafond de nuages épais qui nous empêchera au final de distinguer le glacier qui ne se laissera qu’entrapercevoir, au contraire des cascades et de la rivière plus conciliantes pour les photos.
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Les glaciers du coin ne nous auront définitivement pas convaincus, trop fréquentés ou trop timides pour se montrer! Heureusement, la balade valait la peine de se perdre au fin fond de cette vallée.  Nous repartons dans l’après midi vers Queenstown, notre étape du soir, par une route (soit disant la plus route de montagne du monde, rien que ça) que notre pauvre petite voiture a bien du mal à gravir, ça chauffe pour elle… Les vues en arrivant sur la ville sont assez impressionnantes, l’environnement étant pour le moins agréable et n’étant pas sans rappeler Annecy et son lac entouré de montagnes.
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Bref arrêt à Queenstown pour prendre des infos concernant nos prochaines destinations et tenter de manger un burger, mais cela restera malheureusement à l’état de tentative, la queue devant « the place to be » pour en commander un n’étant pas sans rappeler la file d’attente du « camion qui fume » devant le mk2 de la BNF (pour les plus parisiens de nos lecteurs). Après un petit tour dans la ville, c’est décidément la première que nous croisons qui semble vraiment agréable. Sa localisation en elle même aide déjà beaucoup, mais toute la ville semble également détendue, les rues animées et front de lac agréable.
C’est une fois de plus de la gravel road pour accéder au camping, moins longue heureusement, mais surtout très gratifiante, l’endroit est splendide. Les vues sont à couper le souffle depuis les hauteurs sur les petits lacs autour desquels des centaines de moutons se partagent les brins d’herbe. Le Lake moke qui nous accueille pour la nuit confirme une fois de plus que les campings font partie intégrante de cette découverte du pays, nous permettant à de multiples occasions de partir à la rencontre de lieux où nous n’aurions pas forcément été dans le cadre de nos visites.
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Mais c’est également le premier qui est gardé à demeure, ce qui semble très étrange. Après une bonne discussion avec un suisse fort sympathique et une bonne nuit de sommeil nous revoilà à Queenstown pour réserver notre prochaine activité : le Kepler track, une randonnée de 3 ou 4 jours dans le Fiordland. Car ici il s’agit d’un des Great walk, et il faut réserver les hébergements (refuge ou camping). Plus de détails dans le prochain article.
Une fois réservé on reprend la voiture pour une longue route direction Te Anau, qui semble très proche sur la carte, mais pour laquelle 250 km seront nécessaires car il faut faire tout le tour… Mais la route est le long du lac et entre les montagnes est splendide, tout comme le beau ciel bleu, ce qui nous a plus inciter au picnic qu’autre chose.

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On the rocks

Les sandflies nous laissant un peu plus de répit ce matin que la veille au soir, nous prenons le temps de petit déjeuner dans notre camping des Buller gorge, en s’instruisant auprès des panneaux explicatifs. on y apprend que la région a connu la ruée vers l’or et on vous invite à aller chercher vous même votre or au fond de la rivière qui coule tout près! Le moins qu’on puisse dire, c’est que jusqu’à présent, sur tous les sites que nous avons traversé, tout est expliqué, l’histoire, les origines du lieu, l’intérêt des sentiers sur place, ils se donnent du mal.
Nous partons ensuite au volant de notre bolide finir de traverser les Buller gorge (à la moyenne incroyable de 50km/h environ), un bel endroit où la rivière fait des lacets entre des rives plus ou moins proches et escarpées.
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On sort de ces gorges au niveau de Westport, ville de la Westcoast sans grand intérêt si ce n’est d’abreuver notre gourmand bolide, mais à un prix d’or. On trouve en revanche à quelques kilomètres de là la Tauranga bay seal colony, soit une colonie de phoques qui se prélassent au soleil sur la côte. Le lieu, le Cape Foulwind, s’offre à nous sous un beau soleil.
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Une côte escarpée, entrecoupée de longues plages de sable doré (peu fréquentées, l’eau ne doit pas être bien chaude…), où nous croisons les phoques accompagnés de leurs petits, tellement patauds sur les rochers, mais tellement agiles sous l’eau. Ils utilisent la force du courant pour remonter sur la terre ferme avec une dextérité impressionnante, quand on croirait que les vagues assez violentes les fracasseraient contre la roche.
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Après les avoir pris en photo sous toutes les coutures et avoir eu une petite pensée pour Brigitte et son combat pour les bébés phoques (qui sont vraiment trop mignons!), nous reprenons la route vers Greymouth.
L’attraction principale de la route, hors les vues superbes de la côte qu’elle offre en de nombreux points, c’est une formation géologique particulièrement étrange, les pancake rocks à Punakaiki.
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Ces rochers bien nommés ont effectivement la forme de piles de crêpes bien aplaties, alignés les uns aux autres, en gros des strates de rocher come on peut en voir partout. Le calcaire sculpté par la mer s’est creusé au fur et à mesure des années, créant également des blowholes, sorte de trous assez hauts dans la terre et qui semblent indépendants du reste des rochers, mais par lesquels la mer s’engouffre lorsque la marée monte, produisant des geysers d’écume impressionnant, autant par la puissance du bruit que par le jet émis. La ballade le long de cet étrange bout de côte est donc aussi bien sonore que visuelle, étant tombés au bon moment de la marée, la mer se fracasse avec rage contre les roches et tonne bruyamment à notre plus grand plaisir.
Greymouth, la grosse ville de la West coast, ne présente pas d’intérêt particulier, malgré son passé de ville « chercheuse d’or » riche surtout en histoires, son seul point d’intérêt à nos yeux est le supermarché. Nous bifurquons donc vers Arthur’s pass, sur la route qui traverse l’île d’Ouest en Est vers Christchurch.
La route s’enfonce à présent dans les Alpes du Sud locales (Southern Alps). Serpentant entre les montagnes, elle reste en vallée, puis finit par s’élever pour atteindre le col d’Arthur’s pass, à 924m. Le village est minuscule, est pourvu en tout et pour tout d’une épicerie/station essence/café/restaurant, mais dispose en revanche de sa gare ferroviaire internationale, une ligne de chemin de fer longeant la route que nous venons de suivre au plus grand plaisir des touristes qui semblent être bien les seuls à vouloir payer aussi cher pour l’emprunter… Nous ne nous attardons pas pour le moment et poursuivons vers LA destination finale rêvée de Séb, Castle Hill. Derrière le col, les paysages sont fabuleux, on se croit vraiment en plein décor du tournage su Seigneur des anneaux.
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Le soleil se couche derrière les montagnes entourant de longes vallées herbeuses, traversées par de multiples cours d’eau limpide et parfois recouvertes de chaos rocheux. Les pauses photographiques sont nombreuses jusqu’à atteindre notre camping, idéalement posé le long d’un lac entouré de ces belles montagnes, et qui a de plus l’excellente idée d’être gratuit. On y rencontre Arnaud, qui voyage également dans l’île du Sud, et que nous allons avoir l’occasion de recroiser par la suite de façon improbable. L’occasion de papoter pendant que le soleil se couche et que le froid tombe sur cette haute vallée, promettant une nuit plutôt fraiche.
Opération escalade le lendemain. Le chaos rocheux de Castle hill, que nous pensions trouver peuplé uniquement de grimpeurs, se révèle en fait être un spot populaire auprès de beaucoup de touristes!
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L’endroit est étrange, les blocs de calcaire bleu semblent arrivés là un peu par hasard au milieu d’une plaine, formant un paysage surréaliste. Et qui a servi de décor, je vous le donne en mille, au fameux film déjà précédemment cité! On y retrouve donc nos maintenant classiques « Woo girls » (mais est ce qu’elles vont à l’école parfois?!), des japonais qui posent et tout de même quelques vrais grimpeurs, dont Bastien et Marie (tiens, encore des français, c’est étrange!), en séjour au long cours dans le pays et squattant le même camping que nous. La journée s’annonce sous les meilleurs augures, grand soleil et ciel bleu, paysages de rêves avec montagnes fraichement enneigeés, que du bon.
A première vue, il y a un énorme potentiel, mais en se rapprochant, la majorité des blocs qui ont l’air majeurs nécessite une corde, voire même plusieurs longueurs parfois! Pour le bloc il faut plutôt regarder les « petits » blocs entre les gros. Niveau grimpe, c’est très particulier… A la fois technique et très physique.
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Il faut imaginer des blocs très ronds et dépourvus de prises dans l’ensemble, avec de grands trous plats. Si on résume, il faut se placer et se contorsionner avec/dans les trous et sortir les muscles pour se rétablir en haut du bloc. Niveau météo, le début de la journée est glaciale, on se demande si ça va être jouable, pour finir avec un soleil de plomb et une chaleur terrible. Tellement chaud que mes pauvres petits pieds qui n’ont plus l’habitude des chaussons ont beaucoup souffert…
On termine la journée par une expérience inédite, l’exploration d’une grotte en solo dans un cours d’eau. La cave stream scenic reserve est originale dans le sens où l’on entre dans le cours d’eau (froid, mais heureusement pas glacée comme on le craignait, mais ça fait du bien aux pieds!) par une ouverture de grotte assez large, on progresse dans la roche sculpté par le courant pendant 600 mètres pour ressortir par une seconde ouverture à l’autre bout. Une vraie découverte, où la frontale est indispensable dans le noir total de la grotte, où l’eau froide arrive au maximum à la taille (quand on est pas très grand…) et où la roche est sculptée en volutes contorsionnées tout du long. Il faudra quand même une bonne heure à la fine équipe des 5 français pour venir à bout de ce chemin tortueux! Arnaud part ensuite vers d’autres horizons poursuivre son voyage, tandis que nous profiterons de l’invitation de Bastien et Marie à se réchauffer dans leur immense camping car pour le reste de la soirée. Que demander de plus?
Nous quittons ce bel endroit sous un beau ciel bleu le lendemain pour repasser par le col sous un temps plus mitigé. La randonnée initialement prévue pour la matinée se résumera donc à l’exploration d’une belle cascade à quelques minutes du parking avant que la pluie ne se décide à s’intensifier de façon à rendre les choses plus pénibles. Après une pause internet bienvenue à la bibliothèque d’Hokitika le long de la côte pour nous reconnecter au monde virtuel, (et pouvoir poster les articles précédents) nous continuons la route vers notre étape du soir, un camping en bord de lac non loin des glaciers de la West coast.

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Sur les traces d’Abel

Un beau coucher de soleil pour une nuit sous de bons augures en bord de mer…

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Réveillés par les départs matinaux du camping (chose qui se produit quasiment tous les matins, on se demande si la grasse mat’ existe ici?!), nous remballons tout direction le Nord. Nous sommes toujours accompagnés de Patrick, jeune stoppeur allemand que nous avons récupéré hier sur la route et qui profite de l’aubaine que nous allions au parc d’Abel Tasman, sa destination également. Le bon plan, on devait faire des courses et dormir dans un camping abordable, exactement ce qui lui convenait la veille! Comme quoi, le stop, ça ne marche pas mal dans ce pays…
Arrivés à l’entrée sud du parc, l’option la plus simple qui s’offre à nous est de faire une partie du chemin côtier en aller retour sur la journée. Cette great walk se réalise normalement en 4-5 jours, mais ne fait pas partie de nos projets et génère surtout (comme tout ce type de rando ici) des problèmes logistiques, car ne forme pas une boucle. L’autre option est de revenir en bateau de l’extrémité nord, mais une fois de plus, les tarifs s’envolent… Ce seront donc nos vaillantes petites jambes qui feront le trajet!!!

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Le chemin, toujours côtier, s’éloigne plus ou moins de celle-ci dans une épaisse forêt dont plusieurs espèces d’arbres sont endémiques. Les vues depuis le sentier offrent des perspective superbes sur les plages qui jalonnent la côte. Chacune a sa petite particularité et évolue selon la marée. Celle-ci étant très prononcée, certaines plages sont en effet quasiment impraticables à marée haute. Ça tombe bien, on est à marée basse!

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C’est donc le jackpot sable blanc/soleil étincelant/ ciel bleu/eau…froide qui s’offre à nous. Oui, l’eau, malgré ses magnifiques nuances turquoise ou bleu roi selon les plages est trompeuse et peu de gens se lancent à l’eau. Nombre de kayakistes en revanche pagaient en bordure de la côte, ce qui semble être une excellente option pour découvrir ce parc et les îles proches du rivage.

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Modernité obligeant, le parc a même son application i-phone, qui nous permet de tout savoir sur l’histoire, la faune et la flore locale! Quelle technologie loin de tout!

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Ayant atteint Anchorage bay, magnifique plage de rêve, c’est le moment d’un plongeon rafraichissant et d’un bon picnic…troublé momentanément par ce fléau du sud, les sandflies. Ces charmantes petites bestioles, qui ressemblent à des moucherons, volent comme des moucherons, mais qui ne sont définitivement pas des moucherons, adorent la chair fraiche du touriste et le piquent à tour de bras. On a donc le loisir d’observer au cours de cette rando les mollets déformés de la plupart des marcheurs, boursouflés de piqures horriblement urticantes et persistant bien plus de jours que le classique moustique. Ah oui, et dernière précision, les répulsifs ont pour seul effet (quand ils marchent!) de les empêcher de se poser sur la peau, pas de stagner à 1 cm de tout centimètre carré qui a le malheur de rester à l’air libre. Nous tentons donc de les repousser à grand coup de bombe répulsive, qui mélangée à la crème solaire et à la transpiration semble former pour le moment une carapace un minimum efficace. Il ne reste plus qu’à protéger les sandwichs des mouettes impertinentes qui guettent la moindre inattention de notre part pour chiper la nourriture et on est presque au paradis. Et le bain rafraichissant est finalement le bienvenu après ces quelques heures de marche bien ensoleillées (mais toujours pas pour Seb).

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Nous poursuivrons jusqu’à l’estuaire suivant, toujours à marée basse, donc praticable, puis ferons demi tour pour retourner à notre point de départ. Les forêts traversées varient énormément selon les moments, alternant entre petits arbustes rabougris et les grands arbres qui forment un genre de pinède. L’ombre fournie est la bienvenue, de même que la fraicheur apportée par les rivières s’écoulant vers la mer que nous traversons. Après quelques arrêts sur les plages non visitées à l’aller (on a été finalement bien plus vite que l’horaire prévu initialement), nous voilà revenus de cet agréable périple, où se perdre est impossible, un vrai sentier kiwi!

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En voiture direction le camping du soir, où, oh surprise, un repaire de grimpeurs y a élu domicile… On est tout près des falaises de Takaka, la « mecque » de l’escalade sportive ici, et en plus on s’y retrouve par le plus gros des hasards. Hélas, le lendemain, il fait bien gris et pluvieux, c’est raté, mais bon après rapide exploration ce n’est pas fou non plus. On passera juste par un joli petit parc, un genre de labyrinthe rocheux tout moussu, où les locaux se sont amusés à disposer de partout des petites figurines de super héros. Quels rigolos ces kiwis!

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On tente quand même l’exploration prévu de l’entrée nord du parc de l’Abel Tasman après être passée par la Golden bay (plus grise que dorée aujourd’hui, mais avec son charme), mais la pluie se renforçant, on finit par faire demi tour et abandonner l’idée de monter plus loin au nord comme prévu au départ.

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On repasse donc par la même route qu’hier, très sinueuse dans la montagne séparant les deux zones, offrant de beaux panoramas quand les nuages décident par moment de se dégager.

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Profitant de ce temps mitigé pour utiliser internet devant une bibliothèque (elles ont souvent un wifi gratuit ici), cela nous laissera le temps de nous faire faire la morale par 3 Néo Zélandaises qui n’apprécient visiblement pas que nous nous soyons garés du mauvais coté de la route, en bons parisiens qui se respectent. On finira par déguerpir avant qu’elles ne rameutent la police locale.
Les paysages traversés sur la route sont variés et alternent entre paturages de moutons ou de bovins, il y a définitivement plus de têtes de bétail que d’humains dans cette partie de l’île. On atteindra notre camping dans les Buller gorge sous un beau coucher de soleil, malheureusement envahi de sandflies qui limiteront notre temps dehors au strict minimum pour notre survie personnelle…

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Parce qu’on ne les voient jamais sur les photos de cartes postales, mais les sandflies, c’est le pire insecte volant qu’on ait eu à subir…

Au coeur du Malborough

Arrivés assez tardivement sur les rives de l’île du Sud, nous nous mettons directement en direction du camping choisi, qui semble fort beau mais aussi fort isolé. Peu d’essence au compteur? Pas grave, ça va passer! Bon, au bout de 20 kilomètres, la jauge se met à clignoter, on se dit que finalement, ça ne va peut être pas le faire… Demi tour pour chercher du carburant, et on est repartis!

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La région est la plus grosse productrice de vin du pays et ça se voit. On croise des vignes à profusion le temps de rejoindre la côte et notre superbe lieu de campement, au bord d’une baie ultra isolée où la mer se fracasse sur la plage.
Le paysage de la Robin Hood Bay se révèle au mieux le lendemain matin, sous une belle lumière avec des kayakistes qui tentent de prendre le départ dans la mer agitée, ce qui n’a pas l’air évident.

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L’endroit est tellement sauvage, et pourtant, il suffit d’une petite dizaine de kilomètres de gravel road pour l’atteindre. 
Direction Blenheim, la capitale du vin locale. Après quelques courses, c’est parfait, il est midi, l’heure idéale pour aller déguster quelques verres de ce délicieux nectar version hémisphère sud. Nous commençons par la maison Framingham, d’où nous ramènerons un Sauvignon blanc très agréable (le cépage le plus largement produit et consommé ici), mais resterons perplexe sur le riesling, étrange à nos palais habitués à la version « alsacienne ». Cette visite fut agréable, mais ce n’est pas le genre de production que nous préférons, un peu trop « grosse maison » à nos yeux, où l’on est accueillis par du personnel fort charmant (qui s’inquiète de savoir si nous ne sommes pas trop choqués par les bouchons à vis des bouteilles…) mais assez éloigné de la terre au final.
Nous choisissons notre second stop « au pif », la maison Bladen. Un bon coup de pioche, nous sommes accueillis par le frère du vigneron, personnage charismatique qui commence par la présentation du domaine, de la famille et de l’histoire de ce terroir. Le gars est un vrai passionné, fort bien renseigné sur ses vins,  qui sont très sympas  à la dégustation. Étrange coup de coeur commun pour le pinot rosé, alors que nous en somme ni l’un ni l’autre adeptes de cette version, mais celui là a vraiment un truc en plus! Le sauvignon blanc, arômes de poivrons qui saute au nez, est très perturbant mais intéressant, de même que le pinot gris et le riesling. Tout cela appelle une dégustation de fromages à grand cris, mais malheureusement, nous devrons nous contenter du cheddar local au vu des prix démentiel de tout autre produit fromager ici… La dernière maison où nous nous arrêtons, Huia, travaille en biodynamie et en organic (bio) et fait un assemblage des plus incongrus: pinot gris, riesling et gewurztraminer. Étrange, mais intéressant.

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Après tout ça, il est grand temps de manger quelque chose, il fait toujours aussi beau et chaud, ça tape!

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Pause déjeuner sur la marina de Picton où nous avions débarqué hier, puis direction les Malborough sounds, où se trouve le Queen Charlotte track, longue randonnée dont nous envisageons de faire un morceau. Le trajet en voiture pour s’y rendre est superbe, surplombant le sound en contrebas, qui prend toute nuance de bleu et de vert selon le soleil et les nuages.

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Le camping est situé dans un petit coin de paradis, Cowshed Bay, où l’eau de la mer est incroyablement paisible et appelle à la baignade. Le site est en revanche lui blindé, nous retrouvons une joyeuse équipée de « Woooo girls » (et oui, encore elles), jeunes kiwis en vacances et heureuses de le faire savoir! La baignade dans le sound est des plus agréables, sous un soleil qui décline lentement dans de belles lumières. On se fait plaisir ce soir, ouverture de la dernière bouteille de vin argentin, un bon Malbec pour accompagner un repas soigneusement mijoté aux petites oignons. La nuit est perturbée par un invité surprise du coin, un opposum, nuisible local, qui s’en prend à la poubelle de nos voisins de tente avec véhémence. Après plusieurs minutes de déchiquetage et d’éparpillement des ordures sur le sol, le calme finit par revenir, mais le sommeil moins.

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Le lendemain, la motivation n’est du coup pas au top pour le bout de randonnée envisagé. Il fait déjà une grosse chaleur à 9 heures, le sentier semble très aveugle sur les quelques centaines de mètres que nous entamons et on se demande si ça vaut franchement le coup, la route en voiture nous offrant déjà de magnifiques perspectives, que le chemin ne fait finalement que longer sur la crête. La flemmardise l’emportant, ce sera en voiture que nous atteindrons l’extrémité du Sound et passerons de l’autre coté, le chemin étant ponctué de belles baies au bleu trompeur de lagon.

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Une bien belle ballade que cette percée dans le Malborough! On conclura cette découverte par une dégustation de moules vertes géantes à Havelock, capitale mondiale autoproclamée de la production de ce même fruit de mer. Et bien, une riche idée, avec une petite sauce au vin blanc aillé, un délice pour les papilles! Le camping où nous arrivons assez tôt pour profiter du bord de mer nous offrira lui un superbe coucher de soleil pour bien finir cette journée.

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Windy Welly

Le propriétaire du camping ayant finalement montré le bout de son nez le lendemain matin, nous partons vers Wellington, capitale du pays et dernière étape sur l’île du Nord. Ce périple nordiste fut assez court, mais délibéré, au vue des conseils de tous les gens croisés, nous recommandant de passer plus de temps sur l’île du Sud.
Wellington, de son petit surnom assez parlant « windy Welly », est la première ville du pays que nous trouvons sympathique, avec un coté « vraie ville » mais aéré, avec un bel environnement. Complètement ouverte sur la mer, nous prenons le temps d’explorer la promenade qui court le long de celle-ci, toujours sous un soleil radieux, et presque sans vent.

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Le pique nique dans les jardins botaniques sera fort agréable, c’est un immense parc en pleine ville où l’on peut accéder par le cable car, un passage qui semble très populaire auprès des touristes au vu des langues que l’on en tend parler lors de notre pause (et oui, encore des français et des allemands, ils sont partout!). Le point qui nous attirait surtout dans cette ville, c’est son musée, le Te Papa.

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Une genre de grand musée fourre-tout gratuit (à la différence de celui d’Auckland) qui semble avoir été conçu par un architecte très inspiré pour embrouiller les visiteurs. Beaucoup d’étages, des thèmes variés, un plan peu compréhensible, au début la visite ressemble plus à une exploration de terre inconnue qu’autre chose. On décide de se focaliser sur la partie « Maori », étant donné qu’on voudrait en savoir un peu plus sur les origines du pays où nous sommes. C’est un peu fouillis, plein d’informations intéressantes, beaucoup de parties interactives qui rendent la visite très vivante, mais on ne sait vraiment pas dans quel sens le prendre. A l’heure qu’il est, nous cherchons toujours la cohérence de l’organisation… Toujours est il que la visite est intéressante, de belles pièces reconstituées, l’histoire de la colonisation des îles par les Maoris eux mêmes, puis de leur colonisation par les anglais ensuite, arrivés initialement pour pêcher la baleine. Une autre partie se consacrait également aux immigrations plus récentes, la population étant incroyablement diversifiée ici: beaucoup d’asiatiques de divers pays, les maoris bien sur (peu nombreux aujourd’hui), et les typés « européens ». Et malgré ce grand mélange que l’on croise quotidiennement dans les rues, toutes ces populations semblent très peu se mélanger au jour le jour, chacun semblant cantonner dans sa sphère. On y apprendra aussi l’histoire assez incroyable d’un groupe de 700 enfants polonais, capturés pendant la seconde guerre mondiale par l’URSS, envoyés en Sibérie, puis à Téhéran à la chute du régime, pour finalement atterrir en Nouvelle Zélande de façon assez improbable, un voyage ahurissant.
Nous passerons la nuit dans un camping d’un parc régional proche de la capitale, le Belmont regional park, après avoir désespérément tenté de trouver une connexion internet valable et… abandonné. Notre ferry n’étant qu’à 13h le lendemain, nous avons le temps de flaner encore un peu dans la ville le matin, de découvrir le civic center, le port, et quelques autres endroits agréables du centre.

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La traversée en ferry est superbe, la baie de la capitale est très grande e la contourner prend un temps incroyable, et à peine on quitte les rives du Nord, couvertes d’éoliennes à leur pointe, qu’on aperçoit les rives du Sud, toujours sous un soleil splendide.

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L’arrivée est grandiose, au milieu de fjords ici nommés sound (un genre d’avancée de terre dans la mer, ou l’inverse, tout dépend comment on le voit), avec quelques maisons magnifiques qui en parsèment les bords, des résidences de vacances qui ne semblent pas déplaisantes. Picton, nous voilà!

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Ça sent le soufre, non?

Lever de soleil magnifique sur le lac pour bien commencer la journée. Surface d’eau totalement lisse, nuages dans les dégradés d’orange-rosé, canards qui gambadent sur le rivage, tout ça semble de bon augure. Aujourd’hui, nous partons à la découverte de la cocotte-minute sur laquelle est installée la région entre Rotorua et le mont Tongariro, plus communément appelée géothermie. Ce ne sont en effet que des suites de volcans, plus ou moins actifs, qui font surgir du sol des lacs aux couleurs irréelles, des formations rocheuses improbables et…une odeur atroce. Autour de Wai-O-Tapu, la zone géothermique sur laquelle nous avons jeté notre dévolu (oui, toutes les entrées sont payantes, et chères, alors mieux vaut bien choisir!), un épais brouillard suffocant stagne alors que partout ailleurs, c’est un grand soleil sur fond de ciel bleu qui règne.

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On prend sur nous, on tente de respirer par la bouche (c’est pas franchement mieux, on a l’impression de manger de l’œuf pourri) et on se lance. Plusieurs spécialités sur cette zone géothermique très concentrée: des bains de boue bouillonnants (puants et bruyants),

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un geyser déclenché à l’aide de savon (improbable, non?) et une suite de lacs et de terrasses minérales colorées.

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Le Lady Knox geyser a eu une découverte plutôt originale. La zone était à l’origine un camp pénitentiaire, et les prisonniers se servaient des sources environnantes pour avoir de l’eau chaude. En essayant un jour de faire leur lessive sur la zone du futur geyser, quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’au contact du savon, l’eau se mit à bouillonner et finit par exploser, envoyant leurs habits aux 4 coins du bush! Le savon crée une réaction au sein des poches d’eau et de gaz sous le geyser en modifiant la tension de surface, et après quelques minutes de mousse et de bouillonnement intense, boum! Un jet de 10 mètres environ qui peut durer jusqu’à une heure, qui ne durera que 2 minutes le jour où nous y étions. Amusant ce principe!

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La ballade dans la zone géothermique est un peu une plongée en enfer, tout y porte son nom: le cratère de l’enfer, les encriers de l’enfer, la source infernale… Vu l’odeur omniprésente et la chaleur des nuages de vapeur qui s’en dégage, ces appellations prennent tout leur sens.

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Il y a quand même une Champagne pool, nom plus poétique pour un grand lac aux couleurs incroyables en permanence couvert de petites bulles. Des terrasse de silice impressionnantes se sont également formées au fur et à mesure des années d’excrétion des minéraux, formant de grandes surfaces planes éblouissantes au milieu des arbres. Oui, étonnement, tout ça se trouve au milieu d’une forêt qui ne semble pas importunée par les odeurs environnantes. Des oiseaux y ont même élu domicile dans les trous d’un cratère, se servant de la chaleur comme incubateur pour leurs oeufs!

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Après cette visite nauséabonde mais fort plaisante, nous partons vers un petit spot déniché dans le guide, une source chaude naturelle, plus ou moins aménagée, au milieu de nulle part, entre les pâturages d’un éleveur. L’eau, très jaune, sent fort, mais elle est chaude, alors Séb la considérera à son goût pour un bain. Un endroit bien agréable pour pique niquer, au calme, à l’écart de la foule des sites touristiques.

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Sur la route, nous nous arrêterons ensuite voir des chutes d’eau, les Huka falls, plus intéressante par le débit impressionnant des rapides en amont que par la chute en elle même. L’eau est toujours aussi cristalline, constante de tous les lacs croisés jusqu’à présent.

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En arrivant au lac Taupo, immense étendue d’eau de l’île du Nord, on profitera une nouvelle fois d’une Hot Water beach, ayant pris goût aux courants chauds qui réchauffe l’eau glacée du lac. Après cette dernière pause, il ne reste plus qu’à contourner ce lac sur une cinquantaine de kilomètres pour finalement arriver à notre camping au pied du départ de la randonnée prévue le lendemain dans le Tongariro National Park.

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En bordure de rivière, la tente posée avec vue sur la bruyère alentour et les volcans en fond de toile, nous sommes plutôt bien installés. Les départs sont étonnement matinaux le lendemain, on veut bien comprendre que la randonnée ultra célèbre du Tongariro Alpine Crossing prenne environ 7 heures, mais quand même? L’option qui nous semble au final la plus plausible est que tous ces départs matinaux que nous voyons à plusieurs reprises sont en fait un simple moyen de ne pas payer le camping… Le système repose en fait ici sur une Honesty box: on arrive, on met son nom, son numéro de plaque et ses sous dans une enveloppe dans une boite à l’entrée du camping en arrivant. Le lendemain matin, un gardien passe vers 8 heures ramasser les sous et faire payer les vans ou tentes qui ne l’ont pas fait. Bizarrement, à cette heure là, déjà un bon tiers des vans ont déguerpi alors que le soleil est à peine levé… Alors, oui, 6 à 10$ la nuit par personne quand c’est juste pour poser ta tente, avoir une toilette sèche et une table de pique nique, ça peut sembler excessif, mais quand même… Bref, pour notre part, on prend de petit déjeuner avant d’aller marcher, c’est quand même pas une promenade de santé qui est prévue. Au départ à 8h30 sous un temps radieux, nous prenons la mesure de la popularité de la randonnée. Les Torres del Paine, notre référence en matière de surfréquentation à coté, c’était du pipeau, là, ce sont des caravanes de marcheurs qui se pressent sur le sentier! On n’a jamais vu ça, c’est incroyable…

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Rappelez chers lecteurs du blog, on croisait quelqu’un toutes les 2 min, là c’est plutôt 2 secondes… Des jeunes, des moins jeunes, des sur-équipés (chaussures d’alpinisime), des sous-équipés (jeans, veste en cuir et tennis, oui oui), il y a de tout. Bon, pas grave, on marche, la première partie du circuit, où ont été tournés les scènes du Mordor du Seigneur des anneaux est très sombre, on évolue au milieu de roches très noires d’une ancienne éruption volcanique. Pas difficile de s’y projeter… hormis la foule! Le chemin est hyper aménagé, on voudrait s’y perdre qu’on ne pourrait pas, entre passerelles, escaliers et chemins renforcés au béton. Pas très nature tout ça… En haut de la première « colline », on voit le mont Ngauruhoe et sa forme de volcan parfait, le South crater dans lequel passe le sentier qui prend des airs lunaires et le Mont Tongariro lui même, pas un vrai pic en fait.

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Il est possible de faire deux variantes sur le circuit en faisant les ascensions des monts précédemment cités. Au vu des nuages qui s’approchent dangereusement du premier et de la vue qui  risque d’être compromise, nous choisissons de faire le mont Tongariro. Au final, pas beaucoup de vues intéressantes en plus, hormis sur la plaine de collines derrière le parc montagneux, mais pas d’un intérêt fou, hormis de nous écarter temporairement de la foule. La brume monte de plus en plus, le soleil éclaire les parois jaunâtres alentour par rayons, offrant des changements de lumière dont on ne se lasse pas. Nous restons par chance en dehors de ces nuages qui s’accrochent aux sommets. Reprise du sentier principal qui nous amène au point phare de la randonnée, de petits lacs colorés dans une région géothermique en pleine activité. Des fumerolles sortent du sol, l’horrible odeur de soufre reprend au nez et les Emerald lakes scintillent au soleil, de leur beau vert arsenic.

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Les seules bêtes qui semblent apprécier cet environnement chaud et suffocant sont les insectes, qui pullulent! Le Red crater, aux nuances rouges sombres tirant vers le noir charbon est impressionnant juste avant d’y arriver, quel contraste de couleurs.

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Pause déjeuner au bord de ces beaux lacs pour en apprécier les différents aspects lors des changements de lumière, sur fond de hurlements stridents d’ados néo zélandaises surexcitées, que l’on qualifiera pour la suite de « Wooooo » girls, en référence à un certain épisode d’How I met your mother… Pour apprécier le calme et le silence de cet environnement, on repassera.

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Nous décidons de continuer jusqu’au lac suivant, bien plus grand et sacré pour les Maoris, le Blue lake. Depuis ce lac, on apprécie mieux l’enfilade des lacs émeraude avec le cratère rouge, formant une très belle perspective. Au vu du prix de la navette de retour (le trajet de la randonnée ne formant pas une boucle), nous avons décidé de faire demi tour à ce niveau, d’autres français rencontrés auparavant nous ayant dit que le restant du trajet était bien moins intéressant et la descente bien « casse-genoux ». Bien nous en a pris, car nous ferons le trajet inverse tranquilles, quasiment tout seuls, sous une lumière différente du matin. Conclusion: ici, rien ne sert de partir tôt, mieux vaut prendre son temps!
Ayant terminé plus tôt que prévu, nous prenons la route direction la vallée de Whanganui, nous menant tranquillement vers Wellington. Le trajet emprunte la river road, encore une route « scénique » , la spécialité du coin. On y surplombe de magnifiques gorges avec la rivière qui semble alors bien éloignée, pour rejoindre finalement son niveau au travers de forets luxuriantes et son embouchure finale dans la mer.

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Sa source étant au mont Tongariro où nous étions le matin même, nous aurons donc parcouru la totalité du trajet de la plus longue rivière de Nouvelle Zélande dans la journée! Une belle route paisible, animée par quelques moutons à tendance suicidaire sous nos roues qui nous offrent un spectacle de saut d’obstacles ovin peu académique mais qui fait ses preuves.

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La région est très rurale, peuplée en grande majorité de Maoris, et nous offre un calme appréciable après la randonnée matinale.

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Cela continuera pour la camping du soir, où nous serons seuls, une petite ambiance à la « Shining » avec le terrain désert sous la nuit noire et un vent constant, on pourrait presque jouer à se faire peur…

Let’s go to the beach!

Après un réveil saugrenu sous la tente à Tapu, l’alarme incendie du village se mettant à carburer pendant plusieurs minutes à plein volume à 5h du mat’ (petite panique encore pas bien réveillés, il peut y avoir des tsunamis ici??), on se rend compte que le reste du camping dort paisiblement et que nous sommes visiblement les seuls avec un autre couple à nous en faire à une heure pareille, le gardien pas vraiment affolé discutant tranquillement avec quelques lèves tôt devant les sanitaires. A l’heure de réveil « normal », on découvre l’environnement très sympa de notre camping, directement sur le front de mer, avec une belle végétation autour.
Reprise de la route à la découverte de la péninsule de Coromandel, à la recherche des belles plages de sable blanc promises par le guide. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne sommes pas déçus.

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On trouvera tout le long de la côte ou de beaux spots rocheux avec des îles à l’horizon ou de belles plages de sable blanc et fin avec une mer d’une couleur limpide. Même si la région nous a été décrite très touristique et fréquentée, nous sommes chanceux (et en fin de saison) et franchement pas dérangés par le monde… Otama beach et Opito bay sont sans conteste les deux plages que nous avons préférés, assez éloignées de tout, il faut rouler pour y arriver, mais la récompense est là.

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La première, une grande plage de sable blanc sous un soleil de plomb est paradisiaque, la deuxième est une surprise, au bout d’une route non bitumée, au bord d’un village qui semble construit uniquement de maisons d’architectes où chacun dispose de son bateau. Bon, la couleur de l’eau est trompeuse et n’atteint pas la température escomptée par Séb, qui se cantonnera à une trempette des pieds, mais après la Bretagne, elle n’est finalement pas si froide que ça…

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On trouvera même en fin de journée une spécialité locale, la Hot water beach, où le concept est de venir avec sa pelle, creuser son trou au bord de l’eau afin de dénicher une source chaude souterraine et se créer son spa naturel!

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Un concept auquel on ne peut qu’adhérer. C’est un phénomène assez incroyable cette résurgence d’eau brûlante par le sable, qui se mêle à l’eau de mer pour atteindre la température parfaite.

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Une petite ballade pour atteindre la Cathedral cove nous délassera les jambes entre quelques kilomètres de route. Il s’agit d’une arche creusée dans la roche en front de mer, laissant apparaitre sur la plage de l’autre coté de nombreux rochers en bordure d’eau, qui ne sont pas sans rappeler certains paysages d’Asie du Sud Est.

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On apprendra par la suite que la fréquentation du lieu (bien supérieure aux autres arrêts) est due au film « Le monde de Narnia » qui a rendu populaire l’endroit suite au tournage d’une scène ici. N’ayant pas vu le film, on vous laisse juger de la véracité… La plage est en effet superbe, l’eau en revanche encore plus froide qu’ailleurs…

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Mais une cascade naturelle permet de se rincer dans la nature après le bain de mer!  A force de trainer toute la journée sur les divers spots dénichés, on arrive assez tard au camping repéré où a lieu…un festival! On est en pleine forêt, près d’anciennes mines d’or de l’île, il n’y a rien, sauf nous et tous les fêtard à coté, c’est assez improbable. On découvre les campings du DOC (department of conservation) que nous allons fréquenter assidument par la suite. Ce sont des campings dits bon marché (maximum 10$/personne), situés généralement dans des lieux super sympas avec en prime de belles vues. En gros, on paie le lieu, pas les installations, qui se résument à des toilettes sèches et…une rivière en guise d’eau courante. Ça sera bain naturel à la frontale à 22 heures dans la rivière pas si froide que ça (même pour Seb), un bon fou rire à la clé!

Nous quittons le lendemain cet endroit fort sympathique direction l’Est, Tauranga et the Bay of Plenty. La route n’est pas aussi « scenic » (un mot que les Néo Zélandais, dit Kiwis, utilisent pour qualifier tout leur lieux touristiques) que précédemment et la ville sans intérêt (comme toutes celles croisées jusqu’à présent), nous ne nous attardons donc pas et continuons notre route vers Rotorua dans les terres, haut lieu de culture maori. On en croise finalement peu dans la population, les blancs sont en revanche omniprésents. Les maoris sont facilement repérables, couverts de magnifiques tatouages, y compris sur le visage (les lèvres colorées des femmes sont impressionnantes). Nous aurions été bien tentés de découvrir plus cette culture, mais la seule façon que propose la région pour cela, c’est de payer des dîners spectacles hors de prix dont le principe nous rebutait de toute façon d’entrée. L’immersion dans une culture par le show, bof bof, non merci… Ça sera donc découverte de la nature environnante plutôt. Rotorua s’est développée autour d’un grand lac du même nom, sur les rives duquel nous ferons un agréable pique nique.

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La ville est réputée pour son odeur pestilentielle, les émanations des volcans autour l’imprégnant d’un arôme d’œuf pourri, mais dont nous ne bénéficions pas pour le moment. On découvre dans cette même ville le concept des i-site néo zélandais, des genres d’office du tourisme où tu peux également réserver à peu près tout ce que tu veux dans le pays. Ici, le guide n’est pas franchement nécessaire, à part pour tracer un itinéraire global, car entre toutes les brochures, les plans et autres récupérés à l’aéroport et aux i-sites, on a de quoi voir venir!
A coté de Rotorua se trouve la Redwood forest, du nom de l’essence d’arbre nord américain importé sur l’île et qui a rapidement prédominé sur les autres, et qui a donné naissance à une splendide forêt, immense et dense. Le concept de plantation des arbres est original: les Kiwis ont planté plusieurs essences, les ont laissé poussé afin de voir laquelle grandissait le plus vite et prenait le pas sur les autres, ils ont abattu les perdants et développé l’espèce la plus intéressante pour l’industrie du bois! On croisera donc à de nombreuses reprises dans le pays de grandes forêts uniformes plantées de façon impeccables par l’homme, à coté de forêt naturelles très diversifiées.
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Non loin de cette forêt, nous planterons notre tente pour la nuit au bord du lac Okareka, avec une vue magnifique au bord de l’eau cristalline et une baignade fort agréable à la clé (enfin toujours pas pour Séb…). Le reste de la journée est consacrée à la découverte des autres lacs environnants, de petites perles de couleur dispersés dans cette forêt collineuse et dense. Le lac bleu (frisquet) côtoie le lac vert (sacré pour les maoris, hors de question d’y mettre un pied) et le lac Tarawera , bien plus grand, se découvre depuis de nombreux points de vue de la route, qui se termine dans une baie fort bucolique, avec ses cygnes noirs et sa petite île recouverte d’oiseaux aquatiques.

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Le vert…

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Le bleu…

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Le bleu et le vert!

Une promenade enchanteresse que nous terminerons par un bon dîner (cuisiné au réchaud, et oui, c’est possible!) accompagné d’une bouteille de vin local, pas le meilleur, mais non plus le pire qu’on ait goûté.

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Quel bel accueil au réveil le lendemain! Avec ce genre de vue, on ne peut que se lever du bon pied…

Lost in translation

Changement de décor…
Traversée du Pacifique après brève escale à Santiago pour atteindre un deuxième chapitre de notre voyage, l’Océanie. Nous arrivons à 3h50 très exactement à l’aéroport d’Auckland, totalement désert, et nous, totalement décalés. On s’occupe comme on peu le temps qu’il soit enfin un horaire décent pour rejoindre notre hostel, puis on part direction la ville. Accueillis chaleureusement par David, gérant auvergnat de son état (et fier de l’être!), nous nous posons au milieu d’une nuée de français en permis vacances-travail, qui semble être la grande mode ici. Globalement un peu plus jeunes que nous, ils partent pour un an, travaillent à peu près 6 mois (l’hiver) dans n’importe quel job, puis profitent des 6 restants pour visiter le pays. C’est un peu « à l’arrache », la Nouvelle Zélande n’étant pas très rentable pour ce genre de système (beaucoup d’heures travaillées, pas bien payées au vu du coût énorme de la vie), mais ils n’ont pas l’air de mal le vivre. On se dit par contre que ça nous aurait pas franchement plu, ils squattent en dortoir toute cette année dans l’hostel qui est au final plus un genre de grande maison communautaire, et passent leur temps libre entre français, bien pour apprendre l’anglais… Et se retrouvent à faire des boulots pas vraiment en rapport avec leurs qualifications (l’ingénieur qui devient bartender, la chargé de com’ qui emballe des kiwis à l’usine…) Pas notre truc, mais amusant à voir de l’extérieur!

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Nous avons prévu 2 jours à Auckland, île du Nord, histoire de récupérer du décalage horaire et d’organiser un minimum notre « road-trip ». On se rend compte rapidement que c’est bien trop long, il n’y a franchement rien à voir, c’est une ville qui doit être agréable à vivre, mais qui ne présente aucun intérêt en tant que touriste.

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Après quelques tours dans différents quartiers et avoir abouti à cette conclusion, on tente de profiter de la récupération d’une connexion internet « civilisée » après l’Amérique du Sud. Grave erreur. Ici, c’est pire que tout. Envoyer un e-mail est un défi, Facebook un rêve, publier le blog une utopie. Et c’est cher, sauf dans les nombreux cafés ou fast food ou la connexion est gratuite, mais encore plus lente (oui, c’est possible!). C’est finalement au musée d’Auckland (que nous ne visiterons pas pour cause de prix prohibitif!) que nous trouverons un canapé avec une connexion potable.

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Oui, le deuxième choc que l’on prend ici, c’est le prix. Tout est atrocement cher par rapport à d’où nous venons, mais également de France. On se dit que pour tenir le budget…ça va être compliqué!

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La voiture enfin récupérée le matin du 3ème jour, nous quittons la capitale dont nous n’aurons malheureusement pas grand chose à retenir, hormis un joli port, une tour hideuse en pleine ville, un quartier universitaire agréable très vert et quelques belles demeures victoriennes.

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Le départ étant plutôt tardif, nous encore bien perdus dans ce nouveau pays où nous n’avions rien prévu, on tente une incursion vers le Nord d’Auckland, direction la Goat Island Marine Reserve. Sous un beau soleil et un grand ciel bleu, on découvre une jolie petite île très proche du rivage (mais dont on ne verra pas le rapport avec une chèvre) et de beaux fonds marins rocheux.

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L’endroit est réputé pour le snorkelling, mais après avoir rapidement regardé les anneaux explicatifs alentours, ce sera simplement trempette, la faune marine locale ne semblant pas valoir le prix de la location du matériel, surtout après les fonds marins américains…

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L’eau est plutôt bonne (pour Delphine, pour Seb elle est gelée), le lieu agréable pour se poser, malgré une grosse fréquentation (on avait pas pensé qu’un weekend, pas loin d’Auckland, ça a allait être un lieu de sortie en famille…) et on se pose un moment.

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Ayant prévu d’explorer une autre partie de l’île du Nord les jours suivants, on repart sur la route, stop en chemin pour investir dans un minimum nécessaire à nos 4 semaines de camping en prévision, étant donné qu’on dispose actuellement du strict minimum pour surtout faire du camping en randonnée. On finit par arriver assez tardivement à notre camping dans la péninsule de Coromandel, après avoir suivi une petite route tortueuse collée au front de mer pendant plusieurs kilomètres, et sous un vent assez fort. Il s’agit de bien ancrer la tente cette nuit, on dort au bord de l’eau et ça souffle!

NB: Suite aux connexions internet désastreuses, cela fait déjà une bonne semaine que nous avons quitté cette partie de la NZ…

Bye bye l’Amérique

Le retour de la rando nous incite à une seule chose : à nous reposer. Le lendemain donc nous prenons le bus direction El Calafate pour la 2e plus grosse attraction touristique du pays après les chutes d’Iguazu : Le Perito Moreno. Encore une bonne journée de bus donc (6h). Au début, j’étais peu motivé (Seb) et un peu rebuté par le tarif étranger exorbitant pour entrer dans le parc (alors que c’est le même parc qu’à El Chaltén, cherchez l’erreur) et que des glaciers, on en vu un d’exceptionnel, avec en plus la calotte glaciaire continentale, rien que ça.

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Cependant, une fois sur place on se rend vite compte de ce qui fait la renommée du « bébé », un front de glace énorme se jetant dans un lac, une hauteur approchant les 55m et le fait qu’on soit à peine à quelques centaines de mètres du monstre.

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Une sensation impressionnante et facilement accessible par un réseau de passerelle. Mais l’intérêt de la visite est que le glacier avance de 2 m par jour, ce qui fait qu’il craque, il y a constamment des chutes de morceaux de glaces, voire des effondrement de pans entiers de la taille d’un gros immeuble. Et plus encore que la vue, c’est avec l’ouïe qu’on en profite le plus.

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De retour sur El Calafate le soir, nous profitons du décollage de notre vol vers Buenos Aires très tardif ou très matinal selon les gens (2h30 du matin) pour se faire une parilla (barbecue) à volonté!

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Oui, ici c’est courant de manger de la viande jusqu’à ne plus en pouvoir (500g à 1kg par personne quand il s’agit d’un argentin…). Alléchés par l’agneau entier dans la vitrine an train de griller, on voit en premier des bus entiers de chinois à table, puis on remarque qu’il y a un buffet avec en autre des nouilles et du riz cantonnais, que les serveurs sont également chinois et la musique chinoise en fond… Tomber sur une parilla tenue par des chinois en pleine Patagonie, c’est original et c’est pas mal non plus.

Après la nuit la plus courte du voyage, arrivée à Buenos Aires à 5h30, quelques heures plus tard sous un grand soleil et une grosse chaleur. Le premier aperçu depuis le bus de l’aéroport est mitigé, on avait peut être trop d’attentes, à force d’entendre de la part de tout le monde que c’est une ville formidable. Mais le meilleur de la ville, au delà de son architecture très « éclectique », c’est plutôt son ambiance. Après un petit déjeuner dans la tradition locale, soit 2 medialunas (croissants) et un café au lait, on rejoint la maison où se trouve la chambre que nous avons réservée, chez David, un anglais expatrié. La maison est très bien située, dans le quartier de San Telmo, très vivant et sympa, bourré d’antiquaires. On y entre par un patio coloré avec plein de plantes vertes, la maison est décorée avec goût et la chambre très agréable, un bon plan!

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N’ayant finalement pas envie de dormir maintenant, on part vers le microcentre de la ville y voir les attractions principales: la casa rosada, la cathédrale, les différentes rues adjacentes…

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La ville est très étonnante architecturalement, absolument tous les styles existants semblent s’y cotoyer sans qu’aucun architecte ne se soit préoccupé du bâtiment d’à coté. Tout cela donne un ensemble assez dérangeant au premier abord, peu harmonieux, mais auquel on finit par s’habituer et à apprécier, l’haussmannien s’intègre finalement bien au contemporain et au bâtiment communiste!

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Une énorme pizza dans un restaurant mythique plus tard, nous reprenons un bout de promenade, puis on finit par rentrer s’écrouler un peu, fatigués quand même. Au réveil, il est l’heure d’aller explorer notre quartier et sa vie nocturne animée! Des rues avec des bars où la musique tourne à fond, une jolie place où l’on danse le tango et où on joue de la musique, un carnaval coloré et « moussant » (gare au pistolets plastifiés tenus par les enfants!!!) qui défile dans le boulevard, bref une atmosphère fort agréable. Buenos Aires est définitivement une ville à vivre et écouter plus qu’à regarder…

Un réveil fort tardif le lendemain et un bon petit déj’ plus tard, nous allons nous promener dans notre quartier de San Telmo, où se tient le dimanche une feria. Dans la rue, de nombreux artisans ont posé leurs stands, peintres, sculpteurs, breloques, antiquités, des choses plutôt réussies dans l’ensemble et pas trop de fourre tout raté comme on pourrait le craindre. Puis, sous un temps maussade, nous voilà partis à l’assaut d’un autre quartier, la recoleta, où se trouve un cimetière visiblement aussi fameux que celui du Père Lachaise. 

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Sous une fine pluie, nous découvrons des monuments funéraires très ouvragés, la folie des grandeurs post mortem. L’ensemble se veut dans la recherche de la démesure, chacun cherche à épater son prochain même après la mort! On y trouve entre autres la tombe d’Eva Peron, dite Evita, femme du président du même nom et chouchoute du peuple argentin (ou détestée, au choix). La pluie s’intensifiant et passant du stade de bruine tolérable à pluie qui mouille vraiment, nous écourtons le tour prévu dans les parcs environnants. On se réfugie brièvement dans le palais des glaces, un centre d’art et d’expositions temporaires, où nous découvrons des oeuvres plus ou moins…compréhensibles pour nous, pauvres profanes! Le lieu est en tout cas intéressant, une ancienne patinoire avec une luminosité impressionnante. Nous partons ensuite vers le retiro, quartier de Buenos Aires où l’on trouve la torre monumental, monument emblématique de la ville.

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On croise en passant de nombreuses ambassades et hôtels de luxe, dans ce quartier très « upper class », toutes situées dans des bâtiments superbes, anciennes demeures de riches familles ou petits châteaux. Après cette bonne ballade, une sieste, et on sort manger dans un café d’époque du quartier, emblématique. Et en plus d’être beau, on y mange des pâtes maisons terribles!

Envie de découvrir un coté différent de la ville le lendemain. On part tranquillement vers Puerto Madero, près de l’océan. Car oui, chose étonnante, Buenos Aires est entièrement sur l’océan, mais pas franchement tourné vers lui, on ne l’a vu que lors de notre arrivée à l’aéroport et pas recroisé depuis. Le quartier est isolé du reste de la ville par un genre de canal et est très résidentiel.

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De grandes tours aux architectures originales, des allées pour courir, des sculptures disséminées ici et là, des restos chics le long du quai, ici l’argent n’est visiblement pas un problème.

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Nous ne verrons toujours pas l’océan, car il est en fait séparé du quartier « habité » par une zone appelée costanera sur, à la base simple remblais des résidus de construction, mais transformée en réserve biologique au vu de la faune et de la flore qui s’y sont développés! L’endroit est en tout cas agréable à la promenade, avec de beaux bateaux anciens ancrés non loin du puente de la mujer (le pont de la femme ou un pénis géant selon Séb).

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Un dernier tour dans la ville pour aller voir le congrès, édifice monumental, entouré comme la Casa Rosada de banderoles de protestations diverses et variées. A Buenos aires, ça revendique!

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Le soir, on décide qu’il est grand temps de célébrer la fin du chapitre « américain ». Alors direction le centre culturel de la ville pour assister à une danse indissociable de la capitale, le tango. Le spectacle est magnifique, peu de monde pour y assister, c’est étonnant vu que c’est un des seuls proposés à un prix abordable. Les gens cherchent plutôt le tango version « show », avec le dîner spectacle qui va avec, mais totalement hors budget et kitch à notre goût. Nous ne somme pas là pour nous faire la version argentine du Moulin rouge… Le spectacle alterne entre performances des danseurs sur musique d’orchestre, traditionnelle ou plus moderne, des solos exécutés avec brio par un chanteur à la voix de stentor et des musiciens maitrisant leur instrument sur le bout des doigts. Y jouent un pianiste (qui joue de façon peu académique mais fort plaisante), un contrebassiste et un accordéoniste (différent du notre, plus long et moins large). Les émotions sont très marquées sur les visages pendant les différentes danses, très variées selon les rythmes musicaux, les partenaires sont totalement en phase et semblent passionnés par leur art. Les porters sont incroyables et la maitrise de la danse impressionnante. Des étoiles dans les yeux en sortant, nous conclurons cette soirée par une portion gargantuesque de boeuf (450g, une misère pour un porteno digne de ce nom!), d’une saveur et d’une tendresse incroyable, arrosé d’un Syrah très honorable. Ils sont fort ces argentin. Puis on refera le monde avec notre voisin de table, suédois, jusqu’à plus d’une heure du mat’, mais ça, c’est une autre histoire!

Lendemain, décollage vers le prochain continent…