Dans le grand bain

Après cette éprouvante ascension, repos bien mérité à Baños. Notre guide étant de là bas, il nous dépose même au pied de l’hôtel! On est un peu décalés, debout depuis 22h30, petit déj à 11h après le retour du Cotopaxi, 13h à l’hôtel. Pas franchement envie de dormir, pas franchement envie de bouger non plus, que faire?
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Procession de noël vu depuis le balcon de la chambre : en Equateur on aime bien mixer religieux et païen

Fort heureusement, Baños porte bien son nom et dispose de nombreuses thermes! Direction les eaux thermales de la Virgen, au pied d’une belle cascade, sur le contrefort d’une des collines entourant la ville. Bon, on le savait, il ne fallait pas s’attendre à des eaux cristallines. On en est loin, l’eau vient du volcan Tungurahua qui surplombe la ville (et la recouvre régulièrement de cendres…) et est très chargée en souffre, magnésium, fer et autres. En clair, c’est marron et plein de particules! Mais c’est chauuuud… Les bains montent jusqu’à 40°, parfait comme gradient thermique dans la journée (-15°/40°)! On essaie la technique de Séb anti-courbatures: bain à 40° puis douche froide dans la cascade. Bon. C’est violent. Le bain à 40° tout seul, c’est pas mal aussi! On reste là à se prélasser un moment, puis la fatigue venant, on va se reposer un peu avant une pizza récupératrice (la nourriture des sportifs!) et un bon dodo.

On se sent étrangement en forme le lendemain pour une petite virée vélo. La technique de la douche écossaise ne fonctionnerait donc pas si mal que ça! On recroise Francisco dans l’agence où il travaille aussi à Baños et on loue des vélos pour faire la ruta de las cascadas (pas besoin de traduction, ça semble assez clair?), une petite vingtaine de km en descente jusqu’à Rio Verde.
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En quittant la ville, encaissée dans sa cuvette de montagnes, on apprécie mieux le volcan Tungurahua qui forme un de ces cotés. Considéré comme un des plus actifs du pays, ça doit quand même donner l’impression d’être sur une cocotte minute quand on y vit… La route est belle et finalement moins fréquentée que ce qu’on craignait. Des cascades se succèdent tout du long, avec également des tarabitas, moyen de transport inventé par les incas pour passer d’une rive à l’autre. Il s’agit d’une genre de nacelle où on tient debout à quelques personnes (ou à une vache!) et qui file le long d’un cable, à l’image d’une tyrolienne. Tyroliennes, d’ailleurs, qui sont pléthores dans le coin, ça semble à la mode pour faire frissonner le touriste!
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La surprise du moment: on entend un grand « bonjour » en arrivant à la cascade d’Agoyan, et qui voilà derrière nous? Notre petit couple d’autrichiens, rencontrés à Quito au sommet du Rucu Pichincha, et recroisés en montant à l’Illiniza Norte! Ils nous suivent!!! Ils ont fait l’ascension du Cotopaxi la veille de nous et sont également arrivés au sommet, sans neige et sans vent, un peu plus chanceux, mais ils confirment que ça n’a pas été de la tarte non plus. C’est vraiment sympa de les recroiser, alors cette fois ci on fait les choses bien, on échange les mails et on se donne rdv pour une bière ce soir!
La cascade finale de la route est aussi la plus impressionnante, le paillon del diablo ou chaudron du diable. La vasque étant très encaissée, le débit de la cascade important, ça bouillonne du tonnerre là dedans! On se fait bien tremper pour accéder à la cascade, mais ça vaut le coup! Une camionnette nous prend au retour avec les vélos pour rentrer (et oui, le retour, ça monte!!), après une bonne heure d’attente pour qu’elle se remplisse… L’expérience des bains nous ayant bien plu, on se dit qu’on va renouveler, et manque de bol, ça ferme plus tôt aujourd’hui, raté…
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On retrouve le soir nos autrichiens, qui sont venus accompagner de 2 allemands (qu’on avait aussi croisé à l’Illiniza Norte!!!), s’étant retrouvés dans la chambre à coté d’eux dans leur hotel! L’équateur, c’est pas très grand. Ca fait du bien de sortir un peu, papoter (en anglais, et oui…), boire quelques bières et mojitos pour changer!
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Le lendemain, on part pour un petit tour dans les hauteurs de Baños pour mieux apprécier la vue des différents miradors. Au début tout va bien, on accède sans souci au mirador de la Virgen (belle vue, mais une horreur de statue!). Et puis forcément, comme d’habitude, on marche sans faire attention au chemin, et puis ça se met à grimper vraiment, et puis voilà comment on arrive au sommet de façon involontaire! Bon, la vue en vaut la peine, les alentours sont très ruraux, la vue sur le Tungurahua ennuagé sympa, mais on avait pas prévu ça pour nos jambes. Et on se rend compte qu’on est encore bien cassés de l’ascension. On fait du coup une boucle bien plus grande, détour par un café accroché au flanc de la montagne au dessus de la ville (le cafe del cielo, il porte bien son nom), et retour par un autre chemin à l’hôtel.
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On aura marché le double de prévu, on s’est dépéché pour arriver aux bains avant la fermeture sauf que…l’horaire de la veille s’était exceptionnel, et que là, ils vont fermer en fait!!! Grises mines. Bon, on ne vas pas rester comme ça, hop, dans un taxi, direction les autres thermes, les bains du Salado, ceux là étant censés être ouverts. Victoire, c’est bien le cas! Ces bains sont plus encaissés encore, l’eau encore plus colorée et « épaisse » et les variations de température plus importantes. Impossible de se rincer correctement ensuite, le savon refuse de mousser et ça tinte même les maillots tellement l’eau est marron. Étrange phénomène que cette eau volcanique! Enfin, pour la modique somme de 2$, on peut dire qu’on passe vraiment un bon moment à chaque fois!
Ce soir, c’est le réveillon de Noël, pas tout à fait comme les autres cette année. Il faut quelque chose de spécial pour le célébrer dignement! Quoi de mieux qu’une « petite » fondue au bistrot suisse du coin pour être au top des paradoxes? On s’empiffre de fromage à souhait et on enchaine même sur la fondue au chocolat (quoi, c’est dans la continuité, c’est suisse aussi?!). Un vrai repas de Noël: trop mangé, bien arrosé de vin chilien, et des trombes d’eau qui tombent dehors! On croise les allemands qui ont décidé de nous suivre dans notre idée et se sont engloutis une fondue également… Après papotages, il est temps de tenter une sortie sous l’eau pour rentrer, et voilà, il est minuit, Joyeux Noël!

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Objectif Cotopaxi

Maintenant, on peut vous le dire, les randos précédentes avaient un double objectif :
– se faire plaisir en faisant un peu d’exercice après un Mexique très « gastronomique » et en découvrant des paysages montagneux dans plein d’endroits
– s’acclimater pour le Cotopaxi!

Mais pourquoi le Cotopaxi? Parce que c’est un peu la vision du volcan idéal : un cône parfait, serti de glaciers en son sommet, autour d’un cratère (ce n’est pas le cas de tous les volcans comme on pourrait le croire) des fumeroles visibles d’en haut et une altitude de 5897m qui fait un peu rêver. Mais aussi, un sommet « facile » (nos commentaires sur l’adjectif à venir…) : aucune connaissance technique ni expérience n’est requise en théorie.
Donc au retour des Illizinas vues précédemment (en se trompant de bus pour rentrer) le vendredi, on planifie une journée de repos le samedi, car mine de rien depuis l’arrivée en Équateur, on n’arrête pas de marcher. Journée dédiée à prendre son temps, flâner un peu dans la ville et préparer le reste du séjour parce que c’est bientôt les fêtes ici aussi et que tout risque d’être fermé ou surbooké.

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Samedi donc, direction le centre pour la visite du couvent franciscain de Quito (qui serait le plus grand couvent des Amériques). Ce qui choque sur le trajet : le monde dans les rues! Le samedi le centre est littéralement bondé. Paradoxalement beaucoup de commerces sont fermés (???).
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Le couvent donc, avec une magnifique église couverte d’or à l’intérieur.
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Une fois sortis, direction le bureau de vente de ticket de bus (chaque compagnie à la sienne à la différence du Mexique) vers notre destination du nouvel an (surprise…). Une fois arrivés sous une pluie battante (qu’est ce que ça doit être pendant la saison des pluies…), on le trouve… fermé. Puisqu’on n’est pas sensés repasser par Quito avant le départ, mais qu’on a pas envie non plus de faire 2 heures A/R vers le terminal Sud pour les acheter, on verra sur Internet. Sauf qu’on découvrira une fois rentrés qu’il n’y a pas de vente sur Internet! Le plan galère… Direction ensuite la Mariscal, le quartier « touristique » de Quito où logent la majorité des touristes. Et ça change complètement : une architecture totalement moderne, des cafés, bars, restos (et des touristes!) partout. Rien à y voir, c’est vraiment le quartier récent pour sortir, se poser dans un café, faire ses achats et planifier son voyage (des agences au coude à coude dans les rues!)

Dimanche matin, grand départ, on rencontre notre guide Francisco, qui parle peu anglais, mais très sympa. Un des français de l’agence par laquelle nous sommes passés est là également et nous tire une belle épine du pied en nous proposant de nous acheter nos billets de bus pour le nouvel an… Bonne nouvelle! Direction le parc du national du Cotopaxi. Au programme : arrivée à l’aire de camping situé à 3900m (le refuge à 4900 étant fermé) où il pleut, on plante la tente, on tente d’apprivoiser les chevaux sauvages autour du camping, on essaie le matériel, puis sommeil (ou plutôt repos) à partir de 17h-18h pour un lever vers 22H, qu’on a raté car mauvais réveil, 22H45 donc, pour un petit déjeuner sommaire.

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Sur le camping c’est la surprise : il y a foule! A l’agence, on nous a dit que « ce n’était pas le Mont Blanc », qu’il y avait peu de monde, mais là on voit une trentaine de personnes toutes équipées qui vont donc tenter l’ascension. Si on rajoute les guides ça fait du monde!
Départ sur la piste défoncée vers le parking situé à 4600m (en bons derniers à 00h15) d’où on commence à monter. D’abord vers le refuge, où il y a déjà de la neige et on l’on commence à dépasser les gros groupes, puis 20-30 min après l’avoir passé on chausse les crampons et l’on s’encorde : Francisco devant, Delphine juste derrière et moi une petite dizaine de mètre après. Une heure plus tard environ, on se rend compte que ça ne va pas être facile : il y a beaucoup de neige, Francisco nous dira plus tard qu’il a pas mal neigé la journée précédente et que les conditions sont difficiles, mais aussi la pente qui est assez forte par endroit. On avance donc, on croise des groupes qui font déjà demi-tour, la neige et la pente nous épuisent, surtout que notre guide fait sa trace et avance assez fort vu le nombre de groupes qu’on rattrape. Au milieu de l’ascension (alors qu’on pensait être presque arrivés!), le vent se lève et se révèle être fort, on commence chacun de notre côté à douter de nos forces, on pense plusieurs fois à faire demi-tour, car la pente se durcit, la neige reste molle (2 pas en avant et un pas en arrière) et le vent se renforce. Ce qui est frustrant, c’est que le fait de le faire de nuit, on ne voit pas grand chose, peu de relief si ce n’est les quelques crevasses et séracs qu’on passe et donc on ne sait pas où on en est. Aucune idée de la distance au sommet hormis les indications de Francisco, qui conserve un rythme plus régulier qu’une horloge sans effort apparent… De plus nos chaussures, des coques plastiques, nous font un mal de chien, et à plusieurs reprises chacun de notre côté, on se sent mal avec limite la nausée.

Enfin le jour se lève (vers 6h) et on peut voir notre situation : largement au dessus de la mer de nuage, une vue magnifique, mais toujours pas le sommet en vue! De plus le vent se renforçant toujours, on commence à avoir froid. Là ça sent l’échec. Delphine discute avec le guide, lui dit qu’elle est épuisée, de mon côté je n’ai pas eu l’occasion de parler, mais je ne faisait pas le fier non plus, loin de là… Francisco prend les choses en main, motive Delphine, l’aide un peu dans les 2 murs les plus raides que nous avons à passer et enfin nous arrivons au sommet à 5897m à 6h45! Nous sommes littéralement épuisés mais quel bonheur et quelle émotion! La vue sur le cratère et les alentours et époustouflante, 2e sommet de l’Équateur oblige!

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On ne sait pas si c’est ça l’ivresse des montagnes, mais on ne sait plus bien si on pleure ou si on rit, un peu en transe!!! On met chacun nos doudounes, on se félicite entre ascensionnistes, quelques photos, et on redescend aussi vite, car le vent souffle fort ce qui renforce la sensation de froid, et les nuages commencent à arriver.

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La descente, très rapide dans la poudreuse, est très éprouvante, on regrette une bonne vieille paire de skis! Nos pieds nous font souffrir, nos jambes ont beaucoup de mal à nous porter et le temps se gâte au fur et à mesure que l’on se rapproche de la fin. Nous arrivons au parking sous la pluie aux alentours de 9h, exténués mais fiers de nous. On a enfin une vue sur le parc en bas qui est de toute beauté, Francisco faisant même un petit détour sur le retour pour nous montrer la laguna de Limpiopungo, cachée au pieds des collines avec ses chevaux sauvages autour. Le temps de rentrer au camping pour plier la tente (trempée), de ranger nos affaires, direction Baños, prochaine étape. Francisco étant de là bas, il nous y emmène directement ce qui nous arrange fortement! D’ailleurs, nous sommes tellement épuisés que nous nous endormons sur la route, mais lui aussi étant nase (il a fait le Chimborazo 6310m la veille de nous emmener au Cotipaxi!), il s’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence et dort un peu avant de nous ramener directement à notre Hostal en début d’après-midi. Quelle(s) journée(s)!

On se rend surtout compte de notre chance : malgré des conditions loin d’être optimales, nous sommes arrivé en haut, alors que d’après ce que nous avons vu moins d’un tiers de ceux qui ont essayé y sont parvenus cette nuit là. Bref, le sommet décrit (sur le routard et Internet) comme facile pouvant être fait par n’importe qui, et bien on en a un autre opinion. Clairement seuls ceux avec une grosse condition physique et une excellente acclimatation sont parvenus au sommet, malgré l’absence de difficulté technique. Nous, on s’en sort avec des énormes bleus aux tibias/ampoules/écorchures suite aux chaussures toutes pourries, mais ça reste quand même l’effort le plus important qu’on est jamais réalisé. On est vraiment allé au bout de nos possibilités!

Et la récompense à Baños, les thermes… A 1850m d’altitude, c’est une petite station thermale avec plusieurs bains souffrés qui vont du frais au brûlant et qui nous font un bien fou en cette fin de journée éprouvante!

En marche sur les Volcans

Après un trajet de 2 heures en bus depuis Quito (2$, c’est pas cher les bus en Equateur!) pour faire une distance ridicule à vol d’oiseau, nous voilà dans le Nord à Otavalo, ville connue pour son marché d’artisanat local (beaucoup de textiles des indiens Quechua) et sa foire aux bestiaux du samedi. Il semblerait que la vente de cochons d’Inde à la criée fasse fantasmer le touriste… On imagine le vacarme!
Arrivés assez tardivement, nous nous levons un peu tard par rapport à l’habitude, étant donné que notre objectif était d’aller au sommet de l’Imbabura. Ce volcan, sacré pour les indiens de la région d’Otavalo fait l’objet d’une bien jolie légende indienne, où il serait la montagne « père » faisant face à sa compagne la montagne « mère ». Les jours où celle-ci est couverte de neige, l’Imbabura serait venu lui rendre visite dans la nuit… Mais toujours est-il que pour s’y rendre, il faut d’abord passer par Ibarra, puis aller jusqu’au village au pied du volcan, La Esperanza. Un peu d’organisation nécessaire donc. La question est vite réglée étant donné qu’à peine levés, on se rend compte que la météo n’est pas franchement au beau fixe… Plutôt carrément moche, genre tout gris limite pluvieux. Bon, on va pas se plaindre, c’est la première fois du voyage que la météo contrarie vraiment nos plans! Toujours est-il que pour cette ascension, c’est mort pour le lendemain si la météo se maintient.
Action, réaction. Le gérant de l’hostel où on a passé la nuit nous propose un programme alternatif: l’ascension du Fuya-fuya et les lagunes de Mojanda. Il est tellement sympathique et enthousiaste, qu’on ne réfléchit même pas trop longtemps, c’est vendu! Il a vu notre dépit au vu de la météo et nous a vite rassuré d’un « Tranquile! » En gros, ici, la météo change toutes les 2 minutes et faut pas s’en faire. Une camionnetta passe nous chercher 30 minutes après devant l’hotel, direction les lagunas, à une vingtaine de km d’Otavalo.

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La route pavée nous amène directement au coeur de ce site superbe. Trois lacs (dont un principal) comblent un ancien cratère de volcan, énorme, formé il y a de cela 200000 ans par une explosion « plinienne ». Pour les incultes qui comme moi n’ont absolument aucune idée de ce que c’est: en gros, il y a tellement de pression dans le volcan que ça finit par exploser, comme à Pompéï, dont la destruction par le Vésuve a été racontée par…je vous le donne en mille, Pline! C’était la minute culturelle. En vrai, juste, c’est magnifique. On pourrait presque dire que les nuages rajoutent du charme et du mystère à l’endroit (petite pensée pour l’Islande et ces nombreux paysages « mystérieux »…). Le Fuya Fuya, c’est un des sommets autour des lagunas, qui culmine à 4260m. Bon , comme d’hab, on fait pas gaffe au chemin qu’on prend en démarrant, du coup on commence à faire le tour de la laguna. Au bout de 20 minutes, prise de conscience, ça monte pas franchement assez pour aller sur un sommet…Demi tour et rattrapage du bon chemin, qui lui, grimpe sec! Vue superbe tout au long de la montée, par contre au point culminant, c’est la cata, ça se met à souffler avec une pluie glaciale, autant dire que heureusement qu’on avait profité du panorama autour pendant la montée…

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Petite promenade sur l’autre rive du lac en attendant notre camionetta de retour, avec observation de la flore locale, très originale à nos yeux d’européens. Les collines alentours sont couvertes de « paramo », des sortes d’énormes touffes d’herbes qui forment le paysage typique d’une bonne partie des plateaux équatoriens, le tout agrémenté de belles fleurs. On a même droit à la rencontre d’un habitant local, qu’on suppose être un renard des Andes d’après notre ami Google. Pas farouche la bête, elle joue la star de l’objectif.

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De retour sur Otavalo, on en profite pour faire un tour dans la ville et son marché de textiles ultra colorés. Les indiens de cette région portent toujours les costumes traditionnels, très élégants. Les femmes ont une longue jupe bleue marine fendue sur une autre jupe blanche, avec un haut en dentelle et des rangées de perles dorées autour du cou. Elles sont toutes coiffées d’une longue natte avec un châle noué sur les épaules. Les hommes ne sont pas en reste, également tous avec une longue natte et chapeau obligatoire. Et tout le monde en espadrilles locales! On repart de cette ville enchantés, retour sur Quito en bus et repos pour la soirée.

Enthousiasmés par cette petite expédition, direction un autre groupe de volcans le lendemain: les Illinizas. Partie intégrante d’une réserve naturelle, ce sont deux pics qui se font face, le sud enneigé et le nord rocailleux (c’est pas logique, mais c’est comme ça, c’est l’Equateur…) On décide de se rendre au refuge d’altitude (4700m) qui se trouve au pied des deux pour y passer la nuit et continuer l’acclimatation. Il faut être motivé pour s’y rendre… Un bus urbain pour rejoindre le terminal de bus sud de Quito, un bus interprovincial pour rejoindre un premier bled, un bus local pour rejoindre un deuxième bled, et enfin une camionnetta pour nous emmener au départ du chemin qui mène au refuge!!! C’est franchement l’expé, mais tout ça fait partie du dépaysement, se retrouver dans le bus local qui se transforme en bus scolaire à la sortie des cours, c’est assez marrant. Là où ça se gâte, c’est qu’une fois de plus le temps n’est pas avec nous. La montée au refuge est horrible, dans le brouillard des nuages on n’y voit pas à 20 mètres, la pluie intermittente, la température qui descend, le chemin qui n’en finit pas…800m de dénivelé dans ces conditions, on les sent passer! D’ailleurs, arrivés au refuge, bizarrement, on est tous seuls. Sensation assez étrange, paumés dans cette montagne (qu’on ne voit pas), éclairés à la bougie, à tenter de se réchauffer dans le refuge glacé. Oui, parce que normalement, il y a l’eau courante (nan y’a pas en vrai), l’électricité le soir (y’a bien une ampoule mais pas d’interrupteur), le chauffage (bah nan y’a pas de bouteille de gaz dans le poële) et possibilité de manger (on croisera le gardien du refuge seulement à midi le lendemain en redescendant). Bref, on gèle. Après plusieurs tasses de thé et les pâtes les plus infectes de notre vie (heureusement y’avait au moins du gaz pour se faire cuire un truc et on avait pris de quoi manger!), on finit par se sentir un peu mieux et on s’emmitoufle dans les duvets. Dehors, on a droit au coucher du soleil à un bref instant où les nuages se dégagent et où on voit enfin à plus de 20 mètres! Les pics des Illinizas sont splendides, mais ne se laissent pas voir comme ça…

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Le pic Illiniza Norte le lendemain, sous le soleil…

Le climat étant complètement à l’envers ici, la température redevient bien plus agréable dans la nuit, et une pause pipi nocturne (merci les thés…) offre un ciel comme on a rarement l’occasion d’en voir. La frontale est inutile tellement les étoiles brillent, même la lune semble palotte à coté.

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Vue sur le Cotopaxi au petit matin

Après une nuit moyenne, tous ces désagréments sont largement compensés par la vue du petit matin. Les nuages sont redescendus dans la vallée, le panorama alentour est complètement dégagé, la vue sur le volcan Cotopaxi en face fabuleuse. A tel point qu’on se dit que quitte à être là, on va monter en haut de l’Illiniza Norte, puisque personne ne vient nous embêter (ascension autorisée avec guide uniquement normalement). Ça grimpe dur, certains passages sont cotons, plus escalade que rando (un fameux Paseo de la muerte!), mais les vues sont à couper le souffle.

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Il faut jongler avec les aléas des passages nuageux, trouver son chemin parfois dans le brouillard, éviter les quelques tas de neige, mais enfin, on y est, le sommet! Notre premier 5000 s’il vous plait, 5126m très exactement.

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La descente est plus facile, ça aide de connaitre le chemin. On croise un couple bien paumé en redescendant, preuve s’il en faut de la vigilance dont il faut faire preuve dans certains passages. A part un autre randonneur accompagné d’un guide, nous ne croiserons personne. Les vue sur l’Illiniza sud et ses glaciers sont là pour nous accompagner.

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Vue sur L’illiniza Sur, son glacier et sa lagune lors de la descente

Le temps est très dégagé pour redescendre à la camionnetta et nous permet de voir la belle vallée que nous avions seulement deviné à l’aller. Le même parcours du combattant pour rentrer à Quito, on rentre bien vannés, mais on en a pris plein les yeux et on est pas mécontents d’être arrivés en haut comme des grands. On s’offre même le repas à l’auberge tellement on a plus envie de bouger!

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Vue sur la vallée en redescendant des Illinizas vers El Chaupi, meilleure vue que la veille…

Arrivée à la latitude 0

Nous quittons donc Mexico en ce matin de dimanche. Et bien l’arrivée à destination finale n’a pas été de tout repos…
Départ de l’aéroport où c’est franchement le zouk au niveau des comptoirs American Airlines, on nous dit même qu’il faudra refaire un check-in, récupérer et redéposer nos bagages sur place! Décidément AA est définitivement une compagnie à service low cost, même si le vol jusqu’à Miami se passe très bien. On arrive tout étonnés qu’il faille prendre une navette pour aller à l’immigration (!!!), pour un transfert ça fait bizarre en première approche. Ce qui choque surtout c’est que tout le monde parle espagnol, y compris (et surtout) les employés de l’aéroport, par exemple même au Starbucks, on nous aborde en espagnol! Bref, on ne sent pas vraiment en territoire américain.
Nous récupérons nos bagages et on cherche les tapis pour les redéposer pour le transfert. Après avoir trouvé les fameux tapis, on nous demande si on a un vol AA, on dit oui, mais opéré par LAN, le gars n’a pas l’air de comprendre, je pose mon sac, et là Delphine redemande si c’est bon pour Quito et le bagagiste qui demande à son pote (en espagnol hein, on est à Miami quoi) qui lui, dit… non. Et mer…credi, mon sac est déjà parti, on se dit que ça va être compliqué malgré le « no prrrrroblem » du bagagiste. Après être sortis de l’aéroport, on cherche les comptoirs LAN (qui sont genre 2km plus loin, l’aéroport est énorme!) et  finalement on s’enregistre. L’hôtesse de LAN ne comprend pas pourquoi on nous a dit de poser les bagages ailleurs,  mais nous assure qu’il n’y aura pas de problèmes, d’autant plus que notre vol a 4h de retard… Cool, une journée à l’aéroport sachant qu’on a atterri à 11h et que le suivant  est maintenant à 19h30. Pour nous consoler, elle nous dit que l’on a droit chacun à 20 dollars chez Mc Do… de quoi devenir obèse en somme.
Passant sur les détails de la journée, finalement très reposante, on embarque et là surprise, Delphine a le même numéro de siège qu’un autre passager, idem pour une jeune avec le siège d’à côté. On nous dit de patienter, le vol est plein, ils vont vérifier blablabla, puis après avoir débarqué et rembarqué deux autres passagers, on nous trouve des sièges et on part finalement pour Quito. Enfin!!!!
Arrivés à Quito, on se dit qu’on va enfin pouvoir dormir… Après les formalités, on est finalement sortis après minuit sachant qu’on s’était levés à 5h15 pour le premier vol, mais non! Parce qu’on attend notre chauffeur envoyé par l’auberge, prévenue de notre retard par email et qu’il n’est pas là. Évidemment, l’aéroport de Quito est super loin du centre ville et évidemment à cette heure là, il n’y a plus que des taxis. Les personnes de l’information (extrêmement serviables) à l’arrivée nous aident en passant une annonce et en appelant l’auberge, pour finalement avoir l’info que le chauffeur est venu à l’horaire initial et est reparti, à nous de prendre un taxi ordinaire.
Bref, arrivés à 1h30 du matin, on espère que Quito, ça va être bien.

Et vu qu’à l’aéroport de Miami, on avait envie de tout sauf de se préoccuper de la suite du programme visiblement, on a rien de prévu pour nos 3 semaines sur place en se réveillant. Le point positif, c’est que l’auberge où on a atterri est top, super agréable pour se poser, des jolies petites chambres et tout le monde très sympathique. Beaucoup de français, c’est tenu par un Suisse…
Du coup, notre première journée se résume à tenter de faire un semblant de programme. On passe voir une agence à deux portes de l’auberge (tenue par des français…) pour prendre quelques renseignements sur les différentes choses qu’on pensait faire. Première découverte : il faut être accompagné par un guide pour quasiment tout, trek compris (surtout celui qu’on pensait faire!), car il s’agit de parcs nationaux où tu ne fais pas ce que tu veux… Deuxième découverte: l’Equateur n’est pas le pays le plus sûr du monde! En gros, le gars de l’agence, très bien par ailleurs, nous fait un peu flipper question sécurité (en résumé, tu pars dans des coins reculés en trek, t’es sur de te faire détrousser au moins, au pire…on vous laisse imaginer). La situation s’est bien calmée depuis 3 ans d’après lui, mais il faut rester prudent quand même. Du coup, on est tout dépités, on avait été chercher nos cartes de randos à l’Instituto Geografico Militar de Quito (très pratique!), on avait passé une bonne heure à retracer l’itinéraire (un vrai challenge sur des cartes de 1994 et avec un topo américain) et on ne sait plus quoi faire… Pic de parano ou craintes fondées?
On se dit qu’à force de trop y réfléchir, on finit par ne plus être objectifs et on part s’aérer la tête dans le centre historique de Quito. Une belle ville, à la mauvaise réputation, mais en cours de réhabilitation. On croise des flics à tous les coins de rue, l’endroit semble plutôt calme, mais il est déconseillé de s’y promener de nuit. Évidemment, avec toutes ces réflexions, on est partis quasi au coucher du soleil, mais franchement, on ne se sent pas en insécurité. La vieille ville recèle de beaux monuments disséminés au gré de petites places, un joli tour à pied.

 

La nuit portant conseil, on ne sait toujours pas ce qu’on fait le lendemain. Alors, on repousse le problème en décidant de monter au téléphérique de Quito, on décidera pour le reste dans l’après midi! Ce téléphérique part directement de Quito (2850m) et nous emmène à 4100m grâce à la magie de Poma (cocoricoooo!). Déjà un panorama splendide à l’arrivée. Quito est situé dans ce qui a été surnommé « l’avenue des volcans », le pays étant traversé par une double rangée de cordillère de volcans. C’est ce qui s’appelle être assis sur une bombe!!

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Vue sur quelques uns des volcans depuis le Rucu Pichincha

Depuis l’arrivée du téléphérique, on part à l’assaut du Rucu Pichincha, le volcan éteint auquel on peut accéder en 2 heures de marche. Son petit frère, le Guagua Pichincha, est lui encore actif et lui fait face, n’a pas de téléphérique mais une route quasi jusqu’en haut pour y arriver… Une très belle ballade, le soleil au rendez vous, on arrive à 4696m en T-shirt et en pleine forme après une dernière petite grimpette/escalade. Le panorama est superbe, avec les nuages qui s’élèvent depuis la vallée pour venir lécher les sommets.

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Une sympathique rencontre au sommet du Rucu Pichincha

On rencontre sur le retour un couple d’autrichiens très sympathiques, en voyage post études, qui ne savent pas non plus trop où leurs pas vont les mener en Equateur, mais on va être amener à les recroiser en tout cas! Cette marche a porté conseil, on décide finalement de laisser tomber le trek de 4 jours plus ou moins prévu initialement, et de partir sur un programme plus varié. Direction donc le bus pour Otavalo, dans le Nord, ce soir!

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La vue sur le Guagua Pichincha laisse Séb rêveur

Mexico city

Après être redescendus de la Malinche, nous attrapons un bus pour Mexico city. Arrivés le soir, on trouve où dormir (galère, beaucoup de trucs complets, tant pis, ça sera dortoir!) et allons faire un tour. Les premières impressions :
– C’est grand! mais alors vraiment grand, on voit de la ville sur des kilomètres et des kilomètres (avec les bouchons qui vont avec)
– C’est gris, une couche de pollution énorme
– Les terminaux de bus sont aussi grands que des aéroports!
– Le Zocalo, censé être la plus belle et la grande place du monde, est envahie par des installations en cours de montage. Pas de chance.
– C’est bondé, 20 millions de personnes ça en fait du monde, surtout dans le métro, très vieux qui plus est.

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Une des rues piétonnes de Mexico, bondée…

Le lendemain, direction Pollanco, le quartier chic bordé par un parc, pour découvrir le musée le plus célèbre du Mexique, le musée d’anthropologie. Collection très intéressante surtout la partie sur les Mexicas car il ne reste plus rien (tout a été rasé par les espagnols), mais à force de voir des poteries et des vieilles pierres on sature, la température ambiante n’aidant pas (on a froid), on ressort et on ne va pas au castillo comme prévu. A la place on part à la découverte de la vielle ville et de ses rues piétonnes.

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Le fameux calendrier aztèque (qui n’est pas du tout un calendrier aztèque finalement, si on a bien compris toutes les explications…)

Un détour par un café pour choper la jolie vue sur le musée des beaux arts (avec sa station de métro « parisienne ») qui détonne un peu dans la ville. De beaux bâtiments croisés en chemin, un palais en azulejos (genre de carrelage peint portugais), des patios magnifiques, les décorations de Noël à tous les coins de rue, de multiples églises… Et toujours énormément de monde et de bruit! Les vendeurs de rue haranguent le badaud à pleine voix tous les 2 mètres pour te vendre tout et n’importe quoi! On rentre à l’hostal par une autre partie du quartier où on trouve les ruines aztèques sur lesquelles ont été construites Mexico, toujours en train d’être fouillées.

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Le musée de Bellas Artes

De retour à l’auberge, on retrouve (pour changer)… des français! Ils sont partout!!! L’occasion de prendre une (voir plus) bière en papotant de tout et de rien. Discussion philosophique sur le fait que les chiens qui nous ont suivis à la Malinche seraient des « esprits de la montagne » selon un des convives…

Expédition à Tehotihuacan le jour suivant, à une cinquantaine de kilomètres de Mexico. On traverse en bus une fois de plus de la ville à perte de vue, enfin plutôt ce qui ressemble à du bidonville. Tehotihuacan, c’est un des plus grands sites aztèques du Mexique, immense! Une heure pour le traverser de bout en bout, ça s’étend sur des kilomètres. Les pyramides du soleil et de la lune sont très hautes, offrant une vue aux alentours magnifique. Tout était calculé par rapport aux astres, les alignements, les suppositions mystiques qui en découlaient. Ils avaient un peu la folie des grandeurs ces Aztèques! Enfin on sait maintenant qu’ils se sont plantés sur la date de la fin du monde selon leur calendrier…

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L’immense perspective de Tehotihuacan depuis le temple de la lune

On se fait avoir une fois de plus par le temps, hier on avait trop froid, aujourd’hui, soleil et super chaud, résultat, on crame… Une jolie sortie, dont on ressort assez époustouflés. Le soir, c’est la fête de la vierge de Guadalupe, a priori la plus grosse fête du Mexique (plus encore que celle des morts). Des millions sont censés se rassembler pour la célébrer, on s’attend donc à une ambiance de folie sur la place centrale. Résultat: que dalle. On suppose qu’ils ont été célébrer ça ailleurs, peut être aux basiliques de la vierge dans le nord de la ville, mais en tout cas ici, il ne se passe rien! Du coup, petit resto pour tester les spécialités locales (autres que dans les boui-boui de rue!). Et bien le filet mignon de porc à la tequila et à l’orange, c’est pas mal!

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Une étrange idole à adorer croisée à un coin de rue de la vieille ville…

Envie de calme pour notre dernier jour à Mexico, de quitter ce centre ville surexcité. Direction le quartier de Coyohacan donc, celui de Frida Kalho et Trotsky. Ce quartier des « coyotes » était à la base un village à 10km de Mexico, mais la ville l’a englouti dans ses méandres, on s’y rend donc maintenant en métro. C’est très chic, ça sent la banlieue aisée. Tout est joliment décorée, les portes en fer forgé derrière lesquelles on imagine de superbes haciendas sont impeccables, les gens bien habillés… Ça regorge de petits cafés sympas, de restos de rue le long du marché (hum le bon ceviche…), et même de lieux de découpe de sapins de Noël! On sait pas d’où ils les importent, mais ceux là, ils viennent de loin! Et dispo du meilleur au plus mauvais goût: recouvert de neige rosatre, bleuatre, clignotant…Y’en a pour tous.

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« Tag » croisé dans Coyohacan plutôt original

On quitte ce sympathique quartier où il semble faire bon vivre sans rien « visiter » finalement (la maison de Frida Kalho à plus de 10€ pour voir ses petites culottes bof bof, et la maison de Trotsky fermée!!!).

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Le marché de Coyohacan où on peut à peine lever la tête au risque de se faire assommer par une pinata!

Petit passage sur le chemin du retour pour que Séb se dérouille dans une salle d’escalade, pendant ce temps là, j’ai droit à l’écoute intégrale d’Eminem à fond dans la salle…
Soirée inattendue par la suite. On est invités par une ancienne stagiaire de Saint Gobain avec qui Séb s’entendait bien à une roof top party dans un quartier chic de Mexico. Un vrai repaire d’expatriés français! Ambiance parisienne plus que mexicaine (à part les chips pimentées), c’est assez drôle. Bref, on se marre bien, on rencontre des gens très sympas, de bonnes discussions bien arrosées et on tente désespérément de rentrer pour notre vol tôt le lendemain matin. Désespérément, car certains ont visiblement décidé qu’ils ne souhaitaient pas que nous ayons notre avion! Mais c’est peine perdue, le réveil sonnera bien à 5h du mat’ le lendemain… Direction l’Equateur via Miami!

A l’assaut du volcan

Réveil matinal pour l’expédition du jour: relier le pied du volcan de la Malinche depuis Oaxaca!
5h de bus jusqu’à Puebla sur une route superbe, puis 1h30 de bus ultra pourri jusqu’à Apizaco (les suspensions étaient visiblement en option et ralentir devant les topes une option facultative pour le chauffeur), puis 30 minutes de collectivo jusqu’au camping de la Malintzie. Tout ça, bien sur en essayant de:
– ne pas se perdre dans les terminaux de bus qui ressemblent à des aéroports tellement ils sont immenses
– prendre le bon bus entre la quinzaine qui attend (!)
– descendre au bon endroit (totalement aléatoire!)
– négocier le collectivo (on est arrivés trop tard pour le « normal », du coup on en a eu un privatisé pour nous deux, mais ça pique niveau prix…)

Mais bon, on y est arrivé!!! Le camping est vide, nous sommes les seuls fous à vouloir poser la tente par température négative (à 3100 mètres en Décembre, même au Mexique, ça pique). Seuls les chiens du coin sont là pour nous tenir compagnie! Ils ont aussi bien compris qu’au coin du bon feu de bois qu’on s’était fait, on était bien mieux (et p’tetre même qu’il y a moyen de choper des restes de nourriture en même temps…). C’est bien emmitouflés que nous passons une courte nuit au chaud dans les duvets.

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Pas fou le chien, il sent venir le bon feu de bois…

Réveil: 4h30 (j’ai beau être matinal, j’ai mal). Départ: 5h40 (Séb, le matin, il rame un peu). A la frontale, dans la forêt gelée. Ça grimpe tranquillou au début, puis ça finit par s’énerver jusqu’à l’arrivée timide du soleil. Belle aube à la sortie de la forêt, la vue aux alentours est très claire et vaut déjà le détour. Le soleil est le bienvenu, transis de froid malgré l’effort et l’équipement, il doit faire dans les -10/-15°. Nos compagnons canins de la veille sont accrochés à nos basques, on a une meute d’accompagnement! Excellents ces chiens, bien moins fatigués que nous dans la montée!

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Lever de soleil sur la Malinche, le sommet en ligne de mire!

Ça grimpe de plus en plus, on passe dans des zones de ravines sableuses (un pas en avant, deux pas en arrière…), dans du pierrier, du terrain pas évident avec ce dénivelé… On limite les pauses, trop froid pour s’arrêter longtemps. Et enfin, le sommet! Vue superbe, 4400 mètres, un 360° ultra dégagé. On voit tous les volcans alentours qui émergent des nuages, Puebla en contrebas… Et deux chiens nous ont suivis jusqu’en haut!!! On partage un biscuit (ils l’ont bien mérité!) et on redescend, il fait quand même pas chaud en haut. La température qui monte avec le soleil facilite grandement la descente, les oiseaux commencent à chanter et la végétation à dégeler.

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Happy faces au sommet de la Malinche! Les volcans les plus hauts du Mexique en toile de fond, ciel bleu, soleil!

Au final, retour à 11h30 au camping, on a explosé le temps de parcours prévu! On en a bien plein les pattes, la tente a enfin dégelé, on remballe et hop, dans le bus pour Apizaco, destination finale Mexico city!

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Une dernière gratouille à l’un de nos fidèles compagnons de route!!!!

Oaxaca la ville de la contestation

Arrivés à Oaxaca en bus de nuit, frais et dispo pour Séb, décalquée pour Delphine (comme d’hab, on change pas une équipe qui gagne!)
Une belle ville coloniale, une belle auberge de jeunesse toute propre, une impression globale plutôt positive de prime abord. Le Zocalo est en pleine contestation, est ce temporaire ou permanent, nous ne le saurons pas… Toujours est-il qu’on y trouve une accumulation de tentes, de squats, de slogans revendicateurs anti-gouvernementaux, bref, ici, ça conteste!! Ça n’empêche d’ailleurs pas tout le bazar habituel de s’y installer: vendeurs de rues encore plus qu’ailleurs, de la babiole, de la nourriture, des jus… On découvre d’ailleurs deux nouvelles spécialités très diététiques: la flauta (tortilla roulée en forme de flute frite et garnie de ce que tu veux, mais préférentiellement de fromage) et les molotes (purée de pomme de terre avec du chorizo, le tout frit en forme de vrai patate!). Que du bon pour la ligne. Accroche toi pour trouver des légumes et de l’eau ici…
Après un petit tour de la ville, on part pour Monte Alban, le site de ruines zapothèque du coin. Une position de rêve, en surplomb sur une des collines qui entourent la ville, un panorama magnifique, et un site monumental. Petit coup de coeur personnel pour cet endroit, c’est calme, aéré, et on prend vraiment la mesure d’une « vraie » ville urbanisée du temps de cette civilisation.

 
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De retour dans la ville, c’est Dimanche soir, et autant ce matin c’était désert, autant ça grouille d’animation à présent! Les célébrations de Noël (ou de la vierge de Guadalupe, on est pas bien sûrs) en avance, des processions un peu partout, avec des genres de mannequins géants et des danseuses en tenue traditionnelle sur le son des orchestres de rue. Très chouette, sous un beau soleil couchant, que demander de plus?

 
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La mission du soir par contre, plus compliquée… On cherche désespérément à aller par nos propres moyens dans la Sierra Norte toute proche et seules deux options semblent s’offrir à nous. Payer un tour hors de prix pour avoir le droit de marcher/rouler en VTT/monter à cheval dans la forêt accompagnés par un gugus qui t’explique comment mettre un pied devant l’autre, ou prendre un bus, se pointer dans un village et tenter notre chance. Ça sera la deuxième option!

Du coup, le lendemain, on prend un taxi collectif (mode mexicain, à 6 dedans), et c’est parti pour Ixtlan de Juarez, petit village de montagne de la Sierra Norte, qui nous a été recommandé par l’office de tourisme de Oaxaca, fort sympathique. On aurait du se douter que ça n’allait pas être aussi simple que de descendre du taxi et d’aller marcher dans la montagne… Non, pas au Mexique, ou visiblement, quand tu fais ça, tu es un peu fou! On tente désespérément d’avoir des infos au boui-boui qui sert d’office du tourisme local, mais définitivement, non, ils n’ont pas de carte du coin, non, les chemins ne sont pas marqués, non, il faut aller au parc « d’écotourisme » à coté pour avoir le droit de marcher. Ça commence à nous agacer gentiment leur « écotourisme » qui sert de machine à fric (quand on voit le dépotoir au bord des chemins, eux même tous bitumés dans les parcs pour pouvoir y circuler en voiture, on se pose des questions…). 30 minutes après avoir attendu la fameuse camionetta qui devait nous y emmener (dans 10 minutes), on craque et on se barre pour y aller à pied. Là, il faut connaitre une autre petite particularité mexicaine. Hormis le fait qu’ils semblent visiblement incapables de lire une carte, nous découvrons que la notion de distance est également très variable. Sur leur plan, le site semble à 2 km, 3 km selon l’office de tourisme, le tour qu’on veut faire une fois sur place durerait 2 ou 3 heures selon les divers intéressés interrogés.

 
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Bilan: le site était à 6km, la camionetta nous a rattrapé quand on en avait déjà fait 4 (!), et arrivés sur place, le tour qu’on avait repéré prend 6-8h finalement… C’est à n’y rien comprendre… On finit par dire au gars du parc « NON, on ne veut pas manger (1ère chose qu’il te propose), NON, on ne veut pas rester dormir (2ème chose proposée), on veut juste MARCHER dans la forêt! » Bon gré mal gré, il nous conduit au départ des chemins, et là, démerde toi, tu n’avais qu’à prendre un guide! Sachant que dans sa cahute de la réception, on a vu une carte très précise avec des chemins balisés! Mais comme à l’office du tourisme local, la réponse est « non, non c’est pas bon », parce que le tourisme pour la majorité des mexicains, ça se résume à aller dans une sorte de base de loisir (appelée « national park« !) pour y manger…

 
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Au final on arrive quand même à faire un bon tour au pifomètre dans la forêt mésophile, particularité de cette Sierra, et le temps était de la partie. Une végétation très changeante, un vrai bonheur pour tout botaniste en herbe. Petite déception, pas un piaf, alors que c’est censé regorger de dizaines d’espèces, dont beaucoup autochtones à ce coin… Sur le site, il y avait une énorme grotte, dont la sortie inspirait quelques voies d’escalade en gros toit.
Ensuite, retour à Oaxaca par le même taxi collectif et détour par une salle d’escalade, qui a un pan assez énorme pour que Seb se dérouille, puis dodo, parce que le lendemain lever tôt pour aller à Puebla et rejoindre la Malinche.

Chez les zapatistes (bis)

Après moult réflexions sur notre programme futur, on réserve auprès de notre canadien préféré une excursion aux lagos de Montebello pour le matin suivant. Au programme: la cascade d’El Chiflon (120m de haut), les multiples petits lacs colorés (du violet au vert émeraude, wahouuu) de Montebello, le tout à la frontière du Guatemala, que finalement nous ne verrons que de la rive mexicaine!

Deux bonnes heures de route dans une vallée fertile (nombreuses cultures comme on avait rarement eu l’occasion de voir) plus tard, arrivée à la cascade d’El Chiflon. Rien à redire, magnifique succession de vasques turquoises et de chutes d’hauteurs impressionnantes, ça brumise bien (voir ça trempe). Plus d’un kilomètre pour accéder à la plus haute des cascades, il n’en fallait pas plus pour se retrouver tous seuls sur le site… Et oui, les mexicains, le sport, c’est pas franchement leur truc! Au moins, comme ça, on est tranquilles pour profiter du panorama, superbe.

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Le « voile de la mariée », 120 mètres de haut, ça rafraichit bien!

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On reprend notre collectivo direction les lacs, et là ça se gâte. Le temps déjà, ça se couvre méchamment, genre les nuages bien bas qui te gâchent tout le joli paysage montagneux que tu avais autour. L’addiction des mexicains à la nourriture ensuite, en mode ventres-à-pattes, ils préfèrent aller manger au restaurant (même pas au bord d’un des lacs) pendant plus d’une heure, au lieu de profiter des rares éclaircies et du temps de jour qu’il nous reste. Du coup, on fait nos asociaux pour cette fois là, on avait prévu de quoi faire un pic nic, on les abandonne dans leur restau et on va se poser au bord du lac avec vue sur le Guatemala en face (qui disparait de plus en plus sous sa couche de nuages…)

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Il semblerait que le niveau de l’eau soit un peu haut, c’est le toit de petites maisons qu’on voit derrière les sapins qui ont aussi les pieds dans l’eau…

Le temps que tout le monde soit rassasié, le soleil a déjà bien décliné, et on file vers un premier lac (où un tour en barque était prévu pour aller sur son île), où finalement on ne fera qu’un petit stop le temps de faire mumuse sur les barques, qui sont en fait des radeaux. Les trois petits lacs suivants, sous les nuages épais et le jour déclinant, ne se montrent pas sous leur plus beau jour… Le lac Esmeralda (=émeraude) a un vague air de la mare aux evées bien commun à nos yeux de bellifontains! Mais cet ensemble de lacs entourés de forêts semble fort impressionner notre groupe mexicain et on se dit a posteriori que pour eux, ça ne doit pas être un paysage si banal que ça…

 
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Notre guide Angel, fort sympathique, nous fournit explications et anecdotes sur les particularités du coin. Les habitants d’ici sont a priori en majorité d’origine guatemaltèque, ayant fui leur pays lors de graves répressions sous leur président des années 80. Leurs enfants, nés sur le sol mexicain, ne sont pas pour autant aussi bien intégrés que les petits mexicains d’origine au reste de la population. Et le niveau de pauvreté ici est plus flagrant encore que dans le reste du Chiapas, déjà l’état le plus pauvre du Mexique. Bon, trois heures de route de retour plus tard, on se dit qu’autant de trajet n’en valait pas la chandelle, les conditions n’étaient pas avec nous ce jour là!

Le lendemain, dernier jour à San Cristobal, grasse mat’. On a du temps d’ici le bus de nuit pour Oaxaca le soir, alors on en profite.
Direction San Juan Chamula, petit village indien Tzotzile dans les montagnes au dessus de San Cristobal. Notre collectivo est déjà dépaysant à lui seul, pas un mot d’espagnol n’y est prononcé, tout est en dialecte local (et nous, on fait pas couleur locale, c’est le moins qu’on puisse dire!). Les habitants sont habillés différemment que dans la vallée: tuniques de laine brute noire ou blanche pour les hommes, la même en jupe pour les femmes. L’attrait majeur de San Juan, c’est son église, mi catholique, mi païenne. Toute photo est interdite à l’intérieur, et de base, déconseillée sur les indiens.

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Et à l’intérieur, ça vaut le détour. Essayons de reconstituer la scène. Imaginez une église classique, retirez les bancs et autels, reléguez les au fond de l’église, mettez les statues des saints au mur, tapissez le sol de branches de pin, brûlez beaucoup d’encens, collez des bougies par dizaines au sol jusqu’à ce qu’elles soient entièrement consumées, n’oubliez pas votre poulet pour le désenvoutement et les prières rituelles, et vous y êtes presque. Un joyeux bazar.
On fait un petit tour dans le village, passage par le cimetière bien païen lui aussi, et on reprend le bus vers San Cristobal. Passage par le marché pour admirer toutes les emplettes qu’on aurait pu y faire (regret, regret…) et on monte à l’église de Santa Guadalupe pour profiter du magnifique panorama sur la ville et les montagnes environnantes.

 
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Glandouille jusqu’au départ du bus dans divers cafés en s’empiffrant de spécialités mexicaines, et hop, adios le Chiapas!

Chez les zapatistes

Après un trajet de bus de jour très mouvementé, les virages et « topes » (dos d’âne) à répétition des routes du Chiapas, ça attaque les estomacs les plus solides, nous voici à San Cristobal de las casas, capitale culturelle du Chiapas. Le trajet (magnifique cependant) a surtout mis à rude épreuve l’estomac d’une française rencontrée à la gare qui faisait « un tour » de vélo avec son copain depuis le Canada (en 8 mois!).
On peut dire que la ville est très différente des précédentes et beaucoup plus détendue. On est en montagne (2150 m d’altitude), on se croirait presque à Cuzco. L’environnement n’a plus rien à voir: on vient de passer de la végétation tropicale hyper humide de la jungle à des forêts de pins dans un climat plutôt sec. Tout ça à peine à 250km de distance…

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Vue sur San Cristobal au coucher de soleil

Magnifique centre historique au milieu d’une « cuvette » de collines verdoyantes (le Grenoble local?), mais aussi très animé. Dans les rues piétonnes, on voit de tout : des touristes (surtout mexicains), occidentaux (ONG…), des indigènes descendus de leur montagne pour vendre leur artisanat et présence de nombreux restos végétariens (incroyable au Mexique). Beaucoup de couleurs, de l’air frais (pour ne pas dire que ça caille vraiment!) et une atmosphère qui fait qu’on s’y sent bien, envie de s’y poser quelques jours. On se balade dans la ville, beaucoup d’églises, de beaux bâtiments datant de l’époque coloniale et un marché d’artisanat qui donne envie d’y faire plein d’emplettes.

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Une des rues piétonnes, toujours très animées!

Le gite où nous sommes est tenu par un québécois adorable et sa femme mexicaine, tous deux sympathiques et proposant plein de services pratiques en voyage. Nous réservons par eux une excursion vers le cañon del Sumidero pour le lendemain, le prix étant plus intéressant qu’en le faisant en autonomie…

Et bien c’est assez spectaculaire! Très encaissé (pas de rives), les falaises se jettent directement dans le Rio Grijalva. Point le plus haut : 1000m entre le sommet et l’eau, et une face continue, oui 2 fois plus grand que le Verdon! Amis grimpeurs ça donne plus qu’envie… La première chose que l’on remarque c’est que c’est spot de psicobloc, le petit problème c’est les bêtes dans l’eau…. Et oui, la faune locale semble plus ou moins amicale (très nombreux oiseaux, singes et…crocodiles!)

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A l’approche du canyon, on guette le croco…

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Après vérification, c’est un spot de grimpe local et on comprend vite pourquoi, à mon avis des potentielles grandes voies flirtant avec le 9, il doit y en avoir un paquet vu le devers et les toits dans les faces. Apparemment il n’y aurait que 3 voies ouvertes, s’il y a des motivés…
L’excursion finit dans le village de Chiapa de Corzo. Mais une visite présidentielle a un peu mis la ville sans dessus dessous. C’est raté pour la tranquillité, du monde partout! Mais encore des décoration de Noël très kitch.

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De retour à San Cristobal en début d’après midi, nous partons voir le marché de la ville, réputé comme un des plus beaux du Mexique. C’est énorme, plein de fruits (dont une bonne partie qu’on n’identifie pas!), de fleurs, de décorations de Noël (!), de poissons (suspicieux, on est loin des côtes)… Pas de photos au marché, tenu par une majorité d’indiens venant des communautés des montagnes, qui détestent être pris en photos. On continue ensuite notre chemin vers le centre de médecine maya pour en savoir un peu plus sur cette pratique mi-gourou, mi-médicale. C’est super instructif, vraiment un mélange de deux cultures. Beaucoup de rituels se déroulent à l’église, mais revisitée version indienne: aiguilles de pin au sol, pas de bancs, des bougies, des statues de saints et des aspersions d’alcool de maïs pour évacuer le mal! Un sacré mix… Le posh (alcool de maïs) étant de nos jours fréquemment remplacé par le…Coca!!! Et oui, ça fait roter, et donc « évacuer » le mal. Rôle de la sage femme prépondérant dans cette culture, ainsi qu’une grande part de remède issu des plantes et animaux (l’écureuil guérirait de la « maladie de la peur », oui, oui)

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Un modèle typique d’église des indiens Tzotziles, rituel mi catholique, mi païen

Le soir, projection d’un film dans un petit cinéma local sur les zapatistes, histoire d’en savoir plus sur ces fameuses « cagoules » dirigées par Marcos. Le Chiapas est en effet le berceau de ce mouvement qui a démarré pour défendre les droits des populations indigènes, les indiens n’ayant aucune reconnaissance de la part du tout puissant état mexicain. Très parti pris, mais fort intéressant aussi.

Bienvenue dans la jungle

Depuis Campeche, nous avons pris un bus de nuit, et bien c’était la pire nuit de notre vie (si si) : le bus première classe était un vrai frigo! Je n’ai jamais vu ça, un froid polaire (on était sous l’arrivée d’air), je pense qu’il ne faisait pas plus de 10°, à comparer avec les 25/30° de l’extérieur. En plus, l’arrivée au Chiapas s’est sentie , tout d’un coup les routes sont devenues pourries, ça secouait tellement que notre sac (ultra bien calé pourtant) est tombé sur Delphine. Bref un trajet mémorable.

Nous voilà donc au Chiapas, à Palenque exactement, et là c’est un autre univers : bruine (à 7h du matin), accompagnée d’une chaleur lourde. Nous voilà au milieu de la jungle. Après avoir déposé nos sacs, direction les ruines, magnifiques, au milieu d’une forêt tropicale : des arbres immenses, des bananiers, oiseaux etc. La particularité du site (en plus de la situation) : on peut monter sur quasiment tous les édifices, et il reste beaucoup de fresques conservées. Le tout est donc assez différent des autres ruines vues jusqu’à présent.
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Le temple du soleil ou bienvenue chez Tintin

Autre point important, il s’est très vite mis à pleuvoir des cordes! Un peu perturbant, mais ça rajoute du charme à cette forêt tropicale, on se serait cru dans Indiana Jones.
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On vous l’a dit c’est dans la jungle, un petit goût d’Indiana Jones pour la visite, d’autant plus que la majorité du site est encore sous la végétation et donc à découvrir!

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Cascade sur le site : on ne sait pas si on était plus trempés dessous ou dessus…

L’après midi, tellement bien reposés de notre nuit, on fait la sieste… La ville n’ayant de plus aucun interêt visuel.

Aujourd’hui direction les cascades du coin, qui normalement peuvent être faites après les ruines pour se baigner et se rafraichir de la chaleur tropicale. On a un peu peur que ça ne vaille pas le coup à cause du temps (gris et un peu pluvieux) et qu’il ne fasse pas très chaud. De plus avec tout ce qu’il a plu le débit risque d’être fort, et l’eau pas très claire, craintes rapidement confirmées.
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1ère cascade : Misol Ha, d’habitude à peine 2 filets d’eau. Comme vous pouvez le voir une vraie lessiveuse aujourd’hui. Cascade particulière, car on peut passer derrière grâce à un sentier aménagé. J’ai essayé, et le moins qu’on puisse dire c’est que je suis ressorti propre, le spray étant surpuissant.

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2ème cascade : Agua Azul, l’eau bleue. Pour le bleu on repassera, mais le fort débit ajoute pas mal à l’esthétique de la cascade.
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C’est en fait une énorme cascade (sur des centaines de mètres) d’un bleu profond qui invite à la baignade d’ordinaire. Température maussade et eau marron plus courant surpuissant ont eu raison de nos intentions de faire trempette, mais le spectacle valait largement le coup d’œil.

Pour la suite du programme, on s’est beaucoup posé de questions : est-ce qu’on traverse la frontière du Guatemala pour aller voir le site de Tikal? Est-ce qu’on fait une partie du chemin pour voir les ruines Yaxchilan dont l’accès est une mini-aventure à elle seule (accès uniquement par lancha sur la rivière qui marque la frontière)? Finalement, rassasiés de ruines et ne souhaitant pas faire des heures de transport (voire des jours pour Tikal) pour encore en voir, nous décidons de continuer sur San Cristobal de las casas, quitte à utiliser les jours gagnés pour ajouter quelques étapes (guatémaltèques ou pas) non prévues initialement à notre périple mexicain.

NB : à cause des mauvaises connections internet au Chiapas, il nous a fallu 2 jours pour charger cet article… il date donc du 2 décembre.