Quebradas y vinos

Changement de décor après le retour de ce superbe tour de 4 jours, direction l’Argentine le lendemain matin. Passage de frontière moins pénible qu’entre Pérou et Bolivie, mais sous un soleil de plomb, on sent venir le Sud! Les petites anecdotes rigolottes: à Villazon (frontière coté bolivien) retrouvailles avec des fruits disparus de notre régime alimentaire (mmmh le jus de pamplemousse frais…), au passage en Argentine on te scanne tes bagages dans une camionnette (!), à la Quiaca (frontière coté argentin) les empanadas commencent à avoir vraiment du goût!
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Le bus que nous prenons nous emmène au début de la quebrada Humahuaca, dans le village du même nom, dans lequel nous avons décidé de dormir. Changement d’ambiance total, c’est assez perturbant. Il y a des mochileros argentins partout (=jeunes voyageurs en sac à dos), ça grouille! Et oui, on tombe en plein pendant leurs vacances d’été, et visiblement ici, les vacances, c’est chacun avec son matériel de camping, sa guitare et c’est parti. Contraste total avec les pays précédents où on avait été plus tranquilles globalement, et surtout avec une majorité de touristes étrangers (totalement noyés dans la masse argentine ici). Comment reconnaitre un argentin à coup sur lors d’un voyage? Il ne se sépare jamais de son mate et de son thermos. Une vraie religion ici, c’est assez incroyable! Il fait chaud à présent, un air de Dolce Vita flotte dans Humahuaca, où les jeunes touristes flannent entre maisons colorées et églises blanchies, le tout dans un environnement assez spectaculaire de quebradas multicolores.
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Seul ombre au tableau: une turista terrible qui me fait passer une des pires nuits depuis le début, un cadeau de départ de la Bolivie dont je me serais bien passée…
La journée du lendemain se fait un peu au ralenti du coup. On oublie la randonnée de quelques heures prévue à Tilcara, autre village plus bas dans la quebrada. Notre passage y est tout de même fort agréable, avec un village entourée de montagnes renversées, rouges, violettes, vertes, un festival. L’exploration d’un site de ruines (sans intérêt car reconstruit au 20ème siècle dans un goût douteux) offre un superbe panorama sur les alentours. Les cactus (ici appelés cardons) y sont…surdimensionnés! Et multi-réutilisés dans l’artisanat local.
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Nous repartons ensuite pour quelques heures de bus direction la capitale du Nord du pays, Salta. Le trajet continue le long de la quebrada de Humahuaca, qui rendrait jalouse n’importe quelle palette de peintre…
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Salta offre dès l’arrivée un visage paisible et appelle à profiter du temps ici. Y flotte une douceur de vivre ambiante… La nuit à Huamahuaca ayant été fort spartiate (mélange de pinceaux sur les conversions pesos/dollars/euros, stress sur les prix du logement argentin et finalement nuit qui coûte rien mais on a vu pourquoi!), on se fait plus plaisir à Salta. La chambre d’hôte où nous sommes est adorable, calme et le propriétaire très sympathique. Une petite ballade dans la ville le soir donnera à Séb envie d’en découvrir plus le lendemain. La ville disposant d’un téléphérique (Suisse, quelle honte! Même pas un Poma!), nous nous y rendons le matin pour découvrir la vue sur Salta. Bon, la turista continue ses ravages, je circule à la vitesse d’une mamie en déambulateur, du coup la visite n’est pas bien longue en distance, mais s’étire dans le temps… Trop HS l’après midi pour ressortir, c’est sieste, tri de photos, mise à jour du blog et planification des prochains jous. Regain d’énergie en fin de journée, on part voir la place centrale entourée de beaux bâtiments coloniaux, de musées, de cathédrale, quand…il se met à tomber des trombes d’eau. Mais vraiment des trombes d’eau, genre à ne pas mettre un pied dehors. 1h30 coincés dans une cathédrale, c’est un peu long quand même.

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Du coup, on finit par piquer un sprint jusqu’au musée d’altitude de la ville. L’attraction principale: des enfants incas momifiés découverts il y a une cinquantaine d’années à plus de 6000m d’altitude dans des tombes parfaitement conservées. Assez incroyable, mais assez glauque aussi. La jeune fille de 6 ans exposée lors de notre passage (les enfants sont changés régulièrement pour des raisons de conservation) semble être passée à trépas il y a quelques jours, dans ses habits et coiffure d’apparat… Étrange impression pour ma part, que penser du bienfondé d’exposer ainsi des cadavres de plus de 500 ans de jeunes enfants. Séb, lui, est fasciné par l’état de conservation des corps. Le reste du musée est extrêmement intéressant, avec beaucoup d’explications sur cette découverte, les montagnes sacrées incas de l’empire, les rites associés aux cérémonies, les parures utilisées… On se fait halpaguer à la sortie par les « changeurs de monnaie », qui, avec le système du blue dollar argentin (un taux de change totalement décorélé du réel entre les banques et la rue), arrivent à se faire pas mal d’argent sous le nez de la police, qui tolère totalement ce système, c’est assez hallucinant.  On finit notre petit tour de la ville au marché (youhou, ils ont du fromage qui ressemble à du fromage!) et retour à l’hôtel pour une orgie d’empanadas (enfin pour Séb, j’ai droit à du riz et des carottes, le pied).
Le lendemain démarre un peu de façon chaotique. Impossible de remettre la main sur une des cartes photos que nous avons trié hier, c’est incompréhensible. Même le proprio de l’hôtel s’y met, on retourne tout, mais non, rien de rien. Dégoutés, adieu photos du Pérou, Sorata et du Sud Lipez. Parce que forcément, c’était la carte qu’on avait pas fini de sauvegarder. C’est donc en faisant grise mine et sous une pluie diluvienne que nous quittons Salta, après avoir attendu un bus pour Cafayate un bon bout de temps. 4 heures de route et de belles quebradas plus tard, nous voici sous le soleil de Cafayate où nous trouvons une jolie pension. Vue l’heure bien avancée, l’option qui s’offre à nous est…d’aller visiter une bodega! En même temps, c’est la spécialité du coin, le vin, spécialement d’altitude (on est à plus de 1000m). On oriente notre choix sur une exploitation assez centrale et ancienne de la ville, qui fait du vin bio. Ici, les visites sont assez différentes d’en France. Souvent, les tours sont payants, tout du moins les dégustations. La visite se fait au pas de course, avec un débit d’information à la seconde impressionnant (rentabilité quand tu nous tiens), suivie d’une dégustation si l’on souhaite. Le calcul est vite fait, la dégust’ pour deux coûte aussi cher qu’une de leur bouteille de vin, sachant qu’en plus le choix de bouteilles à gouter est imposé et uniquement parmi les vins « jeunes ». On repartira plutôt avec une bouteille de Torrontes (le cépage argentin blanc du coin) vendange tardive pour la boire tranquillement à l’hôtel.

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Ce vin nous fera penser à un bon vieux 1ères grives de Tariquet, bref pas mauvais pour son prix dérisoire, mais pas de grande révélation non plus. On poursuivra la soirée à la Casa de las empanadas sous un fond musical très agréable, et une bonne glace (au vin!) derrière.
A l’attaque de la Quebrada de Cafayate le lendemain, on part découvrir de belles formations géologiques, toujours aussi impressionnantes en couleur.

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La garganta del diablo, creusée dans la roche par l’eau dans d’autres temps,

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L’anfiteatro où l’accoustique est fantastique (on aura droit à une interprétation live de Piaf par une autre française!),

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et le « Sapo » (le crapaud bien nommé!), tranquillement posé dans la vallée.

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Arrivés en bus sur le premier site, nous rentrerons sur la ville en partie à pied, puis en stop avec deux argentins et un allemand en vacances, super sympas.

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Une bonne expérience. Pour fêter ça, on part faire une 1ère bodega « El Porvenir« . Échec, fermé jusqu’à 16h…On repartira juste avec une bouteille de Malbec. Du coup, direction la plus petite des bodegas de Cafayate, une très bonne idée. Le gars qui nous reçoit, après quelques paroles en espagnol pour briser la glace, se déride, et on fait une super dégustation. On ne paie même pas (ce qui est exceptionnel ici), les vins sont top. Une bonne discussion sur les différences entre vins français et argentins, aussi bien dans la « philosophie » du vin que dans ses finanaces, nous apprend qu’ici les productions sont astronomiqes en nombre de bouteilles. Lui, plus petit producteur du coin, produit 7000 bouteilles à l’année, 3 types de Malbec et un Torrontes. La plus grande bodega du coin, elle, produit 5 millions de son blanc doux et sucré qui plait beaucoup…Une autre dimension. On repart avec une bouteille de Malbec et une de Torrontes (sans étiquette, comme il nous a proposé, c’est moins cher et c’est pareil!). Les vins sont à des prix dérisoires pour une qualité franchement honorables, alors, autant en profiter… On ramènera les bouteilles au Chili pour les partager avec les copains prévus dans quelques jours. Grand moment de loose dans l’après midi, on devait prendre le bus pour Tucuman , pour enchaîner sur un bus de nuit pour Mendoza. Suite à de mauvaises informations fournies à Salta, en fait ce qu’on pensait être un trajet de 2 heures se révèle être en fait de 5 heures 1/2, et la connexion donc impossible… Heureusement, Cafayate est une ville accueillante, on y dormira une nuit de plus pour en repartir le lendemain. Le trajet…long… 3 heures de retard du bus, qui au lieu de nous faire arriver à 9h30, nous débarque à 12h30. C’est fichu pour le tour en vélo des vignes prévu à l’origine. Mendoza, sous une chaleur écrasante, un Dimanche de grandes vacances, est déserte.

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Sensation d’une ville fantôme, au ralenti. Après un tour pour voir les quelques batiments de la ville, pas grand chose de mémorable, nous allons nous poser au parc, où ceux qui ont été punis à rester ici pour les vacances semblent s’être donnés rendez vous.
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On y trouve un peu de fraicheur sous les arbres et le long des espaces d’eau. Le soir, ce sera l’occasion d’enfin tester pour Séb le fameux « Bife de chorizo« , le steack argentin. Et bien, il faut avoir faim… Une demi côte de boeuf à avaler seul, il faut y aller par 30°! Mais le challenge est réussi. Rapide nuit dans un hostel quelconque et stéréotypé, et nous partons rejoindre Audrey et Cédric coté Chilien avec 8 heures de bus en prévision. Bon, ça sera plus long, bloqués 5 heures à la frontière au milieu de nulle part, dans de superbes montagnes que nous aurons bien le temps d’observer. Et finalement, Valparaiso, à 22 heures au lieu de 17h30… Comment ça on a la poisse avec les transports en ce moment?!

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Quand la Bolivie nous sort son menu gastronomique

Cher lecteur du blog, tu dois penser qu’on t’a habitué à plus d’assiduité dans la rédaction de nos articles. Ne nous crois pas fainéants, la Bolivie est peut être le plus beau pays d’Amérique Latine, il reste néanmoins le plus pauvre et le moins « développé ». Les bonnes connexions internet s’y font rares, lorsqu’elles existent tout court! D’où cette semaine de retard…
Mais revenons à nos moutons. Sucre et sa douceur de vivre déjà loin derrière nous, nous débarquons à Tupiza après un bus de nuit rock’n roll, dernière étape de notre périple Bolivien. Et là, malgré une arrivée un peu trop matinale (à 5h, ça pique) et une nuit finie sur un banc du terminal de bus (sachant qu’elle n’avait déjà pas été très reposante, merci les mômes), le chef bolivien a mis le paquet.

En guise d’apéritif, nous faisons le premier jour une petite ballade à cheval direction le cañon del inca, pour découvrir les alentours séduisants de la ville. Les petits chevaux du coin, un genre de mélange porte et fenêtre de criollos/pasos/divers, sont plutôt en bon état, ce qui fait plaisir à voir. A la question de notre guide « sombrero ou casque », on se dit que ça devrait pas être trop violent ces 3 heures de rando… Donc on prend les sombreros!

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Le paysage sculpté et les couleurs de roches dépassent notre imagination, pourtant déjà bien habituée depuis quelques temps. On y croise quelques particularités géologiques bien nommées: la vallée des Machos

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(oui, il s’agit bien de rochers en forme de pénis!), le puerta del diablo (assez spectaculaire)…

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Tout ça pour aboutir après une longue marche dans le lit du rio asséché au fameux canyon, très étroit, où la pause s’impose. Forcément, une véto, ça porte la poisse aux animaux, donc le cheval de Delphine repart raide boiteux. Voilà ce que c’est que de faire galoper les bourrins dans du gravier tout mou avec des cailloux, ça arrange pas les tendons… Échange standard de bourricot avec le guide et on prend le chemin du retour. Séb prend même goût au galopades au milieu des quebradas!

Après cette agréable mise en bouche des environs, s’ensuit le reste du menu gastronomique, tout un programme. Un tour de 4 jours dans la région phare de la Bolivie : le Sud Lipez et le salar d’Uyuni. Nous serons quatre 4×4 à partager les suggestions du chef, dont nos compagnons de table Jackie et Andrée, un couple de retraités (très!) actifs et forts sympathiques venant tout droit de la belle cité de Carcassone. Le tout sous la conduite de Girardo, un vieux de la vieille du circuit, et Christina, notre cheftaine cuistot attitrée. Une grande majorité de français a également choisi cette option gastronomique…

En entrée un long périple de 11h à travers les quebradas autour de Tupiza

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au milieu des lamas, vigognes, viscañas,

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et des cactus en fleurs (on a de la chance, ils ne fleurissent qu’une fois par an).

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avec en toile de fond des montagnes toutes plus colorées les unes que les autres et des volcans enneigés sous un ciel chargé de nuages.

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Passage au milieu de ruines d’un ancien village de mineurs, triste témoignage du passage des colons espagnols qui y ont réduit la population inca en esclavage pour exploiter les richesses de la montagne

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Belle mise en bouche. Et qui voyons nous parmi nos compagnons? Nina et Isabelle rencontrées à Sucre et parties un jour plus tôt. On a décidément tous les mêmes idées (ou le même guide du routard!)

Pour le premier plat, le chef nous montre son savoir faire : des lagunes de multiples couleurs accompagnées de leurs flamants roses,
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des exploitations de bore (plus blanc que blanc) sur certains rivages,

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Un désert tout droit sorti d’une toile de Dali, à tel point qu’il porte même son nom! Les volcans alentours ont largué lors de leurs précédentes éruptions nombre de blocs qui ont créé un chaos rocheux qu’on imagine sans peine dans l’imagination du peintre à moustaches.

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accompagnée d’une Laguna Blanca, puis d’une Laguna plus Verde qu’une mer tropicale sur fond de volcan à plus de 6000m. Attention tout de même, cette belle couleur est toxique, provenant d’un mélange de minéraux divers et d’Arsenic… D’où l’absence totale d’oiseaux dessus!

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Petite baignade dans des bains d’eau chaude naturelle sur fond panoramique fort agréable, il y a pire.

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Ça bouillonne et ça fume dans les geysers (et ça pue le soufre), les marmites du chef ne sont pas toujours du meilleur goût.

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Et pour finir une Laguna Colorada avec ses milliers de flamands roses qui nous fait oublier le vent qui s’est levé. La couleur de cette lagune change complètement selon l’horaire de la journée, quasi incolore le matin, elle devient rose profond en fin d’après midi, lorsque les micro pigments activés par le soleil remontent en surface.

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Le second plat, classique, n’en démérite pas moins. La Laguna Colorada sous un nouvel angle, dans une teinte de rose plus pâle que la veille, avec son affluent d’eau chaude sous le mirador.

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L’arbol de Piedra au milieu de rochers plus sculptés les uns que les autres, l’occasion de grimpouiller.

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Le 4*4 a la très bonne idée de tomber en panne un peu plus loin, le long d’un autre chaos rocheux. Heureusement, nos chauffeurs sont aussi des mécanos hors pair (dès qu’ils ne conduisent pas, ils sont en train de trifouiller les moteurs!). En une petite demi heure, la cause de la panne est identifiée et réparée, le temps de finir la séance d’escalade/photos.

La suite se compose d’une successions de petites lagunes toutes plus mignonnes les une que les autres, avec leurs inévitables flamants, canards et autres bêtes volantes.
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Le temps commence à se gâter au moment de la pause picnic (forcément, tous les autres jours on était abrités et il a fait beau). Nous échappons à la pluie de justesse et commençons une course avec l’orage qui se rapproche vitesse grand V. C’est sous un ciel très plombé que nous verrons donc les volcans « qui fument » au milieu d’une plaine de lave pétrifiée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance est électrique, on en a les habits qui grésillent!
La route se dirige ensuite vers le Chili, et une des frontières les plus déprimantes qu’il soit donné de voir. Une voie de chemin de fer, un village fantôme, une barrière… On se dit que le douanier qui est muté ici est vraiment puni.
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Nous ne ferons ensuite qu’apercevoir le salar de Huarani qu’on ne pourra malheureusement pas traverser à cause de la pluie. Trop d’eau rend la gestion de la route plus compliquée. Cette journée se finit par la  traversée de villages avec un air de bout du monde, avant de gagner notre hébergement au bord du salar d’Uyuni. Ce soir, grande classe, on dort dans un hôtel de sel! Et oui, le matériau n’est pas rare par ici… Célébration avec quelques bouteilles de vin achetées sur le chemin pour l’occasion, ne perdons pas les bonnes habitudes. La discussion est animée entre les guides pour savoir à quelle sauce nous allons être mangés le lendemain… Tentative de traversée du Salar d’Uyuni ou non? Finalement, nos chauffeurs étant joueurs, ils nous préviennent que cela va peut être être long (pas plus de 5km/h dans l’eau salée pour ne pas tuer le 4*4), mais qu’on va le tenter. Et nous serons a priori le dernier groupe de l’agence à traverser jusqu’à ce que la saison des pluies soit terminée… Chanceux nous sommes!

Le lendemain donc,  place au dessert. Et là on s’aperçoit que c’est la spécialité de notre chef bolivien. Au programme, traversée du salar et retour à Tupiza. Notre chauffeur nous explique que toujours en raison de la pluie, nous ne pourrons pas aller jusqu’à l’ile des cactus au centre du salar, mais que nous pourrons quand même le traverser. On vous laisse le goûter par vous mêmes , sous une fine pellicule d’eau, c’est encore meilleur!
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Sortis de là les yeux pleins d’images surréalistes, nous nous arrêtons déjeuner dans un village aujourd’hui pleins de stands pour touristes où nous croisons… Simon et Zoé qui font le tour en sens inverse! Décidément la Bolivie est plus petite qu’on croyait. On réalise également la chance que nous avons puisque l’ensemble des tours venus d’Uyuni n’iront pas plus loin que l’hôtel de sel, construit illégalement au milieu du salar il y a des années, ressemblant plus à un Disneyland pour chinois qu’autre chose.
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Pas la partie la plus intéressante du salar. Arrivés à Uyuni après un détour par un étrange cimetière de trains,
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la majorité de nos compagnons s’arrêtent ici pour continuer leurs explorations boliviennes. Après des au revoir et échange de coordonnées avec nos sympathiques compagnons de voyage, nous retournons à Tupiza avec notre véhicule pour déguster les dernières douceurs du voyage. Un superbe arc en ciel nous offre un bel adieu à cette région.
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Le moins qu’on puisse c’est qu’on savouré jusqu’au dernier instant ce voyage, qui conclue magnifiquement notre venue en Bolivie. Demain direction l’Argentine!

Retour en lieux civilisés

En quittant Sajama, on sait que le périple jusqu’à la prochaine étape va être long. Mais les bus boliviens ayant pensé à tout, ils nous permettent de commencer la journée de bonne heure, 5h15 pour le seul et unique minibus pour quitter le village! Le magnifique ciel étoilé sous lequel nous attendons congelés compense un peu ce réveil matinal… Qui fut encore plus matinal, car au vu de la mésaventure à l’aller, hors de question de rester hors du bus plein coincé dans le village. Les Danois qui partageaient la même maison d’hôtes sont encore plus motivés que nous, sur le pied de guerre à 4h45! Le minibus sera finalement plein, mais nous apprenons avec regret qu’il faudra en changer pour arriver à Patacamaya, alors qu’il est normalement direct. Nous en sommes donc à déjà 2 minibus, il est 8h30, le moment d’attraper le bus pour Oruro. On attend un bon moment son passage et il est…plein. Tant pis, ça sera encore 2 heures de voyages dans l’escalier , installés comme on peut, mode bolivienne. Oruro, la ville étape, ville atroce. On étaient prévenus, les danois nous avaient dit qu’à coté, Patacamaya (qu’on avait déjà trouvé fort peu accueillante), c’était franchement sympa. Nous n’en verrons que les abords et le terminal de bus, mais rien ne nous motive à en voir plus. 4e bus de la journée, direction Potosi. Comme d’habitude, on prend le premier qui part, c’est pas forcément le plus classe. Là, c’est carrément le plus « pourri » qu’on ait eu à prendre. Enfin, il nous emmène à bon port, c’est le principal. Arrivés vers 17h à Potosi, on renonce à poursuivre jusqu’à Sucre, plus le courage pour un 5e bus de 3-4h.
Et puis, Potosi, c’est quand même une étape à faire. La ville la plus haute du monde, 4000m et des brouettes (plus que Lhassa au Tibet). L’origine des richesses du « Pérou » (l’ancien nom du Pérou fusionné à la Bolivie). Plein de mythes circulent sur ces mines d’argent qui auraient fait la fortune de l’Espagne conquérante de l’époque. Nombre de théories financières accordent une grande importance à ce flux important d’argent venu de cette colonie, nommé même seule et unique ville impériale d’Amérique du Sud : selon certain théoricien l’argent issu de ses mines serait même à l’origine du capitalisme, rien que ça! Les abords de la ville ne font pas rêver, entre tas de déchets et baraques miséreuses.

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Vue sur le Cerro Rico, plus troué qu’un gruyère parait il, depuis le centre ville

Le centre ville a lui un peu gardé de son faste d’antan. On y voit de très belles façades d’époque, malheureusement en train de tomber en ruines, de belles églises, de jolies places. Le tout est surmonté par le Cerro Rico, la fameuse montagne a priori plus percé qu’un gruyère sous terre. L’attraction principale pour les touristes, la visite guidée des mines (toujours en activité) ne nous tente franchement pas ni l’un ni l’autre. Pas envie de jouer à Germinal en direct. Des hommes y travaillent encore dans des conditions très pénibles pour extraire l’étain, on y meurt régulièrement, d’un point de vue éthique, jouer au touriste là dedans ne me semble pas bienvenu. D’un autre coté, les visiteurs apportent de façon coutumière aux mineurs des petits cadeaux et permettent de faire connaitre leur labeur. Les deux points de vue se défendent, mais pour nous, on se contentera de la visite de la Casa de la Moneda.

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Le lendemain, parce que pour le moment, il fait sévèrement froid le soir, on fera le combiné: un bon resto avec un (faux) feu de cheminée, une douche chaude et une bonne nuit avec un vrai (rarissime!) radiateur.
Sous un beau ciel bleu, nous allons donc visiter la fameuse maison de la monnaie, nous cultiver un peu sur la période d’or (ou plutôt d’argent) de la ville. La visite guidée dans un anglais catastrophique n’est pas des plus brillantes, mais on y voit de belles choses et on ressort moins bêtes qu’avant!

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Cour intérieure de la Casa de la moneda: le visage frappé sur les pièces de monnaie serait mi-souriant mi-triste selon la légende, lorsque l’on regarde chacune des moitiés du visage…

En vrac: un mélange d’art indigène et d’art classique du 17e siècle au niveau peinture, une belles collections de minéraux (qui nous fait prendre conscience du nos énormes lacunes en tableau périodique, adieu la prépa), des machines impressionnantes avec une évolution dans le temps intéressante pour frapper la monnaie… On termine ensuite notre tour de la ville par le reste des églises et autres petites rues non vues la veille. C’est Dimanche, on croise des processions avec fanfares (religieuses?), les sorties de messe sont bondées et on ne comprend pas tout à leur façon de pratiquer le catholicisme (ils amènent des genre de petites poupées dans des boites à l’église tout en dansant?!).

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Un bon déjeuner plus tard, en route pour Sucre, prochaine étape de la soirée.

La route entre les deux villes et très belle, le relief très accidenté. On descend au fond de la vallée pour rejoindre la capitale constitutionnelle du pays, quand même perchée à 2700m d’altitude. Il est haut ce pays! Changement d’ambiance dans cette très grande ville. Tout fait plus aisé, pas de gros « bidonvilles » s’étendant à l’infini à ses abords, les maisons sont mieux finies, les rues mieux entretenues. On arrive dans une pension très sympa, où nous retrouvons…Simon et Zoé, les 2 français de Sajama! La Bolivie est petite, ou alors les adresses du routard trop courues… Partis un jour avant nous, c’est amusant de les retrouver ici. L’ambiance est très sympa, très très française et c’est une grande tablée qui boit un verre de vin et mange ensemble le soir. Les français à l’étranger, on ne les refait pas… Tous avec leur bouteille de vin, et à parler de cuisine! On passera sur le fait qu’on s’est fait avoir comme des bleus sur la bouteille qu’on a acheté (en fait du porto…). Bref, de bonnes soirées dans un cadre qui donnerait envie de rester encore plus longtemps à se poser, une chambre sympa et surtout un calme…comme il est difficile de trouver dans ce pays pour dormir. Et en plus, comme à l’hôtel de Potosi, deux petits chatons à dispo tout prêts à venir ronronner et se faire câliner à l’occasion. L’un d’eux pourrait presque être un sérieux concurrent pour Silka, il semble déjà bien balèze en matière de vocalises et tient absolument à rentrer dans notre chambre. Bref, recharge des batteries.
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Le tour de la ville confirme cette impression d’aisance et de bonne conservation des bâtiments. Tout invite à flâner, aussi bien dans les parcs que dans les rues (hum les boutiques de chocolat…). On met sur le compte de la période le fait que nombre de commerces, théâtre et autres soient fermés (grandes vacances ici). Une partie de la journée est consacrée aux questions d’organisation futures. Nombreux coups de fils et temps passé sur internet, malheureusement en vain pour une bonne partie des objectifs! On fera avec… Le marché central nous offre une belle pause dans ces prises de tête, plein de couleurs, d’odeurs, tests de spécialités locales et à des tarifs défiant toute concurrence pour les Européens que nous sommes, même si on trouve encore moins cher en Bolivie.
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Le lendemain, poursuite de la découverte de la ville, avec la parc Bolivar et sa fameuse représentation de la tour Eiffel (où on ne peut pas y monter!!!).
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Puis montée au couvent/mirador de la ville, qui offre effectivement une très belle vue sur Sucre et ses collines environnantes.
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Le temps a été mitigé depuis notre arrivée, alternant entre pluie et soleil, cette journée ne dérogera pas à la règle: coup de soleil et rincée en 2 heures de temps! Le couvent est très beau, dommage que la visite ne soit menée tambour battant par une jeune guide vissée à Facebook sur son téléphone et fort peu encline à passer du temps en explications…

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Nous passons ensuite au musée du folklore jeter un œil au fameux masques du pays (une grande tradition que le carnaval ici) et tombons par la même occasion sur une expo à thème « L’histoire de la France à travers les publicités »! Assez hors contexte, mais très rigolo de tomber ici sur les vieilles pub Gitane, Peugeot ou même plus récemment…Leclerc. Après tout ça, on rentre se poser un peu à la pension, en vue de ne pas perdre tout le bénéfice de ces bonnes nuits dans le trajet de bus de nuit qui nous attend dans la soirée…

Dans un décor de carte postale

Après toutes ces aventures frisquettes, on a bien besoin de chaleur. Et comme des fois, on peut avoir des mauvaises idées, des fois on en a des bonnes. La bonne idée, aller à Sajama, parc naturel à la frontière du Chili. Une des plus belles choses du voyage jusqu’à présent. Un vrai coup de foudre, à l’unanimité à deux!

Sajama, c’est un tout petit village, avec des airs de Far west, tellement près du Chili qu’on peut presque avoir un pied dans chaque pays. Après les péripéties habituelles de trajet, c’est à dire, le bus de La Paz qui te jette en roulant dans un No Man’s land appelé Patacamaya (aussi accueillant qu’un douanier russe), l’arrivée en courant au supposé minibus (le seul et unique de la journée) à 11h59 pour un départ à midi, et tout ça pour apprendre qu’il est parti plein à…11h. Youpi. Heureusement, après rencontre d’un autre couple de français (Simon et Zoé si vous nous lisez), on apprend que des négociations sont déjà bien avancées , un autre minibus accepte de faire les deux heures de trajet restantes, quasiment à plein.  La route est splendide, le paysage avec des formations rocheuses de toutes couleurs dans les dégradés de rouge, tout est basculé sur le coté, un festival de toute beauté.

A Sajama, il fait beau, il fait presque chaud, et le village est entouré de volcans dépasssant les 6000m. Sajama, le toit de la Bolivie, 6500m et des brouettes, surplombe majestueusement les quelques maisons. Au loin (mais pas si loin), les silhouettes du Parinacota et du Pomerape délimitent la frontière avec le Chili. Partout, des lamas broutent tranquillement sur ce fond de paysage, tellement cliché, tellement carte postale.

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Nous allons, en bons occidentaux bien élevés que nous sommes, de notre plein volontariat, payer notre entrée au parc naturel à la guérite. Grave erreur. A part payer, on a pas vu l’intérêt. Aucune carte fournie, aucune explication, aucun guide à l’horizon, juste une mama qui est là pour encaisser. On s’apercevra qu’au final, il n’y quasiment aucun chemin d’indiqué, rien n’est entretenu, bref, on ne sait pas franchement pourquoi on a payé. En revanche, nos hôtes dans le village, Justinia et Gregorio, se révèlent adorables. Un de leur fils est même devenu le meilleur pote de Séb…

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Lui est guide (quand c’est la saison…), elle s’occupe du logement et des repas. Notre « hutte » est toute mignonne, il n’y fait pas chaud, mais les 4 couvertures fournies et l’eau chaude compense! Gregorio nous communique gentiment plein d’infos et de possibilités de treks dans le coin, il est un peu au chômage en ce moment, les guides faisant de la construction dans le village pendant cette saison « morte ». Munis de ces informations, nous modifions notre plan et décidons de partir sur une rando de deux jours, ayant finalement tout ce qu’il fallait depuis Sorata. Le coucher de soleil sur les montagnes que nous visons nous motive d’autant plus. La vue sur le Sajama enneigé depuis la salle à manger en attendant notre dîner est sublime. Dommage que ce soit pas la bonne saison pour y monter…

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Les habitants, eux, ne voient plus ce coucher de soleil, et profitent du moment pour un basket mixte général, avant de tous se retrouver dans cette même salle à manger (qui semble servir de bar PMU local en fait) pour boire…du pepsi.

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Préparation des munitions pour ces deux jours, une nuit bien au chaud dans le sac de couchage malgré l’ambiance glaciale, un petit déj sommaire et direction les geysers. Paysage de carte postale en vue…

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A un moment, on se dit que quand même, on a la poisse, les nuages se dirigent et se concentrent pile sur le sommet vers lequel on se dirige… Oui, oui, nous, on va vers l’endroit qui se fait repeindre sévèrement pour le moment alors qu’autour c’est grand ciel bleu. Bref encore un choix de gagnant. On est même censés y dormir, entre la barrière enneigée et celle qui la protège devant…

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Et puis bon, faut y croire, donc on continue, et la chance nous sourit enfin. Les nuages tournent autour, mais nous évitent, et on passe presque au travers des gouttes. Le temps est quand même très étrange, on alterne entre des averses de neige de 5 minutes et de superbes éclaircies. Découverte des geysers locaux, ça fume, ça sent fort le soufre, de belles couleurs (mais mine de rien…ça vaut pas l’Islande!)

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On marche , on marche, on enchaine les kilomètres, on grimpe fort, y’a du dénivellé quand même, et puis vu qu’on part de 4250m l’altitude se fait sentir. Les beaux paysages, ça se mérite! Et enfin, on y est. Y’a même un panneau qui nous le dit: un pied en Bolivie, un pied au Chili, nous voilà à la première laguna du parcours.

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Il parait qu’on est dans un futur royaume du bloc, alors, ça mérite bien quelques découvertes…

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L’endroit est rempli des marmottes locales, qui ressemblent plus à des gerbilles géantes ou à des gros lapins, au choix. Pas farouches les bestioles, elles font la sieste au soleil, imperturbable, et ne sifflent l’alerte qu’en cas d’approche vraiment trop rapprochée.

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A force de suivre ces petites bêtes, on se retrouve à marcher dans un énorme pierrier (on aime la facilité), on voit plus le chemin, mais bizaremment, sans brume, quand on voit les sommets, l’orientation est plus facile. La vue du coté chilien est très dégagé, les points de vue splendides.

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On monte en surplomb de cette première laguna chilienne, couverte d’oiseaux aquatiques qui se manifestent bruyamment, pour rejoindre celle de notre campement, la laguna Sajama. La claque. L’endroit est fantastique. En plein milieu d’un cirque, surplombé de cimes enneigés, une lagune superbe, à 5000m d’altitude, des couleurs déclinées dans toutes les gammes.

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Et le coucher de soleil… Magique. Les heures passent tranquillement à observer les couleurs changer, sans ennui à l’horizon.

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Festival de couleurs, avec baisse de température flagrante dès que le soleil se cache, on sent que la nuit va être très fraiche. Mais notre campement est bien installé, prêt à subir les rigueurs de la nuit! Et puis, avec nos nouilles chinoises instantanées et nos mate, on est parés. Il ne reste plus qu’à tirer à la courte paille celui qui va devoir aller faire la vaisselle et chercher l’eau pour le matin…

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La nuit est bien froide (faut pas rêver, à cette altitude), mais bien équipés, ça passe plutôt bien. Les oiseaux, qui s’étaient calmés la nuit, reprennent leur concert de plus belle dès le lever du jour. Un canard a un cri particulièrement énervant, qui semble se moquer de nous en permanence, heureusement que nous ne sommes pas chasseurs… Le petit déj de rando, grand luxe, porridge méga sucré et mate brulant avalés, on plie la tente et c’est reparti. A partir de maintenant, les indications de Gregorio (soigneusement prises suite aux aventures de Sorata), se révèlent beaucoup moins réalistes. Le sentier, censé être « ultra bien marqué, on peut pas le rater », est en fait quasi inexistant. En gros, on voit autour de nous, donc pas franchement dur de savoir vers où aller, alors on coupe à travers la pampa. Un dernier col à plus de 5000m, et on accède à la 3eme laguna.

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Plus grande, plus classique, plus « alpine », elle nous tape moins dans l’oeil que les deux précedentes. Peut être sommes nous aussi plus fatigués, et la descente n’est pas évidente, elle met les jambes à rude épreuve. Nous y croisons les seuls et uniques randonneurs durant ces deux jours, qui ont eux choisis de camper le long de cette dernière. Les kilomètres s’enchainent, la descente est en terrain « sauvage », c’est à dire qu’on croit suivre un chemin, puis en fait il disparait, puis réapparait, bref, on finit par suivre grosso modo la direction et plus vraiment un sentier. Une pause déjeuner bien mérité, on se motive, et enfin, on arrive aux eaux thermales, fort bienvenues. On a l’impression de déranger en arrivant les deux mamas qui tricotent, qui nous ouvrent de mauvaise grâce, nous demandent de payer (pour une absence totale d’installation, pas de douche, et on a déjà payé l’entrée du parc). Mais bon, on est vraiment rincés, on se dit qu’un bain chaud, ça ne se refuse pas… Et puis la vue sur le Sajama en fond, on peut pas dire que ça soit désagréable!

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Les derniers kilomètres, il faut se motiver. On est tout mous, tout détendus et plus vraiment envie de marcher. Le village semble reculer au fur et à mesure qu’on avance. On finit tout de même par arriver, bien fatigués, avec pour seule et unique envie de se poser. Mais quand même très heureux de ces 2 jours, on se dit que c’est pour des moments comme ça qu’on est parti, réconciliation avec la Bolivie consommée!

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La route de la mort

Après ce retour de Sorata bien mouillés, bien enrhumés et bien crevés, stop à La Paz en vue de la prochaine sortie. Au programme: descente en VTT de 75km depuis La Cumbre (4800m) jusqu’à Yolosa (1700m) dans les Yungas.
Une bonne balade en prévision donc… Brève étude de marché dans la rue des agences, inspection des bécanes par l’expert en la matière (il parait qu’on va avoir des vélos de compèt’) et décision finale. Nous n’aurons pas les plus belles combis (taille L pour tout le monde, pas imperméables et choix de couleurs discutables), ni les plus beaux équipements (les scratchs des protections ne sont pas de première jeunesse), ni les plus belles photos (Cf la suite, ce ne sont pas les nôtres…), mais on aura la descente la plus rapide!!!

Notre (très) jeune guide passe nous chercher de bonne heure à l’hostel pour une heure de route en minibus direction le sommet au dessus de La Paz. Déjà pour commencer, il n’a pas nos noms mais 3 autres, on le reconnait au logo de son bout de papier. Nous ne serons finalement que 3 pour cette sortie, la soirée de la veille ayant visiblement fait des dégâts sur les autres prétendants prévus à la descente… Les cheveux qui poussent à l’envers, incompatibles avec le vélo. Un jeune New Yorkais sera notre compagnon pour la journée, très sympa.

Ambiance au départ: Neige, route verglacée, brume, (très) froid, on sent l’altitude! Les paysages sont superbes, l’environnement très sauvage.

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On ne démarre pas du sommet même, la route est trop glissante. Camion garé à 4500m, on débarque les vélos, on s’équipe (mmmh la bonne odeur de renfermé humide…) et c’est parti!

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La première section se fait sur route goudronnée, pas trop d’intérêt, hormis de se familiariser avec le bolide (enfin surtout permettre à Séb de faire des petits bonds avec…). On est content de ne pas avoir démarré plus haut comme certains. Qu’est ce qu’on se les pèle!!! Malgré toutes les couches enfilées, ça caille sévère. Et on est trempés avec la brume et la pluie au bout de 5 minutes. Le petit plus: jouer à doubler les camions dans la descente (notre guide est farceur).

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Le froid se fait moins oppressant en redescendant, et le paysage toujours très beau malgré le temps maussade.

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Petite pause au bout d’une heure de route, casse croute rapide, on se réchauffe un peu le temps de remonter dans le camion et de faire 15min de route qui remonte un peu (c’est qu’il ne faudrait pas se fatiguer!). Le vrai début de la Ruta de la muerte, c’est maintenant. Une ancienne piste empruntée jusqu’il y a 2 ans par les véhicules, on se demande comment vu la largeur de la route, défoncée, et avec un bel à-pic pour se faire peur sur le bord.

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Changement total de décor, on passe dans une végétation luxuriante, de nombreuses cascades (dont certaines finissent sur la route), la couche de nuages nous laisse entrevoir un magnifique paysage de forêt qui se tropicalise. Et surtout la descente devient super intéressante!

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Attention, Séb en pleine action! Le petit New Yorkais se paye une bonne gamelle dans un virage, et oui, faut pas arriver trop vite quand même… La piste descend bien, ça glisse fort, ça secoue aussi et notre guide voyant qu’on suit bien est en mode descente « pleine balle ». En gros, on double les autres groupes, on se fait plaisir sur les sensations, ça dépote!

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Et ça rince bien aussi…

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Au bout de 2 bonnes heures de descente, on est trempés dehors (taux d’humidité maximum!), trempés dedans (on a du prendre 20°!) et contents de la vue à l’arrivée. Bon, l’appareil du guide n’a pas franchement apprécié le traitement climatique qu’il a subi, la qualité des photos ne s’est donc pas améliorée au fur et à mesure du temps…

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On a droit à une douche tiède (à peine), un buffet à volonté pour se revigorer dans un hôtel dans les Yungas, en short/débardeur, une attaque de mouches piqueuses en règle (s’il y a bien une chose qu’on a pas pensé à prendre, c’est bien du reppelant…) et puisque la température ne se prête pas non plus à un plongeon dans la piscine c’est reparti pour 3 heures de route (la vraie cette fois!) pour rentrer à La Paz. Notre chauffeur se prend pour Sébastien Loeb, double des 4*4 en virage dans la brume en montée en montagne, c’est sportif. Mais on arrive entiers, c’est l’essentiel! Une belle expérience cette journée.

Été bolivien, été diluvien

Parfois, on a des mauvaises idées. Des jours comme ça, où on est pas inspirés. Ça arrive à tout le monde, c’est juste désagréable quand on s’en rend compte. La mauvaise idée du jour en ce qui nous concerne, c’est de s’être acharnés à vouloir voir la Cordillera Real. Voir si elle était aussi belle que la Cordillera Blanca du Pérou, qu’on avait adoré. Le paramètre qui changeait, c’était la météo. On s’était dit qu’on allait être chanceux, qu’on était équipés, que la pluie ça n’a jamais fait fondre personne et blablabla. Mouiiii bien sur. Beaucoup de pluie ça ne fait pas fondre, mais ça n’est pas hyper agréable non plus en fait… Reprenons du début. Départ pour Sorata en minibus, rempli au taquet, collés à des boliviens pas bien lavés, 4 heures de bonheur. Temps mitigé, beaucoup de nuages, mais pluie limitée, ce qui nous a offert de très belles vues sur le trajet. La route est superbe, surplombe par moment le lac Titicaca d’un coté et est bordé par la Cordillera Real de l’autre. D’un coté le ciel bleu, de l’autre, les nuages menaçants. On se dirige pas franchement du bon coté… L’arrivée sur Sorata est splendide, descente depuis les montagnes escarpées dans la vallée, vers 2700 mètres. image La ville en elle même ne présente pas grand intérêt, mais offre une bonne base de départ. Nos courses faites pour 3 jours de rando à La Paz en vue d’atteindre la Laguna Glacial, nous avons seulement besoin d’un peu de renseignements sur les conditions locales. La carte, c’est rudimentaire, on la photographie au mur de l’hostel où elle est affichée. De toute façon, rien n’est à jour, aucun chemin de valable, seul le relief et les distances nous intéressent. On part discuter à la maison des guides à coté pour faire un peu le point, forcément, on nous propose les tours, mais accompagnés de guide ou muletiers, pas prévu car envie d’être tranquilles. Felipe, qui nous renseigne, nous répète bien que la météo en ce moment, c’est pluie tous les jours et c’est normal en Janvier. Mais il nous dit que ça vaut le coup quand même, que la laguna glacial est accessible sans équipement spéciaux. Le risque le plus grand…C’est de se perdre!!! Plein de chemins partent en effet de Sorata pour se rendre à la Laguna Chillata, notre 1ere étape. On avait d’ailleurs croisé à la frontière une québécoise qui n’avait jamais réussi à trouver cette fameuse lagune en partant seule avec son copain… On opte donc pour la solution qui nous semble la plus maligne après réflexion, se faire déposer par Felipe en 4X4 vers 3500 mètres, d’où a priori on ne peut plus se perdre (plus de villages à traverser). Cela nous permet de plus de faire la laguna en 2 jours au lieu de 3, non négligeable en cas de mauvaises conditions climatiques. Et bien, en matière de « mauvaises conditions climatiques », on a été servis! Déposés à 3500 mètres, on commence déjà par se perdre au bout de 10 minutes (ça devient une habitude de toujours prendre le mauvais chemin à la 1ere intersection qu’on croise). Bref on perd une bonne heure à partir sur la mauvaise route, on n’y voit rien, mais rien de rien. Visibilité 50 mètres grand max, grand brouillard épais. image On ne voit pas les sommets, on ne voit pas les vallées, l’enfer pour s’orienter. Comme ça commence à nous gonfler de faire n’importe quoi à chaque début de rando, on finit par faire demi tour, se réorienter avec la boussole magique (spéciale dédicace à qui se reconnaitra ;-)…), et bingo, nous voilà sur le bon sentier (enfin on espère!). Cela s’avère effectivement être le bon sentier (ou tout du moins un des sentiers qui mène à la laguna, vu qu’il y en a 50 en vrai, un sur la carte, et il ne correspond résolument pas à là où on est). Dame nature, elle, n’étant pas contente, il se met à pleuvoir, pluie qui nous accompagnera longtemps… Grand moment de solitude en arrivant à Chillata. On ne se rend compte qu’on est arrivés au lac qu’en mettant les pieds dedans… image Et oui, ce qu’on a d’abord pris pour une grosse flaque ou une mare (vu qu’on y voyait peut être à 5 mètres en arrivant), se révèle finalement être le lac au bout de 5 minutes d’attente de dissipation de la brume. En vrai, le site est magnifique, mais reste très pudique, on en voit des morceaux, puis d’autres, on a même le droit de voir le lac en entier pendant au moins une minute d’affilée!!! image On avale une soupe en vitesse (trempés, congelés) et après brainstorming, vu qu’on est pas qu’un peu fêlés et qu’on n’aime pas les demi-tours, on décide de continuer vers notre étape de nuit. On monte, on monte, on passe un genre de barrière rocheuse pour repasser dans une autre haute vallée, on cherche désespérément la mine abandonnée censée servir de repère pour camper…Et on finit par poser la tente sur les 3m2 de « pelouse » non inondée qu’on trouve après arpentage du terrain et nettoyage des multiples bouses de vaches, ces dernières étant d’ailleurs les seules présences vivantes croisées depuis le départ. Il pleut, il pleut, il repleut… Le montage de la tente est sportif. Le taux d’humidité…100%? Bref, on s’emmitoufle dans les sacs et on tente de ne plus en sortir, toutes nos affaires étant trempées. Et on se demande quelle stupide mouche nous a piqué quand on a eu l’idée de venir ici. Puis de continuer quand on pouvait encore faire demi tour. La réponse, on l’a le lendemain au réveil. On est au dessus de la mer de nuages! Et on voit enfin le fameux sommet de l’Illampu, sous lequel on a marché et dormi la veille, sans en distinguer le contour… image Les alentours sont magiques dans la lumière du matin, les vaches nous observent dans l’aube, intrigués par ces 2 bipèdes venus se perdre dans la montagne. Une croute de glace recouvre la tente, on comprend qu’on ait eu un peu froid cette nuit, toujours cette humidité ambiante. image Brainstorming de nouveau, que faisons nous? On tente la Laguna Glacial pendant cette brève ouverture météo ou on descend comme décidé la veille? Un coup d’œil aux sommets alentours, sous le soleil de 6 heures, la tentation est trop forte. Un petit déj’ et c’est parti. Nous ne marcherons malheureusement pas assez vite pour ne pas nous faire rattraper par les nuages… La brume monte de la combe, descend, remonte, un vrai yoyo. Le chemin est plutôt pas trop mal marqué, même quelques cairns, ça monte sec dans une moraine. Les choses se corsent quand forcément, ce qui devait arriver arriva, au dessus de 4500 mètres, ce qui hier nous est tombé dessus en pluie, ici, c’est de la neige. En mode borné/têtu, on continue à monter, on se dit que tant qu’on est pas dans la brume, qu’on voit le sommet, c’est bon. Totalement idiot en vrai. image On est dans une énorme pierrier depuis une heure avec la couche de neige qui s’épaissit de plus en plus, et les nuages nous rattrapent. On doit être à 100 ou 200 mètres de cette fichue laguna glacial, mais pas moyen de la trouver et de se repérer et plus de sentier ou quoique ce soit ressemblant depuis un bon moment. On finit par abandonner, on est déjà aller bien plus haut que la prudence ne le recommandait, ça glisse terriblement, passer de pierre en pierre branlante couvertes de neige en descente, pas terrible-terrible. Frustrés, c’est la première fois qu’on atteint pas notre but en rando. Mais là, il fallait se rendre à l’évidence, ça devenait trop dangereux sans crampons. Les 5000 mètres auront eu raison de nous… Au moins il ne pleut pas! Même chemin au retour, des vues différentes de la veille selon la bonne volonté des nuages. image Et soudain, trois lamas surgirent de la brume… On a même droit à toute la descente sous la Laguna Chillata avec superbe vue sur la vallée de Sorata en dessous, et l’Illampu qui continue de nous narguer au dessus. image Bilan des courses: tente congelée, chaussures qui font plus que floc-floc, sac trempé, duvet mouillé et une bonne crève pour nous deux. Heureusement que le 2ème jour nous a un peu plus épargné. Comme quoi, on a pas toujours des bonnes idées, c’est un fait.

La grande traversée

Après une arrivée à Lima bien chamboulée, objectif: relier la Bolivie par voie terrestre. Un peu rebutés par les presque 30 heures (…)de bus nécessaires au trajet Lima-La Paz, nous optons pour la traversée en plusieurs étapes, via Arequipa et Puno.
La journée d’attente du bus de nuit pour Arequipa nous permet de redécouvrir Lima sous un autre jour, le soleil!! Il y a 2 ans en effet, quand nous y étions passés en Juin, la ville baignait dans une horrible brume grise qui la rendait sale, maussade, carrément glauque. Merci la garua. Sous le soleil et la chaleur de l’été austral, la ville est métamorphosée, bien plus attrayante. Les surfers cherchent la vague sur le front de mer, les parapentes s’élancent des hauteurs de la falaise…

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On comprend enfin l’usage des parcs de Miraflores, désert en Juin, plein de joggers et de promeneurs aujourd’hui! Petite session shopping pour renflouer les maigres affaires de voyage, session escalade pour Séb, ceviche de poisson dans le quartier… On se repose une fois de plus la question de « pourquoi cette spécialité n’est elle pas connue en France? », ce plat étant excellent. Du simple poisson ou fruits de mer crus, marinés dans le citron vert, accompagnés d’oignons, et divers assaisonnements selon l’humeur du chef…Un régal! Un concept à ramener à Paris?
Fin d’après-midi, 15h de bus en prévision pour Arequipa (youhou!), la ville blanche du sud du Pérou. Notre changement de billet suite au retard a fonctionné, incroyable, on a bien une réservation et on ne paie même pas plus cher! On voyage avec Cruz del Sur, compagnie la plus classe et la plus chère, dès fois, on se dit que ça vaut la peine. Enfin, pour ce qui est de dormir dans leurs bus, même grand confort… C’est personne-dépendant.

Arequipa, il fait beau, il fait chaud. Trop bien. Deux villes de suite où on a même pas de pluie, champagne! La ville plaît au premier abord, de beaux bâtiments, une tonalité claire générale qui lui donne son surnom de ville blanche. Elle est encadrée par deux beaux volcans dont les sommet sont enneigés en ce moment.

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On trouve une sympathique petite auberge pour loger et on part faire le tour de la ville. Le monument principal à voir ici est le monasterio de Santa Catalina, qui se révèle superbe.

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L’entrée y est hors de prix pour le pays, mais au vu de l’entretien des bâtiments et de la beauté du site, se justifie. Une ville dans la ville, un havre de paix. La ballade prend bien deux heures tellement le lieu est étendu. Des cellules des novices aux différents cloitres, beaucoup de couleurs vives, de fleurs et de sérénité dans l’air.

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On y apprend des anecdotes sympathiques, comment les jeunes filles de familles riches arrivaient à l’époque avec deux ou trois servantes (esclaves…) pour s’occuper d’elles alors qu’elles se destinaient à devenir nonnes, comment les nonnes sont devenues les meilleures boulangères/pâtissières de la ville… On ressort du lieu enchantés de cette visite.

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Les grandes interrogations de l’après midi, c’est « Va-t’on au canyon de Colca ou bien? » et « Ascension d’un volcan ou pas? ». On hésite, on hésite… L’endroit a l’air fort beau, mais cela implique de rogner du temps sur les autres pays d’Amérique du sud, temps jugé déjà trop court. Finalement, ça sera direction Puno, au bord du lac Titicaca coté péruvien le lendemain matin. On passera plus de temps en Bolivie, le Pérou a déjà au son temps alloué il y a quelques années!

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Le trajet en bus de 6 heures pour relier Puno offre de très beaux paysages, en contournant le fameux volcan Misti qui surplombe la ville. Puis de l’Altiplano, battu par les vents, rude, quelques maisons disséminés sur la route et plus de vaches que d’habitants. Arrivés à Puno, changement d’ambiance. Ici aussi, c’est l’été austral. Bref il fait gris, froid , moche. Et dire qu’on avait eu un magnifique ciel bleu et un grand soleil lors de notre précédent passage… On ne gagne pas à tous les coups! Peut être aurait on du prolonger à Arequipa… La ville semble déserte par rapport à la dernière fois, où ça grouillait de touristes dans tous les coins. Et toujours aussi peu intéressante. Vu que nous aimons le changement, nous faisons un combiné gagnant: même café, même hôtel et même resto qu’il y a 2 ans! C’est fou comme on peut vite devenir casanier en voyage… Enfin, c’est là juste une étape pour dormir, on repart le lendemain pour passer la frontière. On choisit la voie par Copacabana, l’équivalent de Puno coté bolivien, afin de profiter au maximum des vues sur le lac qu’offre ce trajet.

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Et bien, ce même trajet se révéla épique. Arrivés à la frontière péruvienne, une bonne heure d’attente pour…faire tamponner notre papier d’immigration par la police. Puis une autre heure pour faire tamponner le passeport et pouvoir sortir du Pérou. 300 mètres à pied, une heure pour faire tamponner de nouveau le passeport et avoir le droit de rentrer en Bolivie. Et tout ça avec un papier d’immigration payant (!!!), trois fois rien, mais sur le principe, c’est bien la première fois qu’on voit ça! En plus, on n’a plus de soles péruviens pour le payer, obligés de négocier pour pouvoir payer en dollar (alors que du coup on paie genre 3 fois le prix normal…). Bref, pénible. On repart direction Copacabana, et là surprise, on était censés avoir une heure de pause sur place puis reprendre le même bus, mais en fait non, c’est la course pour monter dans un autre bus direction La Paz. 3 minutes sur place, déchargement et rechargement des bagages compris. Bon tant pis, Copacabana, ça sera pas pour cette fois. Le bus doit traverser un bout du lac Titicaca pour rejoindre la capitale, sur un genre d’antique barge, et là, re surprise, on ne passe pas dans le bus, mais à coté, et il faut payer! Ça tombe bien, on a pas changé d’argent, ne pensant avoir besoin de bolivianos qu’à notre arrivée à La Paz. Évidemment, hier, la compagnie de bus nous avait certifié que tout était compris dans la prix. Obligés de faire la manche auprès d’un couple de touristes danois, on commence à être légèrement agacés par ces petites « modifications ». Enfin, une fois le bus passé de l’autre coté, nous finissons par reprendre la route et arriver à La Paz.

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La Paz, ou plutôt « la misère » ou « le bazar », tellement les premiers faubourgs traversés sont peu engageants. Un vague sentiment de déjà vu avec l’arrivée à New Delhi lors de notre passage en Inde… La pauvreté crève les yeux, les baraques en brique sont toutes inachevés, les rues en terre, tout le monde patauge dans la gadoue, les branchements électriques ressemblent à des arbres de Noël surchargés. Drôle de première impression. Et il fait moche. L’après midi est consacrée à l’organisation des prochains jours, que l’on pense aller passer dans la Cordillera real vers Sorata. Tout ça avec de grosses hésitations, car nous sommes vraiment à la pire période de l’année pour y aller (pluie 21 jours par mois). On choisit cette fois une grosse auberge de jeunesse, histoire d’être sur d’avoir un peu de confort, de l’eau chaude et internet. On est servis, on tombe dans un repère de fêtards anglo saxons! Le bar est dans l’auberge, la bière coule à flot et le soir, le DJ arrive ainsi que les peintures fluos! On a plus vraiment l’impression d’être dans la même ville…

2 jours de perdants

Après notre virée sur l’île de la Plata, retour sur Quito par le même bus de nuit, pour lequel nous avons eu de la chance de trouver un place. Pour résumer c’était pire qu’à l’aller, si si c’est possible. Placés devant l’entrée, pas de climatisation, la première partie se déroule portes ouvertes (l’espace chauffeur est séparé des passagers par une porte + porte du bus). Un vrai régal vu que le chauffeur, qui avait l’air très « fatigué », faisait hurler son moteur, les bus équatoriens sont plutôt des low cost Hino que des modèles européen flambant comme au Mexique, et klaxonnait à tout va. Pour arranger le tout, arrêt toutes les heures et donc bousculade des gens qui montent ou descendent (le bonheur d’être devant), la police qui arrête le bus en pleine nuit en allumant toutes les lumières pour nous filmer, et pour finir une arrivée à … 3H45 du matin. Bref le bonheur. Vu qu’on ne prévoyait pas d’arriver si tôt et que l’on prend un vol le soir pour Lima, nous n’avions pas prévu d’hébergement et en trouver un à cette heure peut se révéler compliqué. Nous décidons donc de finir la nuit au terminal de bus, où il fait froid, vu qu’on a repris de l’altitude. Enfin pour ma part, car Delphine qui n’avait déjà pas pu fermer l’œil dans le bus n’y arrive pas plus ici.
Réveillés fatigués du brouhaha ambiant du matin, on se dirige vers la Mariscal pour prendre un bon petit dej’ et s’installer dans un endroit plus confortable. Arrivés à destination, tout est fermé! Rien d’ouvert, pas un café, alors qu’il est 7h45 et que le quartier grouille de cafés, restaurants et autres bars. L’équatorien n’est pas très matinal. Après attente on réussi à trouver un café ouvert (le premier qui ouvre, à 8h!) et on y restera un bon moment.
Après un tour et une sieste dans le parc du coin, très sympa d’ailleurs, je me dis que j’irai bien grimper avant le vol histoire d’occuper les quelques heures qui nous restent et d’essayer de garder un peu la forme. Après avoir cherché la salle du coin, qui a l’air top et surtout ouverte d’après les horaires trouvés sur le web, on s’y rend à pied (mauvaise idée avec les sacs) pour la trouver fermée! Toujours dans l’ambiance de la journée en gros. Serait-ce parce que ce sont les vacances? Mystère.
Un café plus tard, on se décide à aller à l’aéroport, encore fatigués. Arrivés à bon port et une fois dans la file d’attente du comptoir d’enregistrement, on s’aperçoit très vite que ça n’avance pas. Les personnes discutent beaucoup avec le personnel, il y a moult aller-retour de ces derniers, et aucun bagage n’a été déposé jusqu’à présent. Là je me dis que cela sent le surbooking vu mes récentes expériences. Arrivés finalement au comptoir on apprend que notre vol est retardé… à demain, « sûrement » le matin!
On vous passe les détails sur les difficultés voire l’absence de communication (le vol est toujours affiché « on time » et aucune annonce générale) du personnel LAN, c’est fatigués, frustrés et très énervés que l’on s’achemine vers l’hôtel qui va nous héberger. Quand même, 2 vols avec LAN, 2 retards! De plus nous ne  connaissons toujours pas l’heure de départ du lendemain sachant que :
1) nous avons pour une fois réservé notre nuit + taxi à Lima => à annuler mais acompte perdu
2) nous avons réservé notre bus pour Arequipa, départ à 17h

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Pour résumer notre état d’esprit à ce moment là

1H de bus plus tard (encore!), arrivés à l’hôtel (à 21H30), on se console en sachant que c’est le Sheraton, le 5* du coin, donc repos en vue, enfin! Il y a quand même 2 bus remplis de voyageur à héberger, donc cela prend du temps à la réception. D’ailleurs la plupart ont une correspondance à Lima, il y a plus malheureux que nous donc…
Après dîner, on apprend en interrogeant le personnel du Sheraton, car personne de LAN n’a fait le déplacement, que notre vol est programmé à 16h. On passera donc le lendemain matin avec la réception de l’hôtel, très efficace et serviable contrairement à LAN, à essayer de modifier nos billets de bus. Finalement déplacés au lendemain car plus de places sur le départ de 21h, un jour perdu donc, mais quand même un peu soulagés de ne pas devoir repayer les billets. D’ailleurs si quelqu’un sait si les assurances voyages (comme celle de la VISA premier ou Mastercard gold) prennent en charge ces coûts, je serais intéressé, car je n’ai rien trouvé sur Internet. Et n’étant pas en Europe, LAN n’est absolument pas obligé de faire quoique ce soit niveau dédommagement.

Nous arrivons finalement à Lima, après avoir réservé le même bed & breakfast et le taxi qui doit nous attendre. A l’arrivée à l’aéroport, pas de taxi (encore!) au bout de 45 minutes d’attente. Il faut savoir qu’au Pérou il y a beaucoup de faits divers liés à de faux ou peu scrupuleux chauffeurs de taxis qui détroussent régulièrement leurs passagers, ou du moins sont complices. De plus l’aéroport étant situé à Callao, un des quartiers les moins sûrs de Lima, les taxis ordinaires sont bannis, seules quelques compagnies sont présentes et utilisent donc leur monopole pour faire gonfler les prix. C’est pour cela que tous les hébergements de Lima proposent un transfert depuis l’aéroport. Vu qu’il fait nuit, il n’est pas bien recommandé d’en prendre un à l’extérieur (comme on a déjà pu le faire il y a 2 ans), nous optons donc pour la compagnie de l’aéroport et finalement arrivons en ville! Si on rajoute le fait que nos cartes soient refusées à l’aéroport et dans les distributeurs en chemins, sachant qu’à nous 2 nous en avons 4, vous comprendrez mieux le titre du post, malgré l’hôtel!

Vive les voyages!

Les doigts de pied en éventail

Périple marathonien pour rejoindre la destination finale: départ de Tena (Amazonie) vers… Puerto Lopez (la côte)
Et c’est parti pour 5h de bus pour Quito sur une route magnifique, quittant la plaine d’Amazonie pour rejoindre la capitale perchée dans les Andes. Récupération de nos billets de bus à l’agence française (qui nous tire une belle épine du pied), et c’est reparti pour 11h de bus de nuit pour la côte. Bon, les bus équatoriens de jour, c’est déjà pas folichon, mais alors les bus de nuit équatoriens, c’est la cata! Musique à fond, lumière aléatoire, klaxon à tout va, vendeurs ambulants à toute heure, et le pompon: à minuit-1h, pause d’une grosse heure dans un « resto » du bord de la route pour manger… Et avec tout ça, on arrive à 4h30 du mat’ à Puerto Lopez (super fiable les durées de trajet ici…). Le terminal de bus n’est pas du tout au centre de la ville comme prévu (super fiable le guide du routard…). On sait pas trop quoi faire, on se dit que finalement on va tenter le coup de se pointer à l’hôtel où on a réservé, il est censé y avoir quelqu’un tout le temps. Coup de bol, on arrive en même temps que le fils de la famille parti faire la fête à Montañita, le « Ibiza » local. On finit notre nuit dans les hamacs à l’entrée de l’hôtel, en attendant que notre chambre se libère. L’endroit est très mignon, dans un grand jardin plein de fleurs et de colibris, sympa pour se poser faire la sieste, prendre le petit déj et profiter d’internet.

Vu qu’on n’est pas non plus en méga forme vu la nuit qu’on a passé, on opte pour la journée plage. Direction la playa de Los Frailes, partie du seul parc national côtier équatorien, réputée magnifique. On se fait déposer par un bus local et on prend le sentier qui fait le tour du site par les collinettes et permet d’accéder à plusieurs plages, avant la grande accessible en voiture. L’environnement est très spécial, on se demande presque si un incendie n’a pas ravagé toute la forêt recouvrant les collines tellement tout semble gris et sec!

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Il s’agit en fait d’un écosystème à l’opposé de l’Amazonie, la « dry forest ». On est en saison sèche (il pleut tous les jours, normal), et les arbres/broussaille semblent tous morts. En réalité, ils sont vivants! Ils attendent juste que la chaleur se calme et qu’il pleuve pour de vrai pour se couvrir de feuilles/fleurs. Là du coup, c’est pas très varié comme végétation… Plein d’oiseaux par contre sur ce sentier, beaucoup de marins, type « rapace » ou « pêcheur ».

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On assiste au déjeuner des pélicans et leur façon impressionnante à la fois de voler au ras de l’eau et de plonger brutalement en pic dans une eau à à peine 1m de profondeur.

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Les plages sont quasi vides, l’eau superbe (et chaude!!!), mais le sable, s’il est fin, n’est pas blanc (ça, c’est Séb qui râle). Il fait tellement chaud que se baigner est à peine rafraichissant… On profite de ces belles petites plages, des miradors et on accède à la principale, dans une grande anse protégée, magnifique. Un peu plus de monde, mais c’est tellement grand qu’on ne peut pas dire qu’on se marche dessus.

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Baignade, bronzette, sieste, bref récupération de la nuit pourrie! Et oui, ce soir, c’est le 31… On pensait aller faire la fête à Montañita justement, mais le trajet trop long (1h30) et les horaires de bus impossibles finissent par nous décourager. On aurait finalement peut être du, parce qu’à Puerto Lopez, il ne se passe rien. Mais rien de chez rien! Ils ont installé des enceintes partout, ça hurle tous les 2 mètres, des écrans géants sur la plage, mais il n’y a…personne. On se prend un cocktail les pieds dans le sable et on est tellement crevés qu’on finit par aller se coucher à 22h, fatigués et dépités du manque d’ambiance. Et oui, parce qu’ils ont du tous aller faire la fête ailleurs, le lendemain par contre, c’est un vrai bordel! La musique braille du son latino à chaque porte, et quand l’électricité saute (ce qui arrive plusieurs fois par jour), pas grave, ils enchainent sur la sono de la voiture ou sur groupe électrogène! Prévoyants quand il s’agit de gros son ces équatoriens.

On part pour Agua Blanca vers midi (trop de pluie le matin), autre site du parc national Machalilla. L’intérêt principal, c’est les ruines de la civilisation Mantaña d’après le guide. 3 cailloux. Genre, sur le plateau du Larzac, les cahutes des bergers, elles sont plus intéressantes. Le vrai intérêt, c’est la forêt sèche de nouveau qu’on traverse pendant une bonne heure avec les explications du guide, les oiseaux, les plantes et leur utilisation, et surtout le lac souffré.
Petit rituel de beauté équatorien: enduisez vous de « boue » thérapeutique sur tout le corps, laissez sécher 20 minutes, c’est bon, vous êtes à point, plongez dans l’eau sulfurée! Ça pue atrocement (oeuf pourri version géante), mais heureusement, ça enlève la boue. On a (encore) oublié de mettre une carte dans l’appareil photo, donc point d’immortalisation sur le blog!
On finit la ballade par le musée du site (3 poteries qui se battent en duel, et dire que c’est une des dernières civilisations pré colombiennes comme les Incas, sont pas franchement au niveau). Autant pour les 5km depuis l’arrêt de bus à l’aller on s’était bien débrouillés (même pas eu besoin de lever le pouce, une voiture s’est arrêtée toute seule), autant on marchera pour le retour. Rentrés à Puerto Lopez, plus le temps passe, plus il y a du monde!!! Mais où étaient donc les gens le 31 au soir? Mystère. Petit coup de stress quand la proprio de l’hôtel par qui on était passé pour réserver notre journée du lendemain nous accueille en nous disant qu’en fait il n’y a plus de place, et cela, dans toutes les agences de la ville, trop de monde en ce début d’année. Enfer et damnation. On part quand même tenter notre chance avec les agences du front de mer. 2 agences, 2 excursions proposées. Bon, ou elle y a mis de la mauvaise volonté, ou ils ont eu des désistements, mais dans les 2 cas, ça nous arrange bien! Re-cocktail sur la plage pour fêter ça (on y prendrait presque goût). Et on continue notre régime « produits de la mer+fruits » entamés depuis notre arrivée sur la côte.

Le lendemain, bateau pour l’Isla de la Plata, aussi appelée Galapagos du pauvre. Et oui, les vraies Galapagos, ça sera pour quand on sera vieux et riches, parce que 1500€/personnes/semaine, ça fait mal. On aura le modèle réduit pour la modique somme de 35$! Une heure de bateau plus tard (qui ne réussira pas à tous ses passagers, pas nous heureusement), débarquement sur l’île. Le petit fait intéressant: les colons espagnols l’ont nommé l’ile de la Plata (=argent) à cause du reflet de ses côtes depuis le bateau. De près, ce sont en fait les excréments d’oiseaux qui rendent l’ile aussi blanche… Il fait une chaleur torride, mais pas de nuages (enfin!) aujourd’hui. Quand la brise ne souffle pas, c’est presque étouffant. Cette île est un vrai HLM à oiseaux, ça grouille de partout. A l’arrivée, nombreux pélicans qui pêchent, accompagnés de frégates un peu plus haut. Lors de la balade, la vraie attraction, c’est l’espèce endémique à cette île et aux Galapagos: le fous à pieds bleus.

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Pas doué, l’animal ayant besoin d’espace pour sa parade nuptiale et les alentours étant très broussailleux, il met son nid sur les sentiers. 1ere fois qu’on voit des oiseaux sauvages d’aussi près, même pas 1 mètre, en train de couver ou avec leurs petits, on ne peut pas dire qu’ils soient farouches! C’est la période des éclosions, pleins d’oisillons partout. Étrange, c’est un oiseau qui abandonne très facilement ses oeufs, alors qu’il n’en fait qu’entre 1 et 3 par an. On trouve donc des nids avec oeufs laissés pour compte un peu partout.

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On observe également des fous de Nazca, beaucoup plus gros et moins colorés, mais tout aussi peu farouches.

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Les fous à pattes rouges, on les verra en vol uniquement, ils nichent plus près des falaises. Enfin, les frégates sont installés à une concentration impressionnante dans les rares arbres proches des falaises, des vrais HLM! Beaucoup de jeunes, peu de mâles adultes (le connu, celui qui est noir avec une poche rouge sous le cou qu’il gonfle pour séduire les dames).

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L’île en elle même est très belle, une belle côte découpée, une eau émeraude, et de la forêt sèche désespérément en attente de saison des pluies pour reverdir.

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Après ce beau tour sur terre, retour sur le bateau pour l’exploration sous marine en snorkelling. On ne s’y attendait pas et c’est une surprise, voici venu le temps des HLM à poissons! Il y en a partout et très diversifiés. Les fonds sous marins près de la côte sont très corailleux, et regorgent de poissons multicolores, peu farouches aussi. De belles étoiles de mer lavandes, des poissons qui ressemblent à des grenades, d’autres à des serpents, il y en a pour tous les gouts. Et des tortues vertes assez balèses aussi.

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Elles viennent quémander les restes de fruit du déjeuner autour du bateau, pas effrayées non plus. Bref, un vrai zoo à ciel ouvert cette île! Bon, pas de baleines (c’est pas la saison) et pas de dauphins (ou en tout cas on les a pas vu). Mais sinon, c’était tip top!

Une histoire d’amour avec les moustiques

On quitte Baños, direction l’Amazonie.
A peine 60km pour rejoindre la « porte » de celle-ci, Puyo,et l’ambiance est déjà totalement différente. La température augmente, la végétation devient luxuriante, et le taux d’humidité explose! C’est la première étape pour y découvrir le jardin des orchidées (le reste de la ville ne présentant aucun intérêt, comme toutes les villes d’Amazonie). Il ne s’agit pas vraiment d’un jardin, mais plutôt d’un morceau de forêt de plusieurs hectares, replanté par un local passionné de botanique voilà un quart de siècle. En arrivant on trouve porte close… on est le 25 décembre! Notre chauffeur de taxi appelle le numéro, en fait c’est bien ouvert mais le proprio était déjà avec un groupe. Car finalement on a droit à une visite guidée qui se révèle être passionnante.
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On voit des palmiers pleins d’épines, des feuilles qui sentent l’ail, la citronnelle, ont le goût de cannelle, résistent au feu, servent aux constructions des maisons, à la cuisson des poissons… Et surtout seraient pleines de vertus médicinales. On a l’impression de se balader dans une pharmacie: celle-ci soigne le diabète, celle-ci aide l’accouchement, celle-là guérit les calculs, celle-là…le cancer (?!). Ce ne sera en tout cas pas la dernière fois que nous entendrons parler de ces vertus anti-cancéreuses de certaines plantes, de nombreuses personnes le soutiennent coûte que coûte! Le « jardin » contient de nombreuses essences d’arbres et plantes de toute l’Amazonie, dont certaines très rares (acajou,…). Et surtout… des orchidées!
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Il y en a de toutes les sortes, des vertes, des colorées, des striées et beaucoup sont minuscules. Quand on dit minuscules, c’est qu’il faut les observer à la loupe, elles font entre 3 et 5 mm! Ce jardin est extrêmement diversifié, car son propriétaire étant parti de rien (la forêt primaire avait été rasée sur ce lieu pour les cultures), il s’est permis de replanter tout ce qu’il voulait!
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Après 2h de visite très agréables, nous remercions notre guide de ces nombreuses explications, et reprenons le bus pour Tena, autre entrée de l’Amazonie, à 2h30 de là.

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Pour vous mesdames, si vous n’avez plus de rouge à lèvres la fleur miracle existe

Idem que Puyo, moche, sale, bruyant, mais la vue depuis l’hôtel, excentré et en hauteur, compense bien tout ça.

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Après de nombreuses réflexions sur le programme à venir, on finit par planifier une descente en rafting sur un des rios amazoniens alentour, et une excursion de 2 jours dans la forêt ensuite.
Première expérience de rafting pour nous deux, et une grande réussite! On démarre sur les contreforts des Andes direction la plaine, pas beaucoup d’eau d’après le guide, mais ça descend déjà bien. Il met une super ambiance, nous fait prendre toutes les vagues qu’il peut, on est trempés, Séb se fait balancer à l’eau comme un bleu par le guide, bref un bon moment! Et les paysages autour valent le coup de la balade, malgré la météo mitigée. Oui, c’est censé être la saison sèche en Amazonie…Il ne pleut qu’une fois par heure quoi! Ça a le mérite de rafraichir un peu l’atmosphère totalement saturée d’humidité! Et puis dans l’eau, au moins on est déjà mouillés, alors bon!

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Départ le lendemain avec  notre guide et hôte Juan (qui parle français!) pour notre premier jour en « vraie » forêt. Bon, ça commence bien, on devait faire 5h de marche, il pleut des trombes d’eau… Changement de programme, on va d’abord déposer nos affaires au lodge où on va dormir, uniquement accessible en lanchas et on fera une ballade depuis là bas, en espérant que la pluie se calme. C’est effectivement le cas et on se rend vite compte que de toute façon, la forêt est tellement dense, qu’on ne se rend même pas compte s’il pleut ou pas, ça ne nous atteint pas! Après une petite demi heure en forêt secondaire (habitée et modifiée par les hommes), on rejoint la forêt primaire.

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La végétation est incroyablement dense et luxuriante, le chemin parfois redégagé à la machette par Juan, la progression lente et la température qui augmente nous fait perdre quelques litres d’eau. Juan est un vrai passionné, surtout d’ornithologie, on a de la chance.

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On croise plusieurs colonies de perroquets qui squatte la canopée des arbres (tout en haut quoi!), observable uniquement à la jumelle, la hauteur classique des arbres étant de 30-40 mètres. Plein d’autres types d’oiseaux croisent notre chemin, dont malheureusement, les non initiés que nous sommes oublient aussi vite le nom qu’on leur a dit…

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Ce qui marque surtout, c’est le boucan qui règne ici!!! Entre le grésillement permanent du aux insectes et les nombreux cris des oiseaux, c’est un vrai vacarme. Des insectes d’ailleurs, ça grouille! Entre le mille pattes géant « cuirassé » à côté duquel le notre fait vraiment petit joueur, et les fourmis géantes que si elles te mordent, tu es malade 24 heures, on fait attention à où on pose les bottes et les mains. Ah oui, parce que la forêt, c’est un champ de boue, bottes obligatoires… La vue de notre stop du midi est superbe et on y rencontre un habitant surprise, un paresseux.

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Une espèce difficilement visible et d’autant plus qu’ici c’est une variété particulière: tout petit (il tiendrait dans la main!) et avec une seule griffe. A croire qu’il nous attendait pour déjeuner! Des colibris viennent également voir ce qu’on fait par là, des rapaces surveillent la zone en cercles au dessus de nous… Bref, on est pas seuls. Plusieurs arbres aux vertus médicinales intéressantes également, comme le « sang du dragon ». La sève est rouge comme du sang, mais appliquée sur la peau, elle se transforme en crème réparatrice.

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Sieste l’après midi et on repart la nuit tombée à la frontale pour observer le plus…grouillant, les insectes. Ça commence bien avec la mygale « domestique » du lodge, qui sort tous les soirs se mettre sous le toit de l’endroit des repas. Génial. Nous aurons aussi l’extrême privilège de croiser nos autres amies les araignées, au choix, multicolores, gros ventres, poilues, longues pattes, géantes… Mais également, scorpion, sauterelle géante, criquet géant… Ça croustille de partout.

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Des petites grenouilles vertes fluos le long des mares, pour changer des rouges vénéneuses croisées de jour. Et ça ne nous coupe même pas l’appétit! Le lodge est de plus pour nous deux uniquement, tous les autres touristes sont partis. Grand luxe, on a notre chambre à nous avec salle de bain privée et même eau chaude!!!
Levés aux aurores le lendemain pour aller observer d’autres types d’oiseaux de l’autre coté du rio où se situe le lodge. La chance est avec nous, on commence par voir une loutre en plein petit déjeuner de poisson en montant dans la pirogue! Pas facile à voir a priori. Les oiseaux sont plus « aquatiques » ce matin, des hérons, cormorans et plein de petits dont les noms sont rapidement oubliés… Et aussi des petits singes qui jouent dans les hauteurs des arbres!

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On en verra plus en fin de matinée dans l’île aux singes, plus loin sur le rio. Pas farouches, même plutôt agressifs, pas le droit de débarquer sur l’île, ils sont très territoriaux! On part ensuite au centre de sauvetage des animaux installé plus loin sur ce même rio. Très intéressant, Séb tombe amoureux des ocelots et veut ramener un pote à Silka…

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Ils ne seront malheureusement (pour la plupart des animaux) jamais remis dans la nature, car ou mutilés par l’homme (ailes coupées ou cassées des perruches et perroquets, toucans) ou trop apprivoisés (singes et ocelots!). Oui, il parait que ça s’achète 15$ au marché noir un ocelot, pas cher le gros chat… Egalement des pécaris (le sanglier local) qui prolifèrent en trop grand nombre et des agoutis (le lapin local), les tapirs étant partis faire la sieste, on ne les verra pas. Ce qui ressort assez tristement malheureusement de cette visite, c’est que suite la plupart du temps à des bêtises humaines, ces animaux finiront leurs jours dans ce centre, devenus totalement inaptes à la vie en liberté.

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Pause déjeuner avec baignade dans un plus petit rio moins agité (il était temps, quelle chaleur!!!). La fin d’après midi est moins « nature », plus humaine. On part dans un village où on visite successivement 3 familles: une pour découvrir le mode de fabrication des céramiques traditionnelles, une pour la fabrication d’objets à partir du bois de balsa (très répandu ici) et la dernière (imprévue!) pour…gouter l’alcool quechua local! Atroce. Pas autant que l’airag mongol, mais on s’en approche. La chicha, alcool de manioc (maché par les femmes, craché, puis fermenté plusieurs jours), ne peut malheureusement pas se refuser sous peine de vexer la famille de notre « chauffeur » de pirogue, donc on tente tant bien que mal de finir notre verre, tandis qu’eux s’enfilent leur litre. Seb finira, moi pas, tant pis, je serais la femmelette du groupe. Un dernier passage (enchanteur!) par la « maison des papillons » où prolifèrent 16 différentes espèces superbes, bien plus faciles à prendre en photo dans cette immense serre que dans la nature!

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Les immenses « yeux de hibou » sont particulièrement impressionnants, selon l’angle sous lequel on les regarde, ils présentent ou une tête de serpent ou un hibou.

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Des couleurs partout, toutes les formes et tailles, même les chrysalides sont superbes.

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Retour en pirogue à notre point de départ, c’est la fin de cette découverte, malheureusement sommaire, de la forêt amazonienne. On ramène quand même plein de souvenirs: des piqures de moustiques et de puces, en veux tu, en voilà!!! Et oui, même les multiples couches crème solaire/répulsif n’auront pas eu raison de ces gentils insectes. On aurait préféré ramener autre chose…